Ceci n’est pas un poisson d’ Avril!!!!

L’été 1950 finissait en douceur. Quelques irréductibles vivaient encore à la plage, savourant ces derniers jours du mois d’ août, bien décidés à profiter de ce beau temps.

Vers deux heures de l’après midi, ou peut-être trois, alors que nous nous laissions aller à une douce torpeur, un tapage pas possible nous tira de notre engourdissement, suivi de clameurs et d’appels lancés par BOUMÉDIENE et MIGUEL, les pêcheurs à l’ année de TURGOT-PLAGE. En un rien de temps, toute la communauté se retrouva, qui aux panneaux des cabanons, qui aux terrasses ou au balcons. Les plus curieux au bord de l’eau. Nos deux agitateurs montraient la mer en vociférant de plus belle. Soudain, à hauteur du QUAI JACOBIN, dans la baie même, une grande queue s’éleva dans les airs, retombant avec fracas dans une grande gerbe d’eau. Et, tout de suite, deux énormes « monstres  » marins apparurent. Gênés par le manque d’eau où ils étaient venus s’échouer, deux CACHALOTS, de 6 ou 7m environ, s’agitaient, se démenaient dans l’eau peu profonde.

S’étaient-ils égarés? Pourquoi venir s’ échouer si près de la côte? Étaient-ils à la recherche de nourriture? Étaient-ils tout simplement malades? Jamais de mémoire de pêcheurs, nous avions eu une telle prise à portée de main. Boumédiene et Miguel réussirent à en ligoter un, qui fut tracté par toute la gente masculine sur le sable.

Ne me demandez pas pourquoi nous l’avions capturé. Pour le plaisir d’ une prise phénoménale? Pour la photo qui fut prise et envoyée au journal? Je ne peux vous répondre. L’un des cachalots réussit à prendre la fuite, l’autre finit tristement en …trophée…..

Dans la conjecture actuelle, j ‘aurai préféré vous dire que ceci est un poisson d’avril. Mais voilà nous étions dans les années 50…….

La Poste de Rio Salado.

.

Comme je l’ avais promis à l’ Ami René, je vous conduis à la poste de notre village. Vous avez un timbre à acheter? Une lettre à poster? Un coup de fil à donner? Suivez-moi. Nous allons de ce pas, à la Poste. La promenade sera longue. L’édifice se trouve en fin de boulevard national, en allant vers ORAN, plus exactement face au jardin public. Tient! Une bande de copains s’est installée sur les marches. Le jardin va fermer et ils se réunissent là pour une dernière mise au point. Le square Marius RICO est le lieu de prédilection de Gérard, Paul, Louis, Jean-Jacques, Félix, Henri et les autres.

« S’il vous plaît les jeunes, laissez nous passer.» Je vous le dis en confidence: l’équipe se méfie des gendarmes qui logent tout à côté. Les garçons ont eu maille à partir avec la maréchaussée. Chut! Des enfantillages que Gérard m’ a racontés dans un grand éclat de rire. Mais ça, c’est une autre histoire!!!!

