Conseil d’administration du bureau de notre amicale. (mai 2019)

Etaient présents : Danielle et Yves ANDREO  –   André BLASCO –  Denise et René CARDONA – Michelle CHORRO – Dolorès et Antoine  CLEMENT –  Renée PASTOR/CURTI – Blondine et Georges DESCAT – Marie-Claire ESCUDERO – Suzanne et Raphaël GRAS –  Monique et Gérard LAMBERT ––- Chantal et Jean-Louis LOZANO – Marie-Paule MIRALLES – René MIRALLES -–   Nicole et Ernest REYNE  –  Carmen RIPOLL – Jadette et Jacques SALVA.

 

Etaient excusés : Richard ANDREO – Henriette et Daniel ARACI – Simone et Rémi BELTRAN  – Rosette et André BERMUDES – Denise et Hilaire CLEMENT – Marie-, Christine et François ESCUDERO  –  Josette LOPEZ – Nicole et Albert LOPEZ – Anne-Marie MARTOS – André MARZULLO – Christine  er Joseph PLAZA – Salustiana et Francis QUILES – Françoise et René REQUENA – Danielle RODRIGUEZ/LONG – Armand ROSELLO – Etienne ROSELLO – Jacquelin

Cette réunion avait pour objet principal de préciser les derniers aspects de l’organisation du rassemblement du 9 juin  prochain à Poussan.

En préalable, 2 informations :

  • Notre ami Jean-Jacques LION, président du CSCO a été, très récemment, victime d’un AVC. Il est actuellement hospitalisé, mais les nouvelles concernant son état sont toutefois  rassurantes. Il a néanmoins dû reporter son voyage en Algérie et au cimetière de Rio Salado.
  • Mme Lydie BOZON- GONZALES, présidente de l’association  des anciens de Beni Saf, en relation avec le CSCO, a pris contact avec nous pour solliciter quelques conseils.

ORDRE DU JOUR :

  • Inscriptions : Plus de 130 personnes sont à ce jour inscrites (et participation payée) pour la journée du 9 juin. Pour les reconnaître, ils arboreront un pin’s de Rio dont nous détenons encore un joli stock.
  • Apéritif : L’organisation de l’apéritif est à la charge de l’amicale qui offre la kémia et servira anisette et autres boissons au prix de 2 € le ticket. Quelques boissons (bières, jus de fruits…) seront réservées, au frais,  pour l’après-midi.
  • Après-midi dansant jusqu’à 21 heures tout au plus.
  • Le repas étant préparé et servi par le traiteur (dessert compris), nous ne pourrons offrir ni mouna traditionnelle ni alcool. Par ailleurs, le conseil n’a pas souhaité organiser une tombola.
  • Ernest REYNE, président.

EN DESCENDANT le BOULEVARD : 7ème balade.

          Et nous voilà, sirotant un café, grignotant un longuet au comptoir du BAR MACIA, prêts à nous lancer, pour la septième fois, à la découverte d’une rue de notre village. Nous allons essayer de remuer les cendres  de notre jeunesse passée la-bas. Alors? Vous me suivez?

Tout d’abord, je tiens à faire amende honorable: La famille JUAN compte quatre garçons: Emile, Christian, Jean-Paul et le dernier Yves que j’avais oublié. Heureusement, parmi nos « promeneurs », Marie Claire et Gérard m’ont rappelée à l’ordre. Que voulez-vous, ma mémoire a besoin d’un coup de main de temps en temps.

Donc, si vous le voulez bien,  continuons  notre promenade. Le Bar MACIA, disais-je, est tenu par Mme Juan et la grand-mère MACIA qui, infatigablement  va du bar à la boulangerie, de la boulangerie au bar, au service des clients. Une porte mitoyenne permet le passage de l’un à l’autre. M. JUAN est au fournil, qui n’est pas  dans l’arrière-boutique, comme vous le pensez, mais rue Marcelin ALBERT. Gérard me l’a dit, Émile me l’a confirmé. Bien sûr, rue Marcelin ALBERT ne vous « parle » absolument pas. A moi non plus d’ailleurs. Pourtant, si je vous annonce: le four est dans la rue qui est derrière l’école de garçons et qui conduit au stade de basket, là,  vous la localisez mieux, n’est-ce pas? C’est normal, nous ne connaissions pas le nom des rues de notre village. Sortons du bar. Attention! Il y a trois marches à descendre. Tient! Voilà M. JUAN qui revient du fournil avec la deuxième fournée de la journée, il va décharger sa charrette et  la remiser dans la cour de la boulangerie où se trouvent plusieurs appartements.. L’un, occupé par  la famille MACIA-JUAN, propriétaire des lieux, les autres par les MILLAN et leurs fils Cilo et René. Puis par Lucienne ESCUDERO la tante de Marie Claire, les CARICONDA, les  BOBOTE, et une dernière famille, dont le nom m’échappe (leur fille Aïcha et leur garçon employé  communal). Refermons le grand portail. C’est bientôt l’heure de la rentrée. Les garçons, dont l’école  toute proche n’a qu’un  étroit trottoir, préfèrent attendre l’ouverture des portes, ici, sur ce trottoir plus large où ils peuvent jouer tout à leur aise. Allez! Nous partons? Méfiez-vous! N’allez pas marcher sur les « pignols » qui jonchent le sol.  Les pignols? Des noyaux d’abricots! Pourquoi pignol? Bonne question! Peut-être  une « importation » lointaine de nos grands-parents espagnols. Je n’en sais pas plus!  D’ailleurs, impossible de trouver « pignol » dans les dictionnaires castillan ou valencien. Considérons donc, que ce mot fait parti de notre parler « Pied-Noir » comme pas mal d’autres. Bien sûr, j’accepte avec plaisir toutes autres explications. En attendant, faites attention où vous mettez les pieds : la partie est bien avancée à ce que je vois! Gérard, Tétou, Robert, Jean-Paul, et quelques autres camarades de classe, disputent très sérieusement ce jeu d’ adresse: renverser le « montonico » formé par trois « pignols ». Ce qui permettra au plus habile d’entre eux de récuperer tous les noyaux. Gérard excelle dans ce jeu,  c’est lui qui rafle rapidement tous les pignols. Il les enferme , dans le petit sac que grand-mère GALLARDO lui a donné. Un petit sac qui vante une marque de riz ou de pâtes, je ne sais plus. Il est organisé notre Gérard , qu’est ce que vous croyez! Les autres, tête-basse, serrent dans leur poche les quelques noyaux restants qu’ils agitent nerveusement. Jean Paul transformera son dernier pignol en sifflet en le frottant sur un muret cimenté afin de l’user des deux côtés. L’amande centrale éliminée, il pourra siffler  à tue-tête et casser les oreilles de sa famille. François est ravi: il a empoché la « madré » et une belle quantité de pignols. Ces coquins ont installé leur jeu devant la mercerie de Mme ORSERO.

Essayons d’ avancer! A coté de la mercerie, la charcuterie de TITO, D’Auguste ASCENCIO plus exactement. Vous vous souvenez sans doute de son fils, ROBERT défilant sur le boulevard? Il en a fait tourner des têtes cet athlète  lors des kermesses sportives organisées par M. CERNA!  Ne rêvez pas! Retournons à la charcuterie! J’ai eu l’autre jour, une conversation téléphonique avec Flavien SEMPÉRÉ, le petit fils de M. SEMPERÉ le bourrelier, qui garde un affectueux souvenir de TITO. Rapprochez-vous, l’anecdote est touchante! Voyant la détresse de Flavien et de sa petite sœur qui venaient de perdre leur chien, TITO leur offrit pour les consoler deux petits porcelets à élever au biberon, qu’ils baptisèrent TIENT-TIENT  et VIENT-VIENT. Le premier circulait dans la rue comme n’importe quel chien, il dut être abattu lors de l’épidémie de rage. Quand  au second, il   grandissait et grossissait comme n’importe quel goret. Et dans cette période où la disette due à la guerre se faisant sentir dans le village, ce fut un drame! TITO, lui-même, vint le transformer en boudin,  pâté et saucissons. Malgré son grand désespoir, ses pleurs et ses regrets, Flavien ne put résister aux bonnes odeurs d’une côtelette grillée qu’il dévora la larme à l’œil. Ne le jugez pas sévèrement.  Vous n’avez pas connu la guerre ni la faim! Triste histoire, je vous l’accorde. Avant de continuons notre balade, regardons les élèves jouer sur le trottoir, attendant l’heure de rentrer en classe.

Passons à côté, la porte est ouverte. Attention! La cloche n’a pas encore sonné , les élèves peu pressés de se rapprocher de l’école, jouent avec une toupie, pas la métallique très colorée que l’on fait actionner en appuyant sur un genre de vis sans fin. Non M’sieurs-Dames! La toupie que vous voyez tournoyer sur le trottoir est en bois. Ce n’est pas n’importe quelle toupie! Il y a tout un travail personnel de préparation à faire avant de jouer: lui scier la pointe qui est soi-disant trop longue, lui raboter la tête pour l’alléger , et trouver la cordelette qu’il faut enrouler autour de la pointe sans  faire chevaucher les rangs. Regardez l’artiste! D’un judicieux coup de poignet, il envoie la toupie sur le sol. La cordelette se déroule. Il en garde une extrémité au bout de ses doigts. Elle atterrit sur le sol cimenté et entame une valse endiablée. Un artiste, je vous dis! Mais vous n’avez pas tout vu! Le plus expérimenté des garçons lance la sienne d’un coup très précis contre celle qui tournoie devant lui, la déséquilibrant, il l’envoie  valdinguer, (comme dit mon petit fils) dans la rigole, le caniveau si vous préférez. Tandis que la « toupie-vainqueur » continue son show sous les regards admiratifs des petits. Tout un art!. Je vou’ le dis!..

