RIO SALADO: PORTES OUVERTES: Balade 9.

La rue Maréchal Joffre.

Bonjour Vous Tous! Vous m’attendiez depuis longtemps? L’agua-limon de Mme BERNABEU était-elle bonne? Comme d’ habitude, bien sûr! Désolée pour mon retard : je me suis arrêtée au coin de la rue, à la boulangerie de Maurice EMBERNON, qui, pour je ne sais quelle raison, était Jerry Lewis pour ses clients. Savez- vous que cette Boulangerie a connu pas mal de boulangers ? M. RUIZ et, avant lui, M. DEMAYA. Dans les années 20, c’était le grand-père de Jacques, Jaïme SALVA, qui était le boulanger du quartier. En continuant mon chemin, j’ai fait une halte dans le couloir à côté qui donne accès à l’appartement de Pépico et Purica POVEDA. En avançant quelques pas de plus, je suis arrivée , dans le magasin suivant. Vous montiez trois marches, plutôt hautes, et vous étiez dans le paradis des bonbons où vous attendaient des rouleaux de réglisse noire avec une bille chocolatée au centre et des petites boites de cachous. Le pire, mes amis! C’est que, cette épicerie se trouvait sur le chemin de l’école!!!! Que de tentations!!!! Bon, soyons sérieux! Saviez-vous, qu’autrefois, dans les années 40, ce magasin était un studio-photos? Il appartenait à M RAUTURIER. Cet homme si aimable qui nous accueillait à la pharmacie ! Dans ces années-là, Mme RAUTURIER terminait ses études de pharmacie pendant que M. RAUTURIER développait des photos. Je tiens cette information de Marcel, leur fils. Quand sa mère a été reçue aux examens, ils se sont installés et ont ouvert la pharmacie, boulevard national. M. RAUTURIER a abandonné son métier pour lui donner un coup de main. Cela se passait dans les années 45. Les enfants de NANTES, repliés à l’abri de la guerre à RIO, sous la houlette de M et Mme DUCHEMIN sont retournés dans leurs familles. Vous les avez rencontrés lors de la 7e balade. M. et Mme DUCHEMIN, leur travail accompli, auraient dû repartir, eux aussi. Mais voilà, M. DUCHEMIN, violoniste sur un bateau de croisière, a préféré s’établir dans notre village. M. RAUTURIER, avec lequel il s’était lié d’amitié, lui a dévoilé les ficelles du métier. Il est alors devenu le photographe attitré des Saladéens. Qui n’ a pas son portrait en communion pris par:

«Jean DUCHEMIN le studio POLYPHOTO

Tous travaux, Portraits, identités, livraison rapide»

Ce retour-arrière, a été bien long, c’est vrai! mais me voilà arrivée parmi vous. Avez-vous remarqué la maison à votre gauche? Celle de Mme. et M, KRAUS , belle maison! N’est-ce pas? J’ai appris par Tétou KRAUS que l’ architecte s’appelait Georges BLANCARD de LERY, architecte du collège de jeunes filles d’Oran que nous connaissons bien pour y avoir passé quelques années. J’aurai voulu vous parler de son style architectural, peu commun dans notre village. Hélas! je ne suis pas calée en histoire de l’Art mais plus à l’aise dans « l’histoire des Trois Ours ». Désolée! je peux vous dire cependant, que durant toute une année, Renée KRAUS, leur fille aînée et moi-même , avons partagé la même table, dans la classe de Mme BERTHALON. Nous nous entendions bien, même très bien. Ce qui n’était pas du goût de notre institutrice. Aussi avait-elle une façon bien à elle de mettre fin à nos conciliabules. D’un geste précis, elle envoyait sur nos crânes la grosse gomme qui trônait en permanence sur son bureau. Elle faisait mouche chaque fois, mettant fin à nos bavardages. Je n’ irai pas jusqu’ à dire « heureux temps». Non, loin de là! Quand à son jeune frère, Tétou KRAUS, vous le trouverez chez Jean-Claude CARREGA, où toute une bande de copains caracolent à bride abattue, dans le jardin de la maison, à la poursuite d’un éventuel hors la loi.(3ème balade).

