8ème Balade: La MAIRIE de RIO 1959-1962- Henri BOUR.

Me revoilà parmi vous. Nous allons pouvoir clôturer la visite de notre mairie. Je dois vous avouer que, depuis quelques temps, j’étais devenue une adepte de l’ école buissonnière. Mais que voulez-vous? Je n’ai pu m’empêcher d’assister au match de boxe de Tony ASSENCIO, d’écouter l’intervention du général LECLERC, dans la salle de notre cinéma, le CASINO. J’ai même fait un tour en BOUYOUYOU, le petit train d’ HAMMAM BOU HADJAR. Et les fêtes de Noël m’ont tenue éloignée de notre mairie. Bref! Soyons sérieux!Attachez vos ceintures! Nous retournons dans le RIO SALADO de nos jeunes années! Dépêchez-vous! M. le maire nous attend. Pardon! M.Henri BOUR, Président de la Délégation Spéciale de RIO SALADO, nous attend. Poussons la porte de la salle des mariages. Pas de bruit s’ il vous plaît! Tout le Conseil Municipal du village est là. RIO SALADO reçoit une délégation du LOIR et CHER afin de sceller le jumelage entre les deux villes : BLOIS et RIO SALADO.

Écoutez M. Jean ROBERT, Jeannot pour les intimes, nous exposer le compte-rendu de l’entrevue: ( le « SEL, » bulletin paroissial de notre bon abbé Joël PLENIER: )

« Ils sont arrivés le lundi 7 mars 1960, accompagnés par M. le Sous-Préfet NICOLLE, M. le Député BERROUAÏNE, et par de nombreuses personnalités de l’arrondissement. Après les avoir accueillis, le maire, M.BOUR, leur a présenté le Conseil Municipal et a fait un bref historique, très documenté, sur les origines de RIO SALADO….Puis, il invite ses hôtes à visiter les réalisations locales. C’est d’abord le douar SIDI SAÏD où les anciens gourbis ont été rasés pour faire place à des rues larges et bien tracées, bordées de maisons neuves, couvertes de tuiles. L’atelier des tapis, où la main d’œuvre féminine est essentiellement musulmane, retient longuement leur attention. Puis le cortège s’arrête au centre de triage où l’assistante sociale, Mademoiselle OLIVER, fait un très intéressant exposé sur les buts de cet organisme où les femmes apprennent un métier (tapis, couture, repassage) et suivent des cours de langage et lecture dans une véritable salle de classe, sous la conduite de monitrices expérimentées. La visite de la pouponnière est toujours une surprise pour ceux qui y viennent. Une centaine d’enfants, dont les mamans travaillent, accueillent les visiteurs…L’atelier de céramique, le dernier né, intéresse vivement nos hôtes, qui ne s’ attendaient pas à trouver tant de belles choses dans une industrie débutante. De nombreuses pièces font leur admiration…,et ils sont tout heureux de remporter, chacun, un souvenir de leur visite. L’atelier de couture, où une trentaine de jeunes filles musulmanes apprennent aussi à lire, écrire, repasser et faire la cuisine, est la dernière des réalisations que voient nos hôtes. Le cortège se rend à Turgot où le Maire, M. PITT, souhaite la bienvenue et présente ses collaborateurs. La visite de TURGOT-PLAGE est de courte durée: le mauvais temps n’invite pas à la promenade. Un vin d’ honneur est servi chez M. BOUR. Mmes BROTTES et NICOLLE ainsi que les maires de TURGOT, d’AÏN TÉMOUCHENT, LAFERRIÈRE, HAMMAM BOU HADJAR rejoignent le cortège. La matinée est bien avancée lorsque tout le cortège se retrouve à RIO SALADO où est prévu le repas. Il est près de 6 heures lorsque nos hôtes nous quittent…….Voilà ce que nous avons montré à nos hôtes pour qu’ ils emportent une image de notre région». Et M. Robert de finir son article sur ces mots:

«Mais pourquoi tant de Saladéens ne connaissent-ils pas encore toutes ces œuvres que les villages des alentours nous envient? Parce que nul n’est prophète en son pays, sans doute…. » J.ROBERT

Savez-vous, mes bons amis saladéens qui suivaient nos balades, tout ce que ce jumelage a apporté à notre village?

