Ouvrez le livre … Surprise !!!

Et voilà ! Une bibliothèque a été vidée …et ce livre s’est retrouvé chez Emmaüs.
Je n’ai pas résisté quand je l’ai découvert ! Son aspect délabré et sa couverture
m’ont attirée !
Mais quelle surprise, un élève de Turgot l’a reçu en récompense d’une bonne
année scolaire et cet élève, quelqu’un de l’amicale l’a peut-être connu…Je
l’espère !
C’est pour cela que je partage ce livre avec vous.
De toute évidence ce petit garçon a lui aussi traversé la Méditerranée avec son
livre. En admettant que ce prix lui a été décerné autour de ses 10 ans, il doit
avoir aujourd’hui 80 ans passés ou bien il n’est peut-être plus de ce monde.
Quels sorts seront réservés à nos objets ?
En tous cas, « Contes des Mille et une nuits », illustré, a trouvé une place dans
ma bibliothèque où il attendait le bon moment pour se montrer à vous !
Colette
.

10ème balade : rue de la gare. La gare. 6ème partie.

(archive du net)

Les vacances de la TOUSSAINT sont là. Le temps est splendide. Pourquoi ne pas aller faire une petite balade à bicyclette entre amis ?

Aussitôt dit, aussitôt fait ! Si cela vous tente, vous pouvez nous suivre. Nous allons nous promener du côté de la gare. Allez ! En route !

Le chemin est long, c’est vrai ! Mais un peu de courage ! Nous avons dépassé les ateliers TABBO, l’entrepôt PEREZ, l’huilerie SEROIN, la distillerie GARAIT, et nous voilà devant l’entrée de la cave CARREGA. Encore quelques coups de pédales et nous ferons une petite halte avant d’atteindre la gare.

Restons un moment sous ces arbres qui bordent la route. La chaleur de l’été n’a pas brûlé l’herbe du fossé. Et si vous vous amusez à écarter ces feuilles vertes, vos aurez la surprise de trouver une « abuelita ». Une drôle de petite fleur qui ressemble à une vieille grand-mère emmitouflée dans un foulard noir .

Je vous livre son véritable nom : « CAPUCHON de MOINE« . Joli, pas vrai !

Le capuchon du moine ou Arisarum vulgare (photo tirée du net).

Le lien ci-dessous vous en dira un peu plus.

http://nature.jardin.free.fr/vivace/ft_arisarum_vul.html

Mais l’heure avance. Allez ! En route ! Justement le train va arriver et nous aimerions le voir entrer en gare.

Pardon ? Que dites-vous ? Non ! Non ! Ce n’est pas le BOUYOUYOU. C’est la MICHELINE !

Le BOUYOUYOU, c’est le train qui amenait les curistes à la station thermale d’ HAMMAM BOU HADJAR. Tiens, je vais vous le faire connaître : il en vaut la peine !

« Le BOUYOUYOU. »

C’était plaisant à regarder, n’est ce pas ? Nous, nous avions la MICHELINE la « MICH’LINE » comme nous l’appelions qui dessert les villages depuis ORAN.

Notre MICH’LINE effectue 2 rotations aller-retour :

ORAN – AÏN TEMOUCHENT.

Une le matin et une autre l ‘après-midi.

Pour tout vous dire : sachez qu’elle atteint la vitesse maximale de 80 km/h lorsqu’elle longe le lac salé de la SEBKHA, aux environs de MISSERGHIN. Quelle prouesse!

Photo tirée du net (2026)

C’est l’administration des chemins de fer d’ ALGERIE, la CFA, qui s occupe de la bonne marche de notre MICHELINE.

Que dites vous ? Ahaah ! Pourquoi ce prénom de fille : »MICHELINE » ? Bonne question ! Tout simplement parce que les MICHELINES sont des autorails qui ont l’originalité de rouler grâce à des roues dotées de pneus sortis tout droit des usines  » MICHELIN« . C’est André MICHELIN, visionnaire et féru de voyages qui imagina ce procédé plus léger que l’acier. D’où son nom : MICHELINE.

