8ème balade: la MAIRIE 1949-1958.

1ère PARTIE: LE VILLAGE EN 1949: Gontran MILHE POUTIGON

Nos promenades, dans nos villes d’adoption, étant compromises, confinement oblige,  nous avons la possibilité d’aller une fois de plus à la rencontre de notre passé. Alors, je bats le rappel, comme le faisait Charlot  DAVOS, en frappant énergiquement sur un tambour, en criant bien fort pour me faire entendre:

« Avis à la population: À vous tous qui avaient suivi mes « flash-back » , je vous propose de repartir dans le RIO SALADO des années 49-50, histoire d’ oublier pendant quelques instants, le monde chaotique où nous vivons. Notre 12éme édile, M Gontran  MILHE POUTINGON  nous y attend ».

Fin de l’annonce, roulement de tambour…..

Allez! Je vous emmène? Etes-vous prêts à me suivre? Préparez-vous. L’embarquement est immédiat. Nous amorçons  notre remontée dans le temps. Je vous emmène dans le RIO SALADO des années « dorées » ou « bénies ». Nous sommes en 1949, Monsieur Agnel BERNARD  vient de se retirer.  Les « années  guerre »  s’estompent. La vie est belle!Les Saladéens se préparent à élire un nouveau maire. Robert TINTHOIN (ex-directeur des archives d’ ORAN) a écrit:

« De 1919 à 1952, les représentants politiques de la commune ont été élus parmi les possédants du sol qui ont fait de RIO SALADO une petite ville coquette et cossue ».

Il y eut donc des élections! Inutile de vous dire qu’il y eut des querelles de clocher qui divisèrent le village pendant cette période où Rio se préparait à élire son nouveau maire. Ce fut Gontran MILHE POUTINGON, petit-fils d’Alexandre MILHE POUTINGON, adjoint spécial de 1881 à 1884, fils de Joseph MILHE POUTINGON, maire de 1900 à 1905 qui remporta la « bataille » dans ce petit village « coquet et cossu ». Je vous rappelle  que   nous l’avions « côtoyé »  lorsque nous avons admiré le blason de RIO placé près de la porte d’entrée de la mairie. Pour vous présenter ce Grand Monsieur, écoutez ce que son ami François RIOLAND pensait de M. MILHE POUTINGON (N.D.R.L : fiche signalétique de RIO SALADO ECHO de L’ORANIE 1970):

          « L’homme de RIO…Non, il ne s’agit pas du film illustré par Jean Paul BELMONDO, fils de notre compatriote Paul Belmondo, mais d’un bâtisseur. Du tempérament de ceux, nombreux, qui ont fortement marqué leur passage à la tête des vivantes communautés rurales de notre ORANIE .

Je veux évoquer le père POUTINGON, comme on disait là-bas,  sans que cet éloge puisse diminuer en rien l’action constructive de ceux qui avant ou après lui,  administrèrent RIO SALADO. Les longues années pendant lesquelles il dirigea sa commune, avec des lieutenants compétents, lui  ont permis de façonner la cité. Non seulement à l’image d’homme intègre, dynamique, enthousiaste et envieux du bien être de ses administrés. (….),  il savait rendre hommage à quiconque préconisait la construction, la fondation de telle œuvre d’intérêt général. Et cela restera une tradition au conseil municipal de Rio… Des amis, dans cette accueillante cité, j’en avais de tout bord. J’en ai connu, alors que j’étais adolescent. Ils ont quasiment tous disparus…..mais il en est un que j’apprécie pour une foule de raisons: bon cœur, rouspéteur comme un mousquetaire, bon vivant, malin comme un singe, en deux mots aimant la vie et en cela il n’avait pas tort…..>>

Voilà le portrait de Gontran MILHE POUTINGON, maire de notre village qui occupa la mairie de 1949 à 1958.

Reprenons notre lecture: Ce que François RIOLAND a écrit  va vous transporter sans ménagement, dans ce RIO qui fut, soyons chauvin, le village où se déroulait les plus belles fêtes. Ces fêtes encore présentes dans un coin de notre mémoire, et dans celles de pas mal de jeunes des environs,  venus s’amuser et danser. Savez-vous qu’ à cette occasion  les Chemins de Fer Algériens (CFA) mettaient en marche des trains ORAN-RIO et AÏN TÉMOUCHENT-RIO, aller -retour, lors de nos fêtes locales?

Oui, m’sieurs, dames! Vous avez bien entendu : « Des trains pour les fêtes locales de RIO ! ».   La Gazette d’AÏN TÉMOUCHENT vous le confirmera. Mais revenons aux propos de M. RIOLAND. Rapprochez vous!

«…on avait aussi, à RIO, le culte des fleurs. Un peu plus quand même que celui de l’exagération…»

 Aïe! je vous explique ce coup de griffes amical de M. RIOLAND. Les mauvaises

 langues des villages voisins nous prenaient pour les champions de l’exagération. Je me demande pourquoi? On racontait, qu’à RIO, un représentant de piano s’était vu commandé un piano « à deux queues » parce que  son voisin venait d’acheter un piano avec une queue! Ben voyons!! Certains vous affirmeront que l’anecdote est véridique, Pensez donc! Pardon? Vous disiez? Bien sûr que je connais l’histoire des pinces à sucre! Des ragots! Et si  ce monsieur avait eu 6 enfants en âge de se marier? Normal qu’il veuille acheter 6 pinces à sucre? Je vous le dis: jalousie! Propos malveillants  des mauvaises langues des villages voisins!

Ceci étant éclairci, je referme la parenthèse et je reprends la lecture du texte de François RIOLAND !

« Les pionniers, enfants du soleil du MIDI ou de l’ESPAGNE, eurent , il ne pouvait en être autrement, une descendance plus ensoleillée encore. Cité exubérante,  mais vivante à plus d’ un titre, par exemple à l’heure des vendanges, à l’occasion de la fête patronale, d’un match de football, des bals publics ou d’autres festivités qui rassemblaient toutes les populations environnantes. Parfois également, en période d’ élection -SACRÉ BOURG!!- (sans jeu de mots),  l’un des lieux les plus coquets de notre ORANIE, sorti d’une terre  ingrate, inculte depuis toujours devenu  une magnifique entité dotée de toutes les nécessités d’une grande cité, et ce sur tous les plans, culturel, social en particulier, commercial, industriel, artisanal, sportif »

Que vous disais-je? Sans exagération aucune, notre RIO valait son peson d’or. Monsieur RIOLAND, qui n’était pas saladéen, le reconnaissait! M. MILHE POUTINGON fut un maire remarquable!

Après  tous ces éloges où vais-je vous emmener? Assister à un match de foot qui finissait la plus part du temps  par un match de boxe? Une kermesse des plus colorées? Peut-être une rencontre de basket âprement disputée?   Je ne vous parlerai pas des fêtes de CARNAVAL. Vous pouvez les retrouver sur le site. Alors, peut-être devrions-nous assister au concours de gymnastique qui se déroula à TLEMCEN ?  Ou aller admirer les prouesses de la jeunesse saladéenne à la grande kermesse sportive de monsieur CERNA? Non! Finalement, je préfère vous parler de  ces fêtes locales  qui  forgèrent la renommée de notre village, et  marquèrent les années  où M.MILHE POUTINGON administra notre village. N’êtes-vous pas de mon avis? Fermez les yeux un instant! Vous avez entre quinze et vingt ans. Nous sommes fin septembre, les vendanges tirent à leur  fin. La dernière remorque, pleine à ras bord de raisin noir, roule rue du cimetière vers la cave de Jaïme SALVA. Une nuée de gamins chahuteurs, plus téméraires les uns que les autres, la poursuivent essayant de s’agripper aux ridelles pour y chaparder quelques grappillons de ce raisin noir tout gluant de jus sucré qui coule sur la chaussée. Les mouches, que le sucre attire, nous tourmente. L’air chaud de cette fin d’été est saturé de senteurs où se mêle l’odeur des orangers en fleurs du jardin JACOBIN. Heureux temps! Mais hâtons-nous. Les festivités  ont commencé.

  • NDRL : concernant l’album photo ci-dessous, il suffit de cliquer sur une des photos pour que celle-ci apparaisse en grand. De chaque côté, des flèches donnent le sens accordé au passage des autres photos.

     

   2ÈME PARTIE: la fête du village.

 AH! Ces fêtes ! Quel bonheur! Le village est paré de mille  lumières. Un article de notre journaliste Émile Garait paru dans l’ECHO D’ORAN vous donnera une idée de l’ampleur de la fête: 

« Des fêtes toujours plus éclatantes – …..La richesse de l’éclairage, et l’excellence de la musique qui sont les deux principaux éléments d’une grande et belle fête, trouveront en nos murs, leur pleine application. Comme par enchantement le square Milhe Poutingon Joseph, va se parer d’une toilette diamantée. Sur toute la longueur de la route nationale, des colliers de brillants aux facettes miroitantes accueilleront les hôtes de notre centre. Les jardins de la place seront garnis d’étranges fleurs lumineuses  ainsi nos fêtes qui possèdent à un haut degré, l’estampille de la magnificence, vont émerveiller, au plus haut point, les oraniennes et les oraniens qui seront reçus dans les règles de l’art».

