Mise en avant

EN DESCENDANT le BOULEVARD : 2ème balade.

Si nous reprenions notre promenade! Tiens? Des nouveaux venus dans notre groupe? Soyez les bienvenus parmi nous! Suivez-nous! Nous allons déambuler d’une maison à une autre, au gré de mes souvenirs. Nous sommes maintenant, en continuant notre parcours initial, devant la maison de M. GRAS.

Devant la porte, sa fille Paulette accompagnée de ses amies Joujou SEMPÉRÉ, Olympe CALLAMAND, Paulette et Lucienne LAMBERT, Gisèle MACIA, paraissent bien animées. Elles projettent sûrement une sortie. Laissons-les à leurs papotages. Savez-vous que cette maison fut, dans les années 57-58, une crèche? C’est l’action Catholique, dirigée par madame BOUR et une trentaine de bénévoles, qui l’a créée et mise sur pied. En avançant un peu plus, nous voici devant la vieille maison de Joseph POVEDA, mon oncle. Nous l’avons habitée quelques temps. Elle est restée fermée jusqu’à …. ce 31 décembre 1959. Vous souvenez-vous du couvre-feu qui paralysait le village? Nous les jeunes, avions décidé avec l’aide de Sylviane et René mes cousins, de célébrer, malgré tout, la nouvelle année dans la salle à manger de la vieille maison. Il y a avait là : Eugénie, Norbert, Armande, Louis, Nadia, Blondine, Jocelyne, Michel, Josette, René, Sylviane, Jacques, Jadette, Odile, René, Chantal, Jean-Louis, Titou, Marie-Jo, Paul et d’autres dont les noms m’échappent. Que de souvenirs!!! Dès 8h du soir, jusque vers 6h du matin, plus personne dans les rues. Nous étions une vingtaine de copains enfermés, à enterrer l’année 59. C’était l’année du BIG BISOU, des PLATTERS, de GLORIA LASSO, de DALIDA, de Paul ANKA, de Harry BELAFONTE, de BILL HALEY…..et les cha-cha-cha, les mambos, les calypsos, les slows, les rock se succédaient. Les jupes, en tissus d’ameublement et fort juponnées, tournoyaient de plus belles! OUF!! Ça « crépite » dans ma tête! Un vrai feu d’artifice!!!!,!!! !!! Allez! Pas d’émotion! Coupons court! Refermons doucement la porte de notre « Nigth Club » d’un soir et passons à côté. Toujours la maison du Tonton Pépico. Le portail de la cour est entrouvert. Entrons! La curiosité est permise. Il y a bien du remue-ménage! Hum! l’agréable fumet! Voyez-vous ça ! Toute la famille semble être réunie. Je vois: on prépare des gaspachos! Chacun s’affaire. La poêle est sur le feu de bois. Le bouillon mijote. La table n’est pas encore dressée. Les plus jeunes, eux-aussi, donnent un coup de main. Ils débitent avec application des petits morceaux de galettes encore tièdes qu’ils amassent sur un torchon blanc, mangeant en cachette, de temps en temps, un petit carré de pâte. Le Gaspacho est en bonne voie et en bonne main. Nous reviendrons un peu plus tard prendre l’apéro avec eux. Sortons admirer la villa de l’autre côté de la rue : La villa ROSELLO. Que de fois je l’ai admirée! Les volets étaient toujours fermés! Cette famille, je l’appris plus tard, résidait à ALGER et venait à RIO quelques jours, puis repartait. Je n’ai jamais vu les enfants. Seulement madame LAGET, une respectable dame à cheveux blancs. Qui était-elle? Je ne l’ai jamais su. Continuons notre balade! Avançons jusqu’à l’angle de la maison et tournons à droite. Direction…. le cinéma d’ Alfred SALA et de Méméto VIRUEGA : « Le TRIUMPH »!! Quel beau cinéma ce TRIUMPH! Moderne! Rien à voir avec le VOX et le CASINO que nous visiterons plus tard. Le TRIUMPH est tout récent, grand écran fermé par des tentures de velours rouge, murs tapissés de toile de jute, fauteuils confortables en velours rouge aussi. Vous voyez l’ambiance!! Hé!… vous entendez cette musique? « La Danse du Feu « de Manuel de FALLA qui nous appelait l’entracte fini : « Mesdames et Messieurs veuillez regagner vos places, la séance va commencer». Oh! La! La! les souvenirs se bousculent! Et les soupirs aussi..!Arrêtons là! Regagnons le boulevard. Pas de mélancolie s’il vous plaît! En face la maison de la grand-mère ARACIL, grand-mère de Marie-Jeanne et de Marie-Paule. Mais où vécut aussi notre ami « Petit René » comme l’appelait sa mère, Fifine CARDONA. Tiens! Rose-Marie est assise sur les marches à l’entrée. Elle attend sûrement son frère Paul. Plus loin, sur ce trottoir, l’atelier de monsieur SEMPÉRÉ, bourrelier de son état, le père de Paule. Devant la porte, les colliers des mules attendent qu’on vienne les récupérer. Dans les années 30, monsieur NAVARRO, le grand-père d’ Eva, Gaby, Francine et Henri, cardait le crin, pendant que son épouse et ses ouvrières habillaient les belles saladéennes. Mais regardez donc qui s’avance vers nous? NINITCHE!!! Comment ? Vous ne vous souvenez pas de Ninitche! Le chien de monsieur et madame JEAN! Un caniche tout frisotté, comme moi, lorsque je sortais du salon de coiffure de monsieur JEAN! Le chien s’installait à l’entrée, sous le rideau de perles et il fallait lui demander pardon pour passer. Avec la mode de l’indéfrisable, monsieur JEAN eut besoin de renfort, Jeanine COLLMAN, Annette MILLAN et je pense Hermine JAÏME, vinrent coiffer la plupart des têtes saladéennes. Puis Claudine CHORRO prit la suite. C’est elle qui me fit un superbe chignon, pour mon mariage, à grand renfort de laque. Et oui! Vous m’entendez soupirer? Désolée! C’est que je n’ai plus jamais eu de chignon! Allez! Je galège comme disent les Sétois. Je plaisante quoi! Mes soupirs vont vers ce temps écoulé, bien sûr!!!Pas de regret! Laissons ces dames travailler et allons dire bonjour à madame MACIA, qui est au balcon juste au dessus de nos têtes. Elle attend François et Arlette. Gisèle a déjà convolé en justes noces avec Camille POVEDA. Et d’année en année, ma mémoire et mes souvenirs nous emmènent sur le trottoir en face où réside le docteur GUTIERREZ, son cabinet médical attenant à son logis. Savez-vous qu’en juillet 1953, le docteur Marcel RUIZ le remplaça le temps d’un été? Vous pouvez me croire : je vous l’assure. Je peux vous le confirmer. J’ai mes informateurs! C’est Michelle CHORRO qui, encore une fois, m’a rapporté l’info, et un gentil message du Docteur RUIZ lui même, qui garde un très bon souvenir de Rio et de la plage où il allait se baigner entre midi et deux heures. Après le départ du docteur GUTTIERREZ, c’est Maryse et ALFRED SALA qui s’y installèrent. Et…tout près de leur maison, enfin! Le premier d’une longue liste de cafés, le café de madame GATTI. Je dois vous dire ,vous les jeunes recrues de notre groupe, que chez nous il n’y avait pas de bars mais des cafés. Ça y est! René est content! Il ne les voyait pas arrivés ces cafés! «N’oublie pas de parler des cafés Jadette!». Comme si nous pouvions les oublier! Arrêtons un instant, le temps de déguster une boisson: «Nous prendrons bien un petit café, madame GATTI, nous avons encore une longue promenade à faire», Savez-vous qu’il y avait 13 débits de boisson dans le village. Nous irons les voir de plus près au cours de notre balade.! Allons! Continuons! Passons en face voir Madame Callamand. Elle nous donnera des nouvelles de Claude bientôt médecin. A côté, l’atelier de monsieur PEREZ le vulcanisateur, « ROJO« , comme l’appelle ses copains. Des colonnes de pneus s’entassent devant la porte. Une grande enseigne DUNLOP orne sa devanture. J’oublie sûrement quelque chose, mais je n’allais jamais voir monsieur PEREZ. Nous avions BOUDISSA pour nos vélos. Antoine et Christine, ses enfants, sont sûrement à la maison. Et nous voilà devant la banque C.F.A,T (Crédit Foncier d’ALGERIE et De TUNISIE). Belle bâtisse, n’est-ce pas! Monsieur ROSAS Marcelin assura la direction en 1928. Dans les années 45, monsieur DELPORTE prit la relève. Madame DELPORTE Madé et Hélène devinrent des saladéennes. Après leur départ, ce fut M. BONIOL qui prit les commandes. Il avait une fille dont j’ai oublié le nom qui fréquentait l’école primaire. Le dernier directeur fut monsieur Lucien GARAIT, le père de René, d’Yvette et de notre ami Christian. Bien sûr, vous n’avez pas oublié les employés Jean ESTÈVE,notre supporter sportif, Jeannot YVARS, et Lucien DION. Que tout cela est loin! Et cependant si présent dans ma mémoire!!!! Nous n’irons pas plus loin: la promenade a été longue et nos jeunes recrues s’y perdraient.