Boulangerie SALVA : le jeune garçon est Jaïme SALVA le père de Jayme.
(archive de l’amicale du Riosalado)
Alfred POVEDA et Pépico TORRES (archive de l’amicale du Rio Salado)
La pharmacie RAUTURIER (archive de l’amicale du RioSalado)
Mme et M. RAUTURIER (archive de l’amicale du Riosalado).
Publicité du magasin de M. DUCHEMIN (archive de l’amicale du Riosalado)
Maison René KRAUS (archive de l’amicale du Riosalado).

Puisque nous sommes bien installés sur la terrasse de ce sympathique bar. Qu’ il fait beau. Que l’heure de l’apéro approche. Je vous suggère, en attendant que l’on vienne nous servir, de porter votre regard de l’autre côté de la place. Votre imagination et vos souvenirs feront fi des palmiers qui ont un peu grandi. Vous le voyez ce trottoir? Allez jusqu’au bout. Ne traversez pas la rue. Arrêtez-vous au coin de la ruelle. Là se trouve la boutique de M. TOUATI. Un peu sombre cette boutique! L’éclairage se fait comme beaucoup de magasin à RIO, par la porte d’entrée. Il y a bien les deux vitrines de chaque côté de la porte. Mais elles sont voilées par le nombre incalculable d’articles que M. TOUATI vous propose. Entre autres choses, des pierres qui font le bonheur des garçons, et qui éclatent quand vous les jetez par terre, c’est vrai! C’est Jean-Claude CARREGA qui me l’a dit! Un autre trésor que l’on trouve chez M TOUATI: du «SENT-BON». En fin d’année scolaire à RIO, une de mes élèves m’a offert avec beaucoup de gentillesse, ce «parfum». «Du SENT-BON, maîtresse, c’est du PLOUM-PLOUM, il vient de chez M TOUATI» me dit-elle fièrement. Vous vous souvenez du Sent-bon? L’eau de Cologne de chez nous? Quand je vous dis qu’on trouve des merveilles dans la boutique de M. TOUATI! A côté de ce magasin parfumerie-droguerie–épicerie, vous entrez dans le bar de Mme MICO. Je rappelle à notre Ami René que nous sommes là dans le 9ème bar de notre village. Marie Jeanne, Vincent et Joseph ne sont pas dans les environs. Je ne les ai pas aperçus ce matin. Ce bar appartenait autrefois à M. NIETO. Comme l’apéro tarde à venir, continuons allègrement notre visite sur le même trottoir. Nous voici à l’entrée du garage CERNA. Ce même Gaston CERNA qui fit tant pour la jeunesse saladéenne. Nous en reparlerons quand nous accompagnerons la JSS aux nombreuses compétitions. En attendant, essayons de savoir où se cachent Jean-Pierre et Nadia CERNA. Jean-Pierre, je ne sais pas. Quand à Nadia, sa sœur, elle est sûrement au stade avec toute l’équipe s’entraînant pour le spectacle de Relizane.

(archive de l’amicale du RioSalado)
Monsieur Gaston CERNA (archive de l’amicale du RioSalado)

1958- Tlemcen (archive de l’amicale du RioSalado)
(archive de l’amicale du RioSalado)
(archive de l’amicale du RioSalado)

Ne nous égarons pas. Revenons à notre garage. Son précédent propriétaire était Albert CLAVERIE. Mais en remontant plus loin, vous apprenez qu’il y avait là le premier cinéma de RIO, cinéma muet, cela s’ entend. Des bancs en bois, alignés devant un écran rudimentaire, un piano sur le côté tourné vers l’ écran et vous avez là, le décor de la salle du cinéma dans les années 20. Ma mère m’a raconté qu’un dimanche après-midi, elle était allée, avec sa petite sœur, Lily, à la séance de 15h. Isabellica qui, devait être la préposée à l’harmonium pendant la messe, était au piano, jouant inlassablement le même air, changeant de rythme suivant l’intensité de l’action. Ma mère, n’avait jamais pu voir la fin du film: Lily participait si intensément au déroulement de l’histoire qu’elle intervenait bruyamment au secours des acteurs, donnant de la voix devant leur indifférence à tenir compte de son aide. Tant et si bien que le propriétaire du lieu fut obligé de les mettre à la porte manu-militari au grand désespoir de ma mère, qui n’était pas arrivée à calmer son impétueuse petite sœur…ni à voir la fin du film!!
N’allons pas plus loin. Revenons à notre apéro. Abdellah GOURINET, le papa de ma gentille petite élève Setty, vient nous servir. Régalez-vous! Vous avez devant vous: des fèves au cumin, des anchois à l’huile, et même du poulpe en salade! Appréciez! c’est Mme BERNABEU qui a tout préparé. M. BERNABEU, Simone et Lydie sont au comptoir. Paul, le plus jeune est quelque part dans la maison. Quant à cet espiègle de Serge, on ne sait jamais d’où il va surgir.