La cloche de l’école sonne, et tout ce petit monde ramasse en vitesse  pignols. toupies, cartes et osselets qu’ils enfouissent dans la poche de leur « pantalon court ». Notre ami Gérard se rue vers l’école balançant son petit sac lourdement chargé, heurtant un bras, une jambe, comme par mégarde…dirons-nous. Sa victoire l’a un peu excité. M. CONTRERAS, son instituteur, aura fort à faire avec ce garçon! Ne vous inquiétez pas, le maître a une méthode  radicale pour faire tenir en place le loustic!

Ouf! Le calme est revenu. Nous pouvons entrer dans le magasin de Mme DURA. Une mine, cette boutique! Figurez-vous que l’on trouve sur les étagères, en plus des marchandises habituelles, des réglisses, des sucres d’orge, du Zan, des cachous  La JAUNIE, des boites de coco et même… des pierres enduites de phosphore qui éclatent lorsqu’on les jette parterre, d’après les dires de Jean-Claude.  Attendez! Il me semble que je me trompe. Jean-Claude m’avait dit où dénichait ces « pierres à feu »,…..Ah! Oui! Dans la droguerie de M. TOUATI, de l’autre côté de la place. Tant pis! de toutes façons, ces pierres servaient à effrayer les filles qui , au bruit, s’éparpillaient  comme une compagnie d’étourneaux. La boutique suivante est celle de Joseph BENICHOU, le cordonnier, dont l’échoppe s’ouvre sur une porte digne d’ une entrée de chapelle: porte immense en fer forgé, et toute vitrée. Joseph est le copain de pas mal de jeunes qui viennent le voir travailler.

Nous voilà arrivés  chez M. et Mme DUCHEMIN. Ils sont logés dans les locaux que M. Albin ARNOUX  a mis à leur disposition. Vous avez une minute? J’ai le temps de vous parler de ce couple? M. et Mme DUCHEMIN sont arrivés  à Rio Salado en 1941, venant de NANTES, traînant dans leur  sillage une quinzaine d’enfants. Mme DUCHEMIN et M. DUCHEMIN, violoniste sur un bateau de croisière, et ayant perdu son travail, furent sollicités par le CENTRE GUYNEMER pour accompagner et s’occuper des enfants de NANTES , loin des bombardements et des tracas de la guerre, dans des villages d’ Algérie, Rio Salado en l’occurrence. Les Centres GUYNEMER furent crée par la vicomtesse DE VILLIERS de la NOUE , sœur d’un as de l’aviation, mort pendant la grande guerre, en décembre 1917 à 22ans!. Ces centres étaient sous le patronage de plusieurs associations dont la Croix Rouge française. Mais revenons à Rio. Ces enfants âgés de 7 à 14 ans, restèrent dans notre village jusqu’en 1945. Ils ne fréquentaient pas l’école communale, vivaient en vase clos. Je me souviens  d’être allée avec ma mère  rendre visite à Mme DUCHEMIN. Je revois cette très longue table dans l’arrière pièce un peu sombre, et tous ces garçons sagement assis, M. DUCHEMIN en bout de table. Le dimanche, afin d’apporter un peu de fantaisie dans leur vie d’exilés, ils étaient invités dans des familles.  Mathilde DAVOS et Yvette DETORRES ont, durant toutes ces années, invité trois ou quatre garçons -jamais les mêmes- à passer le dimanche en famille. Yvette a reçu des nouvelles par la suite. Nous ne savions pas grand-chose. Nous les entendions quelquefois en passant devant le rideau métallique qui fermait le local où ils vivaient. Les élèves, assis sur la marche, devant la porte, imaginaient les pires scénarios. La guerre finie, les enfants regagnèrent NANTES. M. DUCHEMIN devint notre photographe. Le temps presse, je vous raconterai plus tard, comment de violoniste puis éducateur, il devint photographe, désirant rester à RIO. Continuons notre excursion. Traversons la rue Pierre POUYOU et dirigeons-nous vers  notre première école de filles. La porte est ouverte. Quelques élèves s’attardent  devant l’entrée, terminant leurs jeux, Regardez! Là, elles jouent à « chandelle » en fredonnant: «Le facteur n’est pas passé, il ne passera jamais…» » Plus loin, elles font une ronde: « Napoléon est mort à Saint Hélène, 1,2,3, nous allons le délivrer,…». Ici elles jouent à la corde: deux fillettes balancent la corde de gauche à droite en chantant « A la salade ,mon père malade. Il est guéri au pied du lit, lundi….». A tour de rôle, les autres participantes entrent dans le jeu en sautant par-dessus la corde. Les balancements des bras des deux fillettes, deviennent alors des cercles qui s’accélèrent de plus en plus. Le jeu devient alors « vinaigrette », Les sauts sont courts et très rapides, les joueuses tiennent la cadence. Quelle prouesse! J’en suis toute essoufflée!…….. Contre le mur de la maison de Raymonde, Thérèse et Lucette MACIA, une petite fille crie : «1,2,3 soleil» et se retourne  pour  prendre à défaut les filles pas assez rapides qui avancent encore. Les plus grandes terminent une partie de ballon: elles jouent « à fumée » ou peut-être  » au ballon prisonnier ». Les deux jeux se ressemblent  quelque peu.   Il a fallu composer les deux équipes  qui  s’affronteront en essayant de s’élimer à coup de ballon. Nous ne formons pas les équipes de la même façon que les garçons.  La maîtresse de jeu va faire « la pouf! », mot par lequel commence les préliminaires. Ne  cherchez pas à comprendre, ça vient de loin. Les joueuses forment un rond. La « chef » commence par pointer l’index sur la poitrine de la première et chante, en avançant le doigt vers la suivante, et ainsi de suite:  pomme, poire et un abricot, y en a une, y en a une,  pomme poire et un abricot y’en a une de trop c’est Marie-Margot… ». A la fin de la comptine, le doigt de « la chef  » désigne la première coéquipière. Les six premières « sorties » composent une équipe. Ah! Désolée! La cloche sonne à nouveau. Il me semble que les élèves vont rentrer en classe. Dépêchez-vous fillettes où les punitions vont pleuvoir! La voie est libre. Le calme est revenu. Nous allons pouvoir nous rendre enfin à l’ébénisterie de M. SAHEL qui se trouve tout près. Le nom est écrit en toutes lettres sur le fronton de la maison. Nous avons pour guide Micheline BOUAZIZ. Elle nous raconte:«L’ébénisterie de Salomon SAHEL était rue Marcelin ALBERT, (au côté opposé au fournil de M. JUAN). Son principal ouvrier était Gustave DANER (le père de Marie Thé.) Ce M. DANER avait un courage hors du commun. C’était un ouvrier de qualité qui avait perdu trois doigts de la main droite, au cours d’un accident de scie mécanique. Malgré ce handicap, il fabriquait des meubles magnifiques. Ces meubles ont traversé non seulement les années mais aussi la Méditerranée, sans que rien ne viennent altérer leur qualité. En effet, Maurice et Raymonde BOUAZIZ  peuvent en témoigner, dès le début des années 50, mes parents ont demandé à nos chers ébénistes une salle à manger en chêne massif, et une armoire à glace. Ces meubles imposants fabriqués de toutes pièces par Gustave DANER ont maintenant plus de 60ans  et sont toujours intacts. Pas de pattes branlantes ni de portes faussées. Ils sont devenus des compagnons de vie…..Ces meubles ont été un réconfort  rappelant à chaque instant l’existence de ce que fut notre village et ses artisan.» Merci  Micheline! Avec un peu d’imagination, on peut encore entendre le rabot, la scie ou le marteau de M. DANER. Laissons-le au milieu des copeaux de bois et filons sans faire de bruit, vers la sortie. Ma mémoire vagabonde nous ramène sans aucune hâte vers notre point de départ: le bar de Mme MACIA. En passant devant l’école, nous entendons par la fenêtre ouverte,  les élèves de Mme BERTHALON chanter, en canon s’il vous plaît, « Les crapauds ». «La nuit est limpide, l’étang est sans ride, dans le ciel splendide, luit le croissant d’or, chien ni loup…».  Sur le sol, le tracé d’une marelle. Dommage! Nous n’avons pas ce morceau de carrelage, ou mieux de marbre, patiemment poli, les bords bien arrondis, que l’on poussait du pied en avançant à cloche-pied!  Je ne vous entraînerai pas plus loin, la visite a été plus longue que prévue et riche en événements. Tous ces jeux me sont encore familiers les ayant repris avec mes élèves.

          Bon! Revenons sur Terre! Le village a retrouvé son calme. Allez! Nous rentrons! Doucement, je chantonne un air venu de notre  enfance:

                                                   «Saurais-tu danser déri,déri,déra, 

                                               Saurais-tu danser sans jamais te tromper!»

 À notre prochaine rencontre,si vous le voulez bien, nous irons à la mairie, toute proche, dire bonjour à ces maires qui ont « fait » RIO SALADO.

                                                              ******************

Une coïncidence fortuite.