Mise en avant

EN DESCENDANT le BOULEVARD à RIO

Je voulais vous parler d’écoles. Des nôtres bien sûr. Mais la nostalgie et les souvenirs aidant, je vous emmène faire l’école buissonnière. Suivez-moi! Je vais vous balader le long du boulevard en faisant de temps en temps quelques incursions dans les rues toutes proches puisque aujourd’hui c’est :

                            ATELIERS PORTES-OUVERTES à RIO

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AMICALE DU RIO SALADO : JOURNEE DU 9 JUIN 2019 à POUSSAN (34560).


Chers amis amicalistes,
Votre amicale du Rio Salado poursuit son bonhomme de chemin entrepris il y a une quarantaine d’années.
Tous ceux qui ont accès à notre site internet peuvent le constater.
En, cette année 2019, après deux années de tâtonnements, elle vous propose de nous réunir à nouveau le dimanche de la Pentecôte. L’organisation de la journée sera similaire à celle de nos anciens
rassemblements, mais respectueuse toutefois du vieillissement de nos administrateurs.
Ainsi, le 9 juin 2019, nous vous attendrons en fin de matinée à POUSSAN (34560) dans la très belle et très accueillante salle « ODEON » qui pourra nous recevoir nombreux. Après un apéritif préparé et servi par l’amicale, vous pourrez y déguster un excellent repas (qui remplacera notre traditionnel GASPACHO) préparé par le traiteur des ESPALIERES (Loupian) et arrosé d’un vin de pays (cave de Beauvignac).
Nous espérons de tout coeur que vous serez nombreux à nous rejoindre démontrant ainsi que notre pays d’origine, nos villages et nos amis seront toujours dans nos coeurs.
Ernest REYNE.
Président.
Pour la bonne organisation de ce rassemblement, pensez à remplir sans tarder le bon d’inscription cidessous et à le retourner à l’adresse indiquée, accompagné de votre règlement, au plus tard

le 27 mai2019 (date impérative pour le traiteur),

sans oublier de préciser votre adresse électronique (e.mail)


BULLETIN DE RESERVATION
à compléter et à retourner, avec le règlement, au plus tard le 27 mai 2019, à l’adresse suivante:
Mme J. SALVA N2 Impasse l’Orée du Bois 34200 SETE
M………………………………………………………………………………………………………….
Adresse :………………………………………………………………………………………………..
Tél :……………………. Mail :……………………………
Désire réserver pour :……………………..personnes adultes x 30 € =………….
et pour :……….Enfants de moins de 16 ans (gratuit)
A table, je souhaite être avec (entourer): Er Rahel- Rio Salado – Turgot –

ITINERAIRE vers SALLE ODEON
Tel : 06 72 71 38 77
Arrivée par autoroute :

sortie 33 SETE,

– après péage, prendre à droite D613 MEZE BEZIERS,

– roulez 2 Km,

-au panneau « ESPACE VIALA, Z.A. Du Clach », prendre la contre allée
parallèle à la D613.

– vous passez devant BOX AIR,

– continuez ( malgré le sens interdit )

– au bout de 500m, la salle ODEON à droite.

Arrivée par D613 de Montpellier.

A la hauteur de POUSSAN, restez sur la D613 et reportez-vous aux explications ci-dessus.

Arrivée de Béziers par D613 .,

après MEZE, BOUZIGUES, à la hauteur de POUSSAN,  (vous verrez à gauche, la salle), sortez à droite pour passer sur le pont pour reprendre l’autre sens vers MEZE BEZIERS. Puis, reportez vous aux explications ci dessus.

HOTELS :
Campanile – Brit Hotel – Hotel 1er Classe, proches du

Centre Commercial Carrefour du de Balaruc Les bains.



EN DESCENDANT le BOULEVARD : 5ème balade.