Voilà, Vous pouvez entrer. Le local est large, bien éclairé. Derrière le comptoir en bois qui s’étend d’un bout à l’autre de la pièce, voici nos postières : à gauche, madame Lucie STEPHEN, tout sourire, prête à vous raconter une dernière blague. A côté, madame Suzanne DION, plus réservée. Plus loin, la place libre, est celle de madame FOURNIER, le receveur des postes. Elle n’ intervient qu’en cas de force majeure. Plus à droite, un drôle de réduit aveugle : le standard téléphonique qui gère toutes les communications du village. Un sas, m’ a dit Marie-Thérèse LOPEZ, la préposée au téléphone le temps d’ un remplacement. Elle partage le standard avec Marie-Louise OLIVER, la titulaire .Toutes deux attendent patiemment les appels qu’elles transmettent au moyen d’une fiche, qui met en relation les abonnés. Pas de casque ni de micro!!! Marie-Thérèse m’a appris également que la poste recrutait le personnel remplaçant parmi les jeunes filles célibataires dont l’éducation était irréprochable . Elles perdaient leur emploi lorsqu’elles se mariaient !!! La poste a vu défiler pas mal d’employés. Dans les années 40, nous pouvions nous adresser à Suzanne DION, Juliette DEHARRO, Lucie STEPHEN, Lucienne BAU, Jeanine JUAN (ma tante), Ernestine PIGNERO, Sylviane LLORENS,. Et, au téléphone, Marie-Louise OLIVER. Une petite parenthèse pour vous conter un événement qui me tient à cœur. Au cours des années 45-50, Raymond CANDELA, natif d’ ORAN, fut nommé à la poste de RIO. Il y rencontra ma tante, Jeanine JUAN. Ils s’apprécièrent… D’un commun accord, ils abandonnèrent leurs fonctions respectives, et se marièrent. Ma tante devint une charmante mère de famille, Mon oncle préféra rentrer dans la fonction publique, où bon nombre de petits Saladéens bénéficièrent de son enseignement. Revenons à la présentation du personnels de notre bureau de poste. Le receveur des ces années-là: Mr. BERNARD le contrôleur: Mr. PAGES et plusieurs facteurs: Messieurs VINCENT, KACEM, Narcisse PEROT. Les dernières années 50-62: Mr. Cheikh FREHAT et Mr. SCOTTO. Je vous livre une anecdote que m’a racontée Albert RICO. Alors que je lui demandais s’il se souvenait des facteurs de notre village, il me dit: – – Je me souviens de COCHISE! – – – De Cochise? – Oui, c’était Mr. SCOTTO! On l’appelait Cochise au village, parce qu’il avait une façon bien à lui de chevaucher son vélo-Solex. Comme un indien!» Voilà encore un exemple de « l’esprit taquin » de nos villages. Continuons notre visite: Le porteur de télégramme: Le jeune SAHIB Les appels téléphoniques de nuit étaient gérés par: MM Léon BENICHOU et Léon TOUATI, Mr BUHET Lambert (de Turgot), Melle Fernande THIEBAULT . Particularité de cette époque: les télégrammes étaient reçus et expédiés en MORSE. Mmes STEPHEN, DION et DEHARRO en assuraient le service Pendant les années 50-62 il y eut deux receveurs de poste: M. SUIRO et Mme FOURNIER. Je ne connais pas la date exacte de la création de la poste de RIO. Je pense qu’ elle se situait autour des années 1900. J’ai retrouvé un plan qui doit dater de ces années là. ( voir l’album) La poste est mentionnée au lot numéro 649, en face, se trouve le lot65 où l’ on peut lire: «  lavoir-abreuvoir « . Il deviendra par la suite le square Marius RICO, notre jardin public. Voici un article paru dans l’ ECHO D’ ORAN, dans la rubrique: annonces judiciaires, administratives et communales de 1909

RIO-SALADO- 1909 – ( l’ECHO D’ORAN)

-le 28 juillet: Nos concitoyens qui se servent continuellement du téléphone pour leurs transactions commerciales ou autres, se plaignent vivement des mesures prises par l’Administration qui a cru devoir supprimer les lignes reliant directement notre centre à Oran, forçant ainsi nos abonnés et autres à passer par Aïn Témouchent qui est déjà très chargé, surtout à cette époque de l’année. La moindre attente au guichet est intolérable et occasionne de graves préjudices. L’Administration voudra bien prendre en considération ces doléances justifiées de la population, en rétablissant la ligne directe.

La visite est terminée. Les portes du jardin public ne sont pas encore fermées. Allons nous y promener. Nous pourrions admirer les sculptures végétales: les topiaires créées par M. SANCHEZ Rojo et entretenues avec art par MM. Raymond SÉGURA et Sanson CASTELLON. Pendant notre promenade, vous pourriez nous raconter des anecdotes, nous livrer des informations. Je m’ engage à les faire connaître à nos amis saladéens. Ainsi, notre village continuera à survivre, malgré tout, parmi nous.

**************

8ème Balade: La MAIRIE de RIO 1959-1962- Henri BOUR.