Et merguez sur le couscous comme dit mon amie Gislène PARRES, je profite de l’ occasion pour vous informer que la CFA met en marche un train spécialement pour les fêtes de RIO SALADO le 19, 20, et 21 septembre ( Gazette AIN TEMOUCHENT ). Quelle bonne idée !

Notre micheline à pleine vitesse (photo tirée du net)

Mais laissons tout cela de côté. Revenons à notre gare de RIO SALADO. Savez -vous que notre premier chef de gare fut : Baptiste Michel CHARBONNIER ? Je l’ai lu dans l’extrait de naissance de son fils sur les registres de l’état civil de l’année 1889.

Extrait de naissance (archive du Rio Salado)

Après M. CHARBONNIER, Le chef de gare nommé à RIO fut M.Maurice PORTE. Oh ! Qu’arrive t-il ? Ne vous emballez pas ! Vous connaissiez M. PORTE ! Maurice PORTE, celui de la publicité du journal « le SEL » de l’abbé PLENIER :  » PORTE, UN NOM de MARQUE.« .

Publicité tirée du « Sel » (archive de l’amicale du Rio Salado)

M. PORTE le négociant en vins ! Alors calmez-vous et écoutez-moi !

Ce M. Maurice PORTE, négociant en vins, est marié à Cécile CARDONA. Cette charmante dame que vous avez dû rencontrer lors de vos cours d’ instruction religieuse ou aux kermesses du village. Ce Maurice PORTE est en fait le fils de notre chef de gare.

Madame et monsieur PORTE (archive du Rio Salado)

Savez-vous que M. PORTE -père, fut un chef de gare très apprécié des Saladéens. Écoutez ce que l’on pouvait dire dans l’ ECHO d ORAN du 25 juillet 1909 :

«Notre population a appris avec un réel plaisir la distinction honorifique accordée à notre sympathique et si dévoué chef de gare, Maurice PORTE, qui vient d’ obtenir la médaille du travail pour ces bons et loyaux services. Depuis 8 ans parmi nous, M. PORTE a su concilier, par l’ aménité de son caractère et ses cordiales relations, l’estime et la sympathie de tous ceux qui l’ont approché, tout en sauvegardant les intérêts de la Compagnie dont il est le représentant dans notre centre.» M. Porte a pris sa retraite en 1931.

Vous trouverez en fin d’article un extrait d’un Conseil Municipal de RioSalado concernant M. PORTE.

A ma grande déception, je ne peux vous parler des successeurs de M. PORTE. Les informateurs capables de nous en parler ne sont plus parmi nous. Hélas ! Mais au diable la tristesse ! Faisons impasse sur cette époque et « redescendons » sur le quai de notre gare .

Tiens ! Regardez qui va là : M. WAGNER ! il sort de la salle d’ attente. Savez -vous que René WAGNER, notre chef de gare, actuel, est en poste à RIO, depuis 1951 ! Il habite dans l’appartement de fonction situé au dessus de cette salle, et de la salle réservée aux colis arrivés par le train. Parmi lesquels se trouvaient, soit dit en passant, les journaux sportifs que Titou REYNE et Paulo COVACHO venaient récupérer d’un « coup de bicyclette  » le dimanche soir.

Archive de l’amiacle du Rio Salado.

M. Wagner habite à la gare, en compagnie de son épouse et de ses trois filles : Renée, Luce (de qui je tiens pas mal d’ informations) et la benjamine Violette. Pour ne rien vous cacher, la famille WAGNER vient d’une localité proche de SAÏDA : NAZERED FLINOIS, où M. WAGNER exerçait son métier de chef de gare..

Actuellement, chef de gare à RIO, il a un employé, M. MACIA ,qui est le « facteur enregistrant« . C’est ainsi que l’on nomme le préposé à la vente des billets et à la surveillance des colis arrivés par le train.