Les villageois en famille commencent à affluer. La fête foraine s’est établie autour de la place, et bat son plein. La chenille, installée sur la place de l’église Saint Michel, hurle de plus belle, annonçant le déploiement de cette toile qui va recouvrir sièges et occupants, et la fera ressembler à une grosse chenille ondulante. Vous entendez les cris affolés ou joyeux des « voyageurs » pris sous la toile? Plus loin,  les carabines tirent sur des silhouettes qui ne font que passer. Là-bas, des enfants s’agglutinent autour du bassin pour une pêche miraculeuse.  Excusez-moi une minute, je viens d’apercevoir la charrette de MINGO. Je vais aller m’offrir un PIROULI. Vous en voulez un, peut-être? Vous ne savez pas ce qu’est un pirouli? Ne cherchez pas sur votre smartphone. Pirouli est typiquement espagnol et veut dire sucette. Je vous avoue: je préfère pirouli d’autant plus   que MINGO les réussit très bien. Disons que le pirouli est en Oranie ce que le berlingot est à Carpentras. Poursuivons notre balade. Regardez là-bas, en face de la crémerie, le clou de la fête foraine: la baraque de Manolico BERNABEU. Approchons-nous. Justement Frédou, un des frères de monsieur BERNABEU, chante et imite Maurice CHEVALIER. Simone, vous en parlera mieux que moi. Mais le temps passe, et l’heure du bal approche. Regardez autour de vous. Admirez les toilettes des belles saladéennes. C’est la FÊTE!!!! Allons du côté de la place. Elle a été transformée en piste de danse. Cette année, nous sommes gâtés : deux scènes se font face, décorées de branches de palmiers, et de lampions, œuvre de monsieur DESSEAUX et de son équipe. Deux orchestres  vont faire  danser petits et grands, jeunes et vieux.  Celui d’André FARRUGIA  et celui  de BOB ROLLAND, tous deux venus d’ALGER. Je vous dois un complément d’informations: c’est monsieur Jean  PEREZ, Jeannot pour les amis, conseiller municipal, chargé de l’organisation de ces journées,   qui a retenu ces deux formations. Mais vient se greffer la-dessus une fantastique surprise: monsieur Perez a appris, par le plus grand des hasards, que Luis MARIANO, le chanteur de « la belle de Cadix », séjourne à ALGER. Après un rapide Conseil Municipal réuni en catastrophe, et, avec l’accord de tous les élus, Jeannot PEREZ et Gontran MILHE POUTINGON, se rendent à ALGER, dans l’avion d’Yvon MILHE POUTINGON  et réussissent à convaincre le chanteur de MEXICO, de venir chanter à  RIO. Le contrat, me raconta Albert RICO, stipule que nous aurions droit à 14  des meilleures « tubes » de son répertoire. Imaginez un instant, notre  joie! Quel régal d’entendre « en live », comme disent les jeunes, toutes ces ritournelles: « Rossignol « , « Maria- Luisa« , « C’est magnifique« …. Tout le village est là, les yeux rivés sur l’idole, applaudissant à tout rompre. Ouf!!! Quelle journée!! Cela s’est passé lors de  la première mandature de Gontran MILHE POUTINGON.

Il nous faut maintenant nous séparer. Vous avez quartier libre. Continuez à vous promener à votre guise, dans les méandres de votre mémoire. Peut-être pourriez-vous me rappeler un évènement que j’aurais oublié ?

Un dernier rappel toutefois. Par la suite, RIO dansa au rythme des orchestres plus fabuleux les uns que les autres. J’ai eu du mal à retrouver tous les noms de ces formations. J’ai appris cependant, que l’orchestre de Mario ROSSI vint animer les réjouissances à deux reprises. Je peux aussi vous affirmer, article faisant foi, qu’en 1953, l’orchestre d’Eddie WARNER fit un tabac. J’ai su aussi que, monsieur PEREZ avait sollicité Xavier CUGAT pour les festivités de l’année 1956. Vus les moments troublés  que vivait l’ALGERIE, et le couvre-feu établi sur tout le territoire, les transactions furent annulées. De plus les événements survenus dans sa famille: l’accident de voiture qui coûta la vie à son fils Richard, monsieur PEREZ se retira du Conseil municipal. Messieurs René CARDONA et Louis ROSELLO prirent la relève. J’ai cru comprendre que  1956 avait été la dernière année où RIO fêta ses vendanges. Je n’en sais pas plus.

NDRL : concernant l’album photo ci-dessous, il suffit de cliquer sur une des photos pour que celle-ci apparaisse en grand. De chaque côté, des flèches donnent le sens accordé au passage des autres photos.

                      Ouverture d’un Nota Béné: 

En raison de l’émergence de souvenirs à l’occasion de l’évocation des fêtes de notre village, il nous est apparu judicieux d’ajouter un N.B. au présent article.

1° Souvenir de Jean-Paul VIDAL : incidents sur les autos  tamponneuses.

Les vendanges achevées, le village tout entier célébrait sa grande fête, celle qui attirait la grande foule des cités voisines alléchées par la renommée de l’événement. Nous avions alors entre seize et dix-sept ans et comme tous les adolescents, nous adorions les attractions foraines. Nous faisions le siège des  auto-tamponneuses; des hordes de jeunes gens se pressaient autour de la piste dans une atmosphère bruyante et joyeuse, agrémentée par les flots de musique des manèges voisins, et le parfum des  confiseries mêlées aux  odeurs de friture, et de grillades!!! Vous n’avez pas oublié ces nuées successives qui envahissaient la piste avec l’espoir de s’installer aux commandes des ces bolides, de vraies cavalcades me rappelant des vols étourneaux s’abattant sur des oliviers!!! Jean-Claude accompagné par M.C avait réussi à se glisser dans un véhicule. Le courant électrique rétabli, il se lança à la poursuite  des voitures évoluant sur la piste d’où s’élevaient  une multitude d’exclamations joyeuses et de rires éclatants. Soudain un grand cri précédé d’une profusion d’étincelles  jaillissant du sommet  et de la base de la perche située à l’arrière de l’auto pilotée par Jean-Claude, immobilisa  les conducteurs. Jean-Claude qui avait place son avant-bras  contre la perche, regardait ébahi  son bras. Une vive brûlure au poignet lui fit réaliser  que sa gourmette en or avait fondu après contact avec la perche. Le « trafic automobile » fut immédiatement interrompu pour venir au secours de notre ami.

 Pour lui, la fête s’acheva là!                                                         

Ayant pris contact avec lui pour raviver cet épisode lointain de notre jeunesse, je compris que mon appel avait fait ressurgir des souvenirs qu’il avait enfouis au plus profond de sa mémoire.  Cette mauvaise blague n’avait eut aucune suite sinon le regret du forain propriétaire de l’attraction  et une cicatrice sur son poignet. Il m’a confirmé qu’il conservait précieusement les fragments de sa gourmette, récupérés après l’incident. Que s’était-il passait ? Un faux contact? Une mauvaise installation? cela ne nous troubla pas outre mesure l’incident était clos et la fête continuait.

                                                     Jean Paul VIDAL

2° Souvenir de C. CASTILLON : Le SAUT dans les ÉTOILES avec la « STAR » de la FÊTE.

            (La STAR ou le SABOT était un manège installé devant chez M. Duchemin, le photographe de Rio Salado).

               A l’époque, je devais avoir 10 ans, et ce manège, pour moi, était très impressionnant avec son pied central, et ses bras verticaux se balançant en sens inverse, l’un par rapport à l’autre.

               Lors d’une des fameuses Fêtes des Vendanges de RIO qui durait trois jours, je regardais le « Sabot » fonctionner et .j’imaginais les impressions que devaient ressentir les amateurs de sensations fortes, installés dans la nacelle lancée à vive allure. C’était le dernier soir de Fête, tout le monde désertait la place du village, regagnant leur maison, fatigué mais satisfait. Pendant ce temps les forains eux, avaient fort à faire: tout démonter pour libérer la place, les trottoirs, le travail reprenant le lendemain.

                Il était tard, et nous rentrions chez nous, tout en haut du village, et ce fut à ce moment là que réalisant que la « STAR » ce manège qui me fascinait tant, allait partir; alors il me prit une envie irrésistible d’y monter. Quelle drôle d’idée diriez-vous ? Et j’avais envie de monter sur le « SABOT ». Alors tout d’un coup j’éclate en sanglots, mes parents inquiets me demandent ce qu’il m’arrive ? Pourquoi ce chagrin ?  J ‘étais inconsolable, n’osant rien dire, finalement après de multiples questions j’avouais en pleurs:  » Je veux monter dans la STAR ? « 

     Après un moment d’étonnement mon père me prit par la main et,nous retournâmes vers la place. Mon père accéléra le pas et tout confiant je le suivais, sûr, j’allais monter dans mon manège!  Autour de la STAR, les ouvriers s’activaient, déboulonnant les pièces C’était la catastrophe ! La fin de mes espérances ! Mon père s’adressa au patron, plaidant ma cause. Ce dernier, de prime abord refusa, la magie des soirs de fête opéra très vite, je ne sais pourquoi….Et, l’instant tant espéré arriva. On me plaça dans la nacelle, bien sanglé, quelques consignes encore, mais tout allait bien, j’étais prêt et confiant nul ne pouvait me troubler.

Attention au départ! et, la machine se mit en route avec un grand bruit de crémaillère et de plus en plus vite. Ni le bruit, ni la vitesse ni cette sensation de pression qui me collait au siège, ne me fit peur. Et hop ! la machine stoppa en haut ! Je savourais cet instant magique, la tête en bas; personne sur la place du village: » j’étais seul, seul au monde ! »

          Je n’oublierai jamais cet instant merveilleux , plein de magie ! Puis lentement la machine redémarre et ça tourne, et ça tourne ! Un dernier arrêt en haut pour le plaisir d’un petit garçon, c’est formidable ! Et le va et vient du sabot diminue puis se calme pour finir sa course et s’immobiliser.

J’étais comblé ! Un employé vint me dégager de cet engin extraordinaire. Il me regardait comme un phénomène de foire. Quand à moi je savourais ma joie ne disant mot, mais ce silence et mon regard en disaient long.

Encore aujourd’hui je les remercie du fond du cœur pour leur geste, et c’est à mon père que va toute ma tendresse et mes remerciements.

Lentement afin de faire durer le plaisir, accroché à sa main que je serrais très fort, nous nous dirigeâmes vers notre maison, non sans jeter un dernier coup d’œil à ce manège autour du quel les ouvriers s’activaient.

         La « STAR » un passage éphémère dans la vie de l’ enfant que j’étais.Mais quel Souvenir!!!!!!

3ème souvenir de Simone BERNABEU-ROL : la baraque foraine « Maison Bernabeu ».

