Souvenirs du temps passé :

Les Puces de Marseillan Plage 15 mars 2025 (photo Jadette SALVA).

« Coiffeur pour messieurs »

Notre passe-temps favori le dimanche est d’aller nous promener aux « PUCES ». Retrouver les traces du passés jetées en pâture à même le sol. Tel est le but de notre promenade dominicale.

C’est ainsi que nous avons eu le plaisir de voir traîner au milieu d’objets plus hétéroclites les uns que les autres, toute une « panoplie » de coiffeur :

Archive Jadette SALVA.

Il y avait là tout le matériel dont se servait mon voisin Antoine PEREZ, coiffeur pour messieurs ! Tient ?? « coiffeur pour messieurs » ! L’expression m’est venue naturellement. En effet, de nos jours, nous pouvons lire sur la porte d’un salon :

« Salon coiffure homme ».

Inutile de nous attarder sur cette différence de langage.

Ceci dit, le salon dont je vous parle était tenu par mon voisin , Antonio PEREZ, le frère d’Anita, belle-sœur de Claudette, notre amie disparue.

Ce salon se trouvait sur le boulevard national à RIO SALADO, entre la librairie de Madame SANCHEZ , et le café de Monsieur RUIZ

A droite, le bar, le salon de coiffure et la librairie (archive Amicale du Rio Salado)

Quelle a été ma joie, teintée d’ une pointe d’ émotion, je dois l’avouer, lorsque j’ai vu, gisant sur un vieux tapis, la « fin d’ une époque » : tous les outils utilisés dans un salon de coiffure pour messieurs, années 50 !

En un éclair, ma mémoire m’a « poussée », m’a « retranchée  » dans le village de mon enfance.

Nous habitions en face, de l’autre côté du boulevard. Il m’ arrivait de passer d’agréables moments à regarder M. PEREZ exerçant son art. J’avais 8 ans !

Archive de l’amicale du Rio Salado.

Que ce salon était beau ! Le bois prédominait . Les fauteuils pivotaient à mon gré lorsque je les « essayais ». Venaient ensuite les glaces, la vitrine et tout le matériel posé sur les tablettes au-dessus des lavabos d’ un autre âge !

Antonio, en blouse blanche, tartinait copieusement les joues et le menton de son client d’ un geste cent fois répété.

J’étais surtout fascinée par la façon magistrale dont il aiguisait son rasoir. D’ une main ferme, il maintenait l’ affûtoir par le manche en bois, et de l’autre, il balançait la lame dans un va-et-vient quasi théâtral.

Alors il attaquait la barbe du client, lui laissant des joues lisses, un tantinet rougies, qu’ il couvrait d’une serviette blanche.

Coiffé de frais, le visage « propre », je revois le client qui s’observait avec attention et complaisance dans le miroir placé au-dessus du lavabo.

Muni d’ une brosse souple, Antoine époussetait les épaules faisant disparaître les derniers vestiges de la coupe. Enfin, venait alors le dernier acte, le clou de la séance : se saisissant d’un vaporisateur muni d’une poire, il tournoyait autour de son œuvre, l’aspergeant d’un nuage d’eau de Cologne, de « sent-bon » comme nous l’ appelions, nous les gosses. Nuage odorant qui enveloppait la star d’une heure, et qui signalait ainsi, à tout quidam, qu’ il sortait d’entre les mains de notre FIGARO en blouse blanche, petit peigne dans la pochette de son tablier!

En réfléchissant ….j’ aurais dû être… « coiffeur  » !

Ouvrez le livre … Surprise !!!

Et voilà ! Une bibliothèque a été vidée …et ce livre s’est retrouvé chez Emmaüs.
Je n’ai pas résisté quand je l’ai découvert ! Son aspect délabré et sa couverture
m’ont attirée !
Mais quelle surprise, un élève de Turgot l’a reçu en récompense d’une bonne
année scolaire et cet élève, quelqu’un de l’amicale l’a peut-être connu…Je
l’espère !
C’est pour cela que je partage ce livre avec vous.
De toute évidence ce petit garçon a lui aussi traversé la Méditerranée avec son
livre. En admettant que ce prix lui a été décerné autour de ses 10 ans, il doit
avoir aujourd’hui 80 ans passés ou bien il n’est peut-être plus de ce monde.
Quels sorts seront réservés à nos objets ?
En tous cas, « Contes des Mille et une nuits », illustré, a trouvé une place dans
ma bibliothèque où il attendait le bon moment pour se montrer à vous !
Colette
.