Il y a un troisième employé de la CFA dans la gare, plus exactement un « agent intérimaire qui prend la continuité des services pendant un laps de temps pour éviter les cassures dans le système ». M. André CUNEO, nommé entre 1945-46, est cet agent là. Il assure le remplacement des chefs de gare de toute la région, en cas d’ absence de l’un d’eux. Ce qui nous permet de penser qu’avant l’arrivée de M. WAGNER, M. CUNEO a pu assurer la fonction de chef de gare pendant quelques temps. Là aussi ,je n’ affirme rien. Plus aucun témoin pour nous renseigner!

M. CUNEO loge au village, rue Marcelin ALBERT, avec son épouse et ses deux enfants Pierrette et P’tit Louis qui m’a aidé à vous promener dans la gare.

Archive de l’amicale du Rio Salado

Mais revenons à notre gare. Celle qui nous tient à cœur. Celle de RIO SALADO. La salle d’ attente est grande ouverte et les bancs en bois alignés le long du mur face au guichet, nous invitent à un moment de repos.. Si le cœur vous en dit, profitez-en ! Histoire de reprendre votre souffle car la visite n’est pas terminée !

Le train venant d’ ORAN, MISSERGHIN, BOU TLELIS, LOURMEL, ER RAHEL entre en gare. Quelques voyageurs sautent sur le quai.

Pas grand monde aujourd’hui pour RIO! Monsieur WAGNER, un sifflet dans la main, surveille le déchargement des colis,pendant que M MACIA, les emporte. Un coups de sifflet strident annonce le prochain départ de la Micheline. «  ATTENTION, reculez, éloignez- vous des rails, le train va repartir ! « .

Voyez ! M. WAGNER agite un drapeau en bois de couleur rouge annonçant le départ immédiat du train.

«Les voyageurs pour TEMOUCHENT , en voiture! Le train va démarrer ! ».

Au revoir et bon voyage ! Tiens !Mais c’est Andrée, une pensionnaire du collège, qui nous fait signe de la main, et c ‘est aussi Odile ! Au revoir et Bon Voyage !

Et voilà ! La Micheline s’ébranle lentement et va continuer son parcours. Et nous, nous reprenons nos vélos. Nous devons filer à toute allure vers le village.

Au revoir ! Je vous contacterai si une nouvelle promenade est prévue.

Ah ! Une dernière précision : René WAGNER s’est retrouvé, après 1962, à la gare de MÈZE dans l’HÉRAULT à dépanner le chef de gare malade, et de ce fait , est devenu pendant quelques temps le voisin de la cave : les Vins SALVA. Un des rails, pour les besoins du commerce, terminait sa course dans la cave de Jayme SALVA.

°°°°°°°°°°°°

CLIN D’ŒIL AUX MESSIEURS…

Il est bon parfois de faire le tri de tout ce qui s’accumule dans nos tiroirs.
Au fil des années des petits riens qui sont autant de souvenirs, de fétiches ou
de reliques y sont oubliés pour mieux refaire surface dans notre mémoire le
jour où nous décidons de mettre un peu d’ordre. Les authentiques objets photographiés ici ont traversé la Méditerranée il a 63 ans. Sortis de leur sommeil, ils retourneront dans le tiroir après avoir réveillé en
vous messieurs (Et peut-être Mesdames aussi..) des souvenirs …
Qu’en dites-vous ?
Mon grand-père Thomas ALCARAZ en vendait dans sa boutique à Er-Rahel.

Colette.

nécessaire à raser. (archives C.Infantes mai 2025)
nécessaire à fumer (archives C.Infantes mai 2025)

Les enfants de Nantes à Rio Salado.

1941-1945

Les enfants de monsieur Duchemin.

Aujourd’hui, nous ne ferons pas de balade dans RIO SALADO. Je vous parlerai d’un fait qui compta dans la vie de nos villages d’ ALGÉRIE dans les années 1940 .-1945.