Un jour, avec un collègue, nous dépannions une machine. Il a vite compris que j’étais Pieds Noirs. Il m’a dit qu’il a fait l’Algérie, dans la région d’Oran.     – Tu es passé peut-être à Rio Salado ?                                                                             – Rio Salado !.. Bien sûr. J’ai même été invité par un copain, René POVEDA, à un réveillon…
En effet, je me suis rappelé que René était venu avec un copain militaire à ce réveillon. Certains doivent s’en souvenir.


« Ce 31 décembre 1959. Vous souvenez-vous du couvre-feu qui paralysait le village? Nous les jeunes, avions décidé avec l’aide de Sylviane et René mes cousins, de célébrer, malgré tout, la nouvelle année dans la salle à manger de la vieille maison. Il y a avait là : Eugénie, Norbert, Armande, Louis, Nadia, Blondine, Jocelyne, Michel, Josette, René, Sylviane, Jacques, Jadette, Odile, René, Chantal, Jean-Louis, Titou, Marie-Jo, Paul et d’autres dont les noms m’échappent. Que de souvenirs!!! Dès 8h du soir, jusque vers 6h du matin, plus personne dans les rues. Nous étions une vingtaine de copains enfermés, à enterrer l’année 59. C’était l’année du BIG BISOU, des PLATTERS, de GLORIA LASSO, de DALIDA, de Paul ANKA, de Harry BELAFONTE, de BILL HALEY…..et les cha-cha-cha, les mambos, les calypsos, les slows, les rock se succédaient. Les jupes, en tissus d’ameublement et fort juponnées, tournoyaient de plus belles! OUF!! Ça « crépite » dans ma tête! Un vrai feu d’artifice!!!! »        

Extrait de l’article de Jadette : « En descendant le boulevard : 2ème balade« .


Il est sur la photo, au fond de la salle. Il s’appelle  Étienne DURAND et habite MAUGUIO (34).  C’était quand même une drôle de coïncidence….

André Blasco

EN DESCENDANT le BOULEVARD : 6ème balade.

Bonjour Vous Tous! Prêts pour un nouveau « voyage à contre courant »? Alors, suivez-moi. Nous n’allons pas « faire le boulevard ». Je vous propose, aujourd’hui, pour notre plus grand plaisir je l’espère, un petit détour par la rue Manuel ANDREU.

Laissons le Café REYNE aux joueurs de belote. Quittons le boulevard. Tournons à droite. Nous sommes dans la rue Manuel ANDREU. Voici la fenêtre du bar. La porte d’entrée suivante est celle de l’appartement de la famille CARREGA, parents de Jean Claude et de Françoise. Le grand portail en bois percé d’une petite porte est celui de notre cour commune. Puis, l’atelier de Juanico SOLER, notre cordonnier, à qui nous allons rendre visite. Aïe! Nous allons avoir un petit contre-temps. Les gosses du quartier: André PALOMO, Dany ESTÈVE, Aimé UBEDA, Yves SANCHEZ, Antoine et Armand MONTERO et d’autres gamins dont le nom m’échappe, arrivent un ballon dans les mains. Il faut vous dire que peu de voitures empruntent les rues adjacentes au boulevard. Les villageois circulant le plus souvent à pied, la rue est alors le prolongement de la cour de l’école et les enfants l’occupent sans problème. Mais revenons à nos petits squatters. La rue est pour eux un magnifique terrain. Voyez! Ils vont entamer une partie de foot. Observez les préliminaires employés pour la mise en route du jeu. Vous souvenez-vous du rituel? Les deux capitaines se placent face à face. Un mètre environ les sépare. Attention, c’est sérieux! Pied droit, devant pied gauche. Au signal, le capitaine passe son pied gauche devant le droit en criant « PUNTA ». L’autre capitaine fait de même en annonçant: « SOCA ». Pas d’ intervalle entre la pointe du pied et le talon, s’il vous plaît! On ne triche pas! Et, de « punta à soca », les pieds des deux joueurs se rencontrent. Celui dont la pointe montera sur le pied de l’adversaire aura le droit de choisir le premier joueur. Ah! Je vous donne le sens de ces deux mots: « PUNTA : la pointe bien sûr et « SOCA »: la souche, le pied à plat. Des pierres marquent les buts. Le match peut commencer. Tient! Aujourd’hui, le ballon de foot, qui gît dans la rigole, n’est qu’une grosse boule de chiffons qui ne résistera pas aux coups de pieds des uns et des autres! Le ballon en caoutchouc a dû atterrir dans un jardin ou sur un toit. Il réapparaîtra, c’est sûr. En attendant, nos champions vont se contenter d’une balle de chiffons. Ça risque de créer des tensions entre les deux équipes, et d’entraîner quelques échanges verbaux. Il vaut mieux nous réfugier chez Junico SOLER,le cordonnier de la rue, dont voici l’échoppe. Juanico SOLER est là, au milieu de paires de chaussures à réparer ou déjà réparées. Un amoncellement de souliers qui m’a toujours laissée perplexe: comment retrouver les miens au milieu de ce « tas »? Moi, je renonçais! Mais d’un simple coup d’œil l’expert en ressemelage me l’indiquait d’un doigt sans une parole. C’est qu’il n’est pas bavard notre cordonnier! Il faut que je vous dise que Juanico SOLER n’a qu’une jambe! Aussi le rangement se fait lorsque son travail est fini, et qu’il se tient debout aidé de sa béquille. Laissons l’odeur de colle et de cuir et aventurons-nous dans la rue. La partie de foot a pris fin. Qu’est-ce que je vous avez dit? Le « ballon » est là, éventré, des chiffons partout, qu’ André, l’instigateur du jeu, ramasse en râlant. Les voilà partis Dieu sait où! La rue étant momentanément déserte, regardez ce tracé! Vous avez-là le circuit du Tour de FRANCE imaginé par André et ses copains. Approchez! Voici donc, la case DEPART. Le circuit a été dessiné avec un gros bout de plâtre tombé d’ un quelconque mur, morceau que l’on garde au fond des poches. La craie, c’est pour l’ardoise à l’école, voyons! Vous imaginez la quantité de craie pour un tracé pareil! Je continue. Vous souvenez-vous des règles de ce jeu? Jeu réservé aux garçons, cela va sans dire! Une case-départ, des étapes et des cyclistes représentés par des capsules de bière BAO ou de COCA COLA que l’on faisait avancer d’une pichenette mot déformé allègrement en « pichinette »(encore une fantaisie de notre parler local). En fait, une chiquenaude! En entendant ce mot si peu familier, je suis sûre que notre ami Yves, gardien de nos expressions locales, me dirait d’ un air moqueur: « Anda hija! Marcaté una habichuela! ». Je ferme la parenthèse. Il fallait réussir un tir très précis pour éviter d’ envoyer notre équipier dans le décor. Et d’étape en étape, il nous fallait atteindre la case ARRIVÉE. Ai-je été assez claire? Bon! Je continue. Heu! Et bien… Je ne me souviens plus comment faire pour « doubler » un « cycliste-capsule ». L’éjecter hors circuit? Lui passer par dessus?….. Je ne sais plus! A vous les garçons, prenez la relève!!!!!