10ème balade : rue de la gare. La gare. 6ème partie.

(archive du net)

Les vacances de la TOUSSAINT sont là. Le temps est splendide. Pourquoi ne pas aller faire une petite balade à bicyclette entre amis ?

Aussitôt dit, aussitôt fait ! Si cela vous tente, vous pouvez nous suivre. Nous allons nous promener du côté de la gare. Allez ! En route !

Le chemin est long, c’est vrai ! Mais un peu de courage ! Nous avons dépassé les ateliers TABBO, l’entrepôt PEREZ, l’huilerie SEROIN, la distillerie GARAIT, et nous voilà devant l’entrée de la cave CARREGA. Encore quelques coups de pédales et nous ferons une petite halte avant d’atteindre la gare.

Restons un moment sous ces arbres qui bordent la route. La chaleur de l’été n’a pas brûlé l’herbe du fossé. Et si vous vous amusez à écarter ces feuilles vertes, vos aurez la surprise de trouver une « abuelita ». Une drôle de petite fleur qui ressemble à une vieille grand-mère emmitouflée dans un foulard noir .

Je vous livre son véritable nom : « CAPUCHON de MOINE« . Joli, pas vrai !

Le capuchon du moine ou Arisarum vulgare (photo tirée du net).

Le lien ci-dessous vous en dira un peu plus.

http://nature.jardin.free.fr/vivace/ft_arisarum_vul.html

Mais l’heure avance. Allez ! En route ! Justement le train va arriver et nous aimerions le voir entrer en gare.

Pardon ? Que dites-vous ? Non ! Non ! Ce n’est pas le BOUYOUYOU. C’est la MICHELINE !

Le BOUYOUYOU, c’est le train qui amenait les curistes à la station thermale d’ HAMMAM BOU HADJAR. Tiens, je vais vous le faire connaître : il en vaut la peine !

« Le BOUYOUYOU. »

C’était plaisant à regarder, n’est ce pas ? Nous, nous avions la MICHELINE la « MICH’LINE » comme nous l’appelions qui dessert les villages depuis ORAN.

Notre MICH’LINE effectue 2 rotations aller-retour :

ORAN – AÏN TEMOUCHENT.

Une le matin et une autre l ‘après-midi.

Pour tout vous dire : sachez qu’elle atteint la vitesse maximale de 80 km/h lorsqu’elle longe le lac salé de la SEBKHA, aux environs de MISSERGHIN. Quelle prouesse!

Photo tirée du net (2026)

C’est l’administration des chemins de fer d’ ALGERIE, la CFA, qui s occupe de la bonne marche de notre MICHELINE.

Que dites vous ? Ahaah ! Pourquoi ce prénom de fille : »MICHELINE » ? Bonne question ! Tout simplement parce que les MICHELINES sont des autorails qui ont l’originalité de rouler grâce à des roues dotées de pneus sortis tout droit des usines  » MICHELIN« . C’est André MICHELIN, visionnaire et féru de voyages qui imagina ce procédé plus léger que l’acier. D’où son nom : MICHELINE.

Et merguez sur le couscous comme dit mon amie Gislène PARRES, je profite de l’ occasion pour vous informer que la CFA met en marche un train spécialement pour les fêtes de RIO SALADO le 19, 20, et 21 septembre ( Gazette AIN TEMOUCHENT ). Quelle bonne idée !

Notre micheline à pleine vitesse (photo tirée du net)

Mais laissons tout cela de côté. Revenons à notre gare de RIO SALADO. Savez -vous que notre premier chef de gare fut : Baptiste Michel CHARBONNIER ? Je l’ai lu dans l’extrait de naissance de son fils sur les registres de l’état civil de l’année 1889.