Me revoilà parmi vous. Nous allons pouvoir clôturer la visite de notre mairie. Je dois vous avouer que, depuis quelques temps, j’étais devenue une adepte de l’ école buissonnière. Mais que voulez-vous? Je n’ai pu m’empêcher d’assister au match de boxe de Tony ASSENCIO, d’écouter l’intervention du général LECLERC, dans la salle de notre cinéma, le CASINO. J’ai même fait un tour en BOUYOUYOU, le petit train d’ HAMMAM BOU HADJAR. Et les fêtes de Noël m’ont tenue éloignée de notre mairie. Bref! Soyons sérieux!Attachez vos ceintures! Nous retournons dans le RIO SALADO de nos jeunes années! Dépêchez-vous! M. le maire nous attend. Pardon! M.Henri BOUR, Président de la Délégation Spéciale de RIO SALADO, nous attend. Poussons la porte de la salle des mariages. Pas de bruit s’ il vous plaît! Tout le Conseil Municipal du village est là. RIO SALADO reçoit une délégation du LOIR et CHER afin de sceller le jumelage entre les deux villes : BLOIS et RIO SALADO.

Écoutez M. Jean ROBERT, Jeannot pour les intimes, nous exposer le compte-rendu de l’entrevue: ( le « SEL, » bulletin paroissial de notre bon abbé Joël PLENIER: )

« Ils sont arrivés le lundi 7 mars 1960, accompagnés par M. le Sous-Préfet NICOLLE, M. le Député BERROUAÏNE, et par de nombreuses personnalités de l’arrondissement. Après les avoir accueillis, le maire, M.BOUR, leur a présenté le Conseil Municipal et a fait un bref historique, très documenté, sur les origines de RIO SALADO….Puis, il invite ses hôtes à visiter les réalisations locales. C’est d’abord le douar SIDI SAÏD où les anciens gourbis ont été rasés pour faire place à des rues larges et bien tracées, bordées de maisons neuves, couvertes de tuiles. L’atelier des tapis, où la main d’œuvre féminine est essentiellement musulmane, retient longuement leur attention. Puis le cortège s’arrête au centre de triage où l’assistante sociale, Mademoiselle OLIVER, fait un très intéressant exposé sur les buts de cet organisme où les femmes apprennent un métier (tapis, couture, repassage) et suivent des cours de langage et lecture dans une véritable salle de classe, sous la conduite de monitrices expérimentées. La visite de la pouponnière est toujours une surprise pour ceux qui y viennent. Une centaine d’enfants, dont les mamans travaillent, accueillent les visiteurs…L’atelier de céramique, le dernier né, intéresse vivement nos hôtes, qui ne s’ attendaient pas à trouver tant de belles choses dans une industrie débutante. De nombreuses pièces font leur admiration…,et ils sont tout heureux de remporter, chacun, un souvenir de leur visite. L’atelier de couture, où une trentaine de jeunes filles musulmanes apprennent aussi à lire, écrire, repasser et faire la cuisine, est la dernière des réalisations que voient nos hôtes. Le cortège se rend à Turgot où le Maire, M. PITT, souhaite la bienvenue et présente ses collaborateurs. La visite de TURGOT-PLAGE est de courte durée: le mauvais temps n’invite pas à la promenade. Un vin d’ honneur est servi chez M. BOUR. Mmes BROTTES et NICOLLE ainsi que les maires de TURGOT, d’AÏN TÉMOUCHENT, LAFERRIÈRE, HAMMAM BOU HADJAR rejoignent le cortège. La matinée est bien avancée lorsque tout le cortège se retrouve à RIO SALADO où est prévu le repas. Il est près de 6 heures lorsque nos hôtes nous quittent…….Voilà ce que nous avons montré à nos hôtes pour qu’ ils emportent une image de notre région». Et M. Robert de finir son article sur ces mots:

«Mais pourquoi tant de Saladéens ne connaissent-ils pas encore toutes ces œuvres que les villages des alentours nous envient? Parce que nul n’est prophète en son pays, sans doute…. » J.ROBERT

Savez-vous, mes bons amis saladéens qui suivaient nos balades, tout ce que ce jumelage a apporté à notre village?