Laissons les « cyclistes »en rade sur le bord de la « route » et continuons notre remontée dans le temps. En face de vous, le mur du jardin de la villa de Camille RICO. Nous sommes maintenant devant les trois marches d’ accès à l’appartement de Jeanine, une autre de nos voisines dont la petite fille, une rouquine criblée de taches de rousseur, nous regarde passer. Nous voici arrivés dans la cour d’Alejandro PALOMO, père d’Alexandre, de Louis et d’André. Au fond, à gauche, la forge. A côté, un tas de bois. Puis la treille qui court le long du mur. Tout près, la grande volière où chardonnerets, verdiers, tourterelles et alouettes cohabitent à grand renfort de gazouillis, et de chants. André m’a avoué être chargé de la peupler. Il m’a raconté comment il s’en allait avec un de ses copains, du côté de la voie ferrée, avec dans une main, deux cages. La première occupée par le « RÉCLAMO », un appeau naturel en quelque sorte. En fait, un traître qui devait attirer ses congénères. La seconde, vide pour l’instant, était réservée aux futures victimes. Dans l’autre main, la boite de conserve munie d’une anse, faite d’un simple fil de fer, qui contenait la glu obtenue en faisant fondre une vieille semelle crêpe sur les braises de la forge. S’ajoutaient à cet attirail, 3 morceaux de roseaux enduits de glu. L’endroit choisi, les roseaux déposés, le « réclamo » placé, nos compères se cachaient plus loin. Mais l’astuce ne s’arrêtait pas là. En soufflant dans le creux de la main, ils imitaient les cris des chardonnerets. Le réclamo , l’oiseau-traite malgré lui, entrait alors en scène donnant de la voix, attirant ainsi les chardonnerets du coin. Les malheureux accouraient à tire-d’aile, se prenaient dans la glu. André n’avait plus qu’ à les récupérer, débarrasser leurs pattes de la colle tenace en les frottant avec de la terre ou du sable, et les emprisonner dans la cage vide. Cinq ou six petites bêtes venaient alors rejoindre les chanteurs de la volière. Un fin chasseur notre André! Attendez! Ce n’est pas tout! En automne, la chasse était différente. Là, pas de glu, mais des fourmis d’ailes, des fourmis ailées pour être plus correcte. Encore notre « patois »! Notre TARTARIN SALADÉEN, partait à la chasse à 4 heures du matin. Pas de lion au programme mais des étourneaux! Notre ami plaçait quelques 40 pièges où s’agitaient nos fourmis d’ailes. Les étourneaux s’y laissaient prendre. Le sac de toile qui lui servait de carnassière bien rempli, il ramenait fièrement son butin à grand-mère PALOMO qui les plumait et les préparait pour la grillade du soir. Je ne vous raconterai pas la troisième méthode de chasse de ce coquin d’ André. J’aurai, j’en suis sûre, des problèmes avec une certaine association. J’entends des reproches? Pas de jugements hâtifs, s’il vous plaît! André n’était pas le seul garçon-chasseur du village, c’était une pratique courante chez les jeunes …..avant de tenir un fusil, la chasse étant une activité très prisée chez les Saladéens. Mais revenons à la forge. Des chevaux sont parqués attendant d’être ferrés. D’après les dires d’ André, et je veux bien le croire, ce n’était pas chose facile, de mettre un fer au sabot d’un cheval! Il fallait d’abord l’immobiliser. Les fils aînés venaient alors à la rescousse. Bien souvent, la bête affolée essayait de mordre: une muselière s’imposait. D’autrefois, M. PALOMO lui bloquait les mâchoires avec une barre de fer, ou lui tordait l’oreille en s’aidant d’ un bâton. Apparemment, la méthode était efficace et le calme revenait dans la forge. Je n’irai pas plus loin dans les confidences d’ André. D’ailleurs, il crapahute dans la cour avec son copain Jean Claude, passant en chahutant devant les fenêtres qui donne dans la cour de la maison de Nicole KLEIN. Un autre fait marquant dans cette forge: le jour de marché au village. Les habitants des douars environnants arrivaient en carriole chez le pajero , avec femmes et jeunes enfants emmaillotés dans la « fouta » sur le dos de leur mère. Après les « salamalecs » d’usage, les femmes se regroupaient autour de l’ abuela PALOMO, discutant cuisine ou faits du jour tantôt en espagnol tantôt en arabe, parfois en français. Tandis que les hommes, couffins d’alfa sous le bras, partaient au marché. Douce époque!!! Continuons notre promenade. En face, le couloir menant chez Jeanine et Dany ESTÈVE, et dans la même cour, chez Aimé UBEDA. A côté, la maison de Vincent, Hermance, et Marcelle ROSELLO. Sur le toit-terrasse, son lieu de prédilection, Marc, l’aîné d’Hermance et d’ André PEREZ, venu voir sa grand-mère joue tranquillement avec les jeux offerts par tonton Vincent. J’ai mené ma petite enquête! Qu’est-ce que vous croyez! Tout à l’heure arriveront Marcel BELTRAN et Richard SANCHEZ. Ils joueront avec Marc, dans le jardin derrière la maison. Nous passons actuellement devant le couloir d’ entrée d‘Henriette SANCHEZ, la tante de Jeanine, d’Yves et de Richard SANCHEZ. Vous vous souvenez d’Henriette SANCHEZ? Une dame-choriste qui faisait partie de la chorale de M. le Curé. Laissons la rue Manuel ANDREU. Tournons à droite. Nous voici dans la rue Agnel BERNARD, du nom d’un des maires de Rio. Là, je dois vous avouer que je patauge un peu. Je crois que nous arrivons devant un magasin qui fut l’épicerie de Mme ESCUDERO, avant son déménager au boulevard national. En face sur le balcon, Thierry et Marie Jeanne TROUIN, ont l’air d’attendre quelqu’un. Avançons un peu, voici la porte d’entrée de la maison de Jeanine et Yves SANCHEZ. Traversons la chaussée. Voici la cour et la maison de M. MONTERO. Elle fut construite dans les années 30. Je ne peux vous en dire plus. Arlette et Valérie, les filles aînées, sont à la maison, Antoine et Armand vont rejoindre leurs copains pour une nouvelle partie de foot. Les cigognes sont revenues sur le toit de la buanderie située sur la terrasse. M. MONTERO me racontait que, plus d’ une fois, il était obligé de remettre dans le nid, un cigogneau imprudent, incapable de reprendre son envol. Il est vrai que les cigognes avaient l’habitude de nicher sur les cheminées du toit de la mairie jusqu’au jour où la municipalité fit placer dessus des cercles de fer. Le clocher de la vieille église leur fut aussi condamné ainsi que le clocheton de la vieille école. Alors ces malheureuses ont trouvé refuge sur le toit de la buanderie et même…. sur un pylône électrique près du jardin public. Je vous entends, vous les septiques: « Un pylône ? Baya Bola!». Allez vérifier dans l’album-photo à la fin de ce texte!.. Après cet intermède, regardez en face. Voici la boucherie de M. MANRIQUÉ Antoine. Puis le portail donnant dans une cour commune. Une mise au point s’impose. Nous avons laissé le boulevard national. Comme nous avons ces jours-ci  » PORTES-OUVERTES à RIO« , je voulais vous faire connaître l’ébénisterie de M. SAHEL. Je la situe en face de la vieille école de filles. Ça y est vous y êtes? Alors, Vous, « promeneurs » qui me suivez dans ce flash-back, allons jusqu’au bout de la rue et tournons à gauche: rue Maréchal FOCH en direction de la vieille école. Arrêtons-nous quelques instants sur les marches de la maison de grand-mère MARZULLO. Voici Henri qui revient d’un entraînement. Henri MARZULLO! Ce nom ne vous dit rien? Henri, est un des hommes de base de l’ ORANIE aux championnats d’ ALGERIE haltérophiles. C’est M. Gaston CERNA qui l’entraîne pour ces concours. Dédé ,son jeune frère, suit son exemple. Libérons le passage aux athlètes et allons nous installer au bar tout près. Le bar de M. MACIA (Le 7ème, n’est-ce pas ami René?). Je vous propose d’aller faire un tour dans la boulangerie qui jouxte le bar: celle de Mme JUAN. Les enfants de notre boulangère, Emile, Christian et le petit dernier dont j’ai oublié le nom, reviennent de l’école. Il y a dans la boulangerie MACIA, entre autres pains, des « longuets« , que je vous conseille de grignoter. Ces longuets, quel régal! Et je me demande pourquoi! En fait, plus fins qu’une ficelle de pain ordinaire, de l’épaisseur d’ un doigt plus exactement, ils craquent sous la dent. On les mange sans faim. Pour le plaisir de croquer du pain frais! Allons les déguster au bar de M. MACIA. Nous ne pourrons aller plus loin, la journée est trop avancée. Mais promis, je vous conduirai chez M. SAHEL pour admirer le travail de son ouvrier: M. DANER.

AMICALE DU RIO SALADO : JOURNEE DU 9 JUIN 2019 à POUSSAN (34560).


Chers amis amicalistes,
Votre amicale du Rio Salado poursuit son bonhomme de chemin entrepris il y a une quarantaine d’années.
Tous ceux qui ont accès à notre site internet peuvent le constater.
En, cette année 2019, après deux années de tâtonnements, elle vous propose de nous réunir à nouveau le dimanche de la Pentecôte. L’organisation de la journée sera similaire à celle de nos anciens
rassemblements, mais respectueuse toutefois du vieillissement de nos administrateurs.
Ainsi, le 9 juin 2019, nous vous attendrons en fin de matinée à POUSSAN (34560) dans la très belle et très accueillante salle « ODEON » qui pourra nous recevoir nombreux. Après un apéritif préparé et servi par l’amicale, vous pourrez y déguster un excellent repas (qui remplacera notre traditionnel GASPACHO) préparé par le traiteur des ESPALIERES (Loupian) et arrosé d’un vin de pays (cave de Beauvignac).
Nous espérons de tout coeur que vous serez nombreux à nous rejoindre démontrant ainsi que notre pays d’origine, nos villages et nos amis seront toujours dans nos coeurs.
Ernest REYNE.
Président.
Pour la bonne organisation de ce rassemblement, pensez à remplir sans tarder le bon d’inscription cidessous et à le retourner à l’adresse indiquée, accompagné de votre règlement, au plus tard

le 27 mai2019 (date impérative pour le traiteur),

sans oublier de préciser votre adresse électronique (e.mail)


BULLETIN DE RESERVATION
à compléter et à retourner, avec le règlement, au plus tard le 27 mai 2019, à l’adresse suivante:
Mme J. SALVA N2 Impasse l’Orée du Bois 34200 SETE
M………………………………………………………………………………………………………….
Adresse :………………………………………………………………………………………………..
Tél :……………………. Mail :……………………………
Désire réserver pour :……………………..personnes adultes x 30 € =………….
et pour :……….Enfants de moins de 16 ans (gratuit)
A table, je souhaite être avec (entourer): Er Rahel- Rio Salado – Turgot –

ITINERAIRE vers SALLE ODEON
Tel : 06 72 71 38 77
Arrivée par autoroute :

sortie 33 SETE,

– après péage, prendre à droite D613 MEZE BEZIERS,

– roulez 2 Km,

-au panneau « ESPACE VIALA, Z.A. Du Clach », prendre la contre allée
parallèle à la D613.

– vous passez devant BOX AIR,

– continuez ( malgré le sens interdit )

– au bout de 500m, la salle ODEON à droite.

Arrivée par D613 de Montpellier.

A la hauteur de POUSSAN, restez sur la D613 et reportez-vous aux explications ci-dessus.