Monsieur Manuelico BERNABEU (archive de l’amicale du Riosalado)
(archive de l’amicale du Riosalado)
(archive de l’amicale du Riosalado)
Monsieur Abdellah GOURINET et Silly, sa fille.
(archive de l’amicale du Riosalado)

A la terrasse du Penalti Bar (archive de l’amicale du Riosalado)
En bas à gauche, la terrasse du Pénalti Bar (archive de l’amicale du Riosalado)

L’heure avance. Ne nous attardons pas. Allez en route! Nous voici devant le portail de la cour qui donne, à droite, au Penalti Bar, et à gauche chez Pépé: Filipé CONTRERAS, le légumier. Bon! Le marchand de primeurs, si vous préférez! Je n’ai pas trouvé son fils Lucien. Fifine, Joséphine, sa fille, comme je vous l’avais écrit, est employée à la poste. Au fond de la cour, se trouve la forge du maréchal ferrant: Emilio ESCUDERO, Patricio pour nous tous. Voyez, le foyer là-bas, il ronfle de plus belle. Marie-Claire, sa fille, m’a dit que son père ne l’éteignait jamais, et que la chaleur était parfois insoutenable. Vous entendez le bruit du marteau retombant sur l’enclume? Justement, Patricio finit de forger des fers-à-cheval. Il doit aller dans une ferme pour s’occuper des mules. Son fils, Claude, l’accompagne. Annie, l’aînée, est à l’épicerie avec leur mère. Marie-Claire m’a raconté que son père s’occupait aussi des chevaux de course de M. TORRES. Yvon LOZANO, dans la 4ème balade, nous apprenait que les deux Frères TORRES, amateurs de voitures de courses, étaient aussi des aficionados de courses de chevaux. M. ESCUDERO se fait une joie de vérifier l’état de leurs sabots, en vue de la prochaine course à l’hippodrome du FIGUIER à LA SENIA, pas très loin d’ ORAN. Approchez-vous de l’écurie! Venez voir cette jument qui a mit bât hier dans l’après- midi. La mère et son poulain vont rester quelques jours ici. A la grande joie de Marie-Claire. M. GILOT, le vétérinaire d’ Aïn Témouchent, passera les voir avant de les rendre à leur propriétaire. Mais le temps passe! Laissons le poulain se reposer et sortant sur le trottoir. Je vous conseille de passer rapidement devant la petite boutique suivante: celle de la bijouterie CASCALES. Nous ne pouvons pas nous attarder. Si vous êtes intéressé par un bijou, M. CASCALES viendra vous voir chez vous, avec sa mallette à plusieurs tiroirs qui lui sert d’écrins. Tiens! BOUDISSA, de son prénom Abdelkader, est dans son atelier. Il est encore aux prises avec le vélo d’un de nos copains. BOUDISSA a laissé son atelier de réparation près de l’école maternelle, pour prendre la succession de M CLERC.
Mais savez-vous que dans les années 40, c’était Tibi CARBONEL, amateur de course cyclistes qui occupait les lieux? Tibi a fréquenté les classes primaires avec Louis DETORRES, Henri LAMBERT, Paul QUILES, Robert CONTRERAS Robert SEROIN…..Je vous raconterai son périple un de ces jours. Il nous faut continuer notre balade. Attention! Éloignez-vous du trottoir, une voiture arrive. Elle va prendre de l’essence au «lampo» de M. SANCHEZ, de Manolico «GUAPO». Vous n’avez jamais entendu parler du « lampo » d’essence? Encore une expression de chez nous que l’ on se transmet de pères en fils ! LAMPO est tout simplement la marque de l’essence distribuée. Et nous voilà arrivés à l’angle du bar de M. PARRES. Sentez la bonne odeur de viande grillée, la bonne odeur de brochettes! c’ est KADDA qui a installé son étal et son kanoun à l’angle du café PARRES. Si vous êtes d’accord, nous allons déguster une ou deux brochettes. Il y a justement un banc en face, sur la place. Installons-nous un instant. Vous pourrez vous abreuver au bar de M. PARRES. Et ainsi, je pourrai vous faire découvrir une autre partie du village, avant de continuer la balade, rue Maréchal JOFFRE.