La pause a été plus longue que prévue. Ne nous attardons pas davantage. Passons à côté, au salon de coiffure pour hommes d’ Antonio PEREZ. Antonio PEREZ est arrivé d’ ALMERIA, hidalgo « célibataire », qui trouva une place d’ouvrier-coiffeur chez M. FAUR. Quelques années plus tard , notre hidalgo-célibataire venu en « éclaireur », alla chercher son épouse et ses quatre enfants laissés en ESPAGNE: Antonio, Lola, Luis et Manuel. Il ouvrit son propre salon de coiffure. On pouvait lire, écrit en blanc sur la devanture:

SALON de COIFFURE PARISIEN

d’Antonio PEREZ

Oui! M’sieurs-dames! SALON PARISIEN! Date cuenta!!!!Salon de coiffure parisien!!!! Bref!passons! Plus tard un cinquième enfant vint au monde : Anita. C’est elle qui me le racontait avec une pointe d’ironie et beaucoup d’émotion. M. PEREZ n’est plus là, c’est son fils Antonio qui coupe les cheveux des Saladéens. Mme PEREZ et Anita ne sont pas loin, peut-être dans la cour commune en conversation avec les voisines. Qu’est-ce qu’il était beau ce salon!!!Avec ses glaces murales, reposant sur des coiffeuses-étagères en marbre blanc veiné de gris! Et tous ces ustensiles et récipients en métal argenté! Les tondeuses, une grande et une plus petite, le rasoir replié dans son manche, ce rasoir qui s’aiguisait sur une bande de cuir fixée à un cadre en bois! Et le bol à savon avec son blaireau! Le flacon d’eau de Cologne avec la poire que l’on pressait pour parfumer le client! Et j’oubliais! La brosse à poils longs et souples pour épousseter les derniers cheveux restés sur le col de la chemise!!! Ce que j’aimais ce salon! Et surtout, m’asseoir sur un des fauteuils que l’on faisait monter ou descendre en actionnant la pédale située à son pied. Je me suis souvent baladée dans ce salon tout simplement pour le plaisir! Laissons là, le salon de coiffure parisien d’ Antonio. Quelques pas et nous voilà devant la librairie-bureau de tabac de Mme Irène SANCHEZ, où nous allions nous procurer à la dernière minute, la gomme, le crayon qui nous manquaient. Juliette, Pierrette et Petit Pierre rôdent au milieu des magazines et des journaux de toutes sortes. J’allais acheter  » BONNES SOIRÉES » pour ma mère, mais je m’attardais devant « CONFIDENCES » et « NOUS DEUX » pas pour lire, détrompez-vous, simplement pour regarder les photos. Vous souvenez-vous de « L’ESPIÉGLE LILI »? « du journal de MICKEY? de TARZAN? De BIBI FRICOTIN? Les PIEDS NIKELÉS?….et autres bandes dessinées , qui, je dois vous l’avouer ne m’inspiraient pas du tout, mais alors pas du tout! La lecture à l’école me suffisait amplement! Si j’avais le privilège de rôder en toute impunité, chez ces commerçants-voisins, c’est qu’une franche camaraderie liait la plupart d’entre eux, et de plus lorsque je vins au monde, mon père étant mobilisé, ce fut mesdames PEREZ et SANCHEZ qui m’accueillirent: elles furent mes premières marraines. Dans les années 54 ou 55, la librairie devint librairie KSAS. Je l’ai peu connue, étant au collège.

Continuons notre promenade Boulevard National. La porte d’ entrée devant laquelle nous passons est celle des grands-parents BOUR , je crois, mais pas certaine du tout. J’espère que l’un des « promeneurs » qui nous suit dans notre balade pourra nous le confirmer. Avançons jusqu’au bout du trottoir, la rue perpendiculaire au boulevard est la rue Maréchal JOFFRE. A l’angle de ces deux rues, voici la QUINCAILLERIE-FERRONNERIE de Guy TISSINIÉ père et fils. Vous pouviez trouver de tout: depuis le ciment, le plâtre, les briques et les tuiles en passant par les ustensiles de cuisine. Vous aviez besoin de clous? d’une serrure? d’ un pot de peinture ASTRAL ou même d’un article de pêche? Vous alliez chez « TISSINIÉ ». Yves ANDRÉO, Jeannot PARADO et LOURMIL étaient à votre disposition.

Dédé TISSINIÉ établissait les commandes prises par son père, et Serge allait à ORAN approvisionner le magasin. Yves se chargeait des livraisons à domicile. Un chouette magasin! Yves avait raison: « Une vraie caverne d’ Ali Baba que cette quincaillerie!!! »

Au fait, vous ai-je dit que cette quincaillerie appartenait autrefois à la famille BOUR ?

Ne nous attardons pas, traversons le boulevard et allons en face, rendre visite à Gislène PARRES, dans le bar de son père: ‘Le BAR de l’ UNION ». M. PARRES!!! Qui peut avoir oublié le rire homérique de ce monsieur pendant les séances de cinéma au VOX? Impossible! Bon! ce n’est pas tout! continuons!

La famille PARRES est arrivée à RIO en 1945. Euh!!!Dois-je rappeler à René CARDONA que nous sommes au quatrième bar du village et que nous tenons encore le coup! Mais, je ne sais pas dans quel état nous serons lorsqu’on abordera le 13ème bar! Allons! soyons sérieux, madame PARRES nous a préparé des sardines en « escavetche » et une poignée de fèves tendres. Les escargots en sauce seront pour l’apéro de ce soir. Mais nous pouvons commander à SULTANA, installée sur le trottoir, à l’entrée du bar, un morceau de melsa grillée ou des brochettes de viande. Hum! Cette odeur! Joseph CUENCA l’époux de Gislène, me disait avoir l’eau à la bouche rien qu’en y pensant! Voyez où se cache le souvenir! MINGO puis KHADA ont succédé à SULTANA, régalant les clients du BAR de L’UNION. Madame PARRES est au comptoir, Paul, le petit frère de Gislène, est assis dans un coin. Il regarde les joueurs de BRISCA. Cela ne vous dit rien! attendez je vous explique brièvement: la brisca est un jeu de cartes rapportées d’ ESPAGNE par nos grands pères, ils se compose de quatre « couleurs » COPAS (coupes), ESPADAS (épées), BASTOS (bâtons), OROS (l’or). Le but du jeu est d’ atteindre un maximum de points en faisant des plis. Laissons tomber les explications. Je n’en sais pas plus d’ ailleurs. Voyez vos pères et grands pères pour un supplément d’ informations, et concentrez-vous sur les joueurs. Il y a, à la table de jeu, 4 personnes, deux personnes dont je ne connais pas le nom, puis le grand-père PALOMO et M. PARRES qui est occasionnellement le quatrième. Il devra abandonner la partie à l’heure de l’apéritif. Voyez le manège du grand-père PALOMO, je peux vous en parler : il y a prescription. On ne risque plus de s’ attirer des ennuis. Ce monsieur futé a un code spécial pour communiquer avec son équipier: sa casquette!.Une casquette comme en portent tous nos vieux de RIO. Rappelez-vous, César, le marseillais de M.PAGNOL avait sa réplique:« Tu me fends le cœur!» Grand père PALOMO a sa casquette. Je n’invente rien :c’est André, son petit fils qui, dans un éclat de rire, a vendu la mèche. Dès le début de la partie, l’aïeul tripote la visière de la fameuse casquette. Une mauvaise habitude? Non! Il passe un message! D’un geste machinal, il la tourne vers la droite: il a du jeu, à gauche: pas de jeu, la visière sur les yeux: le »coup » est bon! Un futé ce monsieur, je vous l’avais dit! Mais la partie n’est pas près de finir. Laissons-les se débrouiller avec les épées et les bâtons. Écoutons plutôt ce que Gislène nous raconte:

«Le bar était le rendez-vous des aficionados du football. Mon père affichait les résultats du dernier match sur un tableau noir ce qui entraînait des discussions sans fin et très animées qui finissaient toujours devant un verre d’ anisette.»

