Souvenirs du temps passé :

Les Puces de Marseillan Plage 15 mars 2025 (photo Jadette SALVA).

« Coiffeur pour messieurs »

Notre passe-temps favori le dimanche est d’aller nous promener aux « PUCES ». Retrouver les traces du passés jetées en pâture à même le sol. Tel est le but de notre promenade dominicale.

C’est ainsi que nous avons eu le plaisir de voir traîner au milieu d’objets plus hétéroclites les uns que les autres, toute une « panoplie » de coiffeur :

Archive Jadette SALVA.

Il y avait là tout le matériel dont se servait mon voisin Antoine PEREZ, coiffeur pour messieurs ! Tient ?? « coiffeur pour messieurs » ! L’expression m’est venue naturellement. En effet, de nos jours, nous pouvons lire sur la porte d’un salon :

« Salon coiffure homme ».

Inutile de nous attarder sur cette différence de langage.

Ceci dit, le salon dont je vous parle était tenu par mon voisin , Antonio PEREZ, le frère d’Anita, belle-sœur de Claudette, notre amie disparue.

Ce salon se trouvait sur le boulevard national à RIO SALADO, entre la librairie de Madame SANCHEZ , et le café de Monsieur RUIZ

A droite, le bar, le salon de coiffure et la librairie (archive Amicale du Rio Salado)

Quelle a été ma joie, teintée d’ une pointe d’ émotion, je dois l’avouer, lorsque j’ai vu, gisant sur un vieux tapis, la « fin d’ une époque » : tous les outils utilisés dans un salon de coiffure pour messieurs, années 50 !

En un éclair, ma mémoire m’a « poussée », m’a « retranchée  » dans le village de mon enfance.

Nous habitions en face, de l’autre côté du boulevard. Il m’ arrivait de passer d’agréables moments à regarder M. PEREZ exerçant son art. J’avais 8 ans !

Archive de l’amicale du Rio Salado.

Que ce salon était beau ! Le bois prédominait . Les fauteuils pivotaient à mon gré lorsque je les « essayais ». Venaient ensuite les glaces, la vitrine et tout le matériel posé sur les tablettes au-dessus des lavabos d’ un autre âge !

Antonio, en blouse blanche, tartinait copieusement les joues et le menton de son client d’ un geste cent fois répété.

J’étais surtout fascinée par la façon magistrale dont il aiguisait son rasoir. D’ une main ferme, il maintenait l’ affûtoir par le manche en bois, et de l’autre, il balançait la lame dans un va-et-vient quasi théâtral.

Alors il attaquait la barbe du client, lui laissant des joues lisses, un tantinet rougies, qu’ il couvrait d’une serviette blanche.

Coiffé de frais, le visage « propre », je revois le client qui s’observait avec attention et complaisance dans le miroir placé au-dessus du lavabo.

Muni d’ une brosse souple, Antoine époussetait les épaules faisant disparaître les derniers vestiges de la coupe. Enfin, venait alors le dernier acte, le clou de la séance : se saisissant d’un vaporisateur muni d’une poire, il tournoyait autour de son œuvre, l’aspergeant d’un nuage d’eau de Cologne, de « sent-bon » comme nous l’ appelions, nous les gosses. Nuage odorant qui enveloppait la star d’une heure, et qui signalait ainsi, à tout quidam, qu’ il sortait d’entre les mains de notre FIGARO en blouse blanche, petit peigne dans la pochette de son tablier!

En réfléchissant ….j’ aurais dû être… « coiffeur  » !

Ouvrez le livre … Surprise !!!

Et voilà ! Une bibliothèque a été vidée …et ce livre s’est retrouvé chez Emmaüs.
Je n’ai pas résisté quand je l’ai découvert ! Son aspect délabré et sa couverture
m’ont attirée !
Mais quelle surprise, un élève de Turgot l’a reçu en récompense d’une bonne
année scolaire et cet élève, quelqu’un de l’amicale l’a peut-être connu…Je
l’espère !
C’est pour cela que je partage ce livre avec vous.
De toute évidence ce petit garçon a lui aussi traversé la Méditerranée avec son
livre. En admettant que ce prix lui a été décerné autour de ses 10 ans, il doit
avoir aujourd’hui 80 ans passés ou bien il n’est peut-être plus de ce monde.
Quels sorts seront réservés à nos objets ?
En tous cas, « Contes des Mille et une nuits », illustré, a trouvé une place dans
ma bibliothèque où il attendait le bon moment pour se montrer à vous !
Colette
.

Appel à vos souvenirs …

Connaissez-vous le nom de ces graines ?

photo Jadette SALVA (nov.2025)

Non ???

Je vous donne un indice :

Ce sont les fruits d’un arbre qui pousse autour de la MÉDITERRANÉE.

Les graines sur cette photo, proviennent d’un arbre de notre village d’ ALGÉRIE. Elles dormaient dans un coin du placard où sont regroupées les archives de l’ AMICALE.

Est-ce qu’elles « vous parlent  » comme disent mes amis sétois !

Toujours pas trouvé ?

Deuxième indice :

Je peux ajouter, que ce ne sont pas des noix ! ni des châtaignes grillées! encore moins des petites figues sèches !

Alors ? Vous donnez votre « langue au chat » ?

Ces graines, nous les appelions des NOIX de SAPINDUS. Les fruits du sapindus contiennent une à trois noix et murissent en automne.

Quelques-unes de ces noix proviennent d’un arbre, le SAPINDUS, qui poussait dans la cour de la maison de mon oncle. La principale qualité de cet arbre, en plus de nous offrir, en été, une ombre appréciable, était le « pouvoir  » de ses noix à coques très dures qui n’étaient pas comestibles, mais qui moussaient lorsqu’on les frottait l’une contre l’autre dans une bassine d’eau. Les noix de SAPINDUS avaient les mêmes propriétés qu’une … « savonnette » . Enfants, nous prenions une de ces billes et nous allions laver nos mains sous l’eau du robinet. À notre grande joie, elles moussaient comme du savon.

Les noix de SAPINDUS, appelées « NOIX DE LAVAGE« , étaient d’utilité réduite. On ne s’en servait que pour laver du « petit de linge » ou du « linge délicat ». Trois ou quatre noix dans de l’ eau chaude et vous aviez là une eau savonneuse prête à l’ emploi.

«Bof ! Un gadget, ces noix !» m’ont rétorqué mes jeunes.

C’est vrai !

C’est vrai maintenant !

Mais en ALGÉRIE, dans les années 45, pour laver le linge, nous n’avions pas le choix. Vous ne risquiez pas de trouver des poudres genre OMO, PERSIL ou ARIEL. Il y avait bien le gros cube verdâtre de savon de Marseille. Encore fallait- il en trouver!….Alors pour laver notre linge, nous avions ces noix de SAPINDUS, et l’eau des lavoirs .

Et vous pensez sans doute, comme mes enfants, que ces noix étaient un gadget ? Alors je vais vous rapporter une conversation que nous avons eu entre amis, il n’ y a pas si longtemps. J’ai posé la question à toutes ces dames d’âges différents :

« Connaissez vous les noix de SAPINDUS ? » Suivie d’une courte explication.

« Jamais entendu parler ! » fut la réponse générale.

Mais l’ une d’entre-elles m’ a dit :

« Attendez, je me suis servie de ces graines ! Je ne connais pas le nom. Mais un moment dans ma vie, je me sentais écolo à fond, et pour laver mon linge, on me proposa dans une boutique spécialisée, un petit sac contenant trois ou quatre graines. Je mettais le sac avec ses graines dans la machine à laver. J’ai pu faire ainsi deux ou trois lavages. C’était valable ! »

La conversation s’est arrêtée là !

photo Jadette SAZLVA (nov.2025)

Donc cela confirme : je ne dis pas de bêtises. Ces noix de lavage ne sont pas des gadgets ! Vos grands mères, comme cette jeune dame, n’ont pas persévéré. A la première occasion, elles ont laissé tomber ce mode de lavage pour une autre méthode plus pratique pour elles. Elles ont fabriqué le savon qu’elles ne pouvaient avoir. Fabrication toute artisanale où les noix de SAPINDUS n’intervenaient plus. Je me souviens encore de ces journées « spéciales savon ». J’essayais toujours de me trouver dans les parages de la buanderie lorsqu’on le fabriquait . Je ne sais combien de fois je fus mise à la porte :

« Va jouer dans la cour ! »

Mais je revenais assister à ce travail en famille qui me fascinait. La buanderie était spécialement réservée à cet usage. La cheminée, noircie pas les multiples préparations, occupait tout un angle de la pièce. Dans un chaudron posé sur un trépied, cuisait un mélange d’eau, de graisse de porc et de soude caustique, que l’on touillait avec une grande cuillère en bois. Le tout mijotait allègrement diffusant une odeur pas très agréable, je dois l’avouer. Les femmes s’activaient, surveillaient ou alimentaient le feu. Bref ! Une vraie fourmilière où chacune bavardait de plus belle.

Quand le mélange avait atteint la texture homogène, elle était versée dans des moules en fer genre moule à cakes, mais très longs et étroits , où elle finissait de se solidifier en se refroidissant .

Les barres de savon étaient prêtes. On les démoulait. Il suffisait alors de les découper au couteau, en tranches de deux ou trois doigts d’épaisseur, et nous avions là de beaux morceaux de savon qui serviraient pour les lavages futurs de toute la famille. Pour clore ce tableau, je me souviens d’une lessiveuse en zinc posée sur un tabouret, de sa planche à laver en bois, et des fastidieuses séances de lavage.

photo Jadette SALVA (nov. 2025)

Pas de sourires ironiques, s’ il vous plaît ! Sachez que c’est au lavoir que vos grands mères allaient laver leur linge !

Carte postale tirée du site de l’amicale du Rio Salado.

Bon ! Allez vous laver les mains, il y a des noix de SAPINDUS sur le lavabo. Je vous offre un café. Je viens de moudre les grains. Il est encore dans le tiroir du moulin à café. Versez- le dans le filtre de la cafetière. Je verserai l’eau chaude doucement. Et voilà ! Avec sucre ou sans sucre ? Mince ! J’ai oublié de couper des morceaux dans ce pain de sucre ! Quel travail pour un café ! ! !

CLIN D’ŒIL AUX MESSIEURS…

Il est bon parfois de faire le tri de tout ce qui s’accumule dans nos tiroirs.
Au fil des années des petits riens qui sont autant de souvenirs, de fétiches ou
de reliques y sont oubliés pour mieux refaire surface dans notre mémoire le
jour où nous décidons de mettre un peu d’ordre. Les authentiques objets photographiés ici ont traversé la Méditerranée il a 63 ans. Sortis de leur sommeil, ils retourneront dans le tiroir après avoir réveillé en
vous messieurs (Et peut-être Mesdames aussi..) des souvenirs …
Qu’en dites-vous ?
Mon grand-père Thomas ALCARAZ en vendait dans sa boutique à Er-Rahel.

Colette.

nécessaire à raser. (archives C.Infantes mai 2025)
nécessaire à fumer (archives C.Infantes mai 2025)