Au printemps de la même année, Mme BOUR, qui prit en main l’Action Sociale du village, envoya une équipe tenir un stand à la foire Exposition de BLOIS. Écoutez le reportage de Thérèse MACIA et d’Yvette DE TORRES, ( le « SEL » juin 1960):

«C’est par un bel après-midi de printemps que notre groupe, composé de quatre Musulmanes et deux Européennes, prenaient l’avion pour PARIS à destination de BLOIS…Le but de notre voyage était de tenir un stand à la Foire Exposition annuelle de BLOIS. Nous avions les carreaux, les céramiques et les tapis des ateliers de RIO SALADO pour le décorer…Mais notre voyage ne fut pas seulement un voyage sans lendemain. Pour mieux concrétiser le jumelage de nos deux villes, nos amis de BLOIS nous ont offert de recevoir dès l’été prochain, 70 enfants de l’ arrondissement d’ AÏN TÉMOUCHENT dans une de leur s colonies de vacances. Ils nous ont également offert d’accueillir 5 ou 6 orphelins de notre arrondissement qui pourront là-bas apprendre un métier. Il vont rechercher aussi un centre d’ apprentissage de céramique où notre amie Mériem pourra, si elle le veut, se perfectionner et devenir monitrice…Comment exprimer notre joie à toutes de voir ainsi se terminer un si agréable et fructueux séjour!…..». Merci Mesdemoiselles!

Je vous suggère, pour de plus amples informations, de cliquer sur « ARCHIVES: Mars 2018 – Odette BOUR, ». Vous apprendrez que M. JORDA dirigeait l’atelier de céramique, Vous prendrez connaissance de l’aide que BLOIS apporta à des Saladéens.

J’ajouterai que l’action conjuguée de M. et Mme BOUR et de leur équipe, dans ces années troublées, attira l’attention du préfet. Henri BOUR, leur fils, me raconta que: « Cité en exemple par le préfet, RIO SALADO reçu l’équipe de Pierre DESGRAUPES, qui devait réaliser un reportage pour « 5 COLONNES à la UNE », reportage qui n’eut malheureusement pas de suite. Peut-être parce que l’exemple de RIO SALADO n’avait pas été suivi par d’ autres villages».

Il est vrai que dans ces années 1959-62, un regain d’ énergie secoua le village. Le 28 janvier 1959, nous assistions au mariage d’ Annie BOUR et de Robert CHAPUIS. L’ECHO d’ORAN relate l’événement. Vous pourrez le lire dans l’album-photo au bas de cet article. Puis, il y eut la journée de la femme, le 19 mai 1959, les défilés de la territoriale en 1960, et, malgré ces temps incertains, les kermesses. Notamment celle qui se déroula en mai 1959. Non pas sur la place du village comme auparavant mais à la cave coopérative. Une kermesse d’une seule journée. Une « journée fériale », nous dit l’ abbé PLENIER, avec, pour finir en beauté, «devant le bar américain décoré avec talent, un orchestre qui donne aux jeunes, l’ambiance et la gaîté recherchées» nous font savoir Jean et Lucette (le SEL) . Un article de l’ECHO d’ ORAN de 1960 (voir album-photos), nous signale que la kermesse de RIO SALADO a obtenu un brillant succès». Ce fut la dernière! Pas de tristesse! nos villageois sont plein de ressource! En cette année 1961, Paul ARACI, nous apprend « qu’un spectacle de variétés monté de toutes pièces par des Saladéens, grands et petits, allait se dérouler le dimanche et lundi de Pentecôte, dans la petite salle Saint Joseph aménagée en théâtre de poche. Alors en avant la musique!…La bonne graine n’est pas morte à RIO. La preuve.!!!»

À l’affiche:

Marie Thérèse DAVID, déclamant un poème.

Monsieur HEUMAN dans le rôle de DROLIN, le comique troupier.

Paulette CARENO, pianiste.

Marie-Jeanne ARACIL, Pierre ARNOUX,Marcel BELTRAN, Hélène ARNOUX, Michel LAMBERT, Marie-Paule ARACIL: Orchestre LOS PINCHOS

Jeanne ROSELLO et Régine ARACIL les DOLLY -SISTERS.

Le décor était de Lucienne CARMINELLI-NAVARRO.