M. PARRES ouvrait les portes du bar à 4h du matin, les camions en partance pour le MAROC, avaient pris l’ habitude de faire une halte au BAR de L’UNION. Et Le lundi matin à 6h tapantes, mon père arrivait dans sa 203 Peugeot. Titou, Blondine et moi a moitié endormis étions déjà installés. Gislène venait nous rejoindre et nous allions chercher Nadia pour nous rendre au lycée et collège respectifs. Nous faisions du covoiturage en somme!

Retournons sur le trottoir devant le bar. Aujourd’hui c’est MINGO qui s’ installe. Quoi? Vous ne vous souvenez pas de MINGO? De ses beignets? De ses piroulis? Des tramoussos? Des toraïcos dans le cornet de papier? Ça ne vous dit rien? Ah! Vous m’avez fait peur! La mémoire vous revient! OUF! Donc aujourd’hui c’est MINGO qui installe sa table et son feu pour les brochettes du soir. Déjà la fumée envahit le trottoir.

La journée est bien avancée, nous devons nous dépêcher. Essayons de nous frayer un chemin au milieu de tous ces viticulteurs venus discuter le cours du vin devant le laboratoire d’œnologie de Gaston GARAIT. C’est Néné ( Thomas) RODRIGUEZ , le père de Renée et Danielle, qui s’occupe du laboratoire. Sa femme Yvonne est avec ses belles sœurs Cécile et Fifine. Justement, voilà Cécile. Elle donne un coup de main à Néné, quand celui-ci fait des analyses. Elle s’occupe du LAMPO d’ ESSENCE qui dépend du laboratoire. Pourquoi ces sourcils froncés? Qu’ai-je dit? Ah! Où se trouve le LAMPO d’essence? Mais là, devant vous,! Je vous parle de la pompe à essence ! Je vous avez dit que nous avions l’art de déformer les mots!  » LAMPO » est la marque « d’essence supérieure délivrée par la Société(Italo-Américaine (-pour le -Pétrole » voilà vous savez tout. Laissons Cécile remplir le réservoir de la « TRACTION-AVANT »de France ROSELLO, et allons feuilleter l’album photos. Nous reprendrons notre visite tout à l’heure.

Pendant que vous regardiez les photos, je faisais un brin de causette avec la boulangère. Venez nous rejoindre! Je lui disais que dans les années 35 et 36, cette boulangerie était celle de mes parents puis , M. et Mme ARACIL et leur fille Marie-Paule, ont pris la relève. Quand ils ont déménagé à ORAN, c’est Juanico et Lili SANCHEZ qui ont vendu pains et croissants. Dans les années 59-60, M. et Mme MEGRET, Henri, Marcelle et Christiane furent les derniers occupants de la boulangerie.

Mitoyen à la boulangerie, voici le « CAFÉ RALENTI » : le 5ème bar de Rio. »CAFÉ RALENTI! « . Encore une plaisanterie amicale mais que l’on doit au grand-père SERANO, patron du bar. Il avait écrit sur un grand panneau qui trônait bien en évidence au dessus de la porte d’entrée:

« Ici on boit au ralenti, mais on paie en vitesse!»

Joli! N’est-ce pas? Ce débit de boisson me faisait un peu peur. Il était tout en longueur, et n’avait pour tout éclairage, que la porte d’ entrée et celle très étroite donnant sur la cour où se trouvaient les toilettes communes. WC turcs bien entendu! Le comptoir s’étalait tout au fond de la salle. Cécile SERANO, la benjamine de la famille, arborait une magnifique chevelure blonde qui faisait tourner, sur son passage, plus d’ une tête dans Rio. Elle avait quelques années de plus que moi, c’était une grande! En haut du café, à l’étage, habitait la famille JOURDAN, cousins de René, Yvette et Christian GARAIT.Quand les JOURDAN quittèrent le village, ce fut M. BORDAS employé chez Camille RICO, et sa femme qui occupèrent l’appartement. Jeanine CORTES, sa belle-sœur, venait souvent les voir.

Sur le boulevard, les commerces se côtoyaient allègrement. Vous vous en rendez compte. Après le grand portail en bois, une épicerie, celle de Mme ESCUDERO. Nos souvenirs, et notre imagination nous permettent, à notre plus grande joie, de ne tenir aucun compte de la chronologie du temps passé. Nous sautons d’une année à une autre sans le moindre scrupule. Nos souvenirs se bousculent sans en tenir compte. C’est ainsi que nous voilà devant l’épicerie de M. ESCUDERO. Quelques années plus tôt, ce commerce se situait rue Agnel BERNARD puis, à cause de quelques tracas, et pour plus de possibilités, il fut transféré boulevard national.

C’est Mme ESCUDERO qui est au comptoir, M. ESCUDERO est maréchal-ferrant dans la cour de Pépé le « légumier ». Les enfants Annie, Claude et Marie-Claire sont à l’école communale. Un triste événement a endeuillé la famille. C’est Annie qui me l’a raconté: le 5 juillet 62, Emilio ESCUDERO, son père, s’en est allé à ORAN afin de ravitailler l’épicerie. Un voisin-ami, Juanico SOLER, le cordonnier de la rue Manuel ANDREU, l’accompagnait. Annie, Claude et Marie Claire n’ont jamais plus revu leur père ni l’ami SOLER. Une attente désespérée a commencé dans la maison. Emilio et Juanico ne sont jamais revenus, emportés par le « vent de l’ Histoire ».