Au printemps de la même année, Mme BOUR, qui prit en main l’Action Sociale du village, envoya une équipe tenir un stand à la foire Exposition de BLOIS. Écoutez le reportage de Thérèse MACIA et d’Yvette DE TORRES, ( le « SEL » juin 1960):

«C’est par un bel après-midi de printemps que notre groupe, composé de quatre Musulmanes et deux Européennes, prenaient l’avion pour PARIS à destination de BLOIS…Le but de notre voyage était de tenir un stand à la Foire Exposition annuelle de BLOIS. Nous avions les carreaux, les céramiques et les tapis des ateliers de RIO SALADO pour le décorer…Mais notre voyage ne fut pas seulement un voyage sans lendemain. Pour mieux concrétiser le jumelage de nos deux villes, nos amis de BLOIS nous ont offert de recevoir dès l’été prochain, 70 enfants de l’ arrondissement d’ AÏN TÉMOUCHENT dans une de leur s colonies de vacances. Ils nous ont également offert d’accueillir 5 ou 6 orphelins de notre arrondissement qui pourront là-bas apprendre un métier. Il vont rechercher aussi un centre d’ apprentissage de céramique où notre amie Mériem pourra, si elle le veut, se perfectionner et devenir monitrice…Comment exprimer notre joie à toutes de voir ainsi se terminer un si agréable et fructueux séjour!…..». Merci Mesdemoiselles!

Je vous suggère, pour de plus amples informations, de cliquer sur « ARCHIVES: Mars 2018 – Odette BOUR, ». Vous apprendrez que M. JORDA dirigeait l’atelier de céramique, Vous prendrez connaissance de l’aide que BLOIS apporta à des Saladéens.

J’ajouterai que l’action conjuguée de M. et Mme BOUR et de leur équipe, dans ces années troublées, attira l’attention du préfet. Henri BOUR, leur fils, me raconta que: « Cité en exemple par le préfet, RIO SALADO reçu l’équipe de Pierre DESGRAUPES, qui devait réaliser un reportage pour « 5 COLONNES à la UNE », reportage qui n’eut malheureusement pas de suite. Peut-être parce que l’exemple de RIO SALADO n’avait pas été suivi par d’ autres villages».

Continuer la lecture de « 8ème Balade: La MAIRIE de RIO 1959-1962- Henri BOUR. »

Notre annuaire du téléphone 1962-62..

Si l’on vous posait la question suivante:

« Quel ouvrage emporteriez vous sur une île déserte? » Que répondriez-vous?

Voici la réponse originale que fit un gentleman de l’aventure:

« L’ANNUAIRE du TÉLÉPHONE. J’y retrouverai mes amis, mes ennemis, ma rue, mon épicier, mon garagiste, les prénoms des trente six femmes que j’ ai aimées. Je découvrirai la rue du chat qui pêche, la rue des vertus, la porte des lilas….c’est la plus délicieuse et la plus poignante géographie du cœur.»

Alors pour les « naufragés involontaires » que nous sommes, voici l’annuaire téléphonique de nos trois villages: ER RAHEL, RIO SALADO, TURGOT.

Et, comme notre gentleman aventurier, partez à la « découverte » de votre géographie du cœur.


= = = = = = = = = = == = = = =

= = = = = = = = = = == = = = =

= = = = = = = = = = == = = = =

« Le BOUYOUYOU. »

Jean MarcGELY m’a envoyé une vidéo dans laquelle Ghalem BOUHA nous raconte le « BOU YOUYOU ».

Mais, qui peut avoir oublié le BOUYOUYOU! Le petit train mythique d’ORAN?

Écoutez, GHALEM BOUHA vous raconter l’histoire de ce petit tortillard qui sillonnait la région, entre ORAN et HAMMAM BOU HADJAR. « Petite fleur » de Sidney BECHET interprétée par Fausto PAPETTI, et « Mourir d’aimer » par le VIOLINO Orchestra, vous accompagneront pendant le trajet. Mais avant de vous hisser dans les wagons du BOUYOUYOU, je tenais à vous situer l’époque de ce petit train. « MÉMOIRE VIVE » , la revue du CDHA (Centre de documentation historique sur l’ ALGÉRIE), a publié un article de Guy MONTANER, sur « Le BOU YOUYOU, le petit train de la nostalgie ». En voici un extrait:

« …NAPOLEON III, lors d’ un discours avait dit: «  Nous avons des territoires incultes à défricher, des routes à ouvrir, des ports à creuser, des barrages à réaliser, un chemin de fer à installer. Nous avons en face de MARSEILLE un vaste royaume assimilé à la FRANCE… » Voilà pourquoi quelques années après furent mises sur rail de vieilles machines un peu dépassées par l’âge…parmi ces dernières, une de celles qui fut à l’origine de notre récit. Baptisé « BOU YOUYOU », Ce petit train mythique à vapeur, à voie étroite de 1,05m, plein de promesses, fut chargé d’ assurer la desserte entre ORAN et HAMMAM BOU HADJAR, toute nouvelle station thermale, qui attirait nombre de visiteur. …..Une ligne de 72km, présentant parfois quelques difficultés , synonyme de folklore durant les 3h que durait le trajet… »

c’est la fameuse Compagnie du TRAMWAY d’ ORAN, créée en BELGIQUE le 21 avril 1906 qui, après bien des démarches administratives, ouvrit la ligne de notre BOU YOU YOU en 1911 ( notes de Guy MONTANER.)

Et BOU YOU YOU , pourquoi?

Je laisse Ghalem BOUHA vous l’ expliquer:« Les passagers du Bou YOU YOU prenez place , la vidéo va démarrer , Bon voyage dans le temps passé!.

La boxe à Rio: un champion amateur.

Je vous avais bien dit que RIO SALADO était passionné de boxe! Je vous présente aujourd’hui: Louis DE TORRES , 23 ans, né le 19 mai 1900, boxeur amateur dans les poids welters. Pour les non-initiés: « poids welters »: catégorie dans laquelle se classent les boxeurs dont le poids est compris entre 63,5kg et 67kg.

Louis DE TORRES, lors  de son dernier match, le 14 Avril 1923,  rencontra un boxeur Noir, costaud, dont le nom fut oublié. Le combat fut rude,  Louis DE TORRES venant à bout de son adversaire,  réussit à l’envoyer au tapis. Il   fut déclaré vainqueur. Il rentra chez lui couvert de bleus certes , mais content et heureux. D’autant plus que, pendant le match, son épouse mettait au monde leur premier fils: EMMANUEL. Louis DE TORRES fut également  le père de Louis, Yvettte, Marie-Claude, André et Lucie.

La boxe à Rio: Ambroise ASCENSIO, dit « Young », successeur de « Tony Dynamite ».

Avant de vous parler d’Ambroise, cousin germain d’ Antoine ASCENCIO,  dit Tony Dynamite, laissez-moi vous emmener, d’un simple coup de crayon, dans notre bonne ville de RIO SALADO. Nous sommes dans les années de jeunesse du cousin Antoine.

Yvon  LOZANO, notre mémoire saladéenne, me racontait que, durant les années 1915 à 1920, la boxe était un sport très apprécié par nos villageois. Les combats, véritables spectacles, se déroulaient sur la place du village. Le matin de  bonne heure, son père,  Jean LOZANO, conseiller municipal « chargé des loisirs », (dixit Yvon) venait installer le ring.  Au  centre de ce qui allait devenir le square MILHE POUTINGON, il disposait 4 tonneaux coiffés d’une estrade faite de planches Il clôturait le tout  avec des cordes fixées aux 4 piliers: le ring était fin prêt. Ces combats attiraient une foule de curieux, de tous bords qui s’agglutinait autour du ring envahissant la place. Tout ce petit monde suivait de très prêt le combat, encourageant de la voix les boxeurs. Lors d’un K.O, les spectateurs excités s’époumonaient à compter, dans un ensemble parfait, ces secondes fatidiques qui clouaient le vaincu au plancher. Le vainqueur, fatigué, quelque peu  amoché, mais heureux, était ovationné par des Saladéens admiratifs.

Plus tard, lorsque fut construit le cinéma le CASINO, pour l’occasion,  il se transformait  en salle de spectacles où se déroulaient aussi des combats de boxe. Le ring prenait place sur la scène. Encore jeune garçon, Yvon était venu, accompagné de ses frères, acclamer la vedette montante de la boxe: un enfant du village: Ambroise ASCENCIO, dit « le YOUNG« . Tout RIO était présent dans la salle, installé sur ces chaises en fer qui claquaient très bruyamment lorsqu’on se levait. Yvon, se souvenait encore de son admiration devant la musculature du boxeur: « des bras énormes qui faisaient peur à voir », me disait-il. Ambroise ASCENCIO, « le YOUNG«  comme on le surnommait, était le cousin germain d’Antoine ASCENCIO dit « TONY DYNAMITE« .