(archive de l’amicale du Riosalado)
Monsieur Emilio ESCUDERO dit Patricio (archive de l’amicale du Riosalado)
(archive de l’amicale du Riosalado)
(archive de l’amicale du Riosalado)
(archive de l’amicale du Riosalado)
Monsieur Abdelkader BOUDISSA
(archive de l’amicale du Riosalado)
(archive de l’amicale du Riosalado)

Le bal du dimanche soir à Sassel.

Un orchestre-ou plutôt des joueurs d’accordéons- anime le bal sur la place cimentée entre la plage et la maison du maire. Il fait noir, les couples dansent la valse, le paso-doble et le tango. Des danses qui plaisent bien aux parents… et je danse avec mon père qui me les apprend ou avec ma cousine Lucette.

Photo archive Colette INFANTES.

Au cinéma à Sassel et à Er-Rahel.

C’est très agréable le dimanche soir de voir les images sur l’ écran en entendant le bruit des vagues dans le dos. Le cinéma en plein air à la plage de Sassel se trouve là-bas au fond, de l’autre côté de la plage, à côté des viviers, ces grands trous maçonnés sur le quai au bord de l’eau et remplis par la mer. Et ça sent l’iode en regardant le film.

A Er-Rahel c’est plutôt le dimanche après-midi que je vais au cinéma. En première partie il y a « les actualités » puis des dessins animés « Tom et Jerry » ou un « Charlot ». A l’entracte, l’ ouvreuse propose un esquimau.
Je me souviens des films « péplums »: « La vallée des rois », « Romulus et Rémus »,ils sont si beaux ces romains, la peau bronzée et luisante, et les femmes aux longs cheveux blonds, la poitrine qu’on devine ferme sous les voiles colorés…
Et ce film d’horreur qui m’a bien marquée: « Les yeux sans visage ». J’ai revu ce film à la télévision dans les années 90. Ainsi j’ai su que l’acteur était Pierre Brasseur et l’auteur Georges Franju. Un film de 1960.
C’est dire si l' »on était à la page » à Er-Rahel dans les programmations!
Mais je n’ai pas pu voir « Carthage en flammes », affiche bien alléchante sur le trottoir devant le cinéma .
« Tu auras l’occasion de le voir plus tard » me dit maman.
Et non !…

Photo archive Colette INFANTES.

Pâques: en parlant de cloche.

Est-ce l’humeur du temps et …sa semaine sainte qui me rappellent ce souvenir extirpé des « années métropolitaines débutantes »?

Dans les années 1960-70, nous sommes installés à Rillieux la Pape (contraction des deux noms de villes: Rillieux et Crépieux la Pape) dans le Rhône. Au cours d’une de nos promenades dans cette ZUP récente, nous passons devant une église moderne comme seules ces années ont pu en ériger dans ces « quartiers champignons ».

Ce n’est pas sa modernité qui nous a poussés à nous rapprocher mais une cloche devant l’entrée, a droite, plus exactement. Curieux, nous nous sommes approchés. Et voilà ce que nous avons vu!!!

(Archive du site de l’amicale du Rio Salado)

Nous n’avons pas suivi l’ « actualité » de cette cloche et sa bien curieuse vie. A en croire l’inscription sur la photo ci-dessus, elle a été transportée, transférée, reléguée (*) au cimetière de cette ville. On peut être sûr qu’elle n’a plus jamais été autant visitée par nos compatriotes depuis lors.