Triste passage! Alors continuons notre promenade. Passons rapidement devant la porte d’ entrée de l’appartement du premier étage de M. et Madame ARACIL, et nous voici chez Cécile. Suivez-moi! Entrons! Cécile nous rendra notre bonne humeur en nous racontant une histoire un tantinet grivoise qui nous mettra en joie. Cécile est la première fille de Cécilio RODRIGUEZ après Néné, Fifine la plus jeune, épousa Pépico LOPEZ, Marie-Magdeleine et Josette complètent la famille. Je ne saurais vous parler de la famille RODRIGUEZ, Cécile me parlait peu de Cécilio son père. Je me souviens, cependant d’ une anecdote qu’elle me conta :

Cécilio était le coiffeur attitré des enfants du CENTRE GUYNEMER de RIO dont M. DUCHEMIN était le directeur. Je vous parlerai de ces enfants lorsque nous rendrons visite à M. et Mme DUCHEMIN. Aujourd’hui, je vous rappellerai que dans le but de mettre les enfants de la FRANCE occupée, à l’abri des tourments de la guerre, les responsables du Centre GUYNEMER les envoyèrent en 1941 en ALGERIE. Les enfants de la ville de NANTES furent dirigés vers RIO chez M. et Mme DUCHEMIN. Revenons à Cécilio RODRIGUEZ: sur ordre de M. DUCHEMIN, il dut, pour punir quelques « fortes têtes », leur raser le crâne. Pauvre Cécilio! Quel cauchemar! La situation de ces garçons était suffisamment pénible, pourquoi leur infliger un crâne rasé? Quelle misère ! Madre des DIOS! Il trouva une astuce: il leur fit une superbe coupe en brosse! Cécilio avait adoucie la punition. A la mort de Cécilio, Cécile transforma le salon de coiffure en un magasin où l’on trouvait des cigarettes, du fil des aiguilles, des cadeaux qui faisaient notre joie lors des fêtes des mères. Fifine et Yvonne venaient lui tenir compagnie. Lorsque les jours s’allongeaient, les commerces restaient plus longtemps ouverts alors nous nous retrouvions, nous les gosses: Renée, Marie-Madeleine, Josette, Danielle Blondine et moi assises sur la marche devant l’épicerie « à prendre le frais » avec les adultes.

Cette année là, une épidémie de rage sévit dans le village et les environs. Charlot DAVOS, notre garde champêtre, vint nous lire l’arrêté du maire, à grand renfort de roulements de tambour et de «Avis à la population». Charlot nous apprenait que les propriétaires de chiens devaient les faire vacciner et les tenir enfermer. Notre chien, de pure race bâtarde, mais fin limier, ne put résister à l’ appel de la nature. Mon père ne voulant pas l’attacher, il se sauva. La rage ne l’atteint pas. Une boulette de viande empoisonnée lui joua un mauvais tour. Il réussit à revenir à la maison, la gueule frangée de bave blanchâtre. Son chien avait été empoisonné! IMon père alla voir Joaquin POVEDA, maréchal-ferrant de son état, qui lui donna une potion à faire avaler à l’animal. Pendant deux jours, toutes les deux heures, mon père écartait les mâchoires à demi-raidies de Kiki et je lui versais la potion suivie d’un verre de lait. Quelle patience! Quelle acharnement! Kiki fut sauvé! Ils pourraient retourner ensemble, à la chasse. Plus un chien ne roda dans le village. Dans les années 54-55 mes parents vendirent leur fond de commerce à David et Salomon COHEN, et je quittais mon terrain de jeu.

Mais notre promenade n’est pas finie. Avançons vers la rue Manuel ANDREU. Vous avez là, la porte d’entrée de notre maison, la porte-fenêtre de la salle à manger et nous voici maintenant devant le café de M. et Mme REYNE. Mme REYNE est arrivée aux environs de l’année 1940 accompagnée de ses parents et de ses deux enfants Huguette et Titou. M. REYNE est encore mobilisé. Nous terminerons donc notre balade, au BAR des SPORTS. Hâtez-vous, il nous faut y être avant l’arrivée du car T.R.C.F.A, venant d’ ORAN. M. REYNE est le représentant dans le village. « L’homme à tout faire », JACKY, MILOUD de son vrai nom, va décharger « L’ECHO du SOIR » qu’il déposera dans le bar. Tous les autres colis, encombreront le trottoir. Il y aura une belle cohue! Entrons nous installer à l’intérieur. Les joueurs de belote ne sont pas encore arrivés. La table, devant l’ unique fenêtre, nous conviendra. Devant nous, deux grandes portes donnent sur le trottoir. Une seule est ouverte, l’autre est cachée par un grand rideau en bâche de chez VIDAL et MANEGAT. En face, le comptoir. De la sciure de bois recouvre le carrelage. A la base du comptoir un « repose-pieds » empêche les clients de piétiner les coques des cacahuètes, les noyaux d’ olives, les coquilles d’ escargots qu’ils jettent négligemment à leurs pieds pendant l’apéritif. A hauteur du comptoir, une second barre, permet de s’installer confortablement pour un « remeté » bien mérité. Ah! c’est vrai : qu’est ce que le « remeté »! En fait c’est « remettez » qu’ Etienne a transformé. Le « remeté » est une tournée de plus. Tiens! Voilà Mme REYNE qui revient de la boulangerie PINHIERO, avec un grand plat rempli de cacahuètes grillées toutes chaudes encore. Elle en met une poignée dans des petites assiettes en bakélite de couleur différentes, et nous les présente. Et avec ça? ……..Attention! Nous sommes ici au 6ème bar du village, l’ ami René nous inciterait à la prudence! Alors, grenadine-limonade ou demi-panaché? Réfléchissez!

Ne cherchez pas Huguette, elle est plongée comme d’ habitude dans un de ces livres, quelques part dans la maison. Titou a filé à la gare avec Paulo COVACHO récupérer le journal  » L’Équipe » -la bible des jeunes- qui arrive par le train de 5h. Les deux copains ont disparu, Ils sont allés éplucher tous les articles et les commentaires du journal. Puis, ils iront rejoindre le reste de la bande afin de débattre des résultats.

Terminez les dernières cacahuètes ! Nous devons partie avant l’arrivée des joueurs de belote. Ils ont leurs habitudes. Nous ne devons pas les contrarier: la belote c’est sérieux! La journée est bien avancée, Madame RICO installe déjà la table et le feu : c’est elle qui, aujourd’hui, prépare les brochettes .

je vous propose d’ arrêter là mes rêveries, et de revenir sur terre. Mais je vous attends ,si cela vous tente, pour une prochaine balade: nous irons rendre visite à Alejandro PALOMO, rue Manuel ANDREU.

Conseil d’administration du bureau de notre amicale. (fév.2019)

SÈTE le 24 février 2019

Etaient présents : Danielle et Yves ANDREO – André BLASCO – Dolorès et Antoine CLEMENT – Blondine DESCAT – Suzanne et Raphaël GRAS – Monique et Gérard LAMBERT –– Danielle RODRIGUEZ/LONG – Chantal et Jean-Louis LOZANO – Marie-Paule MIRALLES – René MIRALLES – Joseph PLAZA – Nicole et Ernest REYNE – Carmen RIPOLL – Jadette et Jacques SALVA.