Extrait de naissance (archive du Rio Salado)

Après M. CHARBONNIER, Le chef de gare nommé à RIO fut M.Maurice PORTE. Oh ! Qu’arrive t-il ? Ne vous emballez pas ! Vous connaissiez M. PORTE ! Maurice PORTE, celui de la publicité du journal « le SEL » de l’abbé PLENIER :  » PORTE, UN NOM de MARQUE.« .

Publicité tirée du « Sel » (archive de l’amicale du Rio Salado)

M. PORTE le négociant en vins ! Alors calmez-vous et écoutez-moi !

Ce M. Maurice PORTE, négociant en vins, est marié à Cécile CARDONA. Cette charmante dame que vous avez dû rencontrer lors de vos cours d’ instruction religieuse ou aux kermesses du village. Ce Maurice PORTE est en fait le fils de notre chef de gare.

Madame et monsieur PORTE (archive du Rio Salado)

Savez-vous que M. PORTE -père, fut un chef de gare très apprécié des Saladéens. Écoutez ce que l’on pouvait dire dans l’ ECHO d ORAN du 25 juillet 1909 :

«Notre population a appris avec un réel plaisir la distinction honorifique accordée à notre sympathique et si dévoué chef de gare, Maurice PORTE, qui vient d’ obtenir la médaille du travail pour ces bons et loyaux services. Depuis 8 ans parmi nous, M. PORTE a su concilier, par l’ aménité de son caractère et ses cordiales relations, l’estime et la sympathie de tous ceux qui l’ont approché, tout en sauvegardant les intérêts de la Compagnie dont il est le représentant dans notre centre.» M. Porte a pris sa retraite en 1931.

Vous trouverez en fin d’article un extrait d’un Conseil Municipal de RioSalado concernant M. PORTE.

A ma grande déception, je ne peux vous parler des successeurs de M. PORTE. Les informateurs capables de nous en parler ne sont plus parmi nous. Hélas ! Mais au diable la tristesse ! Faisons impasse sur cette époque et « redescendons » sur le quai de notre gare .

Tiens ! Regardez qui va là : M. WAGNER ! il sort de la salle d’ attente. Savez -vous que René WAGNER, notre chef de gare, actuel, est en poste à RIO, depuis 1951 ! Il habite dans l’appartement de fonction situé au dessus de cette salle, et de la salle réservée aux colis arrivés par le train. Parmi lesquels se trouvaient, soit dit en passant, les journaux sportifs que Titou REYNE et Paulo COVACHO venaient récupérer d’un « coup de bicyclette  » le dimanche soir.

Archive de l’amiacle du Rio Salado.

M. Wagner habite à la gare, en compagnie de son épouse et de ses trois filles : Renée, Luce (de qui je tiens pas mal d’ informations) et la benjamine Violette. Pour ne rien vous cacher, la famille WAGNER vient d’une localité proche de SAÏDA : NAZERED FLINOIS, où M. WAGNER exerçait son métier de chef de gare..

Actuellement, chef de gare à RIO, il a un employé, M. MACIA ,qui est le « facteur enregistrant« . C’est ainsi que l’on nomme le préposé à la vente des billets et à la surveillance des colis arrivés par le train.

Il y a un troisième employé de la CFA dans la gare, plus exactement un « agent intérimaire qui prend la continuité des services pendant un laps de temps pour éviter les cassures dans le système ». M. André CUNEO, nommé entre 1945-46, est cet agent là. Il assure le remplacement des chefs de gare de toute la région, en cas d’ absence de l’un d’eux. Ce qui nous permet de penser qu’avant l’arrivée de M. WAGNER, M. CUNEO a pu assurer la fonction de chef de gare pendant quelques temps. Là aussi ,je n’ affirme rien. Plus aucun témoin pour nous renseigner!

M. CUNEO loge au village, rue Marcelin ALBERT, avec son épouse et ses deux enfants Pierrette et P’tit Louis qui m’a aidé à vous promener dans la gare.