En échange, on peut suivre l’actualité bien perturbée de cette église.

https://www.leprogres.fr/faits-divers-justice/2020/10/03/voitures-brulees-et-pompiers-caillassees-a-rillieux-la-pape

Autre temps autres mœurs, dirons-nous.

(*) garder le verbe précis.

Souvenirs… souvenirs: Pâques 1983.

Chaque année les retrouvailles entre amis de nos trois villages se déroulaient à PENTECÔTE.

Cette année 1983, elles eurent lieu le lundi 3 Avril 1983, un lundi de Pâques.

Je laisse notre Président ,Ernest REYNE, vous en parler: (tiré de « Amicale du Rio Salado: 40 ans d’histoire »).

« Pour 1983 toutefois, nous décidons de faire une pause. Aucun rassemblement cette année, mais, sur proposition de Jacques SALVA, une « journée capacete » au domaine KELLER, à POMEROLS, près de MEZE est programmée. M KELLER met à notre disposition un grand hangar et quelques commodités pour réunir le conseil élargi à nos parents, enfants et amis (nous étions tout de même plus de 150). L’Amicale prend en charge l’apéritif et le disc-jockey. Les participants arrivant avec le repas dans le « capacete ». Cette journée du 3 avril 1983 fut largement animée par Yvon SEGURA arrivé en grande star (Roland Magdane) et accompagné, en voiture de police, jusqu’à la porte du hangar par des agents bienveillants. »

Chacun mit du sien pour que cette journée soit mémorable. Les coutumes de nos lundi de Pâques resurgirent. On vit apparaître des visages enfarinés, au grand étonnement et à la grande joie de nos jeunes venus accompagner leurs aînés à cette fête de Pâques 1983.

Joyeuses Pâques chez nous.

Jeudi Saint: semaine sainte pour certains Turgotiens et d’autres. Des femmes et des enfants vont se recueillir en l’église Saint Léon.

Cependant ce qui était attendu, c’était le Lundi de Pâques. Bien sûr, le traditionnel retour des cloches de Rome, nous, enfants nous y croyions profondément. Le samedi, vers 10 heures, l’envolée de la cloche de notre paroisse retentissait joyeusement. Et là, les coutumes des familles surgissaient: – Va te laver les yeux à l’eau claire de la fontaine, disait ma mère. – Jette des petits cailloux (ramassés dans la cour)… – Fais des petits tas… Nous attendions le dimanche de Pâques pour remettre nos vêtements neufs étrennés le dimanche des Rameaux : robes, chaussures, sandales sans oublier les foulards portés sur la tête lors de la cérémonie pascale. Enfin le lundi matin, c’était la fête pour tous. On déposait la cocotte de frita et le poulet rôti dans un grand panier en osier accompagnés de tomates, de tartes à la confiture,de monas. Sans oublier l’eau et le vin. En carriole ou dans le camion du voisin, nous partions passer la journée à la plage. Quelle joie! Marcher sur le sable chaud! Tremper ses pieds dans l’eau de mer un peu fraîche! Ramasser les coquillages. Grâce à nos casques et nos casquettes enfoncés sur nos têtes, nous étions protégés du soleil. Ne pas oublier nos descentes, nos montées, et nos glissades sur les pentes des dunes de la SOCOMAN. Le soir, las et tellement heureux, il fallait cependant enlever avec du beurre les plaques de goudron collées aux pieds et parfois aux vêtements. Après la toilette, nous pouvions aller nous coucher, la tête pleine de souvenirs et les yeux pleins d’étoiles.

Dans nos mémoires ainsi que dans nos cœurs, tous ces lieux tant aimés sont ancrés à jamais.

Tout cela pour vous souhaiter de BONNES FETES de PAQUES, chers amis Saladéens, Er Rahéliens. Avec une pensée toute particulière pour mes chers Turgotiens.

Ceci n’est pas un poisson d’ Avril!!!!