Etaient excusés : Richard ANDREO – Henriette et Daniel ARACI – Simone et Rémi BELTRAN – Rosette et André BERMUDES – Michelle CHORRO – Denise et Hilaire CLEMENT – Denise et René CARDONA – Renée PASTOR/CURTI – Georges DESCAT – Marie-Claire ESCUDERO – Marie-Christine et François ESCUDERO – Josette LOPEZ – Nicole et Albert LOPEZ – Anne-Marie MARTOS – André MARZULLO – Christine PLAZA- Salustiana et Francis QUILES – Françoise et René REQUENA –Armand ROSELLO – Etienne ROSELLO – Jacqueline SEGURA – Annie SEMPERE – Jean-Paul VIDAL – Sabine et Olivier VIDAL – Robert VIDAL.

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Nous étions peu nombreux aujourd’hui, probablement en raison d’une période de vacances scolaires. L’ordre du jour n’était pas très copieux :

– Rassemblement du 9 juin à Poussan

– Compte-rendu de l’AG du CSCO à Aix en Provence

Rassemblement à Poussan le 9 juin 2019

Un document d’information et d’inscription est en préparation, qui sera adressé par courriel aux membres dont nous connaissons l’adresse électronique et par voie postale aux autres. Une copie sera également publiée sur notre site électronique. La date limite d’inscription est fixée impérativement au 27 mai, pour les besoins du restaurateur.

Sur les propositions de celui-ci, un menu unique a été arrêté qui sera servi à table par notre hôte, le prix étant fixé à 30 euros, et nous espérons recevoir plus de 100 personnes.

L’apéritif sera organisé et servi par l’amicale, le prix du ticket boisson étant fixé à 2 euros.

Un DJ animera la journée aux frais de l’amicale.

Un plan d’accès au restaurant sera joint au document d’information ainsi qu’une liste d’hôtels de proximité. Les bulletins d’inscription, accompagnés du règlement. seront centralisés par Jadette SALVA.

Les convives seront attendus en fin de matinée, à l’heure de l’apéritif, et la salle sera libérée avant 21 heures.

AG du CSCO à Aix en Provence le Samedi 9 février 2019

L’amicale était bien représentée lors de cette assemblée. Etaient présents Michelle, Fabrice et François CHORRO, Jeanne ABELA, Jean-Claude et Michel CARREGA, Gérard JOUVE, Jadette et Jacques SALVA, ainsi que Nicole REYNE et moi-même Nous avons été très amicalement reçus par l’assemblée magistralement conduite par son président, Jean-Jacques LION. Après confirmation que les travaux concernant le mur d’enceinte et le premier carré du cimetière de Rio Salado sont achevés, le Dr Lion nous informe des conditions dans lesquelles la réhabilitation du deuxième carré se prépare. Il remet d’abord à Jadette, notre archiviste, les plans du cimetière (qui seront exposés le 9 juin à Poussan), puis expose les moyens de financement des devis qu’il a pu faire sensiblement diminuer. Les subventions attendues du Conseil Régional de PACA et les fonds propres qu’il pourra mobiliser ne seront toutefois pas suffisants et un nouvel appel aux dons sera nécessaire. Pour notre part, désormais rassurés sur l’implication rigoureuse du CSCO dans ce dossier, il ne nous apparaît plus nécessaire de centraliser préalablement les dons des saladéens, mais plutôt de les appeler à les transmettre directement au CSCO. Ils pourront ainsi, s’ils le souhaitent adhérer également à cette association et recevoir ainsi régulièrement toutes les informations concernant le suivi de son action. Une information dans ce sens sera publiée à cet effet sur notre site électronique et transmise à nos primo-donateurs.

La réunion s’est achevée, dans la bonne ambiance habituelle, autour d’un buffet constitué des divers plats apportés par les convives eux-mêmes. Une excellente initiative qui ne coûte rien à l’amicale et préserve la convivialité de nos réunions.

Archive de l’amicale du Rio Salado (fév.2019).
Archive de l’amicale du Rio Salado (fév.2019).
Archive de l’amicale du Rio Salado (fév.2019).

Ernest REYNE, Président

EN DESCENDANT le BOULEVARD : 4ème balade.

1-Balade Boulevard national 4

Et si oubliant tous nos soucis, nous repartions faire l’école buissonnière? Ce serait une bonne idée, n’est-pas? Nous en avons besoin! Allez! Au diable nos ennuis. Retrouvons notre âme d’ enfant! Préparez-vous, je vous emmène vous replonger, pour quelques instants, dans les années insouciantes de notre jeunesse. Suivez-moi, nous allons explorer une autre partie de notre boulevard.

Nous avions laissé Jean-Claude et ses amis en pleine guerre apache. Regroupons-nous sur le trottoir devant les galants de nuit du jardin de la villa CARREGA. Sur votre gauche, vous pouvez voir, à travers les balustres du mur d’ enceinte, la villa de Camille RICO. Étrange architecture que cette villa. Rien de comparable avec les autres résidences. Est-elle de style andalous? Ou arabo-andalous? Je ne sais pas. Mes notions en matière d’ architecture sont très limitées. Il m’est arrivé d’y être aller avec ma sœur. Je me souviens d’une montée d’escaliers carrelée de faïences bleues, et d’un jardin qui m’enchanta. Laissons là Henriette, Annie, Camille, Georges et Sophie Rico et traversons le boulevard, voir ce qui s’y passe. Jouxtant le bar DAVID. Voici le Syndicat Agricole. Vous ai-je dit que M. Jean SEROIN, président de la cave coopérative de notre village, avait nommé M. MIRALLES Manuel pour la gestion du bureau? Claude BERTRAN et par la suite Marie-Christine AMAT le secondèrent. Ce syndicat, en autre chose, distribuait aux coopérateurs les produits nécessaires à l’entretien des vignes. A côté, le magasin d’électricité de M. Louis AMAT, Josiane, Louis et Madame Amat vaquent à leurs occupations. Quand à Monsieur AMAT, il est prêt à vous venir en aide en cas de besoin.