Archive de l’amicale du Rio Salado

C’est en fouillant dans nos archives, que j’ai retrouvé un échange de lettres avec celle qui fut la Présidente de L’ ECHO de L’ORANIE :

Madame Claude-Sandra RAYMOND.

Elle était à la recherche de documents « lui permettant de mettre en lumière l’œuvre des familles Pieds- Noirs, qui, de 1941 à 1945, ont recueilli des enfants métropolitains en ALGÉRIE et en TUNISIE ».

Puis-je rappeler à la jeune génération qui a la curiosité de nous suivre dans nos balades, que la FRANCE était en ce temps-là occupée par les Allemands. Les alliés venus en aide pour repousser l’envahisseur furent obligés de bombarder des villes comme Nantes .

D’après le net : Loire Atlantique – archives Départementales.

Le lien ci-dessous, tiré de la une de Ouest-France, vous éclairera sur ce qui fut un terrible événement :

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/bombardements-de-1943-il-y-a-80-ans-nantes-sous-le-deluge-des-raids-aeriens-dfab3d8a-48d8-11ee-95fb-5373350b7482

Mme RAYMOND racontait:

« A partir de l’ occupation allemande du Nord de la FRANCE, un certain nombre d’ organismes comme :

– la Croix Rouge Française, – le Comité Ouvrier de Secours Immédiat (COSI), – la Fédération des Amicales Laïques, – Le Secours National, – La Caisse Régionale des Institutions Ouvrières ( CRIFO),…

s’unissent pour prendre en charge les enfants des zones bombardées , et pour évacuer au titre de la défense passive les sinistrés, les orphelins ou plus simplement les enfants souffrants de malnutrition, pour les placer les uns dans la zone sud, d’autres dans les Alpes du Nord ou en Suisse, un nombre important en Algérie et en Tunisie .

Originaires du Nord bien sûr mais aussi d’autres régions, une partie de ces enfants qui ont entre trois, quinze ou seize ans, en particulier ceux qui partent pour l’ Afrique du Nord, sont regroupés, en complète coordination avec la Croix-Rouge, au sein du « Centre GUYNEMER « .»

Le Centre fut fondé par la vicomtesse VILLERS de la NOUE, sœur de Georges GUYNEMER, as de la première guerre mondiale abattu en septembre 1917. Les Centres GUYNEMER furent crées sous le patronage du Géneral PÉTAIN.

Photo tirée du net .

En 1941, les enfants de NANTES furent dirigés vers RIO SALADO.

Monsieur DUCHEMIN, violoniste sur un bateau de croisières, se trouvant sans travail, et Mme DUCHEMIN ,tous deux nantais d’ origine, furent sollicités pour accompagner et prendre soin de ces jeunes réfugiés dans notre village.

M. Albin ARNOUX mit à leur disposition des locaux situés près de la vieille école de filles, face à l’ église dans ce qui deviendra plus tard le studio-photos DUCHEMIN.

Archive de l’amicale du Rio Salado

Les enfants étaient âgés de 7 à 14 ans. Le benjamin, Jean-Claude, devait être le neveu de M et Mme DUCHEMIN, d’après mes informateurs.

Ces enfants sont restés chez nous, jusqu’ en 1945.

Ils ne fréquentaient pas l’école communale. Ils vivaient en vase -clos, créant chez nous, enfants de 10ans, un malaise, voir même un mystère. Qui étaient ces enfants « enfermés dans ces locaux » qu’on ne voyait pratiquement jamais ?

J’eus la possibilité de les rencontrer. Je me souviens d’ être allée avec ma mère rendre visite à Mme DUCHEMIN, d’ entrer dans l’arrière salle, pratiquement obscure, où seule une porte donnait sur une cour intérieure.

Je revois une table très longue, tous les garçons assis, bras croisés ,et M.DUCHEMIN, en bout de la table . Que faisaient ils ? Je ne m’ en souviens pas. Mais je vous assure, : j’étais pressée de quitter les lieux.

