Pâques: en parlant de cloche.

Est-ce l’humeur du temps et …sa semaine sainte qui me rappellent ce souvenir extirpé des « années métropolitaines débutantes »?

Dans les années 1960-70, nous sommes installés à Rillieux la Pape (contraction des deux noms de villes: Rillieux et Crépieux la Pape) dans le Rhône. Au cours d’une de nos promenades dans cette ZUP récente, nous passons devant une église moderne comme seules ces années ont pu en ériger dans ces « quartiers champignons ».

Ce n’est pas sa modernité qui nous a poussés à nous rapprocher mais une cloche devant l’entrée, a droite, plus exactement. Curieux, nous nous sommes approchés. Et voilà ce que nous avons vu!!!

(Archive du site de l’amicale du Rio Salado)

Nous n’avons pas suivi l’ « actualité » de cette cloche et sa bien curieuse vie. A en croire l’inscription sur la photo ci-dessus, elle a été transportée, transférée, reléguée (*) au cimetière de cette ville. On peut être sûr qu’elle n’a plus jamais été autant visitée par nos compatriotes depuis lors.

En échange, on peut suivre l’actualité bien perturbée de cette église.

https://www.leprogres.fr/faits-divers-justice/2020/10/03/voitures-brulees-et-pompiers-caillassees-a-rillieux-la-pape

Autre temps autres mœurs, dirons-nous.

(*) garder le verbe précis.

Souvenirs… souvenirs: Pâques 1983.

Chaque année les retrouvailles entre amis de nos trois villages se déroulaient à PENTECÔTE.

Cette année 1983, elles eurent lieu le lundi 3 Avril 1983, un lundi de Pâques.

Je laisse notre Président ,Ernest REYNE, vous en parler: (tiré de « Amicale du Rio Salado: 40 ans d’histoire »).

« Pour 1983 toutefois, nous décidons de faire une pause. Aucun rassemblement cette année, mais, sur proposition de Jacques SALVA, une « journée capacete » au domaine KELLER, à POMEROLS, près de MEZE est programmée. M KELLER met à notre disposition un grand hangar et quelques commodités pour réunir le conseil élargi à nos parents, enfants et amis (nous étions tout de même plus de 150). L’Amicale prend en charge l’apéritif et le disc-jockey. Les participants arrivant avec le repas dans le « capacete ». Cette journée du 3 avril 1983 fut largement animée par Yvon SEGURA arrivé en grande star (Roland Magdane) et accompagné, en voiture de police, jusqu’à la porte du hangar par des agents bienveillants. »

Chacun mit du sien pour que cette journée soit mémorable. Les coutumes de nos lundi de Pâques resurgirent. On vit apparaître des visages enfarinés, au grand étonnement et à la grande joie de nos jeunes venus accompagner leurs aînés à cette fête de Pâques 1983.

Joyeuses Pâques chez nous.

Jeudi Saint: semaine sainte pour certains Turgotiens et d’autres. Des femmes et des enfants vont se recueillir en l’église Saint Léon.

Cependant ce qui était attendu, c’était le Lundi de Pâques. Bien sûr, le traditionnel retour des cloches de Rome, nous, enfants nous y croyions profondément. Le samedi, vers 10 heures, l’envolée de la cloche de notre paroisse retentissait joyeusement. Et là, les coutumes des familles surgissaient: – Va te laver les yeux à l’eau claire de la fontaine, disait ma mère. – Jette des petits cailloux (ramassés dans la cour)… – Fais des petits tas… Nous attendions le dimanche de Pâques pour remettre nos vêtements neufs étrennés le dimanche des Rameaux : robes, chaussures, sandales sans oublier les foulards portés sur la tête lors de la cérémonie pascale. Enfin le lundi matin, c’était la fête pour tous. On déposait la cocotte de frita et le poulet rôti dans un grand panier en osier accompagnés de tomates, de tartes à la confiture,de monas. Sans oublier l’eau et le vin. En carriole ou dans le camion du voisin, nous partions passer la journée à la plage. Quelle joie! Marcher sur le sable chaud! Tremper ses pieds dans l’eau de mer un peu fraîche! Ramasser les coquillages. Grâce à nos casques et nos casquettes enfoncés sur nos têtes, nous étions protégés du soleil. Ne pas oublier nos descentes, nos montées, et nos glissades sur les pentes des dunes de la SOCOMAN. Le soir, las et tellement heureux, il fallait cependant enlever avec du beurre les plaques de goudron collées aux pieds et parfois aux vêtements. Après la toilette, nous pouvions aller nous coucher, la tête pleine de souvenirs et les yeux pleins d’étoiles.