Je vais relater, ou rappeler aux plus anciens une anecdote survenue
lors d’une fête du village. Chaque année, mon père et mes oncles
Vincent et Frédou installaient leur baraque devant notre crémerie.
C’est ainsi que l’on désignait le glacier chez nous, située entre le café
Davos et la quincaillerie Heuman. Parmi les lots exposés sur les
rayonnages, figuraient les classiques services de table,d’autres objets
décoratifs et plus singulièrement la fameuse poupée Capi qui était
annoncée ironiquement au micro, pour les rimes, » la poupée qui fait
caca et pipi ». Il existait d’autres lots plus convoités tels les
cyclomoteurs ou les bateaux pneumatiques.
Lors de mon retour à Rio Salado en 2006, l’occupant de
l’ancienne maison de mes parents m’a présenté une soupière
provenant d’un lot gagné à la baraque et conservé précieusement en
parfaite état pendant plus de 40 ans. Quelle surprise émouvante!
Les saladéens, et bien d’autres, se souviennent que les
forains Bernabeu ne se limitaient pas à vendre des billets de loterie
mais ils produisaient du spectacle, surtout comique. Ainsi ils
amusaient fréquemment leurs admirateurs en caricaturant, sur
l’interprétation musicale du Barbier de Séville de Rossini (Figaro ci-
Figaro là) la séquence d’un barbier agité, rasant de manière très
loufoque son client apeuré, sur la tête duquel il renversait un seau de
mousse savonneuse.
Quelques instants après, Frédou, encore lui, enchaînait « des play
back » imitant Maurice Chevalier (Prosper), et surtout Yves Montand
(« C’est si bon » et « Les grands boulevards »). Et mettant à profit ses
dispositions athlétiques, il swinguait sur l’air de « A l’heure de la
récréation » qu’il terminait en faisant le grand écart.
D’autres fois, il apparaissait, vêtu d’une robe rétro, déguisé
en jeune femme galante tenant entre les doigts un interminable fume-
cigarette pour plagier une ancienne chanteuse, Nina Jo, dans « Du feu »
qu’il avait interprété par ailleurs, lors d’une de nos soirées au Palais

de la Mer à Valras. Inspiré par les facéties familiales, mon frère Serge,
benjamin de la troupe, ne tarda guère à entreprendre les siennes sur
la même scène que ses anciens. Dans un de ses premiers numéros,
il se présentait affublé d’une perruque genre professeur Tournesol, et
pour mimer la chanson « En Jouant de la Clarinette » il s’
accompagnait d’une vraie clarinette que mon père lui avait offerte.
Un soir, alors que la fête du village battait son plein, la
plupart des danseurs avaient déserté la piste de danse , au grand
dam de l’orchestre, pour assister au spectacle de la Troupe Bernabeu.
Malgré leur sucés, ces artistes durent écourter à regret leur
représentation pour inciter, de manière élégante, leurs fans à
retourner danser.
Nos fêtes échappaient à la banalité et se distinguaient
évidemment grâce à la célébrité de  » Nos  » orchestres. »
Alors, la seule évocation du nom de notre village à la plupart des
Oraniens suffisait pour qu’ils associent d’emblée Rio Salado à ses
fêtes qu’ils qualifiaient d’incomparables.
Je vois déjà la moue, peut-être même un brin d’indignation chez
nos amis de villages voisins, me reprochant mon manque
d’objectivité.
On peut admettre aussi qu’il n’y ait là d’excessif que la nostalgie de
cette époque pétillante de bonheur que nous partagions dans une
ambiance comme nulle part ailleurs.

  

4ème souvenir de Jadette : la course à l’oie.

       La course la plus impressionnante, qui attirait de nombreux spectateurs, était sans contexte LA COURSE À L’OIE. Le jeu consistait à décapiter d’un coup de sabre, une oie suspendue à un  gros cordage traversant le boulevard national.

          On renforçait  le cou de la volaille,  préalablement tuée cela s’entend, avec un fil de fer. L’oie ainsi armée, était suspendue au câble, qui suivant les années se trouvait arrimé au balcon de l’Hôtel de France à celui de l’appartement situé en face,  juste au-dessus du bar de Mr SERRANO (Café Ralenti pour les initiés). D’autres années, le câble partait du balcon de Mr Louis KRAUS, en haut de la boulangerie de M. CLAVERIE, et rejoignait un mât planté en face à l’entrée de la place publique.

Le jeu était réservé aux plus téméraires de nos jeunes gens. Le vaillant cavalier, armé d’ un  sabre, juché  sur le plateau arrière d’une camionnette lancée à « grande vitesse, » (40km/h) devait envoyer « valdinguer » le corps de la bête. La camionnette, la vieille FORD, de M.KRAUS, était pilotée par Paul.

 Nous avions nos champions :

Roger GIMENES, Néné RODRIGUEZLéon GOUAULT, Camille POVÉDA, et bien

d’ autres dont les noms m’ échappent…

Il fallait beaucoup d’adresse, de force et d’équilibre pour asséner un puissant coup de sabre à l’oie,  en se tenant seulement d’une main à une corde fixée à la camionnette,  et cingler  l’air et la bête avec le sabre. Le but du jeu était de détacher le corps de l’oiseau, laissant le cou pendouiller lamentablement, se balançant au bout du fil de fer.

Jeu barbare, me direz-vous ! J’en conviens. Mais pas plus qu’une course de taureaux!

Ce tour de force ne se réussissait pas du premier coup. Un seul passage était toléré.

         Et pendant toute la durée de l’exploit, les spectateurs ou les curieux encourageaient ces cavaliers des temps modernes de cris, de sifflets, retenant leur souffle au moment crucial et éclatant en applaudissements quand l’oie se détachait semant une pluie de gouttes de sang et de petites plumes arrachées.

La course finie, le sabre était confié à la garde de Néné RODRIGUEZ, qui le rangeait    dans le laboratoire d’œnologie de M.GARAIT, sur une étagère, où il attendait la prochaine fête.

5ème souvenir de Simone BERNABEU-ROL : la femme araignée.

Huguette, la « femme araignée ». Archive de l’amicale du Rio Salado.
« La femme araignée » encadrée par le magicien-ventriloque KARDEX et Simone BERNABEU.
archive de l’amicale du Rio Salado..

       

8ème balade (ter): Nos maires. (1940-1949)

Nous revoilà, amis saladéens, à nouveau réunis pour « fouiller », une fois encore, dans le passé de notre mairie.

Nous sommes en 1940.

Comme je vous l’avais conté précédemment, Joseph MILHE POUTINGON « fut invité « à se  retirer  des affaires communales.  Il n’y eut pas d’élection. L’administration du régime de VICHY nomma Paul BOUR, adjoint spécial ayant toutes les fonctions de maire. Je vous l’ai présenté  en tant que Président du Syndicat Agricole de RIO SALADO. Pour ce nouvel épisode de la vie administrative de la commune, j’ai demandé à son petit fils Henri BOUR de nous venir en aide. Et c’est ainsi que j’ai appris que leur ancêtre Christophe, originaire de Lening  en Moselle, s’était engagé très jeune dans l’armée française de « colonisation » en 1854. Il obtint une concession  de 25ha à TLEMCEN. Marié à Jeanne BARTHELEMY, ils eurent plusieurs enfants dont Emile, l’arrière grand-père d’Henri, qui résida à Béni Saf. Emile et son épouse, Jeanne BERVIER, eurent trois enfants: Paul, Jean  et Louis.  Durant l’année 1900, je suppose que, Paul tout jeune instituteur demanda un poste à RIO SALADO. Possible! Pourquoi pas? Toujours est-il qu’il obtint le poste, s’y installa et épousa Mathilde ROSELLO, fille de François ROSELLO et de Camille BERMUDES.

Ecoutez M. Joseph MILHE POUTINGON, lors de sa promotion au grade d’officier de la Légion d’ Honneur,  vous parler de Paul et de son ami,Agnel BERNARD, lui aussi instituteur, que nous retrouverons plus tard:

«…Messieurs, deux autres distinctions m’ont fait le plus grand plaisir. Lorsque j’ai lu dans l’Écho d’ORAN que les Palmes Académiques étaient conférées à mes deux bons amis M.M. BOUR et BERNARD. Ils sont venus à RIO, il y a quelques 25ans. Jeunes instituteurs pleins d’ardeur et de bonne volonté, ils ont mis, dans l’exercice de leur délicate fonction, tout leur cœur et leur intelligence. Ils ont fait de leurs élèves, des hommes aujourd’hui, de courageux travailleurs, de bons patriotes (…) puis séduits par le charme des travaux des champs, ils ont voulu devenir colons. Ce métier n’était pas le leur. Ils n’y étaient pas préparés (…) Ils ont quitté la plume pour la charrue, et très promptement ils ont excellé dans ce métier de laboureurs, comme ils avaient été brillants éducateurs….».

Voici donc le portrait de celui qui fut notre onzième édile: Paul BOUR. Homme droit et sérieux qui géra la commune en cette période  difficile avec un grands sens des responsabilités. Inutile de vous dire, amis qui me suivaient dans ce voyage dans le temps, que j’ai sollicité nos aînés par l’intermédiaire d’amis fidèles prêts à me consacrer du temps pour me venir  en aide. Je les en remercie. Tous ensemble, nous avons essayé de ressusciter cette époque si mouvementée.   Ainsi,  Henri SEROIN me rappela que Jean SEROIN , son père, fit parti du conseil municipal. Roger CONTRERAS m’apprit que Raphaël POVEDA était  premier adjoint. Voilà les seuls renseignements que nous avons pu recueillir, par manque de témoins, vous le comprenez.

La mairie des années 40 se dessinant, nous pouvons continuer notre « progression à l’envers » dans notre village sous le régime de Vichy.

Je vous rappelle que le personnel occupant une fonction publique avait été remplacé par des fonctionnaires du gouvernement de l’époque. Ainsi, M. LANGEAIS prit la place de René MARCIANO, dans la fonction de secrétaire de mairie, m’apprit Albert RICO. Paul KRAUS évoqua M. BOITIAUX, directeur d’école. Il   avait pour charge, d’éduquer les garçons mais également de  lever les Couleurs dans la cour de l’école, dès 8 heures du matin. Les élèves de toutes les classes, bien alignés et  au « garde à vous », chantaient: « Maréchal, nous voilà ! ».Et là, je m’adresse au plus jeunes de mes visiteurs. M. BOITIAUX avait  la « bonne habitude  » de surveiller la  classe des grands, armé d’une grande règle plate, restée très présente dans les mémoires . Le directeur la maniait avec beaucoup de dextérité pendant la dictée pour sanctionner les fautes. Heureux temps! N’est-ce pas ? Pour « s’occuper » des ados du village, M. KLEBER fut installé dans un bureau situé au rez-de-chaussée de la maison de M. PORTE. Capitaine dans l’Armée Française, il avait pour mission d’organiser les défilés du dimanche matin. Yvette DETORRES m’a souvent raconté que les filles  descendaient le boulevard, en jupes blanches, marchant au pas (je dirai de gymnastique ?), en chantant: « Maréchal, nous voila! ». Quand à Henri CLAVERIE, avec qui j’ai eu une agréable conversation, il se souvient encore de ces filles qui passaient devant la boulangerie de son père: «On les appelait les « JUPETTES« , me dit-il en rigolant et il ajouta, dans un éclat de rire moqueur ou nostalgique : Sais-tu qu’à l’école, l’instituteur nous avait demandé de faire un dessin qui serait envoyé au Maréchal ? J’avais dessiné un marabout, je m’en souviens! Et bien, j’ai reçu en réponse une carte postale avec le portrait de PETAIN… Toute une époque!!!»