Faisant angle avec la rue Manuel ANDREU, voici l’épicerie de Tana TIRADO et de sa nièce Filoména BROTONS, deux vieilles filles sans âge, toujours vêtues de noir. Oui! comme nos grands mères. Toutes deux, tantes de Cécile RODRIGUEZ. Écoutez la suite! Un rideau métallique fermait l’épicerie. Vous souvenez-vous du bruit de ferraille que faisaient ces rideaux lorsqu’on les abaissait? Dans le village, par respect pour le défunt, les rideaux se fermaient les uns après les autres lors du passage d’un cortège funèbre. Nous habitions tout près de l’épicerie de Tana et Filo. Aussi ce vacarme en pleine journée nous appelait sur le devant de notre porte, pour voir passer le corbillard qui emmenait un saladéen vers sa dernière demeure. Cécile me raconta que ce maudit rideau en fer, troubla le boulevard lors d’ une noce. Oui! Lors d’ une noce! Vous vous rendez compte du scandale! Rapprochez-vous. Ecoutez mon histoire. Nous sommes aux environs des années 1903- 1904, peut-être 1905. Tana est à cette époque une belle jeune fille qui voulut, par ce vacarme inconvenant, dire son désespoir: le jeune marié et Tana s’étaient jurés un amour éternel. Mais voilà, ce serment n’était pas du goût des parents du jeune homme. Que voulez-vous en ce temps là, les parents avaient tous les droits! Cette fille n’était pas un « parti » pour leur fils! Il ne restait plus à Tana que les yeux pour pleurer et le grincement du rideau pour dire sa douleur . Tana traîna sa peine toute sa vie!!

Allez souriez! Oublions cette triste histoire! Tournons le coin et engageons- nous dans la rue Manuel ANDREU. Vous passez maintenant devant la deuxième porte de l’épicerie de Tana, puis voici la maison de Léon Marseille. Vous entendez ces enfants dans la cour de Marguerite et Léon Marseille? Luce, Paul, Yves et Jean-Pierre Seroin ont sûrement rendu visite à leur tante Marguerite . Continuons notre progression. A côté, la cour de M. LE MAGOUROU : un atelier immense où l’on remettait de l’ordre dans le secteur électrique de votre voiture. N’allons pas plus loin. Passons sur le trottoir en face et retournons au boulevard. Mais avant, arrêtons-nous. Rentrons quelques instants dans la droguerie de M. NAVARRO.

Attention! Vous avez trois marches à descendre. Un matin, mon père fatigué de m’avoir dans ses jambes, m’envoya chez M. NAVARRO acheter un « bidon d’huile de coude ». Bon! Ça va! Pas de ricanements s’il vous plaît! J’étais jeune, et j’ai appris à mes dépens que l’huile de coude ne se vendait pas! Continuons notre balade. Mais quel est ce tapage? Quel chahut! Pas d’ affolement: « Aqui viené el senior BUSCA RUIDO! ». Vous ne connaissez pas M. BUSCA RUIDO? M. CHERCHE BRUIT!!! Je vous avais dit que les Saladéens étaient d’aimables moqueurs! Lorsque M. BUSCA RUIDO prenait son véhicule, son chien sautait à l’arrière, posait ses deux pattes avant sur l’habitacle du camion et, par jeu ou pour signaler à tout un chacun leur passage, il aboyait à perdre haleine, sortant le village de sa torpeur quelque soit l’heure. D’où un vacarme pas possible de moteur pétaradant et d’ aboiements de chien. Il y a quelques années, lors d’une de nos « réunions-amicales », un jeune homme vint me parler d’un livre: « Vous me connaissez, me dit-il, je suis le fils de M. FERNANDEZ». Désolée! Je ne voyais pas. Alors il ajouta: « Mais ouiii! Je suis le fils BUSCA RUIDO!»- « Ah! Bien sûr! Le fils BUSCA RUIDO! ». Je connaissais M. BUSCA RUIDO, pas M. FERNANDEZ! Ah! ces Saladéens!!! Des farceurs! je vous le dis!

Ce boulevard national était le point névralgique du village. Il s’en passait des choses! Mariages, enterrements, défilés de Carnaval, et les promenades quotidiennes à la sortie du travail. On venait « faire le boulevard » avec les amies… Mais surtout, il a vu passer de très belles choses notre boulevard. Je ne vous parle pas de jeunes filles, mais de voitures! Le pouvoir de notre imagination est tel que je vous emmène illico, rencontrer Yvon LOZANO. Il évoque pour nous ces années nostalgiques 1920-1930 et les belles automobiles qui sillonnaient les rues du village à cette époque. « De toute évidence, les habitants de RIO SALADO aimaient les belles voitures! nous dit-il. Ainsi vous pouviez apercevoir la BUICK de Michel KRAUS, la TALBOT de Quitett LLORENS, , La BUICK « IMPERIAL » de René KRAUS et celle d’ HENRI KRAUS, la FORD LINCOLN de Maurice PORTE, la SALMSON d’ André POVEDA, la MERCURY FORD de Jean LOZANO, l’HISPAO-SUIZA d’ Emile JOUVE et bien sûr l’incontournable B12 d’ Albert CLAVERIE. Et que vous dire des voitures de course que vous pouviez admirer dans la cour des frères TORRES: la BUGATI, la star des GRANDS PRIX de l’époque, et la PEUGEOT SPÉCIALE , une merveille! La réplique exacte de celle qui, dans les années 30 remporta les 24h du MANS!

RIO comptait aussi quelques Berlines BERLIET, ce nom ne vous dit rien? En effet la berline BERLIET fut une voiture « RATÉE ». L’usine fut obligée d’arrêter la production. Et devant ce fiasco, les Saladéens toujours à l’affût d’une plaisanterie, disait, en matière de publicité, en se moquant des malheureux propriétaires:« Si quires andar a pié, compraté una BERLIET»

Ça va? Pas trop de nostalgie! Bon! On peut continuer notre promenade? Tiens! Justement, les portes des magasins sont grandes ouvertes. On nous attend. Entrons dans la première boutique. Celle de M. BENSOUSSAN. Un « chapeau mou » sur la tête, toujours aimable, il nous attend devant son magasin de nouveautés De chaque côté de l’entrée deux vitrines, où le magasin BENSOUSSAN vous présente des vêtements et différents articles. Savez-vous que ce magasin fut crée à l’origine par Etienne CARREGA. Jean Claude raconte :  » Vers 1888, cet arrière grand-père monta de toutes pièces ce « magasin général ». Etienne s’occupait des produits masculins, sa femme, Alcédonie, de la mercerie, et de l’habillement. Etienne ne s’en tint pas là, ouvert aux technologies nouvelles, il se fit éditeur de cartes postales, nous lui devons la plus part des photographies de cette lointaine époque». Un grand merci à ce prévoyant grand-père! Continuons notre remontée dans le temps. Ce magasin général fut vendu en partie à M. BENSOUSSAN. Toujours raconté par Jean-Claude: «Etienne CARREGA s’installa dans l’autre partie. A son nouveau métier de négociant, il ajouta une activité de banquier: il escomptait les traites du Crédit-Lyonnais. Et, ce que son père et ses oncles appelaient  » le bureau », les anciens du village le nommaient « La Banque ». Ces locaux devinrent le centre névralgique de toute l’activité familiale.».