Dans nos mémoires ainsi que dans nos cœurs, tous ces lieux tant aimés sont ancrés à jamais.

Tout cela pour vous souhaiter de BONNES FETES de PAQUES, chers amis Saladéens, Er Rahéliens. Avec une pensée toute particulière pour mes chers Turgotiens.

Ceci n’est pas un poisson d’ Avril!!!!

L’été 1950 finissait en douceur. Quelques irréductibles vivaient encore à la plage, savourant ces derniers jours du mois d’ août, bien décidés à profiter de ce beau temps.

Vers deux heures de l’après midi, ou peut-être trois, alors que nous nous laissions aller à une douce torpeur, un tapage pas possible nous tira de notre engourdissement, suivi de clameurs et d’appels lancés par BOUMÉDIENE et MIGUEL, les pêcheurs à l’ année de TURGOT-PLAGE. En un rien de temps, toute la communauté se retrouva, qui aux panneaux des cabanons, qui aux terrasses ou au balcons. Les plus curieux au bord de l’eau. Nos deux agitateurs montraient la mer en vociférant de plus belle. Soudain, à hauteur du QUAI JACOBIN, dans la baie même, une grande queue s’éleva dans les airs, retombant avec fracas dans une grande gerbe d’eau. Et, tout de suite, deux énormes « monstres  » marins apparurent. Gênés par le manque d’eau où ils étaient venus s’échouer, deux CACHALOTS, de 6 ou 7m environ, s’agitaient, se démenaient dans l’eau peu profonde.

S’étaient-ils égarés? Pourquoi venir s’ échouer si près de la côte? Étaient-ils à la recherche de nourriture? Étaient-ils tout simplement malades? Jamais de mémoire de pêcheurs, nous avions eu une telle prise à portée de main. Boumédiene et Miguel réussirent à en ligoter un, qui fut tracté par toute la gente masculine sur le sable.

Ne me demandez pas pourquoi nous l’avions capturé. Pour le plaisir d’ une prise phénoménale? Pour la photo qui fut prise et envoyée au journal? Je ne peux vous répondre. L’un des cachalots réussit à prendre la fuite, l’autre finit tristement en …trophée…..

Dans la conjecture actuelle, j ‘aurai préféré vous dire que ceci est un poisson d’avril. Mais voilà nous étions dans les années 50…….

Autour de Pâques

Les cigognes.
Elles font toujours leur nid sur la haute cheminée de la cave coopérative à Er-Rahel. On le voit bien depuis la maison. Et c’est souvent un jour autour du dimanche de Pâques que les petites cigognes prennent leur envol. Un vrai spectacle!

Photo Colette INFANTES.



Le jour de Pâques chez ma tante Marie-Jeanne.
Je suis devant le magasin de Pépé Thomas, juste sur le bord du trottoir, comme pour regarder les voitures passer. Et je mange de la mona accompagnée d’une mandarine.
La mouna (on a toujours dit « mona ») est hors de portée des enfants, sur une haute étagère dans la cuisine. Mais papa en coupe deux tranches chaque fois que la première est mangée.  » Pour égaliser, dit-il, une pour moi , l’autre pour lui, en cachette ! »
Une autre fois, encore un jour de Pâques, je me suis étalée dans les orties en cherchant les œufs en chocolat. J’étais en short, et il en a fallu du vinaigre pour tamponner mes cuisses!