En 1943 Paul BOUR, alors âgé d’une soixantaine d’années environ, et ayant gardé des séquelles de la guerre 14-18, laissa la gestion de la commune.

Ce fut son ami Agnel BERNARD qui fut nommé adjoint spécial. Il devint notre douzième édile de 1943-1949. Je connaissais M. BERNARD pour avoir accompagné mon père lors  d’une visite. Pour quelle raison? Je n’en sais trop rien : j’étais bien jeune! Je me souviens de ce  monsieur à barbiche blanche. Il habitait  la maison de la famille RICO, en haut du boulevard national, vers Aïn Témouchent,  en face de celle de la famille POUYAU.

 Il m’a fallu remuer ciel et terre pour entrevoir un pan de vie de cette période. Côté  Ciel, aucun résultat. Côté Terre, plus de succès.  J’ai eu quelques informations amicalement fournies par  Jean-Claude CARREGA:

«Agnel BERNARD  est né le 14 Août 1882 à TENES dans l’Algérois. Il fut instituteur à RIO SALADO aux environs de 1905. Comme son ami Paul Bour, il épousa une demoiselle saladéenne, Juliette GARCIA. »

Rapprochez-vous! Écoutez la suite. C’est Andrée CARDONA, qui m’a fait ces confidences: «Juliette GARCIA, tata TULETTE comme les enfants l’appelaient, était la sœur de Gaby devenue madame Albert CARDONA, la mère de  Jean. Juliette habitait effectivement dans la maison RICO où vécurent ma sœur Nicole et son mari Georges GARAIT

Comme son ami Paul, Agnel BERNARD «quitta la plume pour la charrue» et Jean-Claude CARREGA m’apprit  qu’il  avait obtenu une concession de 25ha à TURGOT.

Continuant mes recherches, André BERMUDES m’a raconté  que ce monsieur avait une très belle maison à l’entrée de TURGOT, dans le style des années 20, où vivait son fils Édouard, Dadou pour les amis, et Christine PLAZA d’ajouter: «Il y avait  un très beau parc».

Pourtant, M. BERNARD, je suis désolée, vous n’avez pas laissé un profond souvenir dans la génération d’amis que j’ai contactée!

Vous, qui me suivez dans ces remontées dans le temps, ne portez pas de  jugements trop sévères! Les contemporains de M. Bernard, avec qui j’ai bavardé, étaient trop jeunes pendant cette période,  les autres, les plus âgés  avaient eu d’autres soucis que  celui de s’inquiéter de  la bonne marche de la commune.

 La mandature de M. BERNARD était en fait le prolongement de celle de M. BOUR. Même climat politique, mêmes soucis, mêmes tracas, mêmes préoccupations. La FRANCE venait d’accepter la capitulation. Les rationnements  et les  restrictions étaient terribles. D’où une pénurie de denrées alimentaires, de médicaments, de textiles,… Ajoutez à cela, le retour du Front de nos soldats, de nos blessés, de nos prisonniers.  Deuils pour certains. Douleur pour les uns,  tristesse pour tous! Que leur importait  alors Agnel  BERNARD!

 Je vous laisse imaginer leur  vie en prenant connaissance de toutes ces anecdotes que j’ai pu recueillir.  Albert RICO se souvient de sa mère et de sa tante se levant à 2 h du matin pour se rendre à la boucherie ARMAND ou à la charcuterie TITO où  une longue file de Saladéens  attendait déjà l’ouverture des magasins afin d’obtenir un petit morceau de jarret ou de saucisse en échange du fameux ticket de rationnement. La viande n’était pas la seule chose qui manquait à nos Saladéens. Le café! Parlons-en du café! Plusieurs de mes informateurs ont soulevé ce problème.  Pas de café, quel malheur!! Mais nos mères et grands-mères pleines de ressources avaient trouvé une astuce: elles grillaient les grains d’orge dans un grilloir :  récipient cylindrique en tôle muni d’une manivelle avec juste une petite ouverture pour verser les grains,   le tout monté sur un foyer. Et on tournait, tournait, tournait lentement la manivelle et les grains grillaient en dégageant pas mal de fumée. Il suffisait  alors, la cuisson finie, de les moudre dans le moulin à café (de marque Peugeot, s’il vous plaît), de verser les grains moulus dans une chaussette. Oui une vraie chaussette ! (depuis longtemps abandonnée, bien sûr),  d’y verser très lentement de l’eau bouillante. Et vous aviez un ersatz de café … « délicieux ». Eh! il n’y avait rien d’autre!

Avec ce même appareil, je vous invite à une dégustation de TORAÏCOS. Non, réflexions faites, trop long à faire! Allez plutôt voir MINGO  et sa charrette, sur la place, en face du « Petit Louvre », le magasin de prêt à porter de madame NAVARRO. Il vous  les propose dans un cornet roulé dans des feuilles de « l’ECHO D’ORAN ». Un régal! Vous pouvez me croire! Surtout lorsque vous les croquiez à peine tièdes. Oh! Pardon! Où avais-je la tête? J’ai oublié de vous dire que les « TORAÏCOS » sont  des pois-chiches grillés! Je vous avoue que je n’ai trouvé ce mot dans aucun dictionnaire qu’il soit castillan ou  valencien. Je pense qu’il fait partie de notre « patois pied-noir »!

   Dans cette période troublée où tout faisait défaut, nos astucieuses ménagères taillaient les torchons de cuisine  dans les toiles usées des matelas que la tia JOSEFA , la matelassière de Rio, venait de renouveler. Bien souvent,  elles allongeaient un tablier d’écolière devenu trop court, en ajoutant un volant taillé dans une tombée de tissu. Et que vous dire  du costume du petit Jacques SALVA taillé dans la toile d’un sac à lie provenant de la cave du grand-père?   Vous n’avez pas idée de l’ingéniosité des dames de cette époque!

Ajouter à tout cela, la fabrication du  savon, dont la composition m’échappe, que l’on préparait sur le feu de bois dans un gros chaudron. Puis qu’on versait, avec mille précautions pour éviter les éclaboussures brûlantes, dans des  moules très longs. Là,  il  refroidissait, attendant qu’on le découpe en morceaux. La famille avait ainsi du  savon pour l’année. Pendant ce temps,  ma sœur, ma cousine et moi ramassions les fruits du SAPINDUS,  qui poussait dans la cour de la maison de mon oncle, et nous nous amusions à faire mousser les noix en les frottant entre nos doigts.

Pour corser cette période, Albert me parla de ce « bon » pour une paire de chaussures d’enfant que sa mère avait obtenu. Albert en fut le bénéficiaire. Il s’en alla chez M. SANCHEZ qui tenait boutique à coté de chez M.DUCHEMIN et M. ARMAND, prendre possession de ses chaussures neuves. C’était la dernière paire, heureusement à sa pointure! Merci Mon Dieu!  Défense de rire s’il vous plaît, les deux chaussures étaient du même pied! Qu’à cela ne tienne, elles étaient neuves! Albert se chaussa tant bien que mal, et s’en retourna chez lui,  traversant le terrain vague derrière la Fermette de la famille ANTON et l’école maternelle, évitant ainsi le détour par le boulevard. Tout heureux, il  marcha allègrement dans une belle flaque d’eau, et là, dans un grand éclat de rire, Albert me dit:

«Tu sais quoi? En sortant de la flaque, plus de chaussures! La semelle pendouillait toute molle. P…..! Sûrement fabriquées dans une espèce de carton bouilli ou peut-être  avec de l’alfa! Un désastre!» Il ne me conta pas l’entrevue avec sa mère.

 Paulette SANCHEZ, la sœur de Louis-Philippe GONZALES me parla,   de ses chaussures à  semelle de bois. Michelle KRAUS des siennes à semelles de liège, en ajoutant fièrement: « du liège,  venant de chez nous!».  Et, « la merguez sur le couscous » comme dit notre amie Gislène PARRES, des chaussures dont la semelle n’était  autre chose qu’un morceau de  caoutchouc découpé dans un  pneu. Vous imaginez cela! Quant à nous,  les gosses de ces années-là, nous ne sommes pas prêts d’oublier les talonnettes en fer que le cordonnier fixait à la pointe et au talon de la chaussure pour «qu’elles tiennent plus longtemps!» et qui faisaient un bruit d’enfer.  Nos aînés se débrouillaient comme ils le pouvaient.

Paulette SANCHEZ, avec qui j’ai bavardé un long moment, m’a permis, vu la richesse de ses souvenirs, de me faufiler dans l’école de filles de cette époque, que j’ai  connu aussi. N’attendez pas de photos de classes de ces années-là. L’Éducation Nationale n’acceptait plus les photographes dans les écoles.  Elles réapparaîtront après 1945. La directrice de l’école de filles, je vous parle de la vieille école, celle située en face de la place où sera construite la nouvelle église,  était madame VIARD. Je me souviens de cette dame,  et de son fils, Jean Michel, Jean-Mi. Un grand garçon blond  portant une casquette. Rendez-vous compte! Une casquette ! Quand tous nos copains arboraient fièrement le casque colonial! Enfin! Bref! En continuant notre conversation, Paulette me parla de son institutrice, Solange  NAVARRO, la plus jeune fille de madame NAVARRO.

 « En  fin d’après-midi. nous avions des séances de « tricotage ». Melle NAVARRO nous distribuait de la laine kaki provenant sûrement du magasin de ses parents, la mercerie «Grand Magasin ». Nous devions tricoter au point mousse des carrés que l’on empilait, une fois finis, sur une étagère de la classe.  Je pense qu’ils étaient ensuite assemblés au magasin pour former des couvertures envoyées aux prisonniers restés en Allemagne. »

Un événement qui marqua le village, lui revint en mémoire: l’enterrement de Sassa, François NAVARRO, le frère de son institutrice,  mort pour la France en 1943 à SFAX en Tunisie. Renée

QUILES m’a raconté que son grand-père était allé en voiture, chercher le corps de son fils. Triste besogne pour un père!

Continuant notre conversation, Paulette  me parla des leçons de catéchisme données par mademoiselle BAUBIL, de l’abbé LAMOUR,  de sa gouvernant Mémé SALOU.   Et, d’anecdotes en souvenirs, elle évoqua Melle LASSERRE, Madame CRESPO,   Madame BOUR, directrice de l’école maternelle. Je me rappelle bien de  cette dame, habillée de sombre, un bandeau de velours noir assez large lui emprisonnait les cheveux, comme un béret.

Bon, tout cela ne nous rajeunit pas! Mais avouez tout de même que ces années furent éprouvantes pour les adultes, mais fantastiques pour nous… Nous étions jeunes!