Et puis juin 1962 arriva…..

Je ne peux passer sous silence, le dernier conseil de révision. Pas « folichon », il est vrai! Jean Paul AMAT vous le raconte dans « ARCHIVES : juin 2016″. Bien sûr, si l’on se souvient des bals des anciens conscrits, que de regrets!!!!!! Sachez que le conseil de révision de l’ année précédente fut du même genre. Allez les voir dans l’ album-photos ci-dessous.!

Et la vie continuait malgré tout dans le village…Je laisse Marie Thérèse POMARES vous conter les derniers jours de ce mois de juin.

« Nous étions fin juin 1962. La situation en ALGERIE était très troublée et incertaine. Mais n’entrons pas dans l’ HISTOIRE. C »est d’un mariage dont je vous parle. Marie Thé et Raymond faisaient des projets de mariage. Comme toute jeune fille, elle échafaudait, imaginait, une belle cérémonie…Mais voilà, en ces temps agités, les rêves mêmes les plus simples étaient malmenés par le destin. Et ce lundi matin, le 23 juin 1962 , monsieur RICO, le père de Raymond qui pressentait des moments à venir très agités, réunit la famille et déclara:

« –Si vous voulez vous marier, faites-le le plus vite possible. Nous ne savons pas de quoi demain sera fait! Vayas con Dios, hijos mios. »

Après un moment d’étonnement, vite dissipé, la « course au mariage » fut déclenchée. Première visite à la mairie, encore française, afin de publier les bans et de se procurer les licences nécessaires.

Et la robe? Le mariage n’était pas prévu si tôt…Vite, chez Mme ALCARAZ, la couturière du village où Marie Thé apprenait à coudre:

« —Désolée, Marie Thé, nous quittons RIO, mercredi. Nous rentrons en FRANCE. Mais le tissu est pour toi : je te l’ offre. C’est tout ce que je peux faire. Je suis profondément désolée! »

Ce mariage s’annonçait mal! Mon Dieu! Avoir au moins une robe blanche pour marquer cet événement, se lamentait la future épousée.

Trois jours ! Il restait trois jours. Et pas de robe! Alors les amis de Marie Thérèse et de Raymond, la communauté restante du village, vint en aide au jeune couple. Madame GATTI, la maman de Jean-Pierre, entreprit de lui confectionner la robe. Madame GARAIT, la modiste de RIO, lui offrit le voile et les fleurs d’oranger. Quand à Jean Pierre, il se proclama photographe. Le temps passa vite et le samedi arriva…Le président de la Délégation Spéciale, M. BOUR les attendait à la mairie. Les formalités furent empreintes de tristesse. Cette célébration serait la dernière dans la mairie de RIO encore française pour une heure. Après la remise du livret de famille et les félicitations d’ usage, M. BOUR s’empara des registres, ferma la porte de la mairie, emportant avec lui, le buste de MARIANNE, symbole de la FRANCE .Ce mariage, prévu joyeux, fut lugubre, d’une tristesse sans borne, des larmes coulaient sur les joues des invités…».

M BOUR, le dernier maire de RIO SALADO, venait de refermer pour toujours, la porte de la mairie! C’était …il y a bien longtemps maintenant….

Allez! Au diable la tristesse! Nous ne sommes pas là pour refaire l’ HISTOIRE, comme nous le faisait remarquer Marie-Thérèse, mais pour sortir de l’ oubli le « RIO sans souci » de notre adolescence.

Alors, à notre prochaine rencontre, je vous attends au PENALTI-BAR. Je vous invite à boire une « agua limon » préparée par Mme BERNABEU, servie par Simone.

A plus!!!

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Pour information:

« Pour les esprits curieux« , j’ ajouterai ce N.B du Docteur Vincent ROSELLO que j’ai retrouvé dans le bulletin  » le SEL » n° 37 de Mai 1960:

« RIO SALADO compte (au dernier recensement):

12 653 habitants dont 1 175 enfants sont scolarisés de la façon suivante dans les écoles du village:

École de filles: 442 dont:

140 Européennes

280 Musulmanes

École de Garçons: 482 dont:

120 Européens

362 Musulmans

École Maternelle: 242 dont:

40 fillettes européennes

80 fillettes musulmanes

34 garçonnets européens

88 garçonnets musulmans

Cours Complémentaire: 25 élèves.