Arrivée de Béziers par D613 .,

après MEZE, BOUZIGUES, à la hauteur de POUSSAN,  (vous verrez à gauche, la salle), sortez à droite pour passer sur le pont pour reprendre l’autre sens vers MEZE BEZIERS. Puis, reportez vous aux explications ci dessus.

HOTELS :
Campanile – Brit Hotel – Hotel 1er Classe, proches du

Centre Commercial Carrefour du de Balaruc Les bains.



EN DESCENDANT le BOULEVARD : 5ème balade.

La pause a été plus longue que prévue. Ne nous attardons pas davantage. Passons à côté, au salon de coiffure pour hommes d’ Antonio PEREZ. Antonio PEREZ est arrivé d’ ALMERIA, hidalgo « célibataire », qui trouva une place d’ouvrier-coiffeur chez M. FAUR. Quelques années plus tard , notre hidalgo-célibataire venu en « éclaireur », alla chercher son épouse et ses quatre enfants laissés en ESPAGNE: Antonio, Lola, Luis et Manuel. Il ouvrit son propre salon de coiffure. On pouvait lire, écrit en blanc sur la devanture:

SALON de COIFFURE PARISIEN

d’Antonio PEREZ

Oui! M’sieurs-dames! SALON PARISIEN! Date cuenta!!!!Salon de coiffure parisien!!!! Bref!passons! Plus tard un cinquième enfant vint au monde : Anita. C’est elle qui me le racontait avec une pointe d’ironie et beaucoup d’émotion. M. PEREZ n’est plus là, c’est son fils Antonio qui coupe les cheveux des Saladéens. Mme PEREZ et Anita ne sont pas loin, peut-être dans la cour commune en conversation avec les voisines. Qu’est-ce qu’il était beau ce salon!!!Avec ses glaces murales, reposant sur des coiffeuses-étagères en marbre blanc veiné de gris! Et tous ces ustensiles et récipients en métal argenté! Les tondeuses, une grande et une plus petite, le rasoir replié dans son manche, ce rasoir qui s’aiguisait sur une bande de cuir fixée à un cadre en bois! Et le bol à savon avec son blaireau! Le flacon d’eau de Cologne avec la poire que l’on pressait pour parfumer le client! Et j’oubliais! La brosse à poils longs et souples pour épousseter les derniers cheveux restés sur le col de la chemise!!! Ce que j’aimais ce salon! Et surtout, m’asseoir sur un des fauteuils que l’on faisait monter ou descendre en actionnant la pédale située à son pied. Je me suis souvent baladée dans ce salon tout simplement pour le plaisir! Laissons là, le salon de coiffure parisien d’ Antonio. Quelques pas et nous voilà devant la librairie-bureau de tabac de Mme Irène SANCHEZ, où nous allions nous procurer à la dernière minute, la gomme, le crayon qui nous manquaient. Juliette, Pierrette et Petit Pierre rôdent au milieu des magazines et des journaux de toutes sortes. J’allais acheter  » BONNES SOIRÉES » pour ma mère, mais je m’attardais devant « CONFIDENCES » et « NOUS DEUX » pas pour lire, détrompez-vous, simplement pour regarder les photos. Vous souvenez-vous de « L’ESPIÉGLE LILI »? « du journal de MICKEY? de TARZAN? De BIBI FRICOTIN? Les PIEDS NIKELÉS?….et autres bandes dessinées , qui, je dois vous l’avouer ne m’inspiraient pas du tout, mais alors pas du tout! La lecture à l’école me suffisait amplement! Si j’avais le privilège de rôder en toute impunité, chez ces commerçants-voisins, c’est qu’une franche camaraderie liait la plupart d’entre eux, et de plus lorsque je vins au monde, mon père étant mobilisé, ce fut mesdames PEREZ et SANCHEZ qui m’accueillirent: elles furent mes premières marraines. Dans les années 54 ou 55, la librairie devint librairie KSAS. Je l’ai peu connue, étant au collège.

Continuons notre promenade Boulevard National. La porte d’ entrée devant laquelle nous passons est celle des grands-parents BOUR , je crois, mais pas certaine du tout. J’espère que l’un des « promeneurs » qui nous suit dans notre balade pourra nous le confirmer. Avançons jusqu’au bout du trottoir, la rue perpendiculaire au boulevard est la rue Maréchal JOFFRE. A l’angle de ces deux rues, voici la QUINCAILLERIE-FERRONNERIE de Guy TISSINIÉ père et fils. Vous pouviez trouver de tout: depuis le ciment, le plâtre, les briques et les tuiles en passant par les ustensiles de cuisine. Vous aviez besoin de clous? d’une serrure? d’ un pot de peinture ASTRAL ou même d’un article de pêche? Vous alliez chez « TISSINIÉ ». Yves ANDRÉO, Jeannot PARADO et LOURMIL étaient à votre disposition.

Dédé TISSINIÉ établissait les commandes prises par son père, et Serge allait à ORAN approvisionner le magasin. Yves se chargeait des livraisons à domicile. Un chouette magasin! Yves avait raison: « Une vraie caverne d’ Ali Baba que cette quincaillerie!!! »

Au fait, vous ai-je dit que cette quincaillerie appartenait autrefois à la famille BOUR ?

Ne nous attardons pas, traversons le boulevard et allons en face, rendre visite à Gislène PARRES, dans le bar de son père: ‘Le BAR de l’ UNION ». M. PARRES!!! Qui peut avoir oublié le rire homérique de ce monsieur pendant les séances de cinéma au VOX? Impossible! Bon! ce n’est pas tout! continuons!

La famille PARRES est arrivée à RIO en 1945. Euh!!!Dois-je rappeler à René CARDONA que nous sommes au quatrième bar du village et que nous tenons encore le coup! Mais, je ne sais pas dans quel état nous serons lorsqu’on abordera le 13ème bar! Allons! soyons sérieux, madame PARRES nous a préparé des sardines en « escavetche » et une poignée de fèves tendres. Les escargots en sauce seront pour l’apéro de ce soir. Mais nous pouvons commander à SULTANA, installée sur le trottoir, à l’entrée du bar, un morceau de melsa grillée ou des brochettes de viande. Hum! Cette odeur! Joseph CUENCA l’époux de Gislène, me disait avoir l’eau à la bouche rien qu’en y pensant! Voyez où se cache le souvenir! MINGO puis KHADA ont succédé à SULTANA, régalant les clients du BAR de L’UNION. Madame PARRES est au comptoir, Paul, le petit frère de Gislène, est assis dans un coin. Il regarde les joueurs de BRISCA. Cela ne vous dit rien! attendez je vous explique brièvement: la brisca est un jeu de cartes rapportées d’ ESPAGNE par nos grands pères, ils se compose de quatre « couleurs » COPAS (coupes), ESPADAS (épées), BASTOS (bâtons), OROS (l’or). Le but du jeu est d’ atteindre un maximum de points en faisant des plis. Laissons tomber les explications. Je n’en sais pas plus d’ ailleurs. Voyez vos pères et grands pères pour un supplément d’ informations, et concentrez-vous sur les joueurs. Il y a, à la table de jeu, 4 personnes, deux personnes dont je ne connais pas le nom, puis le grand-père PALOMO et M. PARRES qui est occasionnellement le quatrième. Il devra abandonner la partie à l’heure de l’apéritif. Voyez le manège du grand-père PALOMO, je peux vous en parler : il y a prescription. On ne risque plus de s’ attirer des ennuis. Ce monsieur futé a un code spécial pour communiquer avec son équipier: sa casquette!.Une casquette comme en portent tous nos vieux de RIO. Rappelez-vous, César, le marseillais de M.PAGNOL avait sa réplique:« Tu me fends le cœur!» Grand père PALOMO a sa casquette. Je n’invente rien :c’est André, son petit fils qui, dans un éclat de rire, a vendu la mèche. Dès le début de la partie, l’aïeul tripote la visière de la fameuse casquette. Une mauvaise habitude? Non! Il passe un message! D’un geste machinal, il la tourne vers la droite: il a du jeu, à gauche: pas de jeu, la visière sur les yeux: le »coup » est bon! Un futé ce monsieur, je vous l’avais dit! Mais la partie n’est pas près de finir. Laissons-les se débrouiller avec les épées et les bâtons. Écoutons plutôt ce que Gislène nous raconte:

«Le bar était le rendez-vous des aficionados du football. Mon père affichait les résultats du dernier match sur un tableau noir ce qui entraînait des discussions sans fin et très animées qui finissaient toujours devant un verre d’ anisette.»

M. PARRES ouvrait les portes du bar à 4h du matin, les camions en partance pour le MAROC, avaient pris l’ habitude de faire une halte au BAR de L’UNION. Et Le lundi matin à 6h tapantes, mon père arrivait dans sa 203 Peugeot. Titou, Blondine et moi a moitié endormis étions déjà installés. Gislène venait nous rejoindre et nous allions chercher Nadia pour nous rendre au lycée et collège respectifs. Nous faisions du covoiturage en somme!

Retournons sur le trottoir devant le bar. Aujourd’hui c’est MINGO qui s’ installe. Quoi? Vous ne vous souvenez pas de MINGO? De ses beignets? De ses piroulis? Des tramoussos? Des toraïcos dans le cornet de papier? Ça ne vous dit rien? Ah! Vous m’avez fait peur! La mémoire vous revient! OUF! Donc aujourd’hui c’est MINGO qui installe sa table et son feu pour les brochettes du soir. Déjà la fumée envahit le trottoir.