L’été 1950 finissait en douceur. Quelques irréductibles vivaient encore à la plage, savourant ces derniers jours du mois d’ août, bien décidés à profiter de ce beau temps.

Vers deux heures de l’après midi, ou peut-être trois, alors que nous nous laissions aller à une douce torpeur, un tapage pas possible nous tira de notre engourdissement, suivi de clameurs et d’appels lancés par BOUMÉDIENE et MIGUEL, les pêcheurs à l’ année de TURGOT-PLAGE. En un rien de temps, toute la communauté se retrouva, qui aux panneaux des cabanons, qui aux terrasses ou au balcons. Les plus curieux au bord de l’eau. Nos deux agitateurs montraient la mer en vociférant de plus belle. Soudain, à hauteur du QUAI JACOBIN, dans la baie même, une grande queue s’éleva dans les airs, retombant avec fracas dans une grande gerbe d’eau. Et, tout de suite, deux énormes « monstres  » marins apparurent. Gênés par le manque d’eau où ils étaient venus s’échouer, deux CACHALOTS, de 6 ou 7m environ, s’agitaient, se démenaient dans l’eau peu profonde.

S’étaient-ils égarés? Pourquoi venir s’ échouer si près de la côte? Étaient-ils à la recherche de nourriture? Étaient-ils tout simplement malades? Jamais de mémoire de pêcheurs, nous avions eu une telle prise à portée de main. Boumédiene et Miguel réussirent à en ligoter un, qui fut tracté par toute la gente masculine sur le sable.

Ne me demandez pas pourquoi nous l’avions capturé. Pour le plaisir d’ une prise phénoménale? Pour la photo qui fut prise et envoyée au journal? Je ne peux vous répondre. L’un des cachalots réussit à prendre la fuite, l’autre finit tristement en …trophée…..

Dans la conjecture actuelle, j ‘aurai préféré vous dire que ceci est un poisson d’avril. Mais voilà nous étions dans les années 50…….

Autour de Pâques

Les cigognes.
Elles font toujours leur nid sur la haute cheminée de la cave coopérative à Er-Rahel. On le voit bien depuis la maison. Et c’est souvent un jour autour du dimanche de Pâques que les petites cigognes prennent leur envol. Un vrai spectacle!

Photo Colette INFANTES.



Le jour de Pâques chez ma tante Marie-Jeanne.
Je suis devant le magasin de Pépé Thomas, juste sur le bord du trottoir, comme pour regarder les voitures passer. Et je mange de la mona accompagnée d’une mandarine.
La mouna (on a toujours dit « mona ») est hors de portée des enfants, sur une haute étagère dans la cuisine. Mais papa en coupe deux tranches chaque fois que la première est mangée.  » Pour égaliser, dit-il, une pour moi , l’autre pour lui, en cachette ! »
Une autre fois, encore un jour de Pâques, je me suis étalée dans les orties en cherchant les œufs en chocolat. J’étais en short, et il en a fallu du vinaigre pour tamponner mes cuisses!

Mona 2015 (archive Colette INFANTES)




Les rameaux à Er Rahel.

La fête des Rameaux était un jour important surtout pour les enfants que nous étions.

En généra, il pleuvait ce jour là! Cela posait un problème pour les branches de rameaux. Je pense que ce n’était une simple branche d’olivier mais des lentisques,  de la famille du buis. D’abord, nous mettions nos plus belles robes pour aller à la messe qui était plus longue que de coutume. Nous étions fières de nous balader avec notre rameau auquel nous accrochions des œufs de Pâques en sucre filé. Il y en avait de toutes les couleurs. Nous pendions des œufs en chocolat, des  poissons. Nous attachions également des rubans. Nous attendions la fin de la messe avec impatience pour manger toutes les sucreries.

Pour la messe de Pâques, nous jeûnions pour pouvoir communier et ensuite quelques âmes bien pensantes offraient des parts de gâteaux aux  fidèles. Les dames qui ne venaient qu’une fois par an à l’église mettaient les plus beaux  vêtements. Un vrai défilé de mode! J’affabule peut-être  mais c’est le souvenir que j’en garde.

Joyeuses Pâques à tous.

Prenez soin de vous.

Marie-Paule Baccaro-Cid