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EN DESCENDANT le BOULEVARD : 2ème balade.

Si nous reprenions notre promenade! Tiens? Des nouveaux venus dans notre groupe? Soyez les bienvenus parmi nous! Suivez-nous! Nous allons déambuler d’une maison à une autre, au gré de mes souvenirs. Nous sommes maintenant, en continuant notre parcours initial, devant la maison de M. GRAS.

Devant la porte, sa fille Paulette accompagnée de ses amies Joujou SEMPÉRÉ, Olympe CALLAMAND, Paulette et Lucienne LAMBERT, Gisèle MACIA, paraissent bien animées. Elles projettent sûrement une sortie. Laissons-les à leurs papotages. Savez-vous que cette maison fut, dans les années 57-58, une crèche? C’est l’action Catholique, dirigée par madame BOUR et une trentaine de bénévoles, qui l’a créée et mise sur pied. En avançant un peu plus, nous voici devant la vieille maison de Joseph POVEDA, mon oncle. Nous l’avons habitée quelques temps. Elle est restée fermée jusqu’à …. ce 31 décembre 1959. Vous souvenez-vous du couvre-feu qui paralysait le village? Nous les jeunes, avions décidé avec l’aide de Sylviane et René mes cousins, de célébrer, malgré tout, la nouvelle année dans la salle à manger de la vieille maison. Il y a avait là : Eugénie, Norbert, Armande, Louis, Nadia, Blondine, Jocelyne, Michel, Josette, René, Sylviane, Jacques, Jadette, Odile, René, Chantal, Jean-Louis, Titou, Marie-Jo, Paul et d’autres dont les noms m’échappent. Que de souvenirs!!! Dès 8h du soir, jusque vers 6h du matin, plus personne dans les rues. Nous étions une vingtaine de copains enfermés, à enterrer l’année 59. C’était l’année du BIG BISOU, des PLATTERS, de GLORIA LASSO, de DALIDA, de Paul ANKA, de Harry BELAFONTE, de BILL HALEY…..et les cha-cha-cha, les mambos, les calypsos, les slows, les rock se succédaient. Les jupes, en tissus d’ameublement et fort juponnées, tournoyaient de plus belles! OUF!! Ça « crépite » dans ma tête! Un vrai feu d’artifice!!!!,!!! !!! Allez! Pas d’émotion! Coupons court! Refermons doucement la porte de notre « Nigth Club » d’un soir et passons à côté. Toujours la maison du Tonton Pépico. Le portail de la cour est entrouvert. Entrons! La curiosité est permise. Il y a bien du remue-ménage! Hum! l’agréable fumet! Voyez-vous ça ! Toute la famille semble être réunie. Je vois: on prépare des gaspachos! Chacun s’affaire. La poêle est sur le feu de bois. Le bouillon mijote. La table n’est pas encore dressée. Les plus jeunes, eux-aussi, donnent un coup de main. Ils débitent avec application des petits morceaux de galettes encore tièdes qu’ils amassent sur un torchon blanc, mangeant en cachette, de temps en temps, un petit carré de pâte. Le Gaspacho est en bonne voie et en bonne main. Nous reviendrons un peu plus tard prendre l’apéro avec eux. Sortons admirer la villa de l’autre côté de la rue : La villa ROSELLO. Que de fois je l’ai admirée! Les volets étaient toujours fermés! Cette famille, je l’appris plus tard, résidait à ALGER et venait à RIO quelques jours, puis repartait. Je n’ai jamais vu les enfants. Seulement madame LAGET, une respectable dame à cheveux blancs. Qui était-elle? Je ne l’ai jamais su. Continuons notre balade! Avançons jusqu’à l’angle de la maison et tournons à droite. Direction…. le cinéma d’ Alfred SALA et de Méméto VIRUEGA : « Le TRIUMPH »!! Quel beau cinéma ce TRIUMPH! Moderne! Rien à voir avec le VOX et le CASINO que nous visiterons plus tard. Le TRIUMPH est tout récent, grand écran fermé par des tentures de velours rouge, murs tapissés de toile de jute, fauteuils confortables en velours rouge aussi. Vous voyez l’ambiance!! Hé!… vous entendez cette musique? « La Danse du Feu « de Manuel de FALLA qui nous appelait l’entracte fini : « Mesdames et Messieurs veuillez regagner vos places, la séance va commencer». Oh! La! La! les souvenirs se bousculent! Et les soupirs aussi..!Arrêtons là! Regagnons le boulevard. Pas de mélancolie s’il vous plaît! En face la maison de la grand-mère ARACIL, grand-mère de Marie-Jeanne et de Marie-Paule. Mais où vécut aussi notre ami « Petit René » comme l’appelait sa mère, Fifine CARDONA. Tiens! Rose-Marie est assise sur les marches à l’entrée. Elle attend sûrement son frère Paul. Plus loin, sur ce trottoir, l’atelier de monsieur SEMPÉRÉ, bourrelier de son état, le père de Paule. Devant la porte, les colliers des mules attendent qu’on vienne les récupérer. Dans les années 30, monsieur NAVARRO, le grand-père d’ Eva, Gaby, Francine et Henri, cardait le crin, pendant que son épouse et ses ouvrières habillaient les belles saladéennes. Mais regardez donc qui s’avance vers nous? NINITCHE!!! Comment ? Vous ne vous souvenez pas de Ninitche! Le chien de monsieur et madame JEAN! Un caniche tout frisotté, comme moi, lorsque je sortais du salon de coiffure de monsieur JEAN! Le chien s’installait à l’entrée, sous le rideau de perles et il fallait lui demander pardon pour passer. Avec la mode de l’indéfrisable, monsieur JEAN eut besoin de renfort, Jeanine COLLMAN, Annette MILLAN et je pense Hermine JAÏME, vinrent coiffer la plupart des têtes saladéennes. Puis Claudine CHORRO prit la suite. C’est elle qui me fit un superbe chignon, pour mon mariage, à grand renfort de laque. Et oui! Vous m’entendez soupirer? Désolée! C’est que je n’ai plus jamais eu de chignon! Allez! Je galège comme disent les Sétois. Je plaisante quoi! Mes soupirs vont vers ce temps écoulé, bien sûr!!!Pas de regret! Laissons ces dames travailler et allons dire bonjour à madame MACIA, qui est au balcon juste au dessus de nos têtes. Elle attend François et Arlette. Gisèle a déjà convolé en justes noces avec Camille POVEDA. Et d’année en année, ma mémoire et mes souvenirs nous emmènent sur le trottoir en face où réside le docteur GUTIERREZ, son cabinet médical attenant à son logis. Savez-vous qu’en juillet 1953, le docteur Marcel RUIZ le remplaça le temps d’un été? Vous pouvez me croire : je vous l’assure. Je peux vous le confirmer. J’ai mes informateurs! C’est Michelle CHORRO qui, encore une fois, m’a rapporté l’info, et un gentil message du Docteur RUIZ lui même, qui garde un très bon souvenir de Rio et de la plage où il allait se baigner entre midi et deux heures. Après le départ du docteur GUTTIERREZ, c’est Maryse et ALFRED SALA qui s’y installèrent. Et…tout près de leur maison, enfin! Le premier d’une longue liste de cafés, le café de madame GATTI. Je dois vous dire ,vous les jeunes recrues de notre groupe, que chez nous il n’y avait pas de bars mais des cafés. Ça y est! René est content! Il ne les voyait pas arrivés ces cafés! «N’oublie pas de parler des cafés Jadette!». Comme si nous pouvions les oublier! Arrêtons un instant, le temps de déguster une boisson: «Nous prendrons bien un petit café, madame GATTI, nous avons encore une longue promenade à faire», Savez-vous qu’il y avait 13 débits de boisson dans le village. Nous irons les voir de plus près au cours de notre balade.! Allons! Continuons! Passons en face voir Madame Callamand. Elle nous donnera des nouvelles de Claude bientôt médecin. A côté, l’atelier de monsieur PEREZ le vulcanisateur, « ROJO« , comme l’appelle ses copains. Des colonnes de pneus s’entassent devant la porte. Une grande enseigne DUNLOP orne sa devanture. J’oublie sûrement quelque chose, mais je n’allais jamais voir monsieur PEREZ. Nous avions BOUDISSA pour nos vélos. Antoine et Christine, ses enfants, sont sûrement à la maison. Et nous voilà devant la banque C.F.A,T (Crédit Foncier d’ALGERIE et De TUNISIE). Belle bâtisse, n’est-ce pas! Monsieur ROSAS Marcelin assura la direction en 1928. Dans les années 45, monsieur DELPORTE prit la relève. Madame DELPORTE Madé et Hélène devinrent des saladéennes. Après leur départ, ce fut M. BONIOL qui prit les commandes. Il avait une fille dont j’ai oublié le nom qui fréquentait l’école primaire. Le dernier directeur fut monsieur Lucien GARAIT, le père de René, d’Yvette et de notre ami Christian. Bien sûr, vous n’avez pas oublié les employés Jean ESTÈVE,notre supporter sportif, Jeannot YVARS, et Lucien DION. Que tout cela est loin! Et cependant si présent dans ma mémoire!!!! Nous n’irons pas plus loin: la promenade a été longue et nos jeunes recrues s’y perdraient.

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EN DESCENDANT le BOULEVARD à RIO

Je voulais vous parler d’écoles. Des nôtres bien sûr. Mais la nostalgie et les souvenirs aidant, je vous emmène faire l’école buissonnière. Suivez-moi! Je vais vous balader le long du boulevard en faisant de temps en temps quelques incursions dans les rues toutes proches puisque aujourd’hui c’est :

                            ATELIERS PORTES-OUVERTES à RIO

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FLASH Special : notre guerre de 194-18.