La journée est bien avancée, nous devons nous dépêcher. Essayons de nous frayer un chemin au milieu de tous ces viticulteurs venus discuter le cours du vin devant le laboratoire d’œnologie de Gaston GARAIT. C’est Néné ( Thomas) RODRIGUEZ , le père de Renée et Danielle, qui s’occupe du laboratoire. Sa femme Yvonne est avec ses belles sœurs Cécile et Fifine. Justement, voilà Cécile. Elle donne un coup de main à Néné, quand celui-ci fait des analyses. Elle s’occupe du LAMPO d’ ESSENCE qui dépend du laboratoire. Pourquoi ces sourcils froncés? Qu’ai-je dit? Ah! Où se trouve le LAMPO d’essence? Mais là, devant vous,! Je vous parle de la pompe à essence ! Je vous avez dit que nous avions l’art de déformer les mots!  » LAMPO » est la marque « d’essence supérieure délivrée par la Société(Italo-Américaine (-pour le -Pétrole » voilà vous savez tout. Laissons Cécile remplir le réservoir de la « TRACTION-AVANT »de France ROSELLO, et allons feuilleter l’album photos. Nous reprendrons notre visite tout à l’heure.

Pendant que vous regardiez les photos, je faisais un brin de causette avec la boulangère. Venez nous rejoindre! Je lui disais que dans les années 35 et 36, cette boulangerie était celle de mes parents puis , M. et Mme ARACIL et leur fille Marie-Paule, ont pris la relève. Quand ils ont déménagé à ORAN, c’est Juanico et Lili SANCHEZ qui ont vendu pains et croissants. Dans les années 59-60, M. et Mme MEGRET, Henri, Marcelle et Christiane furent les derniers occupants de la boulangerie.

Mitoyen à la boulangerie, voici le « CAFÉ RALENTI » : le 5ème bar de Rio. »CAFÉ RALENTI! « . Encore une plaisanterie amicale mais que l’on doit au grand-père SERANO, patron du bar. Il avait écrit sur un grand panneau qui trônait bien en évidence au dessus de la porte d’entrée:

« Ici on boit au ralenti, mais on paie en vitesse!»

Joli! N’est-ce pas? Ce débit de boisson me faisait un peu peur. Il était tout en longueur, et n’avait pour tout éclairage, que la porte d’ entrée et celle très étroite donnant sur la cour où se trouvaient les toilettes communes. WC turcs bien entendu! Le comptoir s’étalait tout au fond de la salle. Cécile SERANO, la benjamine de la famille, arborait une magnifique chevelure blonde qui faisait tourner, sur son passage, plus d’ une tête dans Rio. Elle avait quelques années de plus que moi, c’était une grande! En haut du café, à l’étage, habitait la famille JOURDAN, cousins de René, Yvette et Christian GARAIT.Quand les JOURDAN quittèrent le village, ce fut M. BORDAS employé chez Camille RICO, et sa femme qui occupèrent l’appartement. Jeanine CORTES, sa belle-sœur, venait souvent les voir.

Sur le boulevard, les commerces se côtoyaient allègrement. Vous vous en rendez compte. Après le grand portail en bois, une épicerie, celle de Mme ESCUDERO. Nos souvenirs, et notre imagination nous permettent, à notre plus grande joie, de ne tenir aucun compte de la chronologie du temps passé. Nous sautons d’une année à une autre sans le moindre scrupule. Nos souvenirs se bousculent sans en tenir compte. C’est ainsi que nous voilà devant l’épicerie de M. ESCUDERO. Quelques années plus tôt, ce commerce se situait rue Agnel BERNARD puis, à cause de quelques tracas, et pour plus de possibilités, il fut transféré boulevard national.

C’est Mme ESCUDERO qui est au comptoir, M. ESCUDERO est maréchal-ferrant dans la cour de Pépé le « légumier ». Les enfants Annie, Claude et Marie-Claire sont à l’école communale. Un triste événement a endeuillé la famille. C’est Annie qui me l’a raconté: le 5 juillet 62, Emilio ESCUDERO, son père, s’en est allé à ORAN afin de ravitailler l’épicerie. Un voisin-ami, Juanico SOLER, le cordonnier de la rue Manuel ANDREU, l’accompagnait. Annie, Claude et Marie Claire n’ont jamais plus revu leur père ni l’ami SOLER. Une attente désespérée a commencé dans la maison. Emilio et Juanico ne sont jamais revenus, emportés par le « vent de l’ Histoire ».

Triste passage! Alors continuons notre promenade. Passons rapidement devant la porte d’ entrée de l’appartement du premier étage de M. et Madame ARACIL, et nous voici chez Cécile. Suivez-moi! Entrons! Cécile nous rendra notre bonne humeur en nous racontant une histoire un tantinet grivoise qui nous mettra en joie. Cécile est la première fille de Cécilio RODRIGUEZ après Néné, Fifine la plus jeune, épousa Pépico LOPEZ, Marie-Magdeleine et Josette complètent la famille. Je ne saurais vous parler de la famille RODRIGUEZ, Cécile me parlait peu de Cécilio son père. Je me souviens, cependant d’ une anecdote qu’elle me conta :

Cécilio était le coiffeur attitré des enfants du CENTRE GUYNEMER de RIO dont M. DUCHEMIN était le directeur. Je vous parlerai de ces enfants lorsque nous rendrons visite à M. et Mme DUCHEMIN. Aujourd’hui, je vous rappellerai que dans le but de mettre les enfants de la FRANCE occupée, à l’abri des tourments de la guerre, les responsables du Centre GUYNEMER les envoyèrent en 1941 en ALGERIE. Les enfants de la ville de NANTES furent dirigés vers RIO chez M. et Mme DUCHEMIN. Revenons à Cécilio RODRIGUEZ: sur ordre de M. DUCHEMIN, il dut, pour punir quelques « fortes têtes », leur raser le crâne. Pauvre Cécilio! Quel cauchemar! La situation de ces garçons était suffisamment pénible, pourquoi leur infliger un crâne rasé? Quelle misère ! Madre des DIOS! Il trouva une astuce: il leur fit une superbe coupe en brosse! Cécilio avait adoucie la punition. A la mort de Cécilio, Cécile transforma le salon de coiffure en un magasin où l’on trouvait des cigarettes, du fil des aiguilles, des cadeaux qui faisaient notre joie lors des fêtes des mères. Fifine et Yvonne venaient lui tenir compagnie. Lorsque les jours s’allongeaient, les commerces restaient plus longtemps ouverts alors nous nous retrouvions, nous les gosses: Renée, Marie-Madeleine, Josette, Danielle Blondine et moi assises sur la marche devant l’épicerie « à prendre le frais » avec les adultes.

Cette année là, une épidémie de rage sévit dans le village et les environs. Charlot DAVOS, notre garde champêtre, vint nous lire l’arrêté du maire, à grand renfort de roulements de tambour et de «Avis à la population». Charlot nous apprenait que les propriétaires de chiens devaient les faire vacciner et les tenir enfermer. Notre chien, de pure race bâtarde, mais fin limier, ne put résister à l’ appel de la nature. Mon père ne voulant pas l’attacher, il se sauva. La rage ne l’atteint pas. Une boulette de viande empoisonnée lui joua un mauvais tour. Il réussit à revenir à la maison, la gueule frangée de bave blanchâtre. Son chien avait été empoisonné! IMon père alla voir Joaquin POVEDA, maréchal-ferrant de son état, qui lui donna une potion à faire avaler à l’animal. Pendant deux jours, toutes les deux heures, mon père écartait les mâchoires à demi-raidies de Kiki et je lui versais la potion suivie d’un verre de lait. Quelle patience! Quelle acharnement! Kiki fut sauvé! Ils pourraient retourner ensemble, à la chasse. Plus un chien ne roda dans le village. Dans les années 54-55 mes parents vendirent leur fond de commerce à David et Salomon COHEN, et je quittais mon terrain de jeu.

Mais notre promenade n’est pas finie. Avançons vers la rue Manuel ANDREU. Vous avez là, la porte d’entrée de notre maison, la porte-fenêtre de la salle à manger et nous voici maintenant devant le café de M. et Mme REYNE. Mme REYNE est arrivée aux environs de l’année 1940 accompagnée de ses parents et de ses deux enfants Huguette et Titou. M. REYNE est encore mobilisé. Nous terminerons donc notre balade, au BAR des SPORTS. Hâtez-vous, il nous faut y être avant l’arrivée du car T.R.C.F.A, venant d’ ORAN. M. REYNE est le représentant dans le village. « L’homme à tout faire », JACKY, MILOUD de son vrai nom, va décharger « L’ECHO du SOIR » qu’il déposera dans le bar. Tous les autres colis, encombreront le trottoir. Il y aura une belle cohue! Entrons nous installer à l’intérieur. Les joueurs de belote ne sont pas encore arrivés. La table, devant l’ unique fenêtre, nous conviendra. Devant nous, deux grandes portes donnent sur le trottoir. Une seule est ouverte, l’autre est cachée par un grand rideau en bâche de chez VIDAL et MANEGAT. En face, le comptoir. De la sciure de bois recouvre le carrelage. A la base du comptoir un « repose-pieds » empêche les clients de piétiner les coques des cacahuètes, les noyaux d’ olives, les coquilles d’ escargots qu’ils jettent négligemment à leurs pieds pendant l’apéritif. A hauteur du comptoir, une second barre, permet de s’installer confortablement pour un « remeté » bien mérité. Ah! c’est vrai : qu’est ce que le « remeté »! En fait c’est « remettez » qu’ Etienne a transformé. Le « remeté » est une tournée de plus. Tiens! Voilà Mme REYNE qui revient de la boulangerie PINHIERO, avec un grand plat rempli de cacahuètes grillées toutes chaudes encore. Elle en met une poignée dans des petites assiettes en bakélite de couleur différentes, et nous les présente. Et avec ça? ……..Attention! Nous sommes ici au 6ème bar du village, l’ ami René nous inciterait à la prudence! Alors, grenadine-limonade ou demi-panaché? Réfléchissez!