La  suite de mon article me vient de Raymond ASCENCIO, le fils d’Ambroise,

Le père d’Antoine et  d’Ambroise, ainsi qu’un troisième frère, furent élevés à l’orphelinat de MISERGHIN, dernier village avant d’arriver à ORAN.

Vous avez fait la  connaissance, dans l’article précédent, du premier des frères : le père de TONY, boucher,  déjà installé à RIO SALADO. Le deuxième frère, Ernest ASCENCIO,  épousa, le 6 septembre 1890,  Maria Ramona JAEN née à MERS EL KEBIR. Après la naissance du troisième enfant, ils quittèrent ORAN pour rejoindre La famille ASCENCIO à RIO, où ils s’installèrent eux aussi  comme artisans-bouchers. Ernest et Maria élevèrent 6 enfants, dont:

Armand, boucher à RIO.  Sa boucherie était située rue Maréchal FOCH, en face de la pâtisserie de PILAR.

– Auguste, appelé « TITO« , charcutier à RIO. La charcuterie  se trouvait rue Maréchal JOFFRE, pas très loin  du studio de photos de M. DUCHEMIN et de la boulangerie De Mme MACIA.

– et Ambroise, né à RIO SALADO, qui allait devenir durant les années 1930-1945 CHAMPION de BOXE  AMATEUR.

Continuer la lecture de « La boxe à Rio: Ambroise ASCENSIO, dit « Young », successeur de « Tony Dynamite ». »

Tony ASCENCIO: p’tit gars de RIO SALADO, 1er rang mondial des POIDS COQ

21 Septembre 1948! Cette date vous rappelle-t-elle quelque chose? Pour certains, sûrement, mais pour d’autres: rien, j’en suis sûre!

 Alors rapprochez-vous et écoutez!

Le 21 septembre 1948, Marcel CERDAN obtint le titre de Champion du monde.  Je ne vais pas vous parlez du boxeur mais de son entraîneur: Antonio ASCENCIO, un garçon de chez nous, né le 12 décembre 1901 à RIO SALADO. GOOGLE m’a aidé dans mes recherches.

Rio Salado. la place publique vers 1900 (Archive de l’amicale du Rio Salado)

«Antonio est le fils de Marie  et de Ramon ASCENCIO. Il fréquente l’école communale où il apprend l’histoire de ses ancêtres les gaulois ….bien vite, il s’avère que les  études et lui, ne font pas bon ménage. L’automobile se développant dans les grandes villes et les premiers tracteurs apparaissant dans les champs de RIO SALADO, il y voit un métier d’avenir. En même temps, l’enfant canalise son trop plein d’énergie dans le sport et plus particulièrement dans la boxe. Le 2 août, la mobilisation est décrétée, les français d’ALGÉRIE se préparent à faire leur devoir. Antonio continue son apprentissage. Le 4 août, les Allemands bombardent BÔNE et la zone industrielle de PHILIPPEVILLE. Écoutant ces récits lors des discussions entre son père et ses voisins, Antonio enrage. Lors  d’un voyage à ORAN, il voit les légionnaires qui s’embarquent pour la FRANCE. Les faits d’armes de la LEGION sur le Front de FRANCE sont  largement commentés par la presse Algérienne. Le jeune  Antonio force la décision paternelle et ignore les larmes de sa mère. Le 18 octobre 1917, il se présente à SIDI BEL ABBES et contracte un engagement pour la durée de la guerre. Il n’a pas encore 16 ans. Pendant 4 mois, il apprend à devenir soldat… Le 10 février 1918, le jeune légionnaire arrive au dépôt de LYON. Bien impatient à  en découdre, il rejoint le RMLE sur la SOMME… Antonio est voltigeur de pointe à la 10ème compagnie du bataillon… Le 26 à 5h15 précises, les légionnaires se lancent à l’assaut des positions allemandes… Le succès est chèrement acquis. Le légionnaire ASCENCIO gravement atteint au pied gauche, est évacué sur un hôpital où il va  demeurer jusqu’au 7 Juillet… Pleinement rétabli, il rejoint son camarade juste à temps pour assister à l’ultime offensive de LUDENDORFF……Trois jours plus tard, la division marocaine, RMLE en tête, contre attaque…. Antonio  est touché par un éclat d’obus au bras gauche. Trois mois d’hospitalisation…. Il quitte l’hôpital le 25 octobre malgré l’avis défavorable des médecins. L’armistice du 11 novembre le trouve avec le RMLE  dans le secteur de CHATEAU-SALINS.