Cécile RODRIGUEZ, la charmante amie de toutes les générations saladéennes confondues, me racontait que les gaillards n’étaient pas toujours faciles à tenir. Pour mater leur révolte, M. DUCHEMIN en désespoir de cause, les envoyait chez son père, Cécilio le coiffeur , lui donnant pour consigne, en guise de représailles, de leur raser le crâne.

Archive de l’amicale du Rio Salado

M. RODRIGUEZ, compatissant, ne pouvait s’y résoudre . Les crânes rasés n’étaient pas à la mode à cette époque. Cécilio entamait alors des discussions sans fin, entremêlées de leçons de morale. Finalement, notre bon Cécilio se contentait d’exécuter une coupe très courte. Une chose est certaine, me disait Cécile, son père n’ eut pas beaucoup de crâne à raser. Tous les dimanches, afin d’ apporter un peu de fantaisie dans leur vie d’exilés, les enfants étaient invités chez des familles compatissantes. Mathilde DAVOS, et Yvette DETORRES , à qui je dois ces photos, ont accueilli ces exilés trois ou quatre enfants, jamais les mêmes, à venir passer le dimanche en famille.

Archive de l’amicale du Rio Salado

Puis la guerre prit fin. Les garçons retrouvèrent leurs familles, et M et Mme DUCHEMIN décidèrent de rester dans ce village qui les avaient si bien accueillis. Mathilde n’eut pas le moindre petit mot de ces garçons. Yvette, plus chanceuse, reçut deux cartes postales de NANTES. Puis, le temps a passé et les souvenirs se sont estompés. Un seul mystère : pourquoi avoir garder ces enfants à l’écart des enfants du village ? Plus personne hélas! pour répondre à cette question. Etait-ce une consigne… un choix?

Archive de l’amicale du Rio Salado

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Qui pourrait me dire ???

Qui s’en souvient ??

Voici quelques jours que les médias français nous rappellent que ce 26 février c’est la date anniversaire de la naissance de Victor HUGO, né en 1802.
Mais qui, parmi nous, se souvient de « notre » Victor HUGO au village ?
Il était un peu plus âgé que moi et était à l’école dans une classe au-dessus. Il avait un frère dont je ne souviens pas le prénom. Ils habitaient rue de TURGOT et, je pense, étaient parents aux LAMBERT !
J’attends avec curiosité et intérêt les réactions de ceux qui l’ont connu et s’en souviennent.
Merci à tous.
Bien amicalement.
René.

Hérisson ou châtaigne ?

Jacques a trouvé cette « chose-là ». Est-ce qu’elle vous parle ? comme disent nos amis Sétois? …

Hérisson ou châtaigne ?(photo Jadette SALVA).

                                  

Non, non, vous faites erreur! Ce n’est pas un petit hérisson. Encore moins une grosse châtaigne. Mais un gros oursin de profondeur. C’est un oursin émoussé. C’est son nom. C’est un oursin comme ceux que l’on pêchait aux « BLANQUISSARDS » , une crique entre BOU HADJAR et SASSEL . Pas très loin du CAP FIGALO.

Les oursins que Jacques a trouvés ne viennent pas de là-bas, mais de CONCARNEAU. Bien sûr, ils n’ ont pas le goût, la saveur de ceux de la MÉDITERRANÉE. Mais ils sont chargés de belles gonades, et … d’agréables souvenirs.

                                       

un plat d’oursins (photo jadette SALVA).

                                        

Un plat d’oursins bien appétissant (photo Jadette SALVA)

Le Conseil de Révision : histoire & anecdotes.

CONSEIL RÉVISION CLASSE 39


L’émotion provoquée par le décès de notre Président a fait que je n’ai pas réagi à la publication de l’article sur le conseil de révision de la classe42.