Ne cherchez pas Huguette, elle est plongée comme d’ habitude dans un de ces livres, quelques part dans la maison. Titou a filé à la gare avec Paulo COVACHO récupérer le journal  » L’Équipe » -la bible des jeunes- qui arrive par le train de 5h. Les deux copains ont disparu, Ils sont allés éplucher tous les articles et les commentaires du journal. Puis, ils iront rejoindre le reste de la bande afin de débattre des résultats.

Terminez les dernières cacahuètes ! Nous devons partie avant l’arrivée des joueurs de belote. Ils ont leurs habitudes. Nous ne devons pas les contrarier: la belote c’est sérieux! La journée est bien avancée, Madame RICO installe déjà la table et le feu : c’est elle qui, aujourd’hui, prépare les brochettes .

je vous propose d’ arrêter là mes rêveries, et de revenir sur terre. Mais je vous attends ,si cela vous tente, pour une prochaine balade: nous irons rendre visite à Alejandro PALOMO, rue Manuel ANDREU.

Conseil d’administration du bureau de notre amicale. (fév.2019)

SÈTE le 24 février 2019

Etaient présents : Danielle et Yves ANDREO – André BLASCO – Dolorès et Antoine CLEMENT – Blondine DESCAT – Suzanne et Raphaël GRAS – Monique et Gérard LAMBERT –– Danielle RODRIGUEZ/LONG – Chantal et Jean-Louis LOZANO – Marie-Paule MIRALLES – René MIRALLES – Joseph PLAZA – Nicole et Ernest REYNE – Carmen RIPOLL – Jadette et Jacques SALVA.

Etaient excusés : Richard ANDREO – Henriette et Daniel ARACI – Simone et Rémi BELTRAN – Rosette et André BERMUDES – Michelle CHORRO – Denise et Hilaire CLEMENT – Denise et René CARDONA – Renée PASTOR/CURTI – Georges DESCAT – Marie-Claire ESCUDERO – Marie-Christine et François ESCUDERO – Josette LOPEZ – Nicole et Albert LOPEZ – Anne-Marie MARTOS – André MARZULLO – Christine PLAZA- Salustiana et Francis QUILES – Françoise et René REQUENA –Armand ROSELLO – Etienne ROSELLO – Jacqueline SEGURA – Annie SEMPERE – Jean-Paul VIDAL – Sabine et Olivier VIDAL – Robert VIDAL.

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Nous étions peu nombreux aujourd’hui, probablement en raison d’une période de vacances scolaires. L’ordre du jour n’était pas très copieux :

– Rassemblement du 9 juin à Poussan

– Compte-rendu de l’AG du CSCO à Aix en Provence

Rassemblement à Poussan le 9 juin 2019

Un document d’information et d’inscription est en préparation, qui sera adressé par courriel aux membres dont nous connaissons l’adresse électronique et par voie postale aux autres. Une copie sera également publiée sur notre site électronique. La date limite d’inscription est fixée impérativement au 27 mai, pour les besoins du restaurateur.

Sur les propositions de celui-ci, un menu unique a été arrêté qui sera servi à table par notre hôte, le prix étant fixé à 30 euros, et nous espérons recevoir plus de 100 personnes.

L’apéritif sera organisé et servi par l’amicale, le prix du ticket boisson étant fixé à 2 euros.

Un DJ animera la journée aux frais de l’amicale.

Un plan d’accès au restaurant sera joint au document d’information ainsi qu’une liste d’hôtels de proximité. Les bulletins d’inscription, accompagnés du règlement. seront centralisés par Jadette SALVA.

Les convives seront attendus en fin de matinée, à l’heure de l’apéritif, et la salle sera libérée avant 21 heures.

AG du CSCO à Aix en Provence le Samedi 9 février 2019

L’amicale était bien représentée lors de cette assemblée. Etaient présents Michelle, Fabrice et François CHORRO, Jeanne ABELA, Jean-Claude et Michel CARREGA, Gérard JOUVE, Jadette et Jacques SALVA, ainsi que Nicole REYNE et moi-même Nous avons été très amicalement reçus par l’assemblée magistralement conduite par son président, Jean-Jacques LION. Après confirmation que les travaux concernant le mur d’enceinte et le premier carré du cimetière de Rio Salado sont achevés, le Dr Lion nous informe des conditions dans lesquelles la réhabilitation du deuxième carré se prépare. Il remet d’abord à Jadette, notre archiviste, les plans du cimetière (qui seront exposés le 9 juin à Poussan), puis expose les moyens de financement des devis qu’il a pu faire sensiblement diminuer. Les subventions attendues du Conseil Régional de PACA et les fonds propres qu’il pourra mobiliser ne seront toutefois pas suffisants et un nouvel appel aux dons sera nécessaire. Pour notre part, désormais rassurés sur l’implication rigoureuse du CSCO dans ce dossier, il ne nous apparaît plus nécessaire de centraliser préalablement les dons des saladéens, mais plutôt de les appeler à les transmettre directement au CSCO. Ils pourront ainsi, s’ils le souhaitent adhérer également à cette association et recevoir ainsi régulièrement toutes les informations concernant le suivi de son action. Une information dans ce sens sera publiée à cet effet sur notre site électronique et transmise à nos primo-donateurs.

La réunion s’est achevée, dans la bonne ambiance habituelle, autour d’un buffet constitué des divers plats apportés par les convives eux-mêmes. Une excellente initiative qui ne coûte rien à l’amicale et préserve la convivialité de nos réunions.

Archive de l’amicale du Rio Salado (fév.2019).
Archive de l’amicale du Rio Salado (fév.2019).
Archive de l’amicale du Rio Salado (fév.2019).

Ernest REYNE, Président

EN DESCENDANT le BOULEVARD : 4ème balade.

1-Balade Boulevard national 4

Et si oubliant tous nos soucis, nous repartions faire l’école buissonnière? Ce serait une bonne idée, n’est-pas? Nous en avons besoin! Allez! Au diable nos ennuis. Retrouvons notre âme d’ enfant! Préparez-vous, je vous emmène vous replonger, pour quelques instants, dans les années insouciantes de notre jeunesse. Suivez-moi, nous allons explorer une autre partie de notre boulevard.

Nous avions laissé Jean-Claude et ses amis en pleine guerre apache. Regroupons-nous sur le trottoir devant les galants de nuit du jardin de la villa CARREGA. Sur votre gauche, vous pouvez voir, à travers les balustres du mur d’ enceinte, la villa de Camille RICO. Étrange architecture que cette villa. Rien de comparable avec les autres résidences. Est-elle de style andalous? Ou arabo-andalous? Je ne sais pas. Mes notions en matière d’ architecture sont très limitées. Il m’est arrivé d’y être aller avec ma sœur. Je me souviens d’une montée d’escaliers carrelée de faïences bleues, et d’un jardin qui m’enchanta. Laissons là Henriette, Annie, Camille, Georges et Sophie Rico et traversons le boulevard, voir ce qui s’y passe. Jouxtant le bar DAVID. Voici le Syndicat Agricole. Vous ai-je dit que M. Jean SEROIN, président de la cave coopérative de notre village, avait nommé M. MIRALLES Manuel pour la gestion du bureau? Claude BERTRAN et par la suite Marie-Christine AMAT le secondèrent. Ce syndicat, en autre chose, distribuait aux coopérateurs les produits nécessaires à l’entretien des vignes. A côté, le magasin d’électricité de M. Louis AMAT, Josiane, Louis et Madame Amat vaquent à leurs occupations. Quand à Monsieur AMAT, il est prêt à vous venir en aide en cas de besoin.

Faisant angle avec la rue Manuel ANDREU, voici l’épicerie de Tana TIRADO et de sa nièce Filoména BROTONS, deux vieilles filles sans âge, toujours vêtues de noir. Oui! comme nos grands mères. Toutes deux, tantes de Cécile RODRIGUEZ. Écoutez la suite! Un rideau métallique fermait l’épicerie. Vous souvenez-vous du bruit de ferraille que faisaient ces rideaux lorsqu’on les abaissait? Dans le village, par respect pour le défunt, les rideaux se fermaient les uns après les autres lors du passage d’un cortège funèbre. Nous habitions tout près de l’épicerie de Tana et Filo. Aussi ce vacarme en pleine journée nous appelait sur le devant de notre porte, pour voir passer le corbillard qui emmenait un saladéen vers sa dernière demeure. Cécile me raconta que ce maudit rideau en fer, troubla le boulevard lors d’ une noce. Oui! Lors d’ une noce! Vous vous rendez compte du scandale! Rapprochez-vous. Ecoutez mon histoire. Nous sommes aux environs des années 1903- 1904, peut-être 1905. Tana est à cette époque une belle jeune fille qui voulut, par ce vacarme inconvenant, dire son désespoir: le jeune marié et Tana s’étaient jurés un amour éternel. Mais voilà, ce serment n’était pas du goût des parents du jeune homme. Que voulez-vous en ce temps là, les parents avaient tous les droits! Cette fille n’était pas un « parti » pour leur fils! Il ne restait plus à Tana que les yeux pour pleurer et le grincement du rideau pour dire sa douleur . Tana traîna sa peine toute sa vie!!