          Bonjour tout le monde! Me revoilà parmi vous, prête à vous emmener faire un nouveau plongeon dans le passé. Aujourd’hui, nous n’irons pas à la rencontre de nos deux derniers édiles. Figurez-vous que, par le plus grand des hasards, par pure coïncidence, appelez cela comme vous voulez, j’ai en ma possession une banale boîte en carton plein de… « petits trésors », comme  dit Jean-Claude. Ces petits « trésors » sont des cartes postales. Attendez ne vous emballez pas! Ce ne sont pas n’importe quelles cartes postales. Celles-ci datent des années 1914-18. Années de la Grande Guerre. Et écoutez-ça: écrites par des jeunes gens de 20ans et plus, domiciliés à….RIO SALADO. OUI! Domiciliés à RIO SALADO! Je ne vous raconte pas d’histoires. Voyez l’heureuse coïncidence, comme il me plaît à dire: alors que nous venions de « rencontrer » ces Délégués Spéciaux qui avaient contribué à la création et à la bonne marche de notre village, voilà que nous arrive cette banale boîte en carton pleine de cartes postales oubliées depuis un siècle, et qui rappellent que les administrés de Joseph MILHE POUTINGON étaient en route ou déjà au Front, prêts à se lancer dans la Grande Guerre. N’est-ce pas fantastique? Et attendez la suite! Les expéditeurs de ces courtes missives sont, pour certaines d’entre elles, envoyées par de futurs arrières-grands-pères, et arrières-grands-oncles. Je vous avoue  que c’est avec beaucoup d’émotion que j’ai parcouru les quelques mots écrits au dos des cartes. Elles étaient destinées, la plupart du temps, à la famille, aux amis et surtout  à M. François MACIA, forgeron,  boulevard national à Rio Salado.  Elles  étaient signées: Paul AVIZOU, Jules JACOBIN, Albert MACIA, Constant KRAUS, Vincent CARDONA, Raymond RIERA, Joseph ARACIL, Paul ARACIL, Antoine ARQUERO, François STARCK, Joseph CAHUZAC, François RODRIGUEZ, Albert TISSINIÉ, Gabriel DE SALAS, Marcel ANTON, Diego PASCAL, Manuel ANDREU, Michel MARTINEZ, Auguste DEGOURNAY, ROSELLO (sans prénom) et un certain  HENRI sans patronyme. Et d’autres  encore dont la signature était illisible, effacée par plus de 100 ans d’existence. Tous ces jeunes Saladéens étaient cantonnés  à MARSEILLE, SAINT DIZIER, STRASBOURG, BIZERTE, MILIANA, ALEXANDRIE, SALONIQUE….. Ils appartenaient au 33ème Régiment d’Artillerie Lourde, au Régiment de Territoriaux, à l’École des Mécaniciens 2ème compagnie basée à LORIENT, à la 1ère Escouade du 3ème Zouaves de SÉTIF, au 9éme tirailleurs, au 6ème Groupe d’Artillerie d’ AFRIQUE. L’un était infirmier, un autre mécanicien à bord du cuirassier VOLTAIRE, un autre sapeur-mineur dans la 19ème Batterie du Génie….Vous comprenez mon émotion! D’ailleurs, je dois vous confier que, pendant de la préparation de ce texte, ils étaient tous autour de moi. Par discrétion, je ne vous donnerai pas les textes de ces missives. Je me contenterai de vous dévoiler certains passages puisés dans toutes ces lettres étalées devant moi:

       « TOUL, 4 décembre1914: Je vous fais savoir que depuis que  je suis arrivé ici à TOUL, j’ai juste eu 2 jours de soleil, il pleut tous les jours, ça ne vaut pas le bon soleil que nous avions en ALGERIE. Je vous fais savoir aussi que tous les jours on nous fait piocher comme des marocains, et plus de 4 fois on nous traite de …, moi, je croyais qu’ici nous étions en FRANCE» 

       « JERRYVILLE, 22 mars 1915...C’est à une distance de 1600km que je t’envoie de mes nouvelles et pour te dire que j’ai eu un voyage long et pénible mais en récompense  nous sommes beaucoup mieux qu’à ORAN nous sommes avec un régiment de territoriaux tous de corses et très chics…..

       «LEMMOS, 22juillet 1915….me voilà à LEMMOS. Tu parles d’une traversée pour la première fois que je monte en bateau. Nous nous sommes embarqués le 13 juillet et nous sommes arrivés hier à midi, huit jours en pleine  mer, que de l’eau et le ciel. Juste en arrivant près de LEMMOS nous avons aperçu beaucoup d’îles italiennes et grecques …On est arrivé depuis hier. Nous sommes amarrés  au milieu du port. Mon ami, si tu voyais les bateaux qu’il y a, incroyable! On ne peut pas les compter et tous dans le port. Hier sont arrivés 3 bateaux anglais bourrés de troupes anglaises et ils sont comme nous sans débarqués…enfin c’est triste pour nous territoriaux…

     « ALEXANDRIE, 9 décembre 1915… Voilà, nous sommes ici à  ALEXANDRIE. Je commence à en avoir assez. Je reçois des nouvelles de mes frères ainsi que de tout le village. Nous  sommes que moi et MANOLO qui a été conduit ici après avoir été blessé aux DARDANELLES…..»  

      « MOSTAGANEM, 20 janvier 1916...j’ai reçu ta carte qui m’a fait un réel plaisir de savoir que la marche-crève-marche est toujours ……ici on ne se fait pas de mauvais sang. Si tu voyais sortir en ville avec le sabre et avec la culotte rouge et les épaulettes! Se mos los amos del pueblo…….»

      « Philippeville 1916….me voilà à Philippeville. On  nous a habillés et on ressemble à des guignols. On rigolait rien que de nous  voir les uns les autres. Il y a une bande de bleus de FRANCE qui sont plus bêtes que leurs pieds. Nous sommes une bande d’Algériens et nous rigolons plus que ceux de France….

       «MARSEILLE,  9 novembre 1917 …Je suis arrivé à MARSEILLE hier à 3h. Nous avons eu la mer un peu agitée en sortant d’ORAN. Mais ça n’a pas été bien long. Nous n’avons pas vu de sous-marins que c’est l’essentiel. Enfin ça a bien marché. Mais toujours ce maudit cafard qui passe à chaque instant dans mon esprit. Ah! Quand est-ce que cette maudite guerre finira . Ce soir je prends le train pour LYON puis de là sur le FRONT. Enfin, patience et courage…….»  

       «LORIENT, 2 avril 1918……la présente pour vous dire que j’ai reçu  ce matin 3 colis : la mona les gâteaux et la charcuterie. Les culottes, je les recevrai plus tard car par la poste ça met plus longtemps. Pensez la joie que j’ai eu en recevant ces trois colis  à la fois……»

       «SAINT DIZIER, 6 juin 1918 ….aujourd’hui, nous avons repos pour laver et pour prendre une douche. A l’instant, on va prendre une douche d’eau chaude……»

       « SAINT DIZIER, 8 juillet 1918….je viens de finir de souper. On avait du riz et j’ai mangé la boite de thon. Elle était excellente. Ne m’envoyer plus de conserves je peux en acheter ici. En terminant ma carte, je vais avoir un maillot de football. La revanche de l’autre fois : les algériens avec les francaouis. Mais sûrement c’est les algériens qui vont gagner…..»

      «PAMIERS, 18 juillet 1918:… je suis à l’hôpital, j’ai été blessé et enterré par un obus. La blessure n’est pas trop grave…..»        

      «GOUVIEUX, 3 novembre 1918 …Je suis à quelques km du FRONT. On attend du renfort pour monter en ligne. Depuis le 24 octobre, je n’ai plu de nouvelles d’Albert…»

      « ARZEW,…..depuis quelques jours je suis sans nouvelles d’ALBERT. J’ai reçu une lettre de Paul AVIZOU me disant que votre fils ainsi que JOUVE et ANDREU sont partis de L’ORIENT… Nous sommes également sans nouvelles de mon frère depuis 25 jours, et par conséquent très inquiets…»

      Et voilà, une autre étape de notre voyage à RIO qui  prend fin.  J’ai rangé, avec une pointe d’émotion, les cartes dans leur boite. Contente de vous avoir fait partager la visite de nos poilus venus à notre rencontre  nous « dire » leur angoisse, leur joie, leurs espérances, leur humour pendant cette Grande Guerre . Je dois vous dire que j’ai été heureuse de les sortir de l’oubli. Tous sont revenus  de leur « caserne du 9ème Cousous », du  » dépar. des éclopés »,  de leurs 4 années de guerre, dans notre village. Je l’ai vérifié en fouillant  les archives de l’ Amicale.

       Les cartes de nos POILUS SALADÉENS ne tomberont pas dans l’oubli. Elles iront rejoindre tous nos « souvenirs » au Centre de Documentation Historique sur l’ Algérie d’ AIX en PROVENCE, où d’autres se chargeront de les « réveiller » de temps en temps au grès d’un travail de recherche.

Ma peinture.

Pacifique ciel rose (h/l : 38×61)

« Ma peinture inclut le figuratif comme l’abstraction. Mes œuvres figuratives s’élaborent à partir de photos ou d’esquisses réalisées au cours de mes voyages. Les œuvres abstraites relèvent de l’émotionnel et laissent un espace libre à la sensibilité de l’observateur.
L’élaboration d’un tableau est complexe: elle répond à des forces inconnues, d’actes de renoncements…

Vers le large (h/l : 80×80)
Reflets (h/l : 60×73)

Pour d’autres tableaux, cliquer sur le lien ci-dessous :

http://www.mirkaseroin.com/

N’hésitez pas à me contacter si nécessaire.

Cordialement.

Mirka SEROIN.

TRADITIONS ET SOUVENIRS DEVANT NOTRE BLASON EN C.IVOIRE

Le récent commentaire de Michel Carréga, concernant les maires deRIO, m’a fait relire « la 8eme balade ».