Voyage… Voyage…

Il nous tarde de prendre l’envol, de voyager vers d’autres contrées, vers d’autres émerveillements. Se sentir bien à l’étranger. Revivre un coin, ailleurs. Sentir une chaleur, une bise, un air marin loin de notre chez-soi. Cet ailleurs qui revient si souvent dans nos pensées. Le besoin de se dépayser, de voir l’autre vivre, d’admirer un paysage à couper le souffle, de se sentir à la fois transporté et …submergé par le beau, le simple.

Oui, c’est tout cela que nous ressentons au cœur de cette pandémie qui nous prive d’aller voir ailleurs.

Le remède pour l’instant? Peut-être grâce à l’image, se transporter dans ces lieux propices aux rêves.

Alors, rêvons!!!!

Check up santé pour René.

Dans les Rues du quartier Adjoufou, route de Grand Bassam.

Lundi dernier, je devais aller chez le dentiste.

En arrivant devant la pancarte de son Cabinet, j’ai hésité et j’ai continué chez le médecin un peu plus loin.(photo)

Là encore en consultant  sur sa pancarte ses spécialités, je me suis senti  mieux  et, sans consulter, j’ai continué . Pourquoi pas, tant qu’à faire, une petite séance de remise en forme chez l’Ostéopathe?

Je m’aperçois qu’il ne prend pas ‘’la carte vitale’’. Découragé je vais  chez Jean, mon fidèle coiffeur.

Sa pub est exacte. Je suis sorti joli et avec meilleur moral. Comme à Rio !!!

Seuls manquaient les « gestes barrières » et surtout l’ambiance de chez nous.

Et inconsciemment, j’ai associé cette enseigne à celle du village.
Le salon mythique Mr et Mme JEAN (JUAN ?), coiffeur pour DAMES, en face du bar GATTI. Puis, j’ai essayé de me remémorer quels étaient les coiffeurs à Rio .
J’avoue que j’ai oublié. Je compte sur vous pour compléter mes souvenirs évaporés ( presque 60 ans que nous ….)
Je me souviens:
– des coiffeurs qui venaient à domicile à bicyclette: RAMONICO et FRANÇOILICO.
– des coiffeurs pour hommes installés sur le Boulevard: Mrs Marius FAURE (tel 2.04) Alfred SEMPERE (que j’ai continué a voir à Montpellier et dont Annie sa fille est une fidèle de l’amicale). Il avait succédé à Mr ??? .Peut-être RUIZ ??
La discussion est ouverte.
Merci
Bien amicalement
René Cardona
07 Février 2021
Abidjan

Notre annuaire du téléphone 1962-62..

Si l’on vous posait la question suivante:

« Quel ouvrage emporteriez vous sur une île déserte? » Que répondriez-vous?

Voici la réponse originale que fit un gentleman de l’aventure:

« L’ANNUAIRE du TÉLÉPHONE. J’y retrouverai mes amis, mes ennemis, ma rue, mon épicier, mon garagiste, les prénoms des trente six femmes que j’ ai aimées. Je découvrirai la rue du chat qui pêche, la rue des vertus, la porte des lilas….c’est la plus délicieuse et la plus poignante géographie du cœur.»

Alors pour les « naufragés involontaires » que nous sommes, voici l’annuaire téléphonique de nos trois villages: ER RAHEL, RIO SALADO, TURGOT.

Et, comme notre gentleman aventurier, partez à la « découverte » de votre géographie du cœur.


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Dernier vœu avant fermeture.

Un des vœux récurrents de nos ami(e)s est  exaucé !

En effet, je viens de lire  qu’en Chine le test Covid n’est plus nasal mais anal  obligatoire.

J-Paul Quilès et d’autres nous on ont souhaité « Bonne année, Bonne santé, la Paille au C…pour toute l’année !! ».

La Chine a « inventé » la Covid, l’a exportée ainsi que le test nasal … Qu’en sera-t-il du test anal ?

Serait-ce les vœux qui se réalisent, en attendant un vaccin fiable.

C’était mon grain de sel.

Amitiés.

René CARDONA depuis Abidjan.

Et pour faire écho à ce qui a été dit ci-dessus…

Extrait de La Provence du mercredi 03/02/2021 à 14h21 –