Continuer la lecture de « Tony ASCENCIO: p’tit gars de RIO SALADO, 1er rang mondial des POIDS COQ »

Le général LECLERC à Rio: suite.

Bonjour Marie Jeanne! Ton article est très intéressant, il soulève un  pan de l’HISTOIRE de RIO SALADO que beaucoup d’entre-nous ne connaissaient pas. En suivant l’exemple de notre « ouedmaster » et avec l’aide de mon fils nous avons « surfé » sur le site de:

« chars-français.net » : histoire du 12è régiment de chasseurs d’ Afrique « 

http://12rcahistorique.canalblog.com/

et nous avons recueilli de nombreuses informations concernant la venue du Général LECLERC , dans notre village que tu évoques, pour notre plus grand plaisir, dans ton article .

«….

– le 14 février 1943,  par voie ferrée,  l’ État-major, les 1er Escadrons et l’PHR rejoignirent RIO SALADO, petite commune de l’ Oranie en ALGÉRIE, pour y cantonner.…..

-Le 15 février,  le groupe autonome fut rebaptisé: 12e Régiment de Chasseurs d’AFRIQUE, et transformé en régiment de chars.

-Le 1er mars, le lieutenant Colonel de LALANDE, chef de corps, décida de remanier complètement l’organisation du Régiment:

– Chef de Corps : Lieutenant Colonel de LANGLADE à Rio Salado

– Commandant en second : Chef d’Escadrons DIDELOT à Rio Salado

– Commandant adjoint : Chef d’ Escadrons MINJONNET à Rio Salado

– Capitaine Commandant l’EHR : Capitaine STARCK à Rio Salado                                                                                                             

– Escadrons d’ Échelon :  Capitaine ROUVILLOIS à Rio Salado

– 2éme groupe cantonné à HAMMAM BOU HADJAR

– 7éme Escadron Capitaine GRIBIU, détaché pour la campagne de TUNIS à Turgot

– 1er Escadron :  Capitaine PROUHET à Turgot

 – 456 hommes pour le régiment.

Le 3 mars, l’arrivée des jeunes des CHANTIERS de JEUNESSE permit de renforcer les escadrons.»

« A RIO SALADO, le RCA continua son instruction et son entraînement sur 4 vieux chars FT17 dénichés à ORAN .

-En juin 43,  le régiment avait également récupéré des camions FIAT italiens, en parfait état de marche, provenant de la reddition de leur troupes à  TUNIS , le mois précédent.

On peut lire dans le compte rendu du Général SAINT DIDIER,  commandant la Brigade Légère Mécanique en juin 1943 :

« …pour conclure, disons simplement que 19 chars sur 23 sont aujourd’hui à RIO SALADO.»

Et plus loin :

«RIO SALADO, avec sa petite église, sa mairie, le square,d’une propreté méticuleuse et à l’ensoleillement quasi perpétuel, faisait penser à une petite ville de province de la MÉTROPOLE. Les officiers et les sous-officiers étaient logés chez l’ habitant .

En ces temps difficiles, il y avait à RIO SALADO, pour chaque chasseur une « marraine de guerre » qui lui tricotait chaussettes et pulls et lui envoyait, en même temps qu’une photo, quelques gâteries: soutien moral efficace…

– Un jour du mois de juillet 43, tous les officiers et sous-officiers du régiment, environ 120 personnes, furent convoqués  au cinéma du village par le général LECLERC. Ce dernier arriva en saharienne, short, sa canne au bras, accompagné sur scène par le colonel de LANGLADE. Quelques mots, quelques détails sur la 2e DB en formation, et sa profonde conviction en la victoire finale.

– A compter du 3 août 1943, le 12è Régiment de Chasseurs d’ AFRIQUE fut formé en Régiment de Chars Légers.

– Le 9 août, le général GIRAUD vint visiter le régiment à RIO SALADO.

– Le 24 août 1943,  le Général LECLERC reçut officiellement le commandement de la 2èDB.»

Bravo Marie Jeanne! Et encore un Grand  Merci pour cette page d’Histoire de notre village que ton article nous a permis de découvrir.