Que devenait Monsieur BERNARD dans tout ça?  Il continuait son bonhomme de chemin,  gérant  et maintenant l’ordre dans sa commune,  accompagné du secrétaire de mairie, et de son premier adjoint: Raphaël POVEDA. Je peux ajouter qu’après la libération du pays, M. LANGEAIS n’ayant plus d’ affinité avec le gouvernement de la FRANCE libérée, avait dù partir, et M.MARCIANO avait dù reprendre sa place de premier secrétaire auprès de M.BERNARD. Tout cela au conditionnel n’ayant eu aucun témoin pour le confirmer. J’ai retrouvé dans nos archives, une lettre de Roger JIMENES, il avait un emploi à la mairie de notre village. Roger a laissé de très bons souvenirs chez les saladéens, mais ça c’est une autre histoire! J’ai appris par Sylvette et Guy, ses enfants, qu’il était né le 16 novembre 1922 à AÏN TÉMOUCHENT, qu’il avait fréquenté l’école de garçons de RIO SALADO, et avait fait des études secondaires au lycée LAPERINE de SIDI BEL ABBES. En 1946 il occupa un emploi de rédacteur à la mairie de RIO. Voici donc les indformations que Roger m’avait données, informations capitales concernant la gestion de la mairie: «les employés de mairie: Antoinette CONTRERAS, Sylviane LLORENS, Marinette CAREL, Dédé BRANDO, Gaby LALLANE, Victorine BERNABEU, Antoine ARACIL,Louisette CASTILLO…étaient sous les ordres d’un secrétaire général, ils assuraient de nombreux services tels que: *La comptabilité – Le service du Personnel – Etat Civil – * Le service électoral – Le recrutement des classes (18 ans en vue d’être présentés au Conseil de Révision.) – * La déclaration des récoltes de céréales- * La réglementation et circulation des vins.- * Le service des eaux et l’assainissement.- * L’entretien de la voirie- des bâtiments communaux- des parcs et jardins- * Le gardiennage et l’entretien du cimetière. -* La police municipale- * le centre de secours- la gestion des pompiers volontaires.

Merci M. JIMENES! Vous avez été d’ un grand secours., nous connaissons mieux le fonctionnement de la mairie. J’ajouterai dans la liste des employés de notre commune, le magicien des jardins: M. SEGURA, le père de nos amis, Jean Paul et Yvon. Je vous emmenerai lors d’une prochaine balade, admirer les topiaires, ces sculptures végétales qu’il réalisait sur les haies du jardin public: le square Marius RICO.

Galerie introuvable !

Jean-Pierre SEROIN, m’a raconté que le seul souvenir de cette époque était la célébration du 11 novembre. M. BERNARD déposait une gerbe  au monument aux morts pour honorer les soldats morts en  14-18  en présence des conseillers municipaux et des élèves des écoles de filles et de garçons, tous attentifs au discours de M. le Maire., la cérémonie se terminait par une « Marseillaise » entonnée à pleins poumons par les enfants.

Agnel BERNARD dirigea la commune jusqu’en 1949. Il eut la joie de voir le débarquement des américains et enfin la libération du pays qui desserra l’étau qui étouffait la FRANCE et ses COLONIES.

Aux élections de 1949, Gontrand MILHE POUTINGON, le fils de Joseph, le petit fils d’Alexandre MILHE POUTINGON fut élu maire de RIO SALADO.

Etant donné la difficulté à rassembler des témoignages, nous invitons nos  promeneurs saladéens à étoffer  cette période en y ajoutant des anecdotes, des faits, des événements en guise de commentaires. Pourquoi pas ? ?

 

8ème balade (bis): Nos maires. (1865-1940)

Je dois auparavant vous avouer que, pour cette partie de notre balade, j’ai eu besoin d’un sérieux coup de main. Sans l’aide de Jean-Claude CARREGA, je ne vous aurez pas  entraînés dans une visite aussi détaillée et complète  de notre mairie et de ses occupants successifs.  Alors, mes promeneurs occasionnels, nous vous emmenons revivre le temps passé. Jean-Claude, je te laisse la parole:

«Bonjour à tous! Un rappel essentiel: Le territoire d’AÏN  TEMOUCHENT dont dépendait RIO (jusqu’en 1859) était très vaste. Il s’étendait jusqu’à MISSERGHIN, et comprenait AÏN KIAL, et AÏN el ARBA.. Administré par les militaires, c’était un capitaine qui faisait fonction d’officier d’État Civil. En 1860, ce territoire passa sous la responsabilité d’un administrateur civil  désigné par l’État: Émile PAYEN,  qualifié de « commissaire civil« .

En 1864, le territoire d’AÏN TEMOUCHENT fut érigé en commune de plein exercice. Emile PAYEN en devint le premier maire. Ce fut à partir de cette date qu’apparaissent les  adjoints spéciaux de RIO  qui feront alors fonction d’officiers  d’État Civil distincts  de celui d’AÏN TÉMOUCHENT.

Pour anecdote, vous pourriez lire sur le registre de l’État Civil d’AÏN TÉMOUCHEN l’annonce    des deux premiers mariages de Rio-Saladéens :

      – celui, en 1860, de  Louis Henry DE GOURNAY marié à  Antoinette GARNIER,

      – et, en 1861, celui de son frère, Auguste DE GOURNAY et de  Marie ALBERGE.

 A partir de 1865, les actes de naissances, mariages et décès furent inscrits dans les propres registres  de l’État Civil de Rio Salado».

Bon! Vous voilà  informés. Vous nous suivez? Nous pouvons donc continuer notre incursion dans le passé de notre mairie. Lors de sa création, par décret impérial de 1858, le village dépendait, comme nous l’avons mentionné plus haut, de la commune d’AÏN-TÉMOUCHENT, dont il constituait une annexe. De ce fait, jusqu’en 1884, date à laquelle il devint commune de plein exercice, son administration était du ressort d’un adjoint municipal. Cette mise au point étant faite, continuons notre plongée dans le temps, et accueillons le premier d’ entre eux:

  • Le comte Louis Henri DE GOURNAY de SENICOURT, 1er adjoint spécial, délégué de l’administration. Charge correspondante à celle de maire bien sûr. Il exerça cette fonction de 1865 à juin 1869. Henri DE GOURNAY eut une concession au Camp du RIO SALADO en 1859. Il eut fort à faire en tant que premier responsable du village.

Robert TINTHOIN, Dr es-lettres-ex-directeur des Archives d’Oran, nous signalait que:

« Le choléra, les sauterelles, la sécheresse et le froid rigoureux des années 1867-1868 furent accompagnés d’une forte mortalité».

Son arrière-petite-fille, Brigitte DONVILLE ne vous est pas inconnue. Vous avez sûrement lu son livre: « La fleur de l’Aloes » de Maud ARNAUD. Roman ayant pour toile de fond, les premières années de notre village.

–      Lui succéda comme adjoint spécial: François ARNOUX. Il assura son mandat de juin 1869 à juin 1875.

  –   Son frère, Marcel ARNOUX, exerça la même fonction quelques années plus tard, d’avril 1880   à janvier 1881. Les deux frères, originaires de SARRIANS dans le VAUCLUSE, arrivèrent à RIO en 1868.

Je ne peux vous en dire plus. Je laisse aux Saladéens plus compétents le soin de nous éclairer.

  • Entre les deux frères ARNOUX, Louis JACOBIN, fut à son tour délégué spécial d’octobre 1879 à avril 1880.

En février 1864, il arrivait d’AUCH  et s’installait dans « la partie la plus malsaine de la région, au bord de l’oued Rio Salado, à la MITIDJA ( tiré du Livre d’ or de l’Oranie). J’ai relevé dans le livre de sa petite fille, Henriette JACOBIN-MONTIGNY ce que sa grand-mère, Marie Louise BILLON, raconte:

« Il n’y avait alors qu’un poste de cantonnier et trois ou quatre modestes maisons…..Notre               mariage fut le premier célébré à Rio Salado. La place publique était un maquis constitué d’épaisses broussailles, palmiers nains, lentisques, jujubiers entrelacés en fourrés impénétrables ». La briqueterie JACOBIN fut créée en 1875.

  • Le dernier adjoint spécial de RIO SALADO, désigné par le gouverneur fut Alexandre MILHE POUTINGON, le père de Joseph que nous avons déjà rencontré. Il occupa cette fonction de février 1881 à mai 1884.

Pendant son mandat,  en 1882 plus précisément,  Robert TINTHOIN, nous dit:

«…l’érection du Centre en Commune de plein exercice est demandée. Après 2ans  d’incessantes démarches, un décret du 20 Mars 1884 permet à RIO SALADO d’accéder au régime communal avec un territoire de 3000ha».

Alexandre ne s’en tint pas là. On peut lire dans « RIO SALADO 1925 » de Joseph MILHE POUTINGON

« …Un marché à longue échéance conclu avec Alexandre MILHE POUTINGON permit à     M. VIC, négociant à ORAN, de créer de toutes pièces, une installation appropriée pour l’élaboration des mistelles…..C’est donc à ce dernier que RIO SALADO doit en grande partie l’extension de son vignoble et partant de sa fortune.»

      –    A partir de Mai 1884, RIO devint une commune de plein exercice.

  –    François ARNOUX  fut à nouveau à la mairie. Mais élu  cette fois en tant que premier     maire. Il y resta de mai 1884 à septembre 1886.

  – Henri DEGOURNAY  (la particule est rattachée au nom) lui succéda d’octobre 1886 à       avril 1888.

Nous l’avons déjà rencontré aussi nous allons rendre visite au huitième de nos édiles, mais en fait notre troisième maire: Jean COMBES.

  • Jean COMBES occupa cette fonction pendant 2 mandatures: de mai 1888 à mai 1896.