Mona 2015 (archive Colette INFANTES)




Les rameaux à Er Rahel.

La fête des Rameaux était un jour important surtout pour les enfants que nous étions.

En généra, il pleuvait ce jour là! Cela posait un problème pour les branches de rameaux. Je pense que ce n’était une simple branche d’olivier mais des lentisques,  de la famille du buis. D’abord, nous mettions nos plus belles robes pour aller à la messe qui était plus longue que de coutume. Nous étions fières de nous balader avec notre rameau auquel nous accrochions des œufs de Pâques en sucre filé. Il y en avait de toutes les couleurs. Nous pendions des œufs en chocolat, des  poissons. Nous attachions également des rubans. Nous attendions la fin de la messe avec impatience pour manger toutes les sucreries.

Pour la messe de Pâques, nous jeûnions pour pouvoir communier et ensuite quelques âmes bien pensantes offraient des parts de gâteaux aux  fidèles. Les dames qui ne venaient qu’une fois par an à l’église mettaient les plus beaux  vêtements. Un vrai défilé de mode! J’affabule peut-être  mais c’est le souvenir que j’en garde.

Joyeuses Pâques à tous.

Prenez soin de vous.

Marie-Paule Baccaro-Cid

La Poste de Rio Salado.

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Comme je l’ avais promis à l’ Ami René, je vous conduis à la poste de notre village. Vous avez un timbre à acheter? Une lettre à poster? Un coup de fil à donner? Suivez-moi. Nous allons de ce pas, à la Poste. La promenade sera longue. L’édifice se trouve en fin de boulevard national, en allant vers ORAN, plus exactement face au jardin public. Tient! Une bande de copains s’est installée sur les marches. Le jardin va fermer et ils se réunissent là pour une dernière mise au point. Le square Marius RICO est le lieu de prédilection de Gérard, Paul, Louis, Jean-Jacques, Félix, Henri et les autres.

« S’il vous plaît les jeunes, laissez nous passer.» Je vous le dis en confidence: l’équipe se méfie des gendarmes qui logent tout à côté. Les garçons ont eu maille à partir avec la maréchaussée. Chut! Des enfantillages que Gérard m’ a racontés dans un grand éclat de rire. Mais ça, c’est une autre histoire!!!!