Je me rends compte à la lecture de l’article de Jadette que les préoccupations et le déroulé de la fête de la classe 42, étaient les mêmes que pour mon conseil de la classe 39.
Je me souviens de ce jour du Conseil à Aïn Témouchent. Et là, même scénario, jusqu’à la visite incontournable rue des jardins dans cette ville.
Je vais cependant ajouter une anecdote.
Pendant que nous étions « occupés » à l’intérieur des « salons »,
seul l’un d’entre nous, plus timide, n’avait pas voulu entrer avec nous. Il nous attendait dans une des voitures garées devant la porte.
M. Gallardo, inquiet de ne pas nous voir revenir à Rio, vint aux nouvelles, sachant d’emblée où nous trouver.
Il a demandé à notre timide:

-Où sont-ils ?

– Je ne sais pas, a répondu notre ami.

Ce qui a provoqué par la suite une franche rigolade.

Puis ce fut l’organisation du bal. Les réunions préparatoires, le choix de l’orchestre, la décoration, la recherche des sponsors, nous ont autant motivés et préoccupés que nos aînés avant nous et nos cadets après nous.
Nous étions très fiers car pour la plupart d’entre nous c’était la première fois que nous avions de « vraies responsabilités » qui engageaient notre crédibilité, notre « savoir-faire » et pourquoi ne pas le dire notre « fierté » pour prouver à nos parents, à nos amis que nous enterrions aussi notre statut d’adolescent .
Le succès du bal, les résultats financiers positifs ont été à la hauteur de nos espérances. Et pour ne pas déroger à la tradition : « C’était le bal des conscrits le plus réussi de tous! » ( Ça, c’est nous qui le disions avec beaucoup de conviction).
Le traditionnel GASPACHO à la cave de Jacques SALVA a clôturé nos festivités.
Je me permets quelques réflexions- souvenirs. Vous devez penser que je suis nostalgique de cette époque. Je dois l’avouer : vous avez raison. C’est vrai !!

Ce gaspacho fut préparé sous la houlette de Camille SALA .Il avait embauché des copains pour l’aider, et ainsi suscité des vocations parmi les conscrits.
Par la suite, combien d’amis de notre « classe » ont continué, après l’exode, à se réunir en famille, entre amis, autant de fois que possible, (les journées de l’ Amicale) pour partager et faire connaître nos traditions. Pour ma part, je les ai importées en Côte d’Ivoire et au Gabon.

Gaspacho à Abidjan. (archive de l’amicale du Rio Salado)


Je retiens de toutes ces années cette amitié. Peut-être pas exceptionnelle, mais rare. Qui fait que, 65 ans après, nous nous retrouvons toujours aussi « jeunes d’esprit » et avec autant d’enthousiasme et de plaisir.
Avec un petit « pincement au cœur » et beaucoup de tristesse quand nous voyons le vide laissé par ceux qui nous ont quittés.
Bien amicalement.
René Cardona
Abidjan 01 Novembre 2022.

Le dattier de Chine de l’ ORÉE du BOIS.

Savez-vous quel est l’arbre qui se cache sous le nom de dattier de Chine ? Vous le connaissez bien sûr. Mais chez nous, il avait un autre nom: le jujubier. Qui n’ a pas dans un coin de sa mémoire, un jujubier perdu au fond d’une cour! Le mien se trouvait dans la partie sauvage du jardin de chez mes grands-parents. On y accédait par une porte en bois. Là, il poussait libre comme l’air, sans soin, dans le plus total abandon. Mais que ces fruits étaient savoureux ! Aussi, lorsque nous avons eu notre jardin, il me fallait « obligatoirement » un palmier Phénix, comme ceux du square de RIO SALADO; un galant de nuit, ( jasmin de nuit pour les non-initiés) de la villa CARREGA, une treille de chez mon père, un figuier comme celui de la cave SALVA…..