N’allons pas plus loin. Jean Claude me dit que l’on peut pousser la grande porte vitrée du «bureau». Suivons-le! Ne faites pas de bruit. Derrière la grande banque qui sépare ce vaste local, les comptables sont en plein travail. Ce monsieur à droite, c’est Michel CANDELA. Vous le connaissez? Le père de Michel, le cousin germain de nos amis René CARDONA et Dédé BLASCO. Le second: Antoine BLASCO, aucun lien de parenté avec André, est le papa du gamin qui joue avec François et Michel CARREGA. Et le tout jeune aide-comptable ne vous est pas inconnu: Robert MUNOZ, le frère d’Antoine, de Clémence et d’Henriette. Dans la pièce du fond, les trois frères CARREGA, Henri, Charles et Francis sont en réunion. Jean LAFFORGUE, leur beau frère, et Jules DECOR, leur oncle, viennent de les rejoindre. La conversation se terminera; comme cela arrive bien souvent, sur le trottoir. Sûrement une dernière mise au point avant de regagner leurs pénates respectives. Laissons les travailler .Merci Jean Claude!

Nous continuons notre promenade. Avançons un peu plus. Nous sommes maintenant devant la boulangerie de M. PINHEIRO. La porte est ouverte, traversons la boulangerie. Pas le temps de goûter aux baguettes cuites à point. Contentez-vous de humer cette bonne odeur de pain chaud! Et continuons notre avancée vers le four que l’ on voit là-bas. Laissons là une arrière-boutique « aveugle »où la boulangère peut prendre quelques minutes de repos. La troisième pièce en enfilade est le fournil. La pièce est bien sombre, une seule ouverture: la porte qui donne sur une cour intérieure. Le four ronfle de plus belle. Il fait chaud dans ce fournil! Une ampoule accrochée à côté d’une petite lucarne, permet d’ éclairer l’intérieur du four. Ainsi le boulanger peut surveiller la cuisson des pains. Un contrepoids que l’on bascule vers le bas maintient la porte du four, qui coulisse vers le haut. Ouverte en grand, on peut voir dans un angle les braises qui maintenant se consument doucement. Sous le four, une niche pleine de bûches prêtes à alimenter le foyer et, fixées au plafond deux barres de fer servant de support aux pelles en bois démesurément longues. Contre le mur, le gros pétrin et des sacs de farine. Une poussière blanche règne en maître dans le fournil. A Pâques nous allions faire cuire nos mounas chez M. PINHIERO. Il nous prêtait un de ces grands plateaux en bois munis de 4 poignées pour les transporter. Il les mettait à cuire après la fournée du matin. Bien souvent, en partant, mon père achetait une grosse fougasse encore chaude et moelleuse, que nous entamions avant d’arriver à la maison. Cette boulangerie appartenait à M. CLAVERIE le père d’ Albert. Il la céda à M PINHIERO et alla s’installer en face de la place. Dans les années 55-56, ce fut M. GONZALES qui occupa la boulangerie. Laissons là, les baguettes croustillantes, les gros pains dorés et passons à l’ HÔTEL de FRANCE, où nous attend René MANRIQUÉ, un camarade avec qui nous passions quelques après-midi. L’HÔTEL de FRANCE, dans les jeunes années de RIO SALADO s’appelait HÔTEL CARDONA . Madame ADAM me raconta qu’ en 1890, Vincent CARDONA, son grand-père, vint s’ installer dans le village et créa , sur le boulevard national,  » l’HÔTEL CARDONA ». Il était tenu par ses deux filles Joséphine et Henriette. Marie, l’épouse, préparait les repas. Il accueillait en majorité des représentants de commerce. La calèche de l’hôtel allait chercher les voyageurs à la gare. Dans la cour, se trouvait un ébéniste. L’Hôtel devint par la suite l’HÔTEL FIRPO. Il fut le théâtre de pas mal de festivités: des soirées données par le CERCLE des AMIS, des VÉGLIONES, des bals masqués, tout à fait réussis….puis M. MANRIQUÉ prit la suite.

Nous avons droit, je crois à une petite halte, justement allons nous attabler dans le bar situé au rez de chaussée de l’hôtel. Voilà notre troisième bar, Ami René! celui de Paul et Germaine RUIZ. Un verre de bière BAO, ou un petit café, et laissons notre imagination vagabonder au grès de nos souvenirs.

L’exploration de cette partie du boulevard n’est pas terminée, nous la terminerons demain, et nous remonterons le trottoir d’en face jusqu’au café de M REYNE. A bientôt!

Quelle surprise!!!

Chers Amis
Quelle surprise ce matin!! Sur le mur de clôture du jardin, je vois un animal
qui se promène tranquillement. En m’approchant, je reconnais un petit pangolin. Si en brousse j’en ai vu souvent, ici en ville, c’est la première fois . Il n’a pas l’air farouche. Au lieu de fuir, il descend le long d’un
bougainvillier et, sans tenir compte de ma présence, il traverse la pelouse
pour se diriger dans une haie sous des bananiers.
Je vous le fais découvrir. Certains de mes amis Ivoiriens le mangent bien que
ce soit une espèce protégée.
Je me demande si dans nos gaspachos, il pourrait relever le goût avec nos
viandes traditionnelles. Je peux le rapporter pour les prochains.
Bien amicalement
René
Abidjan


Le pangolin, fourmilier d’Afrique et d’Asie du Sud-Est est proche du tatou. Ses écailles font l’objet d’un intense trafic.

C’est un animal insectivore qui se nourrit de termites et de fourmis qui restent collées à sa langue. Sa vue est minable, mais son odorat est très développé.

Le pangolin est un solitaire qui ne rencontre la femelle que pour la reproduction. Après l’accouplement, la femelle ne donne naissance qu’à un seul petit qui s’accroche sur le dos de sa mère. Les écailles des petits n’apparaîtront que quelques jours après la naissance.

Le point sur la réfection du cimetière de Rio. (suite)

Chers amis ,
Vous avez eu l’occasion de participer financièrement à la réfection du mur d’enceinte du cimetière de Rio Salado et à la remise en état du premier carré. A cet égard vous avez ainsi pu apprécier la détermination et l’application du Dr Jean-Jacques LION, président du CSCO et de son équipe. Vous trouverez ci-après, pour information, l’intégralité du courriel qu’il m’adresse concernant la poursuite des travaux qui doivent être engagés pour le deuxième carré.
Après l’assemblée générale du CSCO qui se déroulera à Aix en Provence le 9 février 2019 et à laquelle je participerai avec certains d’entre nous, je vous ferai part des conditions que le conseil de notre amicale aura arrêtées pour solliciter votre participation à cette deuxième phase de réhabilitation de notre cimetière.
Bien cordialement à vous tous,
Ernest REYNE
Président de l’amicale du Rio Salado