Allez souriez! Oublions cette triste histoire! Tournons le coin et engageons- nous dans la rue Manuel ANDREU. Vous passez maintenant devant la deuxième porte de l’épicerie de Tana, puis voici la maison de Léon Marseille. Vous entendez ces enfants dans la cour de Marguerite et Léon Marseille? Luce, Paul, Yves et Jean-Pierre Seroin ont sûrement rendu visite à leur tante Marguerite . Continuons notre progression. A côté, la cour de M. LE MAGOUROU : un atelier immense où l’on remettait de l’ordre dans le secteur électrique de votre voiture. N’allons pas plus loin. Passons sur le trottoir en face et retournons au boulevard. Mais avant, arrêtons-nous. Rentrons quelques instants dans la droguerie de M. NAVARRO.

Attention! Vous avez trois marches à descendre. Un matin, mon père fatigué de m’avoir dans ses jambes, m’envoya chez M. NAVARRO acheter un « bidon d’huile de coude ». Bon! Ça va! Pas de ricanements s’il vous plaît! J’étais jeune, et j’ai appris à mes dépens que l’huile de coude ne se vendait pas! Continuons notre balade. Mais quel est ce tapage? Quel chahut! Pas d’ affolement: « Aqui viené el senior BUSCA RUIDO! ». Vous ne connaissez pas M. BUSCA RUIDO? M. CHERCHE BRUIT!!! Je vous avais dit que les Saladéens étaient d’aimables moqueurs! Lorsque M. BUSCA RUIDO prenait son véhicule, son chien sautait à l’arrière, posait ses deux pattes avant sur l’habitacle du camion et, par jeu ou pour signaler à tout un chacun leur passage, il aboyait à perdre haleine, sortant le village de sa torpeur quelque soit l’heure. D’où un vacarme pas possible de moteur pétaradant et d’ aboiements de chien. Il y a quelques années, lors d’une de nos « réunions-amicales », un jeune homme vint me parler d’un livre: « Vous me connaissez, me dit-il, je suis le fils de M. FERNANDEZ». Désolée! Je ne voyais pas. Alors il ajouta: « Mais ouiii! Je suis le fils BUSCA RUIDO!»- « Ah! Bien sûr! Le fils BUSCA RUIDO! ». Je connaissais M. BUSCA RUIDO, pas M. FERNANDEZ! Ah! ces Saladéens!!! Des farceurs! je vous le dis!

Ce boulevard national était le point névralgique du village. Il s’en passait des choses! Mariages, enterrements, défilés de Carnaval, et les promenades quotidiennes à la sortie du travail. On venait « faire le boulevard » avec les amies… Mais surtout, il a vu passer de très belles choses notre boulevard. Je ne vous parle pas de jeunes filles, mais de voitures! Le pouvoir de notre imagination est tel que je vous emmène illico, rencontrer Yvon LOZANO. Il évoque pour nous ces années nostalgiques 1920-1930 et les belles automobiles qui sillonnaient les rues du village à cette époque. « De toute évidence, les habitants de RIO SALADO aimaient les belles voitures! nous dit-il. Ainsi vous pouviez apercevoir la BUICK de Michel KRAUS, la TALBOT de Quitett LLORENS, , La BUICK « IMPERIAL » de René KRAUS et celle d’ HENRI KRAUS, la FORD LINCOLN de Maurice PORTE, la SALMSON d’ André POVEDA, la MERCURY FORD de Jean LOZANO, l’HISPAO-SUIZA d’ Emile JOUVE et bien sûr l’incontournable B12 d’ Albert CLAVERIE. Et que vous dire des voitures de course que vous pouviez admirer dans la cour des frères TORRES: la BUGATI, la star des GRANDS PRIX de l’époque, et la PEUGEOT SPÉCIALE , une merveille! La réplique exacte de celle qui, dans les années 30 remporta les 24h du MANS!

RIO comptait aussi quelques Berlines BERLIET, ce nom ne vous dit rien? En effet la berline BERLIET fut une voiture « RATÉE ». L’usine fut obligée d’arrêter la production. Et devant ce fiasco, les Saladéens toujours à l’affût d’une plaisanterie, disait, en matière de publicité, en se moquant des malheureux propriétaires:« Si quires andar a pié, compraté una BERLIET»

Ça va? Pas trop de nostalgie! Bon! On peut continuer notre promenade? Tiens! Justement, les portes des magasins sont grandes ouvertes. On nous attend. Entrons dans la première boutique. Celle de M. BENSOUSSAN. Un « chapeau mou » sur la tête, toujours aimable, il nous attend devant son magasin de nouveautés De chaque côté de l’entrée deux vitrines, où le magasin BENSOUSSAN vous présente des vêtements et différents articles. Savez-vous que ce magasin fut crée à l’origine par Etienne CARREGA. Jean Claude raconte :  » Vers 1888, cet arrière grand-père monta de toutes pièces ce « magasin général ». Etienne s’occupait des produits masculins, sa femme, Alcédonie, de la mercerie, et de l’habillement. Etienne ne s’en tint pas là, ouvert aux technologies nouvelles, il se fit éditeur de cartes postales, nous lui devons la plus part des photographies de cette lointaine époque». Un grand merci à ce prévoyant grand-père! Continuons notre remontée dans le temps. Ce magasin général fut vendu en partie à M. BENSOUSSAN. Toujours raconté par Jean-Claude: «Etienne CARREGA s’installa dans l’autre partie. A son nouveau métier de négociant, il ajouta une activité de banquier: il escomptait les traites du Crédit-Lyonnais. Et, ce que son père et ses oncles appelaient  » le bureau », les anciens du village le nommaient « La Banque ». Ces locaux devinrent le centre névralgique de toute l’activité familiale.».

N’allons pas plus loin. Jean Claude me dit que l’on peut pousser la grande porte vitrée du «bureau». Suivons-le! Ne faites pas de bruit. Derrière la grande banque qui sépare ce vaste local, les comptables sont en plein travail. Ce monsieur à droite, c’est Michel CANDELA. Vous le connaissez? Le père de Michel, le cousin germain de nos amis René CARDONA et Dédé BLASCO. Le second: Antoine BLASCO, aucun lien de parenté avec André, est le papa du gamin qui joue avec François et Michel CARREGA. Et le tout jeune aide-comptable ne vous est pas inconnu: Robert MUNOZ, le frère d’Antoine, de Clémence et d’Henriette. Dans la pièce du fond, les trois frères CARREGA, Henri, Charles et Francis sont en réunion. Jean LAFFORGUE, leur beau frère, et Jules DECOR, leur oncle, viennent de les rejoindre. La conversation se terminera; comme cela arrive bien souvent, sur le trottoir. Sûrement une dernière mise au point avant de regagner leurs pénates respectives. Laissons les travailler .Merci Jean Claude!

Nous continuons notre promenade. Avançons un peu plus. Nous sommes maintenant devant la boulangerie de M. PINHEIRO. La porte est ouverte, traversons la boulangerie. Pas le temps de goûter aux baguettes cuites à point. Contentez-vous de humer cette bonne odeur de pain chaud! Et continuons notre avancée vers le four que l’ on voit là-bas. Laissons là une arrière-boutique « aveugle »où la boulangère peut prendre quelques minutes de repos. La troisième pièce en enfilade est le fournil. La pièce est bien sombre, une seule ouverture: la porte qui donne sur une cour intérieure. Le four ronfle de plus belle. Il fait chaud dans ce fournil! Une ampoule accrochée à côté d’une petite lucarne, permet d’ éclairer l’intérieur du four. Ainsi le boulanger peut surveiller la cuisson des pains. Un contrepoids que l’on bascule vers le bas maintient la porte du four, qui coulisse vers le haut. Ouverte en grand, on peut voir dans un angle les braises qui maintenant se consument doucement. Sous le four, une niche pleine de bûches prêtes à alimenter le foyer et, fixées au plafond deux barres de fer servant de support aux pelles en bois démesurément longues. Contre le mur, le gros pétrin et des sacs de farine. Une poussière blanche règne en maître dans le fournil. A Pâques nous allions faire cuire nos mounas chez M. PINHIERO. Il nous prêtait un de ces grands plateaux en bois munis de 4 poignées pour les transporter. Il les mettait à cuire après la fournée du matin. Bien souvent, en partant, mon père achetait une grosse fougasse encore chaude et moelleuse, que nous entamions avant d’arriver à la maison. Cette boulangerie appartenait à M. CLAVERIE le père d’ Albert. Il la céda à M PINHIERO et alla s’installer en face de la place. Dans les années 55-56, ce fut M. GONZALES qui occupa la boulangerie. Laissons là, les baguettes croustillantes, les gros pains dorés et passons à l’ HÔTEL de FRANCE, où nous attend René MANRIQUÉ, un camarade avec qui nous passions quelques après-midi. L’HÔTEL de FRANCE, dans les jeunes années de RIO SALADO s’appelait HÔTEL CARDONA . Madame ADAM me raconta qu’ en 1890, Vincent CARDONA, son grand