Il naquit à ARAGON dans l’Aude, où il exerçait la profession de tailleur de pierre. Ce qui lui valut de partir pour l’ALGÉRIE afin de  participer à la construction du pont  du Rio Salado.  Le pont en bois fut emporté par une crue. Il acquit par la suite une concession de 15hectares de lentisques et palmiers nains. Robert SEROIN me raconta que, pendant son mandat, Jean COMBES, à l’occasion de l’Exposition Universelle de PARIS en 1889, présida au banquet des maires de France, sous la Tour EIFFEL. Il avait obtenu une médaille d’or décernée par le ministre du Commerce de l’Industrie et des Colonies, pour son vin. J’ajoute que, si vous allez vous promener dans l’allée centrale du cimetière, tout au bout, vous pouvez admirer le buste de ce maire. « L’ECHO D’ORAN » du 11 novembre 1909 nous apprend que :

« L’on vient de placer au cimetière, le buste en marbre de M. Jean COMBES ancien maire de RIO SALADO, œuvre du statuaire oranais FULCONIS. Ce buste est d’une ressemblance parfaite et d’une exécution irréprochable ». (https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Guillaume_Fulconis)

Pardon? Des questions? Vous voulez savoir s’il y avait des descendants de Jean COMBES dans notre village? Attendez! J’ai quelque chose à vous montrer, un écrit relevé dans ce fameux registre d’État Civil de « ce village tout jeune » :

      « Le 12-12-1900 a été enregistré le mariage de:

SEROIN Anthelme Marin Laurent né le 7-7-1871 à AMBÉRIEU  fils de SEROIN Antoine Marin décédé et de SANVILLE Jeanne

avec

COMBES Lucie née le 25-12-1881 à ARAGON (Aude) fille de COMBES Jean Désiré et de DAT Marguerite».

 Vous voilà informés. Jean COMBES était l’arrière grand-père maternel de Jean Pierre, Yves, Luce, Paul, Henri, Robert, Marie Pierre, Guy et  de tous leurs cousins que je n’ai pu nommer.

  • En mai 1896, Henri LAGNEAU lui succéda jusqu’en Mai 1900.

Bien entendu, vous vous rendez compte que sans l’aide de mes amis Jean Pierre, Luce et Jean Claude, je ne pourrais vous tenir pareil langage. En fait, le nom des édiles  me « parlait » comme dit mon petit fils, mais sans plus. Alors Jean Claude CARREGA est encore venu me prêter main forte. Henri LAGNEAU était son arrière-grand-père paternel, père de Rose l’épouse de son grand-père François CARREGA, lui-même étant le fils aîné d’Étienne. Vous  connaissez ce dernier? Je vous l’ai présenté lors d’une de nos promenades. Il tenait le magasin général du boulevard national situé à côté de la boulangerie.

Vous y êtes? Nous continuons donc notre remontée dans le temps. 

      « Henri LAGNEAU, d’après un article d’Emile GARAIT paru sur l’ECHO du DIMANCHE de 1959, arriva en ALGERIE en 1878 et ouvrit, à RIO SALADO, un petit atelier de maréchal-ferrant pour satisfaire la clientèle du village et des environs.»

Aux élections de Mai 1900, Henri LAGNEAU fut battu par Joseph MILHE POUTINGON. Inutile de vous dire que les relations entre les deux hommes furent quelques peu refroidies. Son fils Achille LAGNEAU se présenta par la suite. Il ne fut pas élu.

  • De mai 1900 à mai 1940, Joseph MILHE POUTINGON, fut le maire du village.

Vous avez vu une partie des réalisations faites dans Rio au cours de sa mandature. Écoutez M. Claude PETIT, ancien député, lors de  la remise de la Légion d’ Honneur à M. MILHE POUTINGON:

« Enfant de ce pays, puisque vous y êtes né, vous avez donné à cette terre algérienne, comme tant de vos aînés le meilleurs de vous même, c’est à dire votre cœur……vous avez pu heureusement faire aboutir un programme de travaux indispensables au développement et à la prospérité de cette belle ville….aujourd’hui nous avons devant nous une petite ville agréable, riante et coquette qui fait l’admiration de tous les visiteurs, Messieurs ! On le doit à la vaillante population de RIO SALADO et à son digne maire M. MILHE POUTINGON.»

      Faisant suite à M Petit voici une partie de l’allocution de M. Paul BOUR, président du      Syndicat agricole:

  « Vous avez merveilleusement géré les finances communales avec des ressources restreintes… A la place du misérable village que j’ai connu en 1900 lorsque je suis arrivé parmi vous, s’élève aujourd’hui une coquette ville pleine de prospérité pleine de beauté pleine de fleurs! Mon cher Maire vous avez géré en grand financier le budget de notre commune!…»

Cette cérémonie eut lieu sur la grande place publique devant la population européenne et indigène de la région qui avait tenu à lui manifester sa sympathie.  Que vous dire de plus au sujet de ce maire!  Biensûr! vous parler de la fête qui se déroula le 27 septembre 1929. C’ est pendant la mandature de Joseph MILHE POUTINGON que le style de nos fameuses fêtes , celles qui firent, elles aussi, la renommée de notre village, prit forme.Germaine ADAM m’avait raconté que son père Vincent CARDONA, conseiller municipal fut chargé d’organiser cette fête des Vendanges, la première du genre: décoration de la place publique et du monument aux morts. Pour la première fois la fête avait un thème: MOULIN ROUGE. Un orchestre animait les soirées, et les forains vinrent s’installer autour de la place, entre les palmiers que l’on venait de planter. La fête, cette année là, se termina comme les précedentes, par une FANTASIA.Et, depuis 1924, RIO SALADO fut fidèle à ce style de fêtes. M. le Maire fut aidé dans la gestion de la commune par des conseillers municipaux :

Manuel ANDREU, Constant PORTE, Albert MACIA, Jules JACOBIN, Antoine ROSELLO, Jean LOZANO, François ARACIL, Jean LOPEZ, Jacques SANCHEZ, Joachim POVEDA, Raymond FUENTES, Joseph PEREZ, Espi CANDELA, Manuel DIAZ, Louis ESTEVE, Eugene LAMBERT, François MONTERO…

Et sûrement quelques autres dont je n’ai pas retrouvé les noms.

Et Mon Dieu! J’allais oublier « l’inoubliable » :   René MARCIANO, tout jeune Secrétaire Général de notre mairie.

 Bon! Laissons M MARCIANO et retournons à nos édiles. Écoutons la fin du discours de M. le Maire:

«Certes cette œuvre est magnifique, elle est grande elle a fait l’admiration de tous ceux qui ont visité notre pays au cours du Centenaire . Mais en vérité, en sommes-nous, nous les hommes de ma génération, les principaux artisans? Non. Le travail fait, l’œuvre accomplie dans ces régions jadis couvertes de forêts impénétrables, de marais pestilentiels, peuplés de bandits redoutables, et de fauves dangereux, pourries de fièvres meurtrières, cette œuvre, nous la devons aux premiers colons(….) et il faut le dire à ces magnifiques travailleurs espagnols qui ont arraché le palmier et les broussailles.»……

Et le temps continua de s’écouler calme et serin.

Arrive septembre 1939. RIO SALADO se trouva alors plongé dans la guerre: la mobilisation,   l’angoisse, la résignation, la tristesse, les départs précipités, les pleurs. Les jeunes hommes du village  qui un époux, un père, un frère, un oncle, un cousin, un voisin embarquaient pour la Mère Patrie, où la guerre faisait rage. Les nouvelles étaient  rares. Un tel blessé, l’autre prisonnier, le troisième Morts sur le Champ d’ Honneur. RIO  SALADO est en deuil!

Et nous voilà en juin 1940: l’Armistice.

Le déroulement de cette période dépasse mes compétences, je dois vous dire que de nombreux amis sont venus me prêter main forte. Mais pour plus de précisions « historiques », j’ai consulté Internet. Je vous résume la situation de l’époque:

Le Maréchal PÉTAIN est appelé à gouverner la France Occupée:

«Au lendemain de l’Armistice, du 22 Juin 1940, la FRANCE d’OUTRE-MER restait sous la souveraineté du nouveau Gouvernement de VICHY. Les équipes municipales furent alors renouvelées, remplacées par des administrations nommées d’office par les représentants du Régime de VICHY.»

 C’est ainsi, qu’après déductions des uns et des autres, aucun témoin de cette période n’ayant pu être consulté, nous pensons que Joseph MILHE POUTINGON dut quitter sa fonction de maire.

Joseph MILHE POUTINGON resta durant40 ans(1900-1940) maire de RIO SALADO. Il naquit en 1868 et nous quitta en 1949!

EN DESCENDANT le BOULEVARD : 8ème balade. Notre mairie.

Tient! De nouvelles recrues sont venues se joindre à nous! Soyez les bienvenues. Nous n’allons pas tarder à partir. Nous sommes à l’angle de la rue Agnel BERNARD et de la rue maréchal JOFFRE, devant la maison de la grand-mère MARZULO. On m’a soufflé, non! Soyons honnête, François et Luce m’ont suggéré  qu’il serait judicieux, puisque nous sommes face à la mairie d’y aller  faire un tour. Très bonne idée! Alors, vous qui me suivez dans ces voyages dans le temps, accrochez-vous! Pour cette 8ème balade, nous allons, l’espace d’un instant, nous plonger dans la vie administrative  de   notre village, et « réveiller  » ceux qui ont fait l’histoire de RIO SALADO.

                    Traversons la rue: nous commençons notre remontée dans  le temps. Là-bas la mairie. Elle fut construite en 1904, nous apprend Robert TINTHOIN (Dr. es-Lettres, ex-directeur des archives d’ORAN). Autrefois, deux salles du groupe scolaire, situées  entre la classe de filles et celle des garçons, tenaient lieu de mairie. En fait, comme  me le rappelle Jean Claude CARREGA, la mairie de RIO fut, jusqu’à la moitié de l’année 1884 une annexe de celle d’Aïn Témouchent. Tout comme la mairie de TURGOT fut une annexe de celle de RIO jusqu’en 1920, mes amis! Cette mise au point étant nécessaire, commençons notre  promenade. Admirez au passage, notre belle église. Une cigogne perchée sur la croix, tout en haut du clocher,  nous regarde tranquillement déambuler. Et nous voilà devant la mairie. Jetez un  œil aux grilles de défense des fenêtres! Au centre, deux lettres sont entrelacées: R et S (Rio Salado). Attendez! N’entrons pas tout de suite. Arrêtons-nous un instant. En face de vous: la place publique, le square Joseph MILHE POUTINGON, maire de Rio de 1900 à 1940, ainsi baptisé le 10 mai 1931, lors de sa promotion au grade d’officier de la légion d’honneur. Écoutons la fin de son discours:

«…C’est sur cette place, dans ce décor merveilleux, à côté du monument sur lequel sont inscrits en lettres d’or , le noms des Enfants de RIO SALADO, Morts pour la Patrie, que vous avez voulu me couvrir de louanges et de fleurs…». Ce maire  était admirable et notre place vraiment belle!