Archive de l’amicale du Rio Salado

Mais revenons à notre gare. Celle qui nous tient à cœur. Celle de RIO SALADO. La salle d’ attente est grande ouverte et les bancs en bois alignés le long du mur face au guichet, nous invitent à un moment de repos.. Si le cœur vous en dit, profitez-en ! Histoire de reprendre votre souffle car la visite n’est pas terminée !

Le train venant d’ ORAN, MISSERGHIN, BOU TLELIS, LOURMEL, ER RAHEL entre en gare. Quelques voyageurs sautent sur le quai.

Pas grand monde aujourd’hui pour RIO! Monsieur WAGNER, un sifflet dans la main, surveille le déchargement des colis,pendant que M MACIA, les emporte. Un coups de sifflet strident annonce le prochain départ de la Micheline. «  ATTENTION, reculez, éloignez- vous des rails, le train va repartir ! « .

Voyez ! M. WAGNER agite un drapeau en bois de couleur rouge annonçant le départ immédiat du train.

«Les voyageurs pour TEMOUCHENT , en voiture! Le train va démarrer ! ».

Au revoir et bon voyage ! Tiens !Mais c’est Andrée, une pensionnaire du collège, qui nous fait signe de la main, et c ‘est aussi Odile ! Au revoir et Bon Voyage !

Et voilà ! La Micheline s’ébranle lentement et va continuer son parcours. Et nous, nous reprenons nos vélos. Nous devons filer à toute allure vers le village.

Au revoir ! Je vous contacterai si une nouvelle promenade est prévue.

Ah ! Une dernière précision : René WAGNER s’est retrouvé, après 1962, à la gare de MÈZE dans l’HÉRAULT à dépanner le chef de gare malade, et de ce fait , est devenu pendant quelques temps le voisin de la cave : les Vins SALVA. Un des rails, pour les besoins du commerce, terminait sa course dans la cave de Jayme SALVA.

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Les enfants de Nantes à Rio Salado.

1941-1945

Les enfants de monsieur Duchemin.

Aujourd’hui, nous ne ferons pas de balade dans RIO SALADO. Je vous parlerai d’un fait qui compta dans la vie de nos villages d’ ALGÉRIE dans les années 1940 .-1945.

Archive de l’amicale du Rio Salado

C’est en fouillant dans nos archives, que j’ai retrouvé un échange de lettres avec celle qui fut la Présidente de L’ ECHO de L’ORANIE :

Madame Claude-Sandra RAYMOND.

Elle était à la recherche de documents « lui permettant de mettre en lumière l’œuvre des familles Pieds- Noirs, qui, de 1941 à 1945, ont recueilli des enfants métropolitains en ALGÉRIE et en TUNISIE ».

Puis-je rappeler à la jeune génération qui a la curiosité de nous suivre dans nos balades, que la FRANCE était en ce temps-là occupée par les Allemands. Les alliés venus en aide pour repousser l’envahisseur furent obligés de bombarder des villes comme Nantes .

D’après le net : Loire Atlantique – archives Départementales.

Le lien ci-dessous, tiré de la une de Ouest-France, vous éclairera sur ce qui fut un terrible événement :

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/bombardements-de-1943-il-y-a-80-ans-nantes-sous-le-deluge-des-raids-aeriens-dfab3d8a-48d8-11ee-95fb-5373350b7482

Mme RAYMOND racontait:

« A partir de l’ occupation allemande du Nord de la FRANCE, un certain nombre d’ organismes comme :

– la Croix Rouge Française, – le Comité Ouvrier de Secours Immédiat (COSI), – la Fédération des Amicales Laïques, – Le Secours National, – La Caisse Régionale des Institutions Ouvrières ( CRIFO),…

s’unissent pour prendre en charge les enfants des zones bombardées , et pour évacuer au titre de la défense passive les sinistrés, les orphelins ou plus simplement les enfants souffrants de malnutrition, pour les placer les uns dans la zone sud, d’autres dans les Alpes du Nord ou en Suisse, un nombre important en Algérie et en Tunisie .

Originaires du Nord bien sûr mais aussi d’autres régions, une partie de ces enfants qui ont entre trois, quinze ou seize ans, en particulier ceux qui partent pour l’ Afrique du Nord, sont regroupés, en complète coordination avec la Croix-Rouge, au sein du « Centre GUYNEMER « .»

Le Centre fut fondé par la vicomtesse VILLERS de la NOUE, sœur de Georges GUYNEMER, as de la première guerre mondiale abattu en septembre 1917. Les Centres GUYNEMER furent crées sous le patronage du Géneral PÉTAIN.

Photo tirée du net .

En 1941, les enfants de NANTES furent dirigés vers RIO SALADO.

Monsieur DUCHEMIN, violoniste sur un bateau de croisières, se trouvant sans travail, et Mme DUCHEMIN ,tous deux nantais d’ origine, furent sollicités pour accompagner et prendre soin de ces jeunes réfugiés dans notre village.

M. Albin ARNOUX mit à leur disposition des locaux situés près de la vieille école de filles, face à l’ église dans ce qui deviendra plus tard le studio-photos DUCHEMIN.

Archive de l’amicale du Rio Salado

Les enfants étaient âgés de 7 à 14 ans. Le benjamin, Jean-Claude, devait être le neveu de M et Mme DUCHEMIN, d’après mes informateurs.

Ces enfants sont restés chez nous, jusqu’ en 1945.

Ils ne fréquentaient pas l’école communale. Ils vivaient en vase -clos, créant chez nous, enfants de 10ans, un malaise, voir même un mystère. Qui étaient ces enfants « enfermés dans ces locaux » qu’on ne voyait pratiquement jamais ?

J’eus la possibilité de les rencontrer. Je me souviens d’ être allée avec ma mère rendre visite à Mme DUCHEMIN, d’ entrer dans l’arrière salle, pratiquement obscure, où seule une porte donnait sur une cour intérieure.

Je revois une table très longue, tous les garçons assis, bras croisés ,et M.DUCHEMIN, en bout de la table . Que faisaient ils ? Je ne m’ en souviens pas. Mais je vous assure, : j’étais pressée de quitter les lieux.

Cécile RODRIGUEZ, la charmante amie de toutes les générations saladéennes confondues, me racontait que les gaillards n’étaient pas toujours faciles à tenir. Pour mater leur révolte, M. DUCHEMIN en désespoir de cause, les envoyait chez son père, Cécilio le coiffeur , lui donnant pour consigne, en guise de représailles, de leur raser le crâne.

Archive de l’amicale du Rio Salado

M. RODRIGUEZ, compatissant, ne pouvait s’y résoudre . Les crânes rasés n’étaient pas à la mode à cette époque. Cécilio entamait alors des discussions sans fin, entremêlées de leçons de morale. Finalement, notre bon Cécilio se contentait d’exécuter une coupe très courte. Une chose est certaine, me disait Cécile, son père n’ eut pas beaucoup de crâne à raser. Tous les dimanches, afin d’ apporter un peu de fantaisie dans leur vie d’exilés, les enfants étaient invités chez des familles compatissantes. Mathilde DAVOS, et Yvette DETORRES , à qui je dois ces photos, ont accueilli ces exilés trois ou quatre enfants, jamais les mêmes, à venir passer le dimanche en famille.

Archive de l’amicale du Rio Salado

Puis la guerre prit fin. Les garçons retrouvèrent leurs familles, et M et Mme DUCHEMIN décidèrent de rester dans ce village qui les avaient si bien accueillis. Mathilde n’eut pas le moindre petit mot de ces garçons. Yvette, plus chanceuse, reçut deux cartes postales de NANTES. Puis, le temps a passé et les souvenirs se sont estompés. Un seul mystère : pourquoi avoir garder ces enfants à l’écart des enfants du village ? Plus personne hélas! pour répondre à cette question. Etait-ce une consigne… un choix?

Archive de l’amicale du Rio Salado

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Histoire de nos villages.

Blason situé à gauche de l’entrée de la mairie de Rio Salado
(archive de l’amicale du Rio Salado)
Connaissez-vous l’histoire de nos armoiries?
A gauche : la mairie de Rio Salado. A droite : le blason de la ville.

Bien sûr, je connaissais le blason pour l’avoir vu sur le mur de la mairie, à gauche de la porte d’ entrée. J’avais lu sa devise, jusqu’à l’apprendre par cœur, mais sans plus. Alors, j’ai voulu l’étudier de plus près, connaître son histoire, savoir comment ce blason est parvenu jusque sur les murs de la mairie de notre village. Chose curieuse, j’avais constaté que les villages environnant n’en possédaient pas. Seules les villes avaient ce privilège. Je suis donc allée consulter les archives de l’AMICALE du RIO SALADO, afin d’ éclaircir ce mystère. Et voilà ce que j’ai découvert.

Le 21 décembre 1956, le maire de l’époque Gontran MILHE POUTINGON réunissait les membres de son Conseil Municipal pour leur rendre compte de son voyage en FRANCE au cours duquel, M. FOUQUES DUPARC, maire d’ORAN, avait invité les maires de FRANCE et D’ALGERIE à assister aux jumelages de divers communes du département du HAUT-RHIN.

C’est ainsi que Gontran MILHE POUTINGON rencontra de M.THROO, maire de la ville de GUEBWILLER qui accepta le jumelage de sa commune avec celle de RIO SALADO.

Pour concrétiser leur accord, ils se rendirent à GEBWILLER où une séance du Conseil Municipal eut lieu, en vue de dresser l’acte de parrainage.

M. MILHE POUTINGON fut charmé par la visite de la ville.

L’acte signé, le parrain offrit à son « nouveau filleul  » un tableau représentant les armoiries de la ville. Ce tableau donna un idée à notre maire qu’il soumit à ses adjoints, dès son retour de FRANCE.

Pourquoi RIO n’aurait pas , lui aussi, des armoiries ? L’idée fut adoptée à l’unanimité. Le directeur des Beaux Arts d’ORAN fut contacter pour établir diverses maquettes. Après examen du conseil, la maquette retenue fut celle représentant les origines du village. Elle arriva au village, accompagnée d’une note explicative ainsi rédigée:

d’argent à la barre de sinople maçonnée et bretessée chargée d’une rivière d’or, accompagnée de deux fleurs de salicaires au naturel .>>

N’étant pas familiarisée avec l’art héraldique (étude des armoiries), J’ai consulté INTERNET :

Le blason de la commune de Rio Salado. (archive de l’amicale du Rio Salado)

La « BARRE » est la pièce principale du blason. C’est une bande, placée en diagonale, qui va de l’angle supérieur gauche, à l’angle inférieur droit. Le « SINOPLE » est la couleur verte, dans les émaux héraldiques . Le terme « bretessée« nous indique que la barre est maçonnée de petits créneaux et couvert d’un émail vert (le sinople). Pour terminer l’étude du blason, je remarquais les deux fleurs que le sculpteur avait ajoutées de chaque côté de la barre,( la rivière) : deux fleurs de salicaire. Les salicaires sont des plantes communes envahissantes à fleurs rouges qui poussent à proximité de milieux humides.

Mais notre sculpteur ne s’est pas arrêté à cet écu : il a embelli le blason en y ajoutant tout autour une guirlande de feuilles de vigne entremêlées de grappes de raisin. Un listel (un ruban) complète les armoiries de RIO SALADO, en nous livrant la devise de notre village :

« D’OBSTACLE N’A CURE, FLEURIRA QUAND MÊME ! ”
Archive de l’amicale du rio Salado.
L’acte de parrainage (archive de l’amicale du Rio Salado)

La distillerie d’Er-Rahel.

La distillerie à Er-Rahel se situait à la sortie du village en direction de Rio Salado et dans la même rue, perpendiculaire à la nationale.,tout au fond de la rue, il y avait la coopérative des vins.

Les deux grands bâtiments, bordés sur leurs extérieurs par une vigne, se voyaient bien depuis le cimetière, à la sortie du village.

La distillerie avait, en 1962, quand nous sommes partis, Monsieur JULES SIE comme directeur ou gérant. (Je ne suis pas certaine de l’orthographe de son nom). Son logement se trouvait dans les étages de la bâtisse et, en 1961, JULES SIE nous avait invités, mon petit frère et moi, à aller regarder un film sur sa télévision !

Je découvrais la télévision et j’ai un souvenir impérissable de « La Belle et la Bête » avec JEAN MARAIS.

La cave coopérative

Je l’ai bien connue ! J’y ai habité de 1957 à 1962. Son directeur était MARCEL SICARD, et mon père, MARCEL INFANTES, y travaillait en tant que caviste.

Donc, les pressoirs, les grandes cuves, l’habitation du directeur, la nôtre, les bureaux de MARCEL SICARD, qui avaient une sortie sur notre jardin, les allées et venues des remorques remplies de raisin, l’odeur des marcs, les pesées à l’arrivage des camions et tracteurs sur la grande plateforme du pont-bascule sont autant d’images dans mes souvenirs les plus heureux.

Également, le jus de raisin qui commençait à fermenter et au-dessus duquel par une bouche de cuve ouverte, enfants inconscients, nous jouions aux funambules en traversant l’ouverture par les madriers posés dessus en guise de protection ! Nos parents n’en ont jamais rien su ! Jacqueline, la fille de MARCEL SICARD et aussi Abdelkader et Miloud, les enfants de Houssine, employé lui aussi à la cave, jouaient avec nous !

Sur les documents en annexe 1, vous trouverez des informations sur la distillerie et sur la cave coopérative. Elles sont extraites d’un petit livre sur Er-Rahel édité en avril 1957 par l’imprimerie FOUQUE à Oran. Son auteur est MAX MARCHAND.

En annexe 2, il s’agit de la couverture de cet ouvrage.

Et en annexe 3, ce sont des photographies prises en 2018.

Qui pourrait me dire ???

Qui s’en souvient ??

Voici quelques jours que les médias français nous rappellent que ce 26 février c’est la date anniversaire de la naissance de Victor HUGO, né en 1802.
Mais qui, parmi nous, se souvient de « notre » Victor HUGO au village ?
Il était un peu plus âgé que moi et était à l’école dans une classe au-dessus. Il avait un frère dont je ne souviens pas le prénom. Ils habitaient rue de TURGOT et, je pense, étaient parents aux LAMBERT !
J’attends avec curiosité et intérêt les réactions de ceux qui l’ont connu et s’en souviennent.
Merci à tous.
Bien amicalement.
René.

Témoignages.

Henri BOUR m’a adressé la lettre ci-dessous , écrite par sa sœur, Marie-Paule, accompagnée du commentaire suivant :

L’autre jour en mettant un peu d’ ordre dans mon bureau, j’ai retrouvé ce document qui m’a beaucoup ému. C’est un texte de Marie-Paule, ma sœur aînée, écrit dans les années 80 qui exprime fort bien, beaucoup de choses : la douleur, le désespoir, l’effort puis l’espoir, la renaissance …. Prends-le comme un témoignage de plus de notre communauté saladéenne en tant que dépositaire de notre mémoire commune ».

Les archives du Cinéma CASINO de RIO SALADO.

Désolée de vous décevoir, je ne vous emmènerai pas, aujourd’hui, danser au « Bal des CONSCRITS ». J’avais encore un point à débattre: je voulais savoir quel était le coût de location d’un tel édifice, vu les différentes possibilités qu’elle nous offrait . Pourquoi le savoir? par curiosité ? peut être! pour le plaisir? sûrement! Malgré une recherche très poussée, je n’ai jamais pu avoir de réponse. La salle fut maintes fois retenue pour des fêtes de Noël, des fêtes scolaires, des réunions en tous genres, et surtout pour des bals: bal de la Saint Sylvestre, bal de Carnaval, bal des clubs sportifs et bal des conscrits. Ce fameux bal des conscrits où nous nous rendrons prochainement, c’est promis.

En désespoir de cause, j’allais abandonner les recherches, lorsque -parfois le hasard fait bien les choses- j’ai reçu un colis, envoyé par Colette FUENTES , la petite fille de monsieur ROCHER, dans lequel étaient rassemblées les archives du cinéma CASINO, le cinéma de son grand père.

M. et MMe ROCHER (archive de l’amicale du Rio Salado)

En étudiant les différents documents, j’ai eu la surprise d’apprendre, que le cinéma s’appelait: COLISÉE , et que monsieur ROCHER n’était pas propriétaire, mais locataire. La salle appartenait à la COMMUNE de RIO SALADO.

Lettre manuiscrite de M. ROCHER (archive de l’amicale du Rio salado)
Chambre de commerce fiche professionnelle (archive de l’amicale du Rio Salado)

Bureau d’ enregistrement (archive de l’amicale du Rio Salado)
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En continuant notre balade: Le CASINO, le cinéma DE RIO SALADO.

L’entrée du cinéma Casino à Rio Salado (archive de l’amicale du Rio Salado)

Bonjour! Et Bienvenue, vous qui me suivez dans mes balades . Je m’aperçois que mon invitation à faire la fête a eu du succès! Désolée de vous décevoir: pas de festivités aujourd’hui! Je vous le promets, nous irons danser, mais plus tard . Je dois vous avouer que le plaisir de parler de nos fêtes m’avait fait oublier la fonction première du CASINO: celle d’être un CINEMA.

Alors je vous propose d’aller en discuter, à deux pas d’ici, dans la rue François ARNOUX, dans le jardin d’ Armandine LOPEZ. Je pourrai ainsi, vous présenter tranquillement notre cinéma: notre fameux CASINO. Ce jardin a beaucoup compté pour moi. Il faut absolument que je vous le fasse découvrir. Il est juste derrière l’épicerie de ses parents. Quel jardin! A la fois verger et potager. Suivez moi: je vous y conduis. Regardez donc qui arrivent! Jeanine et Marie-Claire COLMAN. Elles viennent faire quelques achats chez Mme LOPEZ. La famille COLMAN habite tout près, à l’angle de cette rue. Laissons-les faire leurs emplettes et venez vous installer sous les arbres fruitiers. Nous allons bavarder au milieu des plates-bandes. S’il vous plaît! Ne piétinez pas les radis. Vous pouvez en croquer un, si le cela vous tente. Êtes-vous bien installés? Il y a encore la brouette qui vous tend les « bras ». Que ce jardin est reposant! Les parfums des arbres en fleurs et l’odeur de la terre arrosée flottent dans l’air. Un rêve!

Bon! Revenons sur terre. Laissez-moi vous parler du CASINO. Nous allions le dimanche après-midi au cinéma. C’était notre sortie familiale. Ma mère nous disait: «  Nous irons voir ce film chez PADILLA!« . PADILLA? Est-ce un nom? Un prénom? Avait-il un rapport avec l’actuel propriétaire: René ROCHER? Les recherches ont été ardues. « Le bouche à oreille » a bien fonctionné. Annette MILLAN m’a fait savoir , et je remercie tous mes contacts , que PADILLA était bien, le premier propriétaire du CASINO. Jean Michel NIETO , nous le confirme aussi. Son père, Gaëtan NIETO ( Gaëtano) était le projectionniste de M. PADILLA.

Gaétan NIETO

Il nous raconte ,dans le commentaire en fin d’ article, que travailler dans cette salle, qui nous intriguait tant, n’était pas une sinécure:  
«La cabine de projection était mal aérée, les charbons du projecteur ont été la cause de maux de tête., mon père devait passer le temps de la projection , le front bandé avec un chiffon mouillé».

Puis, Monsieur ROCHER devint le propriétaire du cinéma CASINO.

Renée et Marie ROCHER (archive de l’amicale du Rio salado)
Mme Rocher née Abela., Marion, Colette et Paul (archive du Rio Salado)
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