Le galant de nuit (photo Jadette SALVA)
La treille (photo Jasette Salva)

et…un jujubier ! Vous me comprenez, vous qui venez de Là-Bas ! N’est-ce pas ? Mon beau-père a comblé toutes mes envies ou presque. Pour le jujubier, ce fut une autre affaire. Nous avons cherché longtemps cet arbre chargé de souvenirs ! Un jour, Gérard LAMBERT me proposa un rejet d’un jujubier qui poussait dans la propriété du Docteur FIESCHI, dans le VAR. Merci Gérard ! Enfin j’allais avoir cet arbre qui me tenait tant à cœur !

Le jujubier (Photo Jadette SALVA)
Jujube ou date chinoise (Jadette Salva)

Depuis, il est dans mon jardin, dans une grosse jarre en terre cuite, agrémenté d’une fine guirlande électrique qui l’ illumine à la tombée de la nuit. Il ne se contente pas de « faire le beau« , il m’ offre chaque année un panier de jujubes. Et quels jujubes ! Rouges, renflés, croquants, sucrés à souhaits ! Un délice qui me fait « voyager » chaque fois que j’en croque un. !

Admirative devant ces fruits, j’eus la bonne idée d’en offrir un magnifique à mon beau fils : -Tiens ! Goûte le jujube! Aïe! Parole malheureuse! -Pas le jujube, la jujube! me répondit-il. -Qu’est ce que tu racontes ? On dit: UN jujube, pas UNE jujube. Où tu as vu ça toi? Et nous voilà en guerre… Des jujubiers, il y en a dans SETE. Le mien n’est pas le premier. Je cours chercher confirmation dans les différents dictionnaires que je possède. Le premier que j’ouvre est un LAROUSSE en deux volumes du grand-père SALVA, une belle édition de 1923. Et là ! Catastrophe!: «  Jujube: nom féminin : la jujube fruit du jujubier«  M….!, je plonge dans le LAROUSSE 2000 : « Jujube : nom masculin: le jujube fruit du jujubier« .

Un mot peut-il être des deux genres à la fois ? GOOGLE finira de me convaincre. Et oui! Le jujubier donne un jujube ou une jujube. Notre « belle langue » française a parfois des termes qui nous déroutent: le mot JUJUBE est ÉPICÈNE . Il s’emploie au féminin comme au masculin. Voyez-vous ça ! Je vous avoue humblement que je viens d’apprendre : ÉPICÈNE ! Et notre guerre prit fin . Et mon jujubier continue à me régaler quand je déguste ses belles jujubes!

Dernière récolte (photo Jadette Salva)

Quelques conseils avisés de nos amis:

Pour Joseph: c’est à consommer avec modération.

Yves, quant à lui, les préfère « fofos » (un tantinet flétris,en français).

Quant à Petit Jacques, il recommande d’éviter de les acheter dans les magasins où l’on vous propose des jujubes verts, gros et ronds comme des prunes , durs comme des patates. Essayez de les trouver dans un marché local , mais ce n’ est pas évident.

Alors , vous voilà informés. Et mon jujubier continue à me régaler lorsque je mange ses belles jujubes.

Définition Larousse (photo jadette Salva)
Défintion GooGle (photo Jadette Salva)
Les jujubes (photo Jadette Salva)

Prêtes à être déguster (Jadette Salva)

En continuant notre balade: Le CASINO, le cinéma DE RIO SALADO.

L’entrée du cinéma Casino à Rio Salado (archive de l’amicale du Rio Salado)

Bonjour! Et Bienvenue, vous qui me suivez dans mes balades . Je m’aperçois que mon invitation à faire la fête a eu du succès! Désolée de vous décevoir: pas de festivités aujourd’hui! Je vous le promets, nous irons danser, mais plus tard . Je dois vous avouer que le plaisir de parler de nos fêtes m’avait fait oublier la fonction première du CASINO: celle d’être un CINEMA.

Alors je vous propose d’aller en discuter, à deux pas d’ici, dans la rue François ARNOUX, dans le jardin d’ Armandine LOPEZ. Je pourrai ainsi, vous présenter tranquillement notre cinéma: notre fameux CASINO. Ce jardin a beaucoup compté pour moi. Il faut absolument que je vous le fasse découvrir. Il est juste derrière l’épicerie de ses parents. Quel jardin! A la fois verger et potager. Suivez moi: je vous y conduis. Regardez donc qui arrivent! Jeanine et Marie-Claire COLMAN. Elles viennent faire quelques achats chez Mme LOPEZ. La famille COLMAN habite tout près, à l’angle de cette rue. Laissons-les faire leurs emplettes et venez vous installer sous les arbres fruitiers. Nous allons bavarder au milieu des plates-bandes. S’il vous plaît! Ne piétinez pas les radis. Vous pouvez en croquer un, si le cela vous tente. Êtes-vous bien installés? Il y a encore la brouette qui vous tend les « bras ». Que ce jardin est reposant! Les parfums des arbres en fleurs et l’odeur de la terre arrosée flottent dans l’air. Un rêve!

Bon! Revenons sur terre. Laissez-moi vous parler du CASINO. Nous allions le dimanche après-midi au cinéma. C’était notre sortie familiale. Ma mère nous disait: «  Nous irons voir ce film chez PADILLA!« . PADILLA? Est-ce un nom? Un prénom? Avait-il un rapport avec l’actuel propriétaire: René ROCHER? Les recherches ont été ardues. « Le bouche à oreille » a bien fonctionné. Annette MILLAN m’a fait savoir , et je remercie tous mes contacts , que PADILLA était bien, le premier propriétaire du CASINO. Jean Michel NIETO , nous le confirme aussi. Son père, Gaëtan NIETO ( Gaëtano) était le projectionniste de M. PADILLA.

Gaétan NIETO

Il nous raconte ,dans le commentaire en fin d’ article, que travailler dans cette salle, qui nous intriguait tant, n’était pas une sinécure:  
«La cabine de projection était mal aérée, les charbons du projecteur ont été la cause de maux de tête., mon père devait passer le temps de la projection , le front bandé avec un chiffon mouillé».

Puis, Monsieur ROCHER devint le propriétaire du cinéma CASINO.

Renée et Marie ROCHER (archive de l’amicale du Rio salado)
Mme Rocher née Abela., Marion, Colette et Paul (archive du Rio Salado)
Continuer la lecture de « En continuant notre balade: Le CASINO, le cinéma DE RIO SALADO. »

Souvenir à la « une ».

(Archive « L’Écho d’Oranie -mars-avril 2021)

Comme beaucoup d’entre nous, je suis resté fidèle à l’Écho de l’Oranie . Et, j’avoue que je le lis toujours avec beaucoup de plaisir à chaque parution. Même si je ne retrouve plus les articles de notre pertinent et regretté (un peu chauvin) « Mimilo » Garait correspondant à Rio.

Dans le N° de Mars-Avril, à la « une », une photo que je trouve remarquable.Certes elle n’est pas de Raymond Depardon.
Elle n’est ni exceptionnelle ni artistique. Elle est tout simplement banale et tout à fait habituelle pour nous.
Pourtant elle est remarquable parce qu’elle nous montre -je cherche le mot – … l’A.D.N peut être de notre communauté simple, chaleureuse, dégourdie, ouverte, familiale, conviviale, toujours prête à partager de bons moments.
Regardez toute cette famille, « habillée en dimanche ». En cravate même*. Les parents, les grands-parents, les enfants. Deux poêles de paellas posées, l’une sur une corbeille, l’autre sur une caisse. La table ? Une planche sur des tréteaux .
Tout cela en plein air, sans « chiqu
é ».
Même si depuis nous avons reconstitué en famille avec des amis ces bons moments, il a toujours (pour moi) manqué « quelque chose » de là-bas.
Amicalement.
René
Abidjan

*Je vous rappelle la blague. A Rio, quand quelqu’un portait une cravate, il se faisait interpeler dans la rue: « Oh ! tu vas te marier ? ….. (ou) Tu vas à Oran ?«