Voilà, Vous pouvez entrer. Le local est large, bien éclairé. Derrière le comptoir en bois qui s’étend d’un bout à l’autre de la pièce, voici nos postières : à gauche, madame Lucie STEPHEN, tout sourire, prête à vous raconter une dernière blague. A côté, madame Suzanne DION, plus réservée. Plus loin, la place libre, est celle de madame FOURNIER, le receveur des postes. Elle n’ intervient qu’en cas de force majeure. Plus à droite, un drôle de réduit aveugle : le standard téléphonique qui gère toutes les communications du village. Un sas, m’ a dit Marie-Thérèse LOPEZ, la préposée au téléphone le temps d’ un remplacement. Elle partage le standard avec Marie-Louise OLIVER, la titulaire .Toutes deux attendent patiemment les appels qu’elles transmettent au moyen d’une fiche, qui met en relation les abonnés. Pas de casque ni de micro!!! Marie-Thérèse m’a appris également que la poste recrutait le personnel remplaçant parmi les jeunes filles célibataires dont l’éducation était irréprochable . Elles perdaient leur emploi lorsqu’elles se mariaient !!! La poste a vu défiler pas mal d’employés. Dans les années 40, nous pouvions nous adresser à Suzanne DION, Juliette DEHARRO, Lucie STEPHEN, Lucienne BAU, Jeanine JUAN (ma tante), Ernestine PIGNERO, Sylviane LLORENS,. Et, au téléphone, Marie-Louise OLIVER. Une petite parenthèse pour vous conter un événement qui me tient à cœur. Au cours des années 45-50, Raymond CANDELA, natif d’ ORAN, fut nommé à la poste de RIO. Il y rencontra ma tante, Jeanine JUAN. Ils s’apprécièrent… D’un commun accord, ils abandonnèrent leurs fonctions respectives, et se marièrent. Ma tante devint une charmante mère de famille, Mon oncle préféra rentrer dans la fonction publique, où bon nombre de petits Saladéens bénéficièrent de son enseignement. Revenons à la présentation du personnels de notre bureau de poste. Le receveur des ces années-là: Mr. BERNARD le contrôleur: Mr. PAGES et plusieurs facteurs: Messieurs VINCENT, KACEM, Narcisse PEROT. Les dernières années 50-62: Mr. Cheikh FREHAT et Mr. SCOTTO. Je vous livre une anecdote que m’a racontée Albert RICO. Alors que je lui demandais s’il se souvenait des facteurs de notre village, il me dit: – – Je me souviens de COCHISE! – – – De Cochise? – Oui, c’était Mr. SCOTTO! On l’appelait Cochise au village, parce qu’il avait une façon bien à lui de chevaucher son vélo-Solex. Comme un indien!» Voilà encore un exemple de « l’esprit taquin » de nos villages. Continuons notre visite: Le porteur de télégramme: Le jeune SAHIB Les appels téléphoniques de nuit étaient gérés par: MM Léon BENICHOU et Léon TOUATI, Mr BUHET Lambert (de Turgot), Melle Fernande THIEBAULT . Particularité de cette époque: les télégrammes étaient reçus et expédiés en MORSE. Mmes STEPHEN, DION et DEHARRO en assuraient le service Pendant les années 50-62 il y eut deux receveurs de poste: M. SUIRO et Mme FOURNIER. Je ne connais pas la date exacte de la création de la poste de RIO. Je pense qu’ elle se situait autour des années 1900. J’ai retrouvé un plan qui doit dater de ces années là. ( voir l’album) La poste est mentionnée au lot numéro 649, en face, se trouve le lot65 où l’ on peut lire: «  lavoir-abreuvoir « . Il deviendra par la suite le square Marius RICO, notre jardin public. Voici un article paru dans l’ ECHO D’ ORAN, dans la rubrique: annonces judiciaires, administratives et communales de 1909

RIO-SALADO- 1909 – ( l’ECHO D’ORAN)

-le 28 juillet: Nos concitoyens qui se servent continuellement du téléphone pour leurs transactions commerciales ou autres, se plaignent vivement des mesures prises par l’Administration qui a cru devoir supprimer les lignes reliant directement notre centre à Oran, forçant ainsi nos abonnés et autres à passer par Aïn Témouchent qui est déjà très chargé, surtout à cette époque de l’année. La moindre attente au guichet est intolérable et occasionne de graves préjudices. L’Administration voudra bien prendre en considération ces doléances justifiées de la population, en rétablissant la ligne directe.

La visite est terminée. Les portes du jardin public ne sont pas encore fermées. Allons nous y promener. Nous pourrions admirer les sculptures végétales: les topiaires créées par M. SANCHEZ Rojo et entretenues avec art par MM. Raymond SÉGURA et Sanson CASTELLON. Pendant notre promenade, vous pourriez nous raconter des anecdotes, nous livrer des informations. Je m’ engage à les faire connaître à nos amis saladéens. Ainsi, notre village continuera à survivre, malgré tout, parmi nous.

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« Jérusalema », version couvent.

Coucou à vous tous. Chanson entraînante! A la vue des sœurs et des moines dansant, ainsi que des autres participants, cela ne vous donne pas envie d’y aller?

Alors lâchons-nous! Dansons!

Cela nous fera un bien fou de danser alignés. Nous, gens de Turgot, d’ Er Rahel et de RIO.   Souvenez-vous: nous le faisions parfaitement lors du MADISON. Quand nous dansions, nous étions disciplinés .Et les rigolades étaient au rendez vous.

Alors, pour rompre cette morosité ambiante : EN PISTE !!! Bises à vous tous. Michelle.