Mais elle ne  fut pas toujours un « décor merveilleux ». Avez-vous idée du nombre de réunions, de menaces, de procès verbaux qu’il fallut pour en arriver là! Le 28 mai 1909,  on pouvait lire sur L’ÉCHO d’ORAN :

«Malgré l’arrêté du Maire  pris il y a un mois, et de nombreux avertissements donnés à la population pour faire disparaître les cochons de notre centre, quelques personnes s’obstinent à en garder dans les immeubles. Deux procès verbaux ont été dressés hier».

Plus loin,  le 19 juin 1909 on pouvait encore lire:

«Notre grande place publique est toujours en grand état de malpropreté, parsemée de cailloux, et de détritus de toutes sortes, elles n’est jamais nettoyée. Nos plantations sont également abandonnées, personne ne s’en occupe malgré les sacrifices considérables consentis pour leur entretien».

Vous imaginez l’effort déployé par le maire de l’époque, M. Joseph MILHE POUTINGON, pour que vous puissiez admirer ce « merveilleux décor! ». Cette place fut créée  en 1907. Yvon LOZANO, alors que nous évoquions avec émotion pour la énième fois nos souvenirs, me racontait que son père Jean LOZANO  conseiller municipal,  fut chargé de superviser les  travaux de rénovation et d’ embellissement de ladite place.  Que d’acharnement et de persévérance!  Mais quelle réussite! N’est-ce pas? Laissons ce point vital de notre village et montons les 2 marches qui mènent à la porte d’entrée de la mairie. A gauche de celle-ci, une plaque en marbre blanc nous rappelle l’origine du nom.

 « RIO SALADO: OUED MELAH des ARABES,  FLUMEN SALSUM des ROMAINS (Rivière Salée) 

Et  encore, que RIO fut créé Centre de colonisation le 16 février 1859 et érigé en commune de plein exercice le 20 mars 1884.

Dans les dernière lignes, on pouvait lire qu’à l’origine du Centre, la population était  de 50 feux composés d’européens et d’indigènes et que  sa superficie était de 3000hectares». Au-dessus  de cette plaque en marbre, le blason de RIO SALADO. Il a été celé au mur en 1956. Non! Non! Pas d’erreur! C’est bien 1956! Rapprochez-vous et écoutez comment notre village,  petit  bled de l’ORANIE,  a eu ce beau blason. Vous pouvez vous torturer les méninges, nous étions pratiquement le seul village d’Algérie  à avoir des armoiries. Comme les  grandes villes de la métropole ! Nous devons ce beau blason au maire de l’époque: Gontrand MILHE-POUTINGON, fils de Joseph MILHE POUTINGON. M. René MARCIANO, alors secrétaire de mairie, nous relate les faits (bulletin paroissial de l’abbé PLENIER, d’octobre 1957): 

2- « Au cours de la séance du 21 décembre 1956, Mr. Le Maire a fait connaître à l’assemblée (…) qu’étant en vacances en Métropole, il a été invité par Monsieur FOUQUES-DUPARC maire de la ville d’Oran, à se rendre à Orly, afin d’y recevoir Messieurs les Gouverneurs Généraux d’ ALGERIE…..  les maires de France et d’Algérie se sont rendus à COLMAR en vue d’assister, à la préfecture de cette ville, au jumelage de diverses communes du département du HAUT-RHIN. A cette  occasion Mr. THROO, maire de GUEBWILLER lui a été présenté et a bien voulu accepter le jumelage de sa commune avec celle de RIO SALADO.

Sur l’invitation  de Mr. THROO, maire et Mr. Roger NININ, sous-préfet, se sont rendus à GUEBWILLER où une séance du Conseil Municipal a eu lieu en vue de dresser l’acte de parrainage (….) Après la signature de l’acte, le discours a été prononcé par Monsieur le Maire de GUEBWILLER .»

Le discours termine sur ces mots: « Mais il sied aussi à tout parrain d’offrir un cadeau à son filleul. Je vous prie d’accepter en souvenir de cette journée ce tableau représentant les armoiries de notre cité.»

 D’où l’idée de notre blason! et Mr. MARCIANO, continuant son compte rendu, ajoute:

«….Mr. le maire fait remarquer à l’assemblée qu’il a fait établir par M. le Directeur des Beaux-arts d’ORAN diverses maquettes pour le choix des armoiries de la ville de RIO SALADO.

Après examen, la maquette retenue est celle représentant l’origine de la cité avec ce libellé du décorateur:

«  d’argent à la barre de sinople maçonnée et bretessée, chargée d’une rivière d’or, accompagnée de deux fleurs de salicaire au naturel.»

Ne me demandez pas d’explications. Voyez notre Président : il s’ y connaît mieux que personne! M. MARCIANO, continuez s’ il vous plaît! On vous écoute!

« Sur la demande de M. le Maire,  l’assemblée charge M. BOUR Henri, conseiller municipal, de consulter  M. le Directeur des Beaux-arts d’ORAN pour faire compléter la maquette choisie, qui est à l’image de la ville de Rio Salado…..»

C’est donc ce blason, que l’on peut admirer à gauche de l’entrée de la mairie, et où l’on peut  lire la devise de notre village:

« d’Obstacle n’ a cure, fleurira quand même.»

Après ce rappel, nous pouvons entrer et « réveiller » tous nos édiles. Montons jusqu’à la salle des mariages. Installez-vous! Ils sont là, dans leur cadre, accrochés au mur. Ils attendent de vous être présentés. 

La grande aventure de la vigne….Robert WARNERY

Pour terminer notre périple dans l’histoire des raisins de Rio, et les repas cordiaux de fin de vendanges. J’ai trouvé dans les  archives de l’amicale, « la grande aventure de la vigne…. »de Robert WARNERY. Il nous entraîne sur les traces de FISTON, son père, pour nous faire remonter le temps en nous parlant de ces vendanges qui ont tant compté dans le village.

«La GRANDE AVENTURE de la VIGNE……..» Robert  WARNERY                 Ce métier de la vigne, ne se fait pas sans une immense passion de la terre et une résistance à l’échec à toute épreuve. Le temps, le soleil et les soucis du lendemain incertain, burinèrent le visage de nos pères et tannèrent leurs peaux, rude écorce peu sensible aux éléments. Ils avaient la vie chevillée à l’âme par ce combat de tous les jours pour une existence qui n’ avait pas toujours été tendre avec eux. Mon père était de cette trempe. Les techniques d’exploitation plus aisées que par le passé, n’enlevaient rien à l’ardeur et à la ténacité qu’il employait pour continuer l’œuvre d’Eugène WARNERY, mon grand père, cet ingénieur diplômé de l’ école d’ agriculture de Montpellier. Les pépinières RITCHER approvisionnaient mon père en jeunes plants plus résistants qui lui permettaient de renouveler certaines parcelles.                                                                                    «La culture de la vigne, me disait FISTON, est un travail de tous les jours. Les jeunes plants demandent une surveillance de presque tous les instants, afin de mener à bien sa maturité.»

Et là, arrivait le cortège de traitements des maladies habituelles qui s’égrenaient tout au long de l’ année : l’OÏDIUM, le MILDIOU, les ALTISES…. Plus d’une fois, je le vis consulter le sacro-saint et mythique calendrier      » le ZARAGOZANO » qui lui donnait la météo sur un an! (enfoncés les prévisionnistes les plus performants de Météo-France sur une semaine           !!)                                                                                                           Puis arrivaient les vendanges, et il disparaissait, perdu dans l’organisation de la composition de coupeurs et porteurs. Les camions récupérés sur les stocks laissés par l’armée américaine, faisait son affaire. Il  y avait là, des véhicules pouvant circuler sur tous les terrains et par tous les temps.

Et les vendanges commençaient fiévreusement dans des odeurs de grappes mûres qui embaumaient l’atmosphère des vendanges. Mon père se passionnait dans la recherche des techniques de fabrication d’un vin qu’il appelait « vin médecin ». Ce vin médecin apportait un complément à certains vins dépourvus de  » corps ». J’aimais par dessus tout déambuler dans la cave, assourdi par le bruit des pressoirs entraînés par l’enchevêtrement des courroies qui, toute la journée, sans interruption tournaient, tournaient….. Et au-dessus de ce charivari, je m’imprégnais de l’odeur des grappes pesées, et des marcs qui parfumaient la cave.

Et 1963 est arrivé…..

Le colon contemple pour la dernière fois le domaine viticole qui préserve au plus profond de ses ceps de vigne, ses meilleurs souvenirs d’hommes heureux, de luttes contre les fatalités de la maladie et autres formes de fléaux contre lesquels il n’avait jamais baissé les bras afin de préserver son patrimoine. Le soleil se lève doucement pour faire encore une fois de cet endroit où il est né : « un des endroits des plus beaux matins du monde».  Il va sur ses 50 ans d’une vie laborieuse vouée à sa terre, à sa famille, à ses parents, à ses amis, à la vie associative de son village…….il laisse derrière lui le cimetière où reposaient trois générations de ses pères. Il ne reste dans les rues de son village que quelques vieux pour se rappeler encore son nom. Le vent qui se lève ne mettra pas longtemps à effacer sa trace dans le sable des dunes proches.

« IL EST LÀ POUR QUELQUES INSTANTS ENCORE, ET BIENTÔT POUR PLUS JAMAIS! »                                                                                                                           Robert WARNERY

 

Qui pourrait me dire : les bulles et les pilules.

Quand j’étais enfant (il y a bien longtemps), il m’arrivait souvent d’aller déjeuner chez mes grands-parents BLASCO qui habitaient tout près de l’école et je me souviens…..

-Du LITHINE que ma grand-mère préparait quotidiennement avant le repas. Pour moi, c’était un moment privilégié car elle me laissait intervenir (un peu) et si le bouchon sautait ça devenait du champagne.
Qui pourrait m’en rappeler les marques.

-Des PILULES PINK (roses) qu’elle me faisait avaler avant le repas. Alternées avec une cuillerée d’huile de foie de morue.
Elles étaient sensées fortifier et rendre intelligents. (Je ne sais pas si c’est prouvé pour moi) probablement des placebos.

Tout cela venait bien sûr de la pharmacie Rauturier.
Est-ce que cette coutume était partagée ?

J’attends vos commentaires.
Merci.
Amitiés.

René

Création de la Société « JEUNESSE SPORTIVE »d’ ER RAHEL.

Création de la SOCIETE « JEUNESSE SPORTIVE »  tiré du livre  de                        Max MARCHAND , « Une petite ville d’ ALGERIE parmi tant d’ autres… »

« Le « SOU des ECOLES » est une importante société scolaire et sportive d’ ER RAHEL. Fondée le 1er Février 1930, elle a connu trois présidents:                 Emile DIDERON, Jules ALBALADEJO, et Emile COUILLARD.                                Un point d’histoire du « SOU des ECOLES » se situe dans la séance du  8 Novembre 1940. .En effet, lors de cette séance,  toutes les sociétés sportives d’adultes groupées sous le nom de « JEUNESSES  SPORTIVES ER RAHELIENNES » décidèrent de fusionner avec le « SOU des ECOLES ».                                                                   « Réunion du 8 Novembre 1940.                                          Sont absents les membres du comité encore sous les drapeaux en SYRIE. Monsieur Lucien DESCAT a été convoqué comme Président de la « JEUNESSE SPORTIVE » car l’ordre du jour est le suivant:                                                   FUSION de la « SOCIETÉ SPORTIVE » et du « SOU des ÉCOLES ».                      Aussitôt le Président du  « Sou des ÉCOLES » donne la parole à M. Lucien DESCAT. Ce dernier développe les raisons pour lesquelles il demande la fusion. Le FOOTBALL est un sport goûté du public mais il entraîne des frais que les recettes arrivent difficilement à payer… A son avis les ressources du « SOU des ÉCOLES » seraient suffisantes pour permettre de venir en aide à ceux qui pratiquent l’EDUCATION PHYSIQUE et les sports. Sans oublier les enfants des écoles. Ce sont surtout ces derniers qui ont besoin du « SOU des ECOLES ». M. DESCAT le sait très bien… Il rappelle ensuite que la loi n’autorisera à l’avenir probablement qu’une société dans notre centre.          … On a parlé, dit-il, d’une dette de la « JEUNESSE SPORTIVE ». Il y a en effet un passif de 6500frs environ qui se comprend, quand on pense à la construction du mur de clôture du stade de foot. C’est à lui  que cette somme est destinée. Jamais il ne la réclamera au « SOU des ECOLES »; la Société arrive donc avec son stade et une caisse vide, mais sans aucune dette.                 … Après quelques questions posées par: Ms PONCELET, FABRE, CANDELA, NAVARRO, et FROMENT, le principe de la fusion des Sociétés est votée à l’ unanimité.  Sur la proposition de M. ALBALADEJO, il est décidé que le Comité sera augmenté de 4 membres désignés parmi les membres du Comité de la JEUNESSE SPORTIVE. M. DESCAT en fera connaître les noms après réunion de ce dernier. M. DESCAT remercie le Comité du « SOU des ECOLES » de l’accueil vraiment amical qui lui a été réservé. Il parle en son nom personnel et au nom du Comité de la JEUNESSE SPORTIVE. Ensuite la séance est lévée…..                                                                                              Le Président:                                               le secrétaire:                                                   J. ALBALADEJO                                                P. BOURREC

                                         Réunion du  11 Septembre 1941                                                    La Société, même aux temps troubles de VICHY, devient de plus en plus florissante…                                                                                                                     Section FOOTBALL. Directeur: M. COUILLARD, assisté de M. NAVARRO, CANDELA et LOPEZ Gérard.

Section ATHLÉTISME: Directeurs : jeux, M. AVARGUES; Athlétisme, M. CERVANTÈS, assisté de Mme BALME, de MM. FABRE Émile, FROMENT Roger, ALBERT Gérard.

… A la libération, la « Société repart de plus belle. Voici la liste de ceux qui s’y dévouaient encore le 31 janvier 1946:                                                                       Nouveau tableau des services et fonctions:                                                                 Président : M. COUILLARD                                                                                                Vice-Présidents : M. PLUMET, M. TISSOT                                                                        Secrétaire : M. LLOBREGAT                                                                                              Trésorier : M. BRAVAIX

SPORTS : Secretaire sportif : M. MUNOS Jean                                                                    FOOTBALL : MM BANONS et CANO Paul                                                                 BASKETT-BALL : M. MUNOS Jean                                                                                ATHLÉTISME : M. ANTON René

Voilà, chers amis ER RAHELIENS, tout ce que j’ai pu trouver concernant le sport et plus particulièrement le foot. Notre amicale n’est pas « riche », mais je compte sur vous pour compléter les infos en ajoutant des commentaires des anecdotes, éventuellement des photos .  Nous vous en remercions.

Archive de l’amicale du Rio Salado.

M. BERNABEU et l’équipe de 1938

Suite et fin « FOOT à RIO » -Un Article de J-L. LOZANO.

«…..Durant l’été 1958, l’idée nous vint de faire revivre le S.O.S, mis en sommeil depuis quelques années après l’épopée de la grande équipe dirigée par le Président  Sassa ROSELLO. Une équipe d’amis de tous âges: Bébert ARACIL, SANCHIS, PÉPICO el Pintré, Ernest REYNE, beaucoup d’autres et moi-même, se mit au travail et engagea le S.O.S dans le championnat pour la saison 58-59. Le siège social  se situait au BAR des SPORTS, boulevard national, une nouvelle tenue fut achetée avec des fonds collectés par Monsieur REYNE, propriétaire des lieux.

Les recrues du SOS (archive de l’amicale du Rio Salado)

Archive de l’amicale du Rio salado

1er rang : Paul GALLARDO- Jean Louis LOZANO- Ernest REYNE- Louis CHORRO-2ème rang: Jean GALLARDO- Lucien VIRUEGA- Henri NAVARO- Roger MACIA- Henri MEGRET- Louis LAMBERT- 7 (?)-

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S.O.S les années Sassa ROSELLO. 3ème partie.

Dans les années 50, Sassa ROSELLO, un viticulteur de Rio Salado, prit la présidence du S.O.S.  Plus qu’un président, il fut avant tout un mécène pour le club. Il fit venir dans l’équipe Jean GONZALES du S.C.BEL ABBES. Hubert ZAKINE dans son livre: « La mémoire du football » écrit: « titré au plus haut niveau, Jean GONZALES répond aux sollicitations de Rio Salado. Son Président, M. ROSELLO, fait de lui l’entraîneur  du S.O.Saladéen. Jean GONZALES réalise alors un coup d’éclat unique dans les annales du football oranais: terminer invaincu   en 22 rencontres, (3 nuls, 19 victoires) et accéder en PROMOTION d’ HONNEUR». Ce furent les heures de gloire du club. Je vous communique un entre-filet intéressant venant d’un journal sportif:  «Une hirondelle ne fait pas le printemps mais GONZALES fait les beaux jours du Rio Salado. Parions qu’avant peu, certains regretteront d’avoir laisser partir cet excellent joueur!». Ces joueurs venant de clubs « étrangers » percevaient une mensualité, avaient les frais payés, et, comme les joueurs de l’équipe, recevaient une prime si le Club gagnait le match. Ces primes venaient des mécènes qui suivaient le Club. Je vous donne à lire l’article concernant Jean GONZALES , écrit par Joseph VERDU. (voir l’album ci-dessous)

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SOS : 2ème partie.

2ème partie 1940- 1945 : «  Le match pala   »

Alors que mon petit fils regardait, sans trop d’émotion le match contre je ne sais quel pays (Ah! On me souffle: la FRANCE  contre le DANEMARK), je le trouvais déçu, ennuyé.                                                                                                              -Qu’est ce qu’il t’arrive?                                                                                                            -Bof! Aucun intérêt ce match!»                                                                                              -Ah! c’est peut-être un match pala?                                                                                  -Un match pala? Qu’est ce que ça veut dire?                                                                  -Ecoute! J’ai retrouvé une anecdote assez plaisante qui te l’expliquera. Elle me fut racontée par Eugène SALAS, un bélabésien ayant eu le bon goût d’épouser une saladéenne, Andrée POVEDA. Cette anecdote nous dévoile certaines »pratiques »de ce sport. Eugène faisait partie de l’ équipe de foot de SIDI BEL ABBES  (le S.C.B.A). Cette équipe comptait des joueurs bélabésiens, plus un corse et un instituteur breton! tous deux récemment arrivés de la Métropole. Le S.C.B.A était assuré d’être champion d’ORANIE. Ce jour là, il disputait un match contre une petite équipe qui attendait fébrilement la victoire pour ne pas avoir l’affront d’être rétrogradée. Pendant que les joueurs du S.C.B.A se préparaient, un mot d’ordre circula dans le vestiaire: «-Aujourd’hui, on fait PALA». Bien sûr les joueurs bélabésiens savaient d’emblée ce que « PALA » voulait dire. Les dirigeants des deux clubs s’étaient mis d’accord: on laisserait la jeune équipe gagner. Ce qui lui permettait de conserver sa place en 2ème Division.  Mais Voilà! Ils avaient oublié nos deux jeunes recrues fraîchement débarquées! La consignes circulait, on la chuchotait de bouche à oreille: «-On fait pala! on fait pala!». On se regardait d’un air entendu. Le match débuta très calmement. Seuls nos deux joueurs s’en donnaient à cœur joie. Fous de joie, ils marquèrent 2 buts. Mais enfin! C’est un match PALA!!!! A la mi-temps, on leur répéta un peu vertement : « Hé! C’est un match Pala! Qu’est ce que vous faites?».  «Attendez ! Ça veut dire quoi un MATCH PALA???».  Alors, plus posément, on leur expliqua: «-C’est un match combine!».  La seconde partie du jeu se passa dans les normes. La jeune équipe gagna le match par 3 buts à 2. Eugène m’avoua que ce fut un des rares matchs où il transpira si peu: Hé! oui! c’était un match PALA!!!  J’ai essayé de savoir auprès des experts en la matière ce que ce mot voulait dire, je n’ai obtenu que des réponses assez évasives: «On disait comme ça!», «C’est un match combine». Ou encore : «L’origine du mot doit encore venir de nos grands parents espagnols».  Bref! la définition ne me satisfaisant pas, j’allais rechercher dans notre vieux « diccionnario DELGADO de 1948 » ce que PALA signifie. PALA veut dire PELLE, mais au sens figuré, employé famillièrement , voilà ce que j’ai lu:   «Meter la pala: tromper astucieusement » ou « Meter  média pala: donner un coup de main». Donc, nos grands-parents employaient l’expression à bon escient. Et voilà, mon grand, ce que  match pala veut dire. Donner un coup de main …».            Ah! une petite mise au point le match France-Danemark n’était pas un match pala , c’était tout simplement …et bien je n’en sais rien. Faudrait demander aux experts pourquoi ce match fut si ennuyeux!

Maillots du SOS à travers les âges.

(archive de l’amicale du Rio Salado).

(archive de l’amicale du Rio Salado).

(archive de l’amicale du Rio Salado).

(archive de l’amicale du Rio Salado).

(archive de l’amicale du Rio Salado).