Je ne connaissais pas « l’histoire » du blason de Rio, bien que, comme tout un chacun, je me le sois approprié.

J’en ai fait faire des reproductions! Dont une en plâtre. Une autre sur du contre- plaqué  destinée à la plage d’ Assinie où nous passons nos dimanches.  A chaque occasion, notamment pour les Gaspachos de Pâques, je le mettais en bonne place, à la vue de tous.

Quand un compatriote, et encore plus un Saladéen,  venait me rendre visite (ce qui hélas n’est pas arrivé souvent), je l’invitais à planter un arbre devant le blason de Rio.

Le dernier à l’avoir fait est Antoine KRAUS, le petit fils de Paul et de Michelle KRAUS, venu en stage à Abidjan. Antoine s’est prêté volontiers  à la tradition. C’était le 29 Août 2009….. 10 ans déjà.

L’arbre aujourd’hui a bien grandi.
René
.

Antoine à Abidjan en 2009.
Plantation de l’arbre.
L’arbre d’Antoine : un tulipier du Gabon.
Le tulipier en fleur.
La fleur du tulipier.

Conseil d’administration du bureau de notre amicale (sept.2019)

Etaient présents : Danielle et Yves ANDREO  –   André BLASCO –  Michelle CHORRO – Dolorès et Antoine  CLEMENT –  Renée PASTOR/CURTI – Marie-Christine et François ESCUDERO  – Marie-Claire ESCUDERO –  Monique et Gérard LAMBERT – Chantal LOZANO – Marie-Paule MIRALLES – René MIRALLES – Nicole et Ernest REYNE  –  Carmen RIPOLL – Jadette et Jayme SALVA – Annie DELEGUE/SEMPERE – Jean-Paul VIDAL

taient excusés : Richard ANDREO – Henriette et Daniel ARACI – Simone et Rémi BELTRAN  – Rosette et André BERMUDES – Denise et René CARDONA – Denise et Hilaire CLEMENT – Blondine et Georges DESCAT – Suzanne et Raphaël GRAS – Josette LOPEZ – Nicole et Albert LOPEZ – Jean-Louis lozano – Anne-Marie MARTOS – André MARZULLO – Christine  er Joseph PLAZA – Salustiana et Francis QUILES – Françoise et René REQUENA – Danielle RODRIGUEZ/LONG – Armand ROSELLO – Etienne ROSELLO – Jacqueline SEGURA – Sabine et Olivier VIDAL –  Robert VIDAL.

Nous étions 22, aujourd’hui, réunis à SETE dans l’agréable jardin de Jadette et Jayme SALVA où, après un copieux petit déjeuner, nous avons pu faire le point sur la situation de notre amicale. Nous apprenions alors que  Francis QUILES venait d’être hospitalisé alors qu’il se faisait une fête de nous rejoindre avec Salustiana. Nous lui adressons tous nos vœux de prompt rétablissement et nous réjouirons de le revoir une autre fois.

Christine et Jo, retenus par un anniversaire, n’étaient pas présents, mais le site internet de l’amicale fut à l’honneur. Merci à tous ceux qui le font vivre. Nous avons tous particulièrement  apprécié la descente du Boulevard National et félicité Jadette pour son travail de recherche qui aiguillonne notre curiosité sur l’histoire du village dans des périodes que nous n’avons pas connues. Les péripéties de la vie communale pendant la guerre ont suscité un grand intérêt. Merci à Jadette de citer ses sources et de prendre toutes précautions sur la vérité historique qui ne peut être vérifiée même si on peut faire confiance aux auteurs et en accepter les témoignages.

En l’absence de Jean-Louis cloué par une indisposition alimentaire, Chantal a présenté le rapport financier, après avoir souligné quelques soucis avec la banque qui s’interroge sur notre association. Notre rassemblement 2019 à l’ODEON s’est déroulé à la satisfaction générale et s’est autofinancé. Si l’on peut espérer pour l’avenir que les rassemblements s’autofinancent également, il n’en reste pas moins que l’amicale doit chaque année faire face à des frais fixes estimés à 2000€ environ. Peut-être devrons nous alors imaginer une nouvelle entrée d’argent, type tombola.

Le rassemblement 2019 à POUSSAN ayant donné entière satisfaction, des contacts ont été pris avec la nouvelle direction de l’établissement pour un renouvellement en 2020. La date est arrêtée au dimanche de Pentecôte 31 mai, dans les mêmes conditions, avec cependant quelques modifications. La salle mise à notre disposition en 2019 étant réservée à un apéritif dansant. Notre rassemblement se fera dans une salle annexe ayant les mêmes disponibilités et pouvant accueillir 150 personnes tout au plus, nombre impératif. Le traiteur sera probablement le même qu’en 2019, et nous essaierons d’avoir de la musique jusqu’à 21 heures.

Ernest REYNE- Maison Decamis-13540 PUYRICARD

04 42 92 12 16 – 06 83 29 49 48 – : e.reyne@orange.fr

8ème balade (ter): Nos maires. (1940-1949)

Nous revoilà, amis saladéens, à nouveau réunis pour « fouiller », une fois encore, dans le passé de notre mairie.

Nous sommes en 1940.

Comme je vous l’avais conté précédemment, Joseph MILHE POUTINGON « fut invité « à se  retirer  des affaires communales.  Il n’y eut pas d’élection. L’administration du régime de VICHY nomma Paul BOUR, adjoint spécial ayant toutes les fonctions de maire. Je vous l’ai présenté  en tant que Président du Syndicat Agricole de RIO SALADO. Pour ce nouvel épisode de la vie administrative de la commune, j’ai demandé à son petit fils Henri BOUR de nous venir en aide. Et c’est ainsi que j’ai appris que leur ancêtre Christophe, originaire de Lening  en Moselle, s’était engagé très jeune dans l’armée française de « colonisation » en 1854. Il obtint une concession  de 25ha à TLEMCEN. Marié à Jeanne BARTHELEMY, ils eurent plusieurs enfants dont Emile, l’arrière grand-père d’Henri, qui résida à Béni Saf. Emile et son épouse, Jeanne BERVIER, eurent trois enfants: Paul, Jean  et Louis.  Durant l’année 1900, je suppose que, Paul tout jeune instituteur demanda un poste à RIO SALADO. Possible! Pourquoi pas? Toujours est-il qu’il obtint le poste, s’y installa et épousa Mathilde ROSELLO, fille de François ROSELLO et de Camille BERMUDES.

Ecoutez M. Joseph MILHE POUTINGON, lors de sa promotion au grade d’officier de la Légion d’ Honneur,  vous parler de Paul et de son ami,Agnel BERNARD, lui aussi instituteur, que nous retrouverons plus tard:

«…Messieurs, deux autres distinctions m’ont fait le plus grand plaisir. Lorsque j’ai lu dans l’Écho d’ORAN que les Palmes Académiques étaient conférées à mes deux bons amis M.M. BOUR et BERNARD. Ils sont venus à RIO, il y a quelques 25ans. Jeunes instituteurs pleins d’ardeur et de bonne volonté, ils ont mis, dans l’exercice de leur délicate fonction, tout leur cœur et leur intelligence. Ils ont fait de leurs élèves, des hommes aujourd’hui, de courageux travailleurs, de bons patriotes (…) puis séduits par le charme des travaux des champs, ils ont voulu devenir colons. Ce métier n’était pas le leur. Ils n’y étaient pas préparés (…) Ils ont quitté la plume pour la charrue, et très promptement ils ont excellé dans ce métier de laboureurs, comme ils avaient été brillants éducateurs….».

Voici donc le portrait de celui qui fut notre onzième édile: Paul BOUR. Homme droit et sérieux qui géra la commune en cette période  difficile avec un grands sens des responsabilités. Inutile de vous dire, amis qui me suivaient dans ce voyage dans le temps, que j’ai sollicité nos aînés par l’intermédiaire d’amis fidèles prêts à me consacrer du temps pour me venir  en aide. Je les en remercie. Tous ensemble, nous avons essayé de ressusciter cette époque si mouvementée.   Ainsi,  Henri SEROIN me rappela que Jean SEROIN , son père, fit parti du conseil municipal. Roger CONTRERAS m’apprit que Raphaël POVEDA était  premier adjoint. Voilà les seuls renseignements que nous avons pu recueillir, par manque de témoins, vous le comprenez.

La mairie des années 40 se dessinant, nous pouvons continuer notre « progression à l’envers » dans notre village sous le régime de Vichy.

Je vous rappelle que le personnel occupant une fonction publique avait été remplacé par des fonctionnaires du gouvernement de l’époque. Ainsi, M. LANGEAIS prit la place de René MARCIANO, dans la fonction de secrétaire de mairie, m’apprit Albert RICO. Paul KRAUS évoqua M. BOITIAUX, directeur d’école. Il   avait pour charge, d’éduquer les garçons mais également de  lever les Couleurs dans la cour de l’école, dès 8 heures du matin. Les élèves de toutes les classes, bien alignés et  au « garde à vous », chantaient: « Maréchal, nous voilà ! ».Et là, je m’adresse au plus jeunes de mes visiteurs. M. BOITIAUX avait  la « bonne habitude  » de surveiller la  classe des grands, armé d’une grande règle plate, restée très présente dans les mémoires . Le directeur la maniait avec beaucoup de dextérité pendant la dictée pour sanctionner les fautes. Heureux temps! N’est-ce pas ? Pour « s’occuper » des ados du village, M. KLEBER fut installé dans un bureau situé au rez-de-chaussée de la maison de M. PORTE. Capitaine dans l’Armée Française, il avait pour mission d’organiser les défilés du dimanche matin. Yvette DETORRES m’a souvent raconté que les filles  descendaient le boulevard, en jupes blanches, marchant au pas (je dirai de gymnastique ?), en chantant: « Maréchal, nous voila! ». Quand à Henri CLAVERIE, avec qui j’ai eu une agréable conversation, il se souvient encore de ces filles qui passaient devant la boulangerie de son père: «On les appelait les « JUPETTES« , me dit-il en rigolant et il ajouta, dans un éclat de rire moqueur ou nostalgique : Sais-tu qu’à l’école, l’instituteur nous avait demandé de faire un dessin qui serait envoyé au Maréchal ? J’avais dessiné un marabout, je m’en souviens! Et bien, j’ai reçu en réponse une carte postale avec le portrait de PETAIN… Toute une époque!!!»

En 1943 Paul BOUR, alors âgé d’une soixantaine d’années environ, et ayant gardé des séquelles de la guerre 14-18, laissa la gestion de la commune.

Ce fut son ami Agnel BERNARD qui fut nommé adjoint spécial. Il devint notre douzième édile de 1943-1949. Je connaissais M. BERNARD pour avoir accompagné mon père lors  d’une visite. Pour quelle raison? Je n’en sais trop rien : j’étais bien jeune! Je me souviens de ce  monsieur à barbiche blanche. Il habitait  la maison de la famille RICO, en haut du boulevard national, vers Aïn Témouchent,  en face de celle de la famille POUYAU.

 Il m’a fallu remuer ciel et terre pour entrevoir un pan de vie de cette période. Côté  Ciel, aucun résultat. Côté Terre, plus de succès.  J’ai eu quelques informations amicalement fournies par  Jean-Claude CARREGA:

«Agnel BERNARD  est né le 14 Août 1882 à TENES dans l’Algérois. Il fut instituteur à RIO SALADO aux environs de 1905. Comme son ami Paul Bour, il épousa une demoiselle saladéenne, Juliette GARCIA. »

Rapprochez-vous! Écoutez la suite. C’est Andrée CARDONA, qui m’a fait ces confidences: «Juliette GARCIA, tata TULETTE comme les enfants l’appelaient, était la sœur de Gaby devenue madame Albert CARDONA, la mère de  Jean. Juliette habitait effectivement dans la maison RICO où vécurent ma sœur Nicole et son mari Georges GARAIT

Comme son ami Paul, Agnel BERNARD «quitta la plume pour la charrue» et Jean-Claude CARREGA m’apprit  qu’il  avait obtenu une concession de 25ha à TURGOT.

Continuant mes recherches, André BERMUDES m’a raconté  que ce monsieur avait une très belle maison à l’entrée de TURGOT, dans le style des années 20, où vivait son fils Édouard, Dadou pour les amis, et Christine PLAZA d’ajouter: «Il y avait  un très beau parc».

Pourtant, M. BERNARD, je suis désolée, vous n’avez pas laissé un profond souvenir dans la génération d’amis que j’ai contactée!

Vous, qui me suivez dans ces remontées dans le temps, ne portez pas de  jugements trop sévères! Les contemporains de M. Bernard, avec qui j’ai bavardé, étaient trop jeunes pendant cette période,  les autres, les plus âgés  avaient eu d’autres soucis que  celui de s’inquiéter de  la bonne marche de la commune.

 La mandature de M. BERNARD était en fait le prolongement de celle de M. BOUR. Même climat politique, mêmes soucis, mêmes tracas, mêmes préoccupations. La FRANCE venait d’accepter la capitulation. Les rationnements  et les  restrictions étaient terribles. D’où une pénurie de denrées alimentaires, de médicaments, de textiles,… Ajoutez à cela, le retour du Front de nos soldats, de nos blessés, de nos prisonniers.  Deuils pour certains. Douleur pour les uns,  tristesse pour tous! Que leur importait  alors Agnel  BERNARD!

 Je vous laisse imaginer leur  vie en prenant connaissance de toutes ces anecdotes que j’ai pu recueillir.  Albert RICO se souvient de sa mère et de sa tante se levant à 2 h du matin pour se rendre à la boucherie ARMAND ou à la charcuterie TITO où  une longue file de Saladéens  attendait déjà l’ouverture des magasins afin d’obtenir un petit morceau de jarret ou de saucisse en échange du fameux ticket de rationnement. La viande n’était pas la seule chose qui manquait à nos Saladéens. Le café! Parlons-en du café! Plusieurs de mes informateurs ont soulevé ce problème.  Pas de café, quel malheur!! Mais nos mères et grands-mères pleines de ressources avaient trouvé une astuce: elles grillaient les grains d’orge dans un grilloir :  récipient cylindrique en tôle muni d’une manivelle avec juste une petite ouverture pour verser les grains,   le tout monté sur un foyer. Et on tournait, tournait, tournait lentement la manivelle et les grains grillaient en dégageant pas mal de fumée. Il suffisait  alors, la cuisson finie, de les moudre dans le moulin à café (de marque Peugeot, s’il vous plaît), de verser les grains moulus dans une chaussette. Oui une vraie chaussette ! (depuis longtemps abandonnée, bien sûr),  d’y verser très lentement de l’eau bouillante. Et vous aviez un ersatz de café … « délicieux ». Eh! il n’y avait rien d’autre!

Avec ce même appareil, je vous invite à une dégustation de TORAÏCOS. Non, réflexions faites, trop long à faire! Allez plutôt voir MINGO  et sa charrette, sur la place, en face du « Petit Louvre », le magasin de prêt à porter de madame NAVARRO. Il vous  les propose dans un cornet roulé dans des feuilles de « l’ECHO D’ORAN ». Un régal! Vous pouvez me croire! Surtout lorsque vous les croquiez à peine tièdes. Oh! Pardon! Où avais-je la tête? J’ai oublié de vous dire que les « TORAÏCOS » sont  des pois-chiches grillés! Je vous avoue que je n’ai trouvé ce mot dans aucun dictionnaire qu’il soit castillan ou  valencien. Je pense qu’il fait partie de notre « patois pied-noir »!

   Dans cette période troublée où tout faisait défaut, nos astucieuses ménagères taillaient les torchons de cuisine  dans les toiles usées des matelas que la tia JOSEFA , la matelassière de Rio, venait de renouveler. Bien souvent,  elles allongeaient un tablier d’écolière devenu trop court, en ajoutant un volant taillé dans une tombée de tissu. Et que vous dire  du costume du petit Jacques SALVA taillé dans la toile d’un sac à lie provenant de la cave du grand-père?   Vous n’avez pas idée de l’ingéniosité des dames de cette époque!

Ajouter à tout cela, la fabrication du  savon, dont la composition m’échappe, que l’on préparait sur le feu de bois dans un gros chaudron. Puis qu’on versait, avec mille précautions pour éviter les éclaboussures brûlantes, dans des  moules très longs. Là,  il  refroidissait, attendant qu’on le découpe en morceaux. La famille avait ainsi du  savon pour l’année. Pendant ce temps,  ma sœur, ma cousine et moi ramassions les fruits du SAPINDUS,  qui poussait dans la cour de la maison de mon oncle, et nous nous amusions à faire mousser les noix en les frottant entre nos doigts.

Pour corser cette période, Albert me parla de ce « bon » pour une paire de chaussures d’enfant que sa mère avait obtenu. Albert en fut le bénéficiaire. Il s’en alla chez M. SANCHEZ qui tenait boutique à coté de chez M.DUCHEMIN et M. ARMAND, prendre possession de ses chaussures neuves. C’était la dernière paire, heureusement à sa pointure! Merci Mon Dieu!  Défense de rire s’il vous plaît, les deux chaussures étaient du même pied! Qu’à cela ne tienne, elles étaient neuves! Albert se chaussa tant bien que mal, et s’en retourna chez lui,  traversant le terrain vague derrière la Fermette de la famille ANTON et l’école maternelle, évitant ainsi le détour par le boulevard. Tout heureux, il  marcha allègrement dans une belle flaque d’eau, et là, dans un grand éclat de rire, Albert me dit:

«Tu sais quoi? En sortant de la flaque, plus de chaussures! La semelle pendouillait toute molle. P…..! Sûrement fabriquées dans une espèce de carton bouilli ou peut-être  avec de l’alfa! Un désastre!» Il ne me conta pas l’entrevue avec sa mère.

 Paulette SANCHEZ, la sœur de Louis-Philippe GONZALES me parla,   de ses chaussures à  semelle de bois. Michelle KRAUS des siennes à semelles de liège, en ajoutant fièrement: « du liège,  venant de chez nous!».  Et, « la merguez sur le couscous » comme dit notre amie Gislène PARRES, des chaussures dont la semelle n’était  autre chose qu’un morceau de  caoutchouc découpé dans un  pneu. Vous imaginez cela! Quant à nous,  les gosses de ces années-là, nous ne sommes pas prêts d’oublier les talonnettes en fer que le cordonnier fixait à la pointe et au talon de la chaussure pour «qu’elles tiennent plus longtemps!» et qui faisaient un bruit d’enfer.  Nos aînés se débrouillaient comme ils le pouvaient.

Paulette SANCHEZ, avec qui j’ai bavardé un long moment, m’a permis, vu la richesse de ses souvenirs, de me faufiler dans l’école de filles de cette époque, que j’ai  connu aussi. N’attendez pas de photos de classes de ces années-là. L’Éducation Nationale n’acceptait plus les photographes dans les écoles.  Elles réapparaîtront après 1945. La directrice de l’école de filles, je vous parle de la vieille école, celle située en face de la place où sera construite la nouvelle église,  était madame VIARD. Je me souviens de cette dame,  et de son fils, Jean Michel, Jean-Mi. Un grand garçon blond  portant une casquette. Rendez-vous compte! Une casquette ! Quand tous nos copains arboraient fièrement le casque colonial! Enfin! Bref! En continuant notre conversation, Paulette me parla de son institutrice, Solange  NAVARRO, la plus jeune fille de madame NAVARRO.

 « En  fin d’après-midi. nous avions des séances de « tricotage ». Melle NAVARRO nous distribuait de la laine kaki provenant sûrement du magasin de ses parents, la mercerie «Grand Magasin ». Nous devions tricoter au point mousse des carrés que l’on empilait, une fois finis, sur une étagère de la classe.  Je pense qu’ils étaient ensuite assemblés au magasin pour former des couvertures envoyées aux prisonniers restés en Allemagne. »

Un événement qui marqua le village, lui revint en mémoire: l’enterrement de Sassa, François NAVARRO, le frère de son institutrice,  mort pour la France en 1943 à SFAX en Tunisie. Renée

QUILES m’a raconté que son grand-père était allé en voiture, chercher le corps de son fils. Triste besogne pour un père!

Continuant notre conversation, Paulette  me parla des leçons de catéchisme données par mademoiselle BAUBIL, de l’abbé LAMOUR,  de sa gouvernant Mémé SALOU.   Et, d’anecdotes en souvenirs, elle évoqua Melle LASSERRE, Madame CRESPO,   Madame BOUR, directrice de l’école maternelle. Je me rappelle bien de  cette dame, habillée de sombre, un bandeau de velours noir assez large lui emprisonnait les cheveux, comme un béret.

Bon, tout cela ne nous rajeunit pas! Mais avouez tout de même que ces années furent éprouvantes pour les adultes, mais fantastiques pour nous… Nous étions jeunes!

Que devenait Monsieur BERNARD dans tout ça?  Il continuait son bonhomme de chemin,  gérant  et maintenant l’ordre dans sa commune,  accompagné du secrétaire de mairie, et de son premier adjoint: Raphaël POVEDA. Je peux ajouter qu’après la libération du pays, M. LANGEAIS n’ayant plus d’ affinité avec le gouvernement de la FRANCE libérée, avait dù partir, et M.MARCIANO avait dù reprendre sa place de premier secrétaire auprès de M.BERNARD. Tout cela au conditionnel n’ayant eu aucun témoin pour le confirmer. J’ai retrouvé dans nos archives, une lettre de Roger JIMENES, il avait un emploi à la mairie de notre village. Roger a laissé de très bons souvenirs chez les saladéens, mais ça c’est une autre histoire! J’ai appris par Sylvette et Guy, ses enfants, qu’il était né le 16 novembre 1922 à AÏN TÉMOUCHENT, qu’il avait fréquenté l’école de garçons de RIO SALADO, et avait fait des études secondaires au lycée LAPERINE de SIDI BEL ABBES. En 1946 il occupa un emploi de rédacteur à la mairie de RIO. Voici donc les indformations que Roger m’avait données, informations capitales concernant la gestion de la mairie: «les employés de mairie: Antoinette CONTRERAS, Sylviane LLORENS, Marinette CAREL, Dédé BRANDO, Gaby LALLANE, Victorine BERNABEU, Antoine ARACIL,Louisette CASTILLO…étaient sous les ordres d’un secrétaire général, ils assuraient de nombreux services tels que: *La comptabilité – Le service du Personnel – Etat Civil – * Le service électoral – Le recrutement des classes (18 ans en vue d’être présentés au Conseil de Révision.) – * La déclaration des récoltes de céréales- * La réglementation et circulation des vins.- * Le service des eaux et l’assainissement.- * L’entretien de la voirie- des bâtiments communaux- des parcs et jardins- * Le gardiennage et l’entretien du cimetière. -* La police municipale- * le centre de secours- la gestion des pompiers volontaires.

Merci M. JIMENES! Vous avez été d’ un grand secours., nous connaissons mieux le fonctionnement de la mairie. J’ajouterai dans la liste des employés de notre commune, le magicien des jardins: M. SEGURA, le père de nos amis, Jean Paul et Yvon. Je vous emmenerai lors d’une prochaine balade, admirer les topiaires, ces sculptures végétales qu’il réalisait sur les haies du jardin public: le square Marius RICO.

Galerie introuvable !

Jean-Pierre SEROIN, m’a raconté que le seul souvenir de cette époque était la célébration du 11 novembre. M. BERNARD déposait une gerbe  au monument aux morts pour honorer les soldats morts en  14-18  en présence des conseillers municipaux et des élèves des écoles de filles et de garçons, tous attentifs au discours de M. le Maire., la cérémonie se terminait par une « Marseillaise » entonnée à pleins poumons par les enfants.

Agnel BERNARD dirigea la commune jusqu’en 1949. Il eut la joie de voir le débarquement des américains et enfin la libération du pays qui desserra l’étau qui étouffait la FRANCE et ses COLONIES.

Aux élections de 1949, Gontrand MILHE POUTINGON, le fils de Joseph, le petit fils d’Alexandre MILHE POUTINGON fut élu maire de RIO SALADO.

Etant donné la difficulté à rassembler des témoignages, nous invitons nos  promeneurs saladéens à étoffer  cette période en y ajoutant des anecdotes, des faits, des événements en guise de commentaires. Pourquoi pas ? ?

 

8ème balade (bis): Nos maires. (1865-1940)

Je dois auparavant vous avouer que, pour cette partie de notre balade, j’ai eu besoin d’un sérieux coup de main. Sans l’aide de Jean-Claude CARREGA, je ne vous aurez pas  entraînés dans une visite aussi détaillée et complète  de notre mairie et de ses occupants successifs.  Alors, mes promeneurs occasionnels, nous vous emmenons revivre le temps passé. Jean-Claude, je te laisse la parole:

«Bonjour à tous! Un rappel essentiel: Le territoire d’AÏN  TEMOUCHENT dont dépendait RIO (jusqu’en 1859) était très vaste. Il s’étendait jusqu’à MISSERGHIN, et comprenait AÏN KIAL, et AÏN el ARBA.. Administré par les militaires, c’était un capitaine qui faisait fonction d’officier d’État Civil. En 1860, ce territoire passa sous la responsabilité d’un administrateur civil  désigné par l’État: Émile PAYEN,  qualifié de « commissaire civil« .

En 1864, le territoire d’AÏN TEMOUCHENT fut érigé en commune de plein exercice. Emile PAYEN en devint le premier maire. Ce fut à partir de cette date qu’apparaissent les  adjoints spéciaux de RIO  qui feront alors fonction d’officiers  d’État Civil distincts  de celui d’AÏN TÉMOUCHENT.

Pour anecdote, vous pourriez lire sur le registre de l’État Civil d’AÏN TÉMOUCHEN l’annonce    des deux premiers mariages de Rio-Saladéens :

      – celui, en 1860, de  Louis Henry DE GOURNAY marié à  Antoinette GARNIER,

      – et, en 1861, celui de son frère, Auguste DE GOURNAY et de  Marie ALBERGE.

 A partir de 1865, les actes de naissances, mariages et décès furent inscrits dans les propres registres  de l’État Civil de Rio Salado».

Bon! Vous voilà  informés. Vous nous suivez? Nous pouvons donc continuer notre incursion dans le passé de notre mairie. Lors de sa création, par décret impérial de 1858, le village dépendait, comme nous l’avons mentionné plus haut, de la commune d’AÏN-TÉMOUCHENT, dont il constituait une annexe. De ce fait, jusqu’en 1884, date à laquelle il devint commune de plein exercice, son administration était du ressort d’un adjoint municipal. Cette mise au point étant faite, continuons notre plongée dans le temps, et accueillons le premier d’ entre eux:

  • Le comte Louis Henri DE GOURNAY de SENICOURT, 1er adjoint spécial, délégué de l’administration. Charge correspondante à celle de maire bien sûr. Il exerça cette fonction de 1865 à juin 1869. Henri DE GOURNAY eut une concession au Camp du RIO SALADO en 1859. Il eut fort à faire en tant que premier responsable du village.

Robert TINTHOIN, Dr es-lettres-ex-directeur des Archives d’Oran, nous signalait que:

« Le choléra, les sauterelles, la sécheresse et le froid rigoureux des années 1867-1868 furent accompagnés d’une forte mortalité».

Son arrière-petite-fille, Brigitte DONVILLE ne vous est pas inconnue. Vous avez sûrement lu son livre: « La fleur de l’Aloes » de Maud ARNAUD. Roman ayant pour toile de fond, les premières années de notre village.

–      Lui succéda comme adjoint spécial: François ARNOUX. Il assura son mandat de juin 1869 à juin 1875.

  –   Son frère, Marcel ARNOUX, exerça la même fonction quelques années plus tard, d’avril 1880   à janvier 1881. Les deux frères, originaires de SARRIANS dans le VAUCLUSE, arrivèrent à RIO en 1868.

Je ne peux vous en dire plus. Je laisse aux Saladéens plus compétents le soin de nous éclairer.

  • Entre les deux frères ARNOUX, Louis JACOBIN, fut à son tour délégué spécial d’octobre 1879 à avril 1880.

En février 1864, il arrivait d’AUCH  et s’installait dans « la partie la plus malsaine de la région, au bord de l’oued Rio Salado, à la MITIDJA ( tiré du Livre d’ or de l’Oranie). J’ai relevé dans le livre de sa petite fille, Henriette JACOBIN-MONTIGNY ce que sa grand-mère, Marie Louise BILLON, raconte:

« Il n’y avait alors qu’un poste de cantonnier et trois ou quatre modestes maisons…..Notre               mariage fut le premier célébré à Rio Salado. La place publique était un maquis constitué d’épaisses broussailles, palmiers nains, lentisques, jujubiers entrelacés en fourrés impénétrables ». La briqueterie JACOBIN fut créée en 1875.

  • Le dernier adjoint spécial de RIO SALADO, désigné par le gouverneur fut Alexandre MILHE POUTINGON, le père de Joseph que nous avons déjà rencontré. Il occupa cette fonction de février 1881 à mai 1884.

Pendant son mandat,  en 1882 plus précisément,  Robert TINTHOIN, nous dit:

«…l’érection du Centre en Commune de plein exercice est demandée. Après 2ans  d’incessantes démarches, un décret du 20 Mars 1884 permet à RIO SALADO d’accéder au régime communal avec un territoire de 3000ha».

Alexandre ne s’en tint pas là. On peut lire dans « RIO SALADO 1925 » de Joseph MILHE POUTINGON

« …Un marché à longue échéance conclu avec Alexandre MILHE POUTINGON permit à     M. VIC, négociant à ORAN, de créer de toutes pièces, une installation appropriée pour l’élaboration des mistelles…..C’est donc à ce dernier que RIO SALADO doit en grande partie l’extension de son vignoble et partant de sa fortune.»

      –    A partir de Mai 1884, RIO devint une commune de plein exercice.

  –    François ARNOUX  fut à nouveau à la mairie. Mais élu  cette fois en tant que premier     maire. Il y resta de mai 1884 à septembre 1886.

  – Henri DEGOURNAY  (la particule est rattachée au nom) lui succéda d’octobre 1886 à       avril 1888.

Nous l’avons déjà rencontré aussi nous allons rendre visite au huitième de nos édiles, mais en fait notre troisième maire: Jean COMBES.

  • Jean COMBES occupa cette fonction pendant 2 mandatures: de mai 1888 à mai 1896.

Il naquit à ARAGON dans l’Aude, où il exerçait la profession de tailleur de pierre. Ce qui lui valut de partir pour l’ALGÉRIE afin de  participer à la construction du pont  du Rio Salado.  Le pont en bois fut emporté par une crue. Il acquit par la suite une concession de 15hectares de lentisques et palmiers nains. Robert SEROIN me raconta que, pendant son mandat, Jean COMBES, à l’occasion de l’Exposition Universelle de PARIS en 1889, présida au banquet des maires de France, sous la Tour EIFFEL. Il avait obtenu une médaille d’or décernée par le ministre du Commerce de l’Industrie et des Colonies, pour son vin. J’ajoute que, si vous allez vous promener dans l’allée centrale du cimetière, tout au bout, vous pouvez admirer le buste de ce maire. « L’ECHO D’ORAN » du 11 novembre 1909 nous apprend que :

« L’on vient de placer au cimetière, le buste en marbre de M. Jean COMBES ancien maire de RIO SALADO, œuvre du statuaire oranais FULCONIS. Ce buste est d’une ressemblance parfaite et d’une exécution irréprochable ». (https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Guillaume_Fulconis)

Pardon? Des questions? Vous voulez savoir s’il y avait des descendants de Jean COMBES dans notre village? Attendez! J’ai quelque chose à vous montrer, un écrit relevé dans ce fameux registre d’État Civil de « ce village tout jeune » :

      « Le 12-12-1900 a été enregistré le mariage de:

SEROIN Anthelme Marin Laurent né le 7-7-1871 à AMBÉRIEU  fils de SEROIN Antoine Marin décédé et de SANVILLE Jeanne

avec

COMBES Lucie née le 25-12-1881 à ARAGON (Aude) fille de COMBES Jean Désiré et de DAT Marguerite».

 Vous voilà informés. Jean COMBES était l’arrière grand-père maternel de Jean Pierre, Yves, Luce, Paul, Henri, Robert, Marie Pierre, Guy et  de tous leurs cousins que je n’ai pu nommer.

  • En mai 1896, Henri LAGNEAU lui succéda jusqu’en Mai 1900.

Bien entendu, vous vous rendez compte que sans l’aide de mes amis Jean Pierre, Luce et Jean Claude, je ne pourrais vous tenir pareil langage. En fait, le nom des édiles  me « parlait » comme dit mon petit fils, mais sans plus. Alors Jean Claude CARREGA est encore venu me prêter main forte. Henri LAGNEAU était son arrière-grand-père paternel, père de Rose l’épouse de son grand-père François CARREGA, lui-même étant le fils aîné d’Étienne. Vous  connaissez ce dernier? Je vous l’ai présenté lors d’une de nos promenades. Il tenait le magasin général du boulevard national situé à côté de la boulangerie.

Vous y êtes? Nous continuons donc notre remontée dans le temps. 

      « Henri LAGNEAU, d’après un article d’Emile GARAIT paru sur l’ECHO du DIMANCHE de 1959, arriva en ALGERIE en 1878 et ouvrit, à RIO SALADO, un petit atelier de maréchal-ferrant pour satisfaire la clientèle du village et des environs.»

Aux élections de Mai 1900, Henri LAGNEAU fut battu par Joseph MILHE POUTINGON. Inutile de vous dire que les relations entre les deux hommes furent quelques peu refroidies. Son fils Achille LAGNEAU se présenta par la suite. Il ne fut pas élu.

  • De mai 1900 à mai 1940, Joseph MILHE POUTINGON, fut le maire du village.

Vous avez vu une partie des réalisations faites dans Rio au cours de sa mandature. Écoutez M. Claude PETIT, ancien député, lors de  la remise de la Légion d’ Honneur à M. MILHE POUTINGON:

« Enfant de ce pays, puisque vous y êtes né, vous avez donné à cette terre algérienne, comme tant de vos aînés le meilleurs de vous même, c’est à dire votre cœur……vous avez pu heureusement faire aboutir un programme de travaux indispensables au développement et à la prospérité de cette belle ville….aujourd’hui nous avons devant nous une petite ville agréable, riante et coquette qui fait l’admiration de tous les visiteurs, Messieurs ! On le doit à la vaillante population de RIO SALADO et à son digne maire M. MILHE POUTINGON.»

      Faisant suite à M Petit voici une partie de l’allocution de M. Paul BOUR, président du      Syndicat agricole:

  « Vous avez merveilleusement géré les finances communales avec des ressources restreintes… A la place du misérable village que j’ai connu en 1900 lorsque je suis arrivé parmi vous, s’élève aujourd’hui une coquette ville pleine de prospérité pleine de beauté pleine de fleurs! Mon cher Maire vous avez géré en grand financier le budget de notre commune!…»

Cette cérémonie eut lieu sur la grande place publique devant la population européenne et indigène de la région qui avait tenu à lui manifester sa sympathie.  Que vous dire de plus au sujet de ce maire!  Biensûr! vous parler de la fête qui se déroula le 27 septembre 1929. C’ est pendant la mandature de Joseph MILHE POUTINGON que le style de nos fameuses fêtes , celles qui firent, elles aussi, la renommée de notre village, prit forme.Germaine ADAM m’avait raconté que son père Vincent CARDONA, conseiller municipal fut chargé d’organiser cette fête des Vendanges, la première du genre: décoration de la place publique et du monument aux morts. Pour la première fois la fête avait un thème: MOULIN ROUGE. Un orchestre animait les soirées, et les forains vinrent s’installer autour de la place, entre les palmiers que l’on venait de planter. La fête, cette année là, se termina comme les précedentes, par une FANTASIA.Et, depuis 1924, RIO SALADO fut fidèle à ce style de fêtes. M. le Maire fut aidé dans la gestion de la commune par des conseillers municipaux :

Manuel ANDREU, Constant PORTE, Albert MACIA, Jules JACOBIN, Antoine ROSELLO, Jean LOZANO, François ARACIL, Jean LOPEZ, Jacques SANCHEZ, Joachim POVEDA, Raymond FUENTES, Joseph PEREZ, Espi CANDELA, Manuel DIAZ, Louis ESTEVE, Eugene LAMBERT, François MONTERO…

Et sûrement quelques autres dont je n’ai pas retrouvé les noms.

Et Mon Dieu! J’allais oublier « l’inoubliable » :   René MARCIANO, tout jeune Secrétaire Général de notre mairie.

 Bon! Laissons M MARCIANO et retournons à nos édiles. Écoutons la fin du discours de M. le Maire:

«Certes cette œuvre est magnifique, elle est grande elle a fait l’admiration de tous ceux qui ont visité notre pays au cours du Centenaire . Mais en vérité, en sommes-nous, nous les hommes de ma génération, les principaux artisans? Non. Le travail fait, l’œuvre accomplie dans ces régions jadis couvertes de forêts impénétrables, de marais pestilentiels, peuplés de bandits redoutables, et de fauves dangereux, pourries de fièvres meurtrières, cette œuvre, nous la devons aux premiers colons(….) et il faut le dire à ces magnifiques travailleurs espagnols qui ont arraché le palmier et les broussailles.»……

Et le temps continua de s’écouler calme et serin.

Arrive septembre 1939. RIO SALADO se trouva alors plongé dans la guerre: la mobilisation,   l’angoisse, la résignation, la tristesse, les départs précipités, les pleurs. Les jeunes hommes du village  qui un époux, un père, un frère, un oncle, un cousin, un voisin embarquaient pour la Mère Patrie, où la guerre faisait rage. Les nouvelles étaient  rares. Un tel blessé, l’autre prisonnier, le troisième Morts sur le Champ d’ Honneur. RIO  SALADO est en deuil!

Et nous voilà en juin 1940: l’Armistice.

Le déroulement de cette période dépasse mes compétences, je dois vous dire que de nombreux amis sont venus me prêter main forte. Mais pour plus de précisions « historiques », j’ai consulté Internet. Je vous résume la situation de l’époque:

Le Maréchal PÉTAIN est appelé à gouverner la France Occupée:

«Au lendemain de l’Armistice, du 22 Juin 1940, la FRANCE d’OUTRE-MER restait sous la souveraineté du nouveau Gouvernement de VICHY. Les équipes municipales furent alors renouvelées, remplacées par des administrations nommées d’office par les représentants du Régime de VICHY.»

 C’est ainsi, qu’après déductions des uns et des autres, aucun témoin de cette période n’ayant pu être consulté, nous pensons que Joseph MILHE POUTINGON dut quitter sa fonction de maire.

Joseph MILHE POUTINGON resta durant40 ans(1900-1940) maire de RIO SALADO. Il naquit en 1868 et nous quitta en 1949!

EN DESCENDANT le BOULEVARD : 8ème balade. Notre mairie.

Tient! De nouvelles recrues sont venues se joindre à nous! Soyez les bienvenues. Nous n’allons pas tarder à partir. Nous sommes à l’angle de la rue Agnel BERNARD et de la rue maréchal JOFFRE, devant la maison de la grand-mère MARZULO. On m’a soufflé, non! Soyons honnête, François et Luce m’ont suggéré  qu’il serait judicieux, puisque nous sommes face à la mairie d’y aller  faire un tour. Très bonne idée! Alors, vous qui me suivez dans ces voyages dans le temps, accrochez-vous! Pour cette 8ème balade, nous allons, l’espace d’un instant, nous plonger dans la vie administrative  de   notre village, et « réveiller  » ceux qui ont fait l’histoire de RIO SALADO.

                    Traversons la rue: nous commençons notre remontée dans  le temps. Là-bas la mairie. Elle fut construite en 1904, nous apprend Robert TINTHOIN (Dr. es-Lettres, ex-directeur des archives d’ORAN). Autrefois, deux salles du groupe scolaire, situées  entre la classe de filles et celle des garçons, tenaient lieu de mairie. En fait, comme  me le rappelle Jean Claude CARREGA, la mairie de RIO fut, jusqu’à la moitié de l’année 1884 une annexe de celle d’Aïn Témouchent. Tout comme la mairie de TURGOT fut une annexe de celle de RIO jusqu’en 1920, mes amis! Cette mise au point étant nécessaire, commençons notre  promenade. Admirez au passage, notre belle église. Une cigogne perchée sur la croix, tout en haut du clocher,  nous regarde tranquillement déambuler. Et nous voilà devant la mairie. Jetez un  œil aux grilles de défense des fenêtres! Au centre, deux lettres sont entrelacées: R et S (Rio Salado). Attendez! N’entrons pas tout de suite. Arrêtons-nous un instant. En face de vous: la place publique, le square Joseph MILHE POUTINGON, maire de Rio de 1900 à 1940, ainsi baptisé le 10 mai 1931, lors de sa promotion au grade d’officier de la légion d’honneur. Écoutons la fin de son discours:

«…C’est sur cette place, dans ce décor merveilleux, à côté du monument sur lequel sont inscrits en lettres d’or , le noms des Enfants de RIO SALADO, Morts pour la Patrie, que vous avez voulu me couvrir de louanges et de fleurs…». Ce maire  était admirable et notre place vraiment belle!

Mais elle ne  fut pas toujours un « décor merveilleux ». Avez-vous idée du nombre de réunions, de menaces, de procès verbaux qu’il fallut pour en arriver là! Le 28 mai 1909,  on pouvait lire sur L’ÉCHO d’ORAN :

«Malgré l’arrêté du Maire  pris il y a un mois, et de nombreux avertissements donnés à la population pour faire disparaître les cochons de notre centre, quelques personnes s’obstinent à en garder dans les immeubles. Deux procès verbaux ont été dressés hier».

Plus loin,  le 19 juin 1909 on pouvait encore lire:

«Notre grande place publique est toujours en grand état de malpropreté, parsemée de cailloux, et de détritus de toutes sortes, elles n’est jamais nettoyée. Nos plantations sont également abandonnées, personne ne s’en occupe malgré les sacrifices considérables consentis pour leur entretien».

Vous imaginez l’effort déployé par le maire de l’époque, M. Joseph MILHE POUTINGON, pour que vous puissiez admirer ce « merveilleux décor! ». Cette place fut créée  en 1907. Yvon LOZANO, alors que nous évoquions avec émotion pour la énième fois nos souvenirs, me racontait que son père Jean LOZANO  conseiller municipal,  fut chargé de superviser les  travaux de rénovation et d’ embellissement de ladite place.  Que d’acharnement et de persévérance!  Mais quelle réussite! N’est-ce pas? Laissons ce point vital de notre village et montons les 2 marches qui mènent à la porte d’entrée de la mairie. A gauche de celle-ci, une plaque en marbre blanc nous rappelle l’origine du nom.

 « RIO SALADO: OUED MELAH des ARABES,  FLUMEN SALSUM des ROMAINS (Rivière Salée) 

Et  encore, que RIO fut créé Centre de colonisation le 16 février 1859 et érigé en commune de plein exercice le 20 mars 1884.

Dans les dernière lignes, on pouvait lire qu’à l’origine du Centre, la population était  de 50 feux composés d’européens et d’indigènes et que  sa superficie était de 3000hectares». Au-dessus  de cette plaque en marbre, le blason de RIO SALADO. Il a été celé au mur en 1956. Non! Non! Pas d’erreur! C’est bien 1956! Rapprochez-vous et écoutez comment notre village,  petit  bled de l’ORANIE,  a eu ce beau blason. Vous pouvez vous torturer les méninges, nous étions pratiquement le seul village d’Algérie  à avoir des armoiries. Comme les  grandes villes de la métropole ! Nous devons ce beau blason au maire de l’époque: Gontrand MILHE-POUTINGON, fils de Joseph MILHE POUTINGON. M. René MARCIANO, alors secrétaire de mairie, nous relate les faits (bulletin paroissial de l’abbé PLENIER, d’octobre 1957): 

2- « Au cours de la séance du 21 décembre 1956, Mr. Le Maire a fait connaître à l’assemblée (…) qu’étant en vacances en Métropole, il a été invité par Monsieur FOUQUES-DUPARC maire de la ville d’Oran, à se rendre à Orly, afin d’y recevoir Messieurs les Gouverneurs Généraux d’ ALGERIE…..  les maires de France et d’Algérie se sont rendus à COLMAR en vue d’assister, à la préfecture de cette ville, au jumelage de diverses communes du département du HAUT-RHIN. A cette  occasion Mr. THROO, maire de GUEBWILLER lui a été présenté et a bien voulu accepter le jumelage de sa commune avec celle de RIO SALADO.

Sur l’invitation  de Mr. THROO, maire et Mr. Roger NININ, sous-préfet, se sont rendus à GUEBWILLER où une séance du Conseil Municipal a eu lieu en vue de dresser l’acte de parrainage (….) Après la signature de l’acte, le discours a été prononcé par Monsieur le Maire de GUEBWILLER .»

Le discours termine sur ces mots: « Mais il sied aussi à tout parrain d’offrir un cadeau à son filleul. Je vous prie d’accepter en souvenir de cette journée ce tableau représentant les armoiries de notre cité.»

 D’où l’idée de notre blason! et Mr. MARCIANO, continuant son compte rendu, ajoute:

«….Mr. le maire fait remarquer à l’assemblée qu’il a fait établir par M. le Directeur des Beaux-arts d’ORAN diverses maquettes pour le choix des armoiries de la ville de RIO SALADO.

Après examen, la maquette retenue est celle représentant l’origine de la cité avec ce libellé du décorateur:

«  d’argent à la barre de sinople maçonnée et bretessée, chargée d’une rivière d’or, accompagnée de deux fleurs de salicaire au naturel.»

Ne me demandez pas d’explications. Voyez notre Président : il s’ y connaît mieux que personne! M. MARCIANO, continuez s’ il vous plaît! On vous écoute!

« Sur la demande de M. le Maire,  l’assemblée charge M. BOUR Henri, conseiller municipal, de consulter  M. le Directeur des Beaux-arts d’ORAN pour faire compléter la maquette choisie, qui est à l’image de la ville de Rio Salado…..»

C’est donc ce blason, que l’on peut admirer à gauche de l’entrée de la mairie, et où l’on peut  lire la devise de notre village:

« d’Obstacle n’ a cure, fleurira quand même.»

Après ce rappel, nous pouvons entrer et « réveiller » tous nos édiles. Montons jusqu’à la salle des mariages. Installez-vous! Ils sont là, dans leur cadre, accrochés au mur. Ils attendent de vous être présentés. 

La Saint-Pierre 2019 à Sète.



Sortant du port de SETE, les chalutiers, avec à bord les touristes et tout ceux désirant participer à la cérémonie en mer, escortés par toutes les embarcations pouvant tenir sur l’eau, se rendent , derrière la jetée afin d’honorer les pêcheurs partis en mer et jamais revenus.


Les embarcations grandes et petites se lancent vers la sortie du port dans un grand remous d’écume.

Sortant du port une petite embarcation, avec à son bord, un couple protégé du soleil par un parasol bleu se lance vaillamment dans le remous des thoniers, des chalutiers et des plaisanciers vers le lieu de la cérémonie en hommage aux marins disparus en mer.

Remous néfaste au petit hors bord: les vagues s’invitèrent a l’arrière de la coque. Ecoper devint inutile. Heureusement, le bateau de la SNSM n’était pas loin. Intervenant rapidement, nos deux téméraires furent hissés a bord. Le petit bateau le nez en l’air, regagna le port tracté par I’Ange Gardien des Mers.

Et puis, le moment du recueillement, la gerbe jetée dans les vagues, l’Ave Maria, la Marseillaise, et pour clore la cérémonie, le concert de cornes de brune de tous les bateaux venus rendre hommage aux marins disparus en mer.

La maquette de l’église de RIO SALADO réalisée par François LAROZA.

                 

Préambule :

Histoire de la maquette de l’église de Rio, réalisée par F. LAROZA.

                  Ou comment cette maquette est sortie de l’ombre.

Le bureau de l’Amicale du Rio Salado était en réunion. Nous devions préparer notre rassemblement de Pentecôte. Auparavant, nous devions rendre compte de notre entrevue avec le Président du Centre de Documentation Historique sur l’Algérie (CDHA) au sujet d’une éventuelle maquette représentant un endroit de notre village cher aux Saladéens (la place du village, haut lieu de tous les faits marquants de notre communauté) qui serait placée dans la salle d’exposition du CDHA. La réalisation s’avérant hors de prix, nous pensions abandonner le projet lorsque Gérard LAMBERT nous parla de la maquette de l’église de Rio réalisée par François LAROZA. L’idée nous enchanta. Il nous suffisait d’aller exposer le projet à M. PEREZ, président du C.DHA. Comme le lundi, nous devions, Jacques et moi, nous rendre, sur son invitation, à la faculté de médecine de Montpellier, assister à l’inauguration d’une exposition sur les Médecins de la colonisation de 1830 à 1962 en Algérie , nous en avons profité pour lui parler de la maquette. L’affaire étant en bonne voie. Danielle LONG- RODRIGUEZ, présente au CDHA en tant que bénévole, prit la relève, fixant les rendez-vous entre  M. PEREZ et notre président E.REYNE.

Grâce à la bonne volonté de Gérard et Monique LAMBERT, qui allèrent  chercher la maquette dans le  Lot, nous avons pu l’admirer lors de notre rassemblement de Pentecôte.

L’interview de François LAROZA :

J’ai voulu en apprendre davantage, afin de vous faire connaître cette œuvre d’art. Le mot n’est par fort, loin de là. J’ai donc pris contact avec François.

Alors nous t’écoutons François. Raconte-nous comment l’idée t’est venue de faire une telle maquette:

«Je vais essayer de faire au mieux pour vous donner une idée du parcours de la maquette de l’église de Rio. Alors? Par où commencer? (un temps de réflexion et François reprend). Au printemps 1958, j’avais 16ans, j’ai construit, pour occuper mes après-midis, une petite pagode népalaise en utilisant uniquement des allumettes. Le résultat fut, on va dire, sympathique. C’est là que l’idée de réaliser une maquette -une grande cette fois- a commencé à germer dans mon esprit. Rapidement, j’ai pensé à l’église du village. Je l’ai toujours trouvée belle. Je l’ai toujours admirée. Comme j’en parlais à une de nos voisines qui observait ma petite pagode, elle me répondit d’un air moqueur: «J’aimerai bien voir ça!». Je n’hésitai pas à prendre ma décision. Aussitôt,  je me mis au travail. Très vite, j’ai compris que je me devais de respecter les règles élémentaires de solidité de la maquette: les proportions, l’échelle etc., etc. Du coup, je me suis rendu compte que le support prévu était beaucoup trop petit. En effet, chaque détail devait occuper l’espace qui devait être le sien dans l’ensemble réalisé pour que la structure reste cohérente. Avec quelques astuces et je pense, un peu de réflexion, j’ai toujours trouvé des solutions et c’est ainsi que mon affaire démarra.

Mon premier but fut de commencer à dessiner sur un carnet les détails du « bâtiment » point par point. Tout y passait: portes, fenêtres, rosaces, clocher, toitures ….Cela m’a pris beaucoup de temps, j’allais m’asseoir sur le seuil de chez M. DUCHEMIN, avec crayons et cahier. Je prenais les mesures, un œil fermé, bras tendu  me servant de mon pouce,  comme je l’avais appris en classe de dessin, notant tout dans les moindres détails. Ça en valait  la peine, car je ne savais pas à ce moment là que je ne terminerai pas ma maquette en Algérie, mais en France.

Cette construction me prit beaucoup de temps (de 1958 à 1963). Il  fallut faire appel à ma famille, mes voisins, mes amis pour amasser les allumettes indispensables à la réalisation de  la maquette. Et, en possession des « matériaux » et des « plans » que je m’étais fabriqués, je commençai les « travaux ». Sur le périmètre que j’avais tracé, les murs ont commencé à s’élever et les détails ont trouvé peu à peu leur place. Pour les parties les plus délicates  à installer, comme les toits, par exemple, j’ai dû  improviser et poser une charpente faite de planchettes. Elles servaient de support aux allumettes qui en l’occurrence firent office de tuiles. Dans ce cas particulier, les allumettes étaient collées sur l’arête et non à plat, contrairement aux autres parties de la construction.

Un autre point délicat fut la rosace à cause de ses formes rondes. En effet, si on essayait d’arrondir une allumette, elle cassait. La solution en fait, était simple: il suffisait de les mettre à tremper pendant quelques heures, et elles s’assouplissaient. On pouvait alors les « forcer » et leur donner la courbe nécessaire sans les casser.

Bien sûr, tout ne fut pas simple. La maquette inachevée quitta Rio Salado dans un conteneur. Elle arriva plus que dégradée : DÉMOLIE! Il ma fallu quasiment reconstituer mon église! Heureusement, j’avais mes croquis pour m’aider!

Au départ d’Algérie, je n’avais pas encore réalisé la partie supérieure du clocher, comme vous le montre la photo prise en France. Mes petits dessins, et une carte postale de l’église sont venus à mon secours. En 1963, dans mon village d’adoption, j’ai pu terminer -enfin!- la maquette de notre belle église (la vraie bien sûr), Mon pari était gagné : j’avais réalisé mon rêve.»

J’ai demandé à François de nous donner quelques renseignements supplémentaires concernant cette magnifique œuvre d’art. Puis, je  l’ai remercié au nom de tous les Saladéens  pour cette réalisation vraiment très réussie de notre belle église SAINT MICHEL.

Sur le plan technique voici  quelques détails:

*  Épaisseur des murs: 3 allumettes minimum.

*  Épaisseur au niveau du clocher: entre 4 et 7 allumettes.

*  Vitraux: papier hygiénique teinté à la peinture à l’eau

*  Découpe: des dizaines de lames de rasoir.

*  Colles utilisées:

  – gomme arabique en morceaux de chez M TISSINIER,

  – tubes de colle Scotch de chez M. SANCHEZ,

  – colle à bois blanche M. Bricolage,

* Nombres d’heures passées: 3000 heures environ.

* Nombre d’allumettes: 55000 environ.

Un grand merci à mes fournisseurs d’allumettes usagées.

*La maquette a été exposée 5 fois:

       – 4 fois à SAINT CÉRÉ dans le Lot  dont une fois à la MAISON des CONSULS, lieu officiel d’Expo.

       – 1 fois à MORANGIS dans l’Essonne (ville qui à offert la vitrine d’Expo)

Et François s’en est retourné dans son village où il exerce outre la fonction de maire adjoint, et celle, à la grande joie des habitants, de directeur dans  différentes activités. 

La maquette, elle, a changé d’horizon. Gérard LAMBERT et André BLASCO sont allés la chercher chez François, afin de la déposer au CENTRE de DOCUMENTATION HISTORIQUE sur L’ALGÉRIE (C.D.H.A) d’Aix en Provence. Ernest REYNE,  président de l’AMICALE du RIO SALADO  les y attendait. Danielle LONG prit les photos. Replacer la protection en verre fut un problème vite résolu. Et la magnifique maquette de François, un petit morceau de notre village, est maintenant au C.D.H.A où elle y séjournera pendant longtemps, exposée aux regards des visiteurs.



Le lien ci-dessous vous transportera au CDHA qui a réceptionné la maquette.

http://www.cdha.fr/leglise-saint-michel-de-rio-salado-au-cdha

Pentecôte 2019 : notre rassemblement.

Nous étions, ce 9 juin, réunis à Poussan dans la belle salle « Odéon ». Une salle plus petite que celles de nos rassemblements historiques, mais largement suffisante pour rassembler nos adhérents désormais et inéluctablement en nombres de plus en plus réduits. Ils étaient pourtant plus nombreux que dans nos prévisions les plus optimistes. Il faut dire aussi que nos amis d’Er Rahel, étaient accompagnés de quelques jeunes particulièrement joyeux et entraînants.

            La salle « Odéon », située en bordure de l’étang de Thau, présentait toutes les commodités. Le parking spacieux et fermé posséde des espaces de promenade très agréables par cette belle journée printanière. A l’intérieur et autour de la grande salle de restaurant de nombreuses salles annexes facilitant notre organisation et l’accueil des participants, assuré par Danielle Rodriguez-Long.  Le bar, équipé de larges frigos et tenu par l’amicale autour de Richard Andréo et Etienne Rosello, n’a pas désempli jusqu’à l’heure du repas. Les convives, installés par l’incontournable Jadette Salva autour de tables rondes de huit à douze personnes, ont apprécié l’excellent repas servi par le traiteur et ponctué, jusqu’en fin d’après-midi, d’intermèdes musicaux et dansants animés par un sympathique D.J.     

            Le rassemblement s’est achevé sur une satisfaction unanimement exprimée par les participants qui ont pu consulter l’exposition de Jadette (encore elle !) centrée sur l’actualité du cimetière de Rio Salado. Ils ont également eu la surprise de pouvoir admirer la splendide maquette de l’église du village, réalisée par François Laroza, exclusivement à partit d’allumettes collées. Pour cette réalisation, François a consacré 3000 heures de travail dont la plus grande part à RIO même, avant le grand départ. Elle  sera désormais exposée dans les locaux du CDHA (Centre de Documentation Historique de l’Algérie) d’ Aix en Provence,

 Pas la moindre critique n’a été relevée de la part des participants heureux de se retrouver après un temps d’errance et souhaitant le renouvellement de ce nouveau type de rencontre.

Nouveau départ ?

Vidéo : vue panoramique de la salle par Jayme SALVA.

Dernières photos et vidéos de Jean-Pierre MUNOZ.

Vidéos JP Munoz : l’entrée à l’Odéon.

Les plans de tables (merci Jadette).

Le rendez-vous au bar…

Avant le repas :

Extrait du discours du président.

Extrait du discours de Jean-Marc GELY (CDHA)

Le bal (extrait 1).

Le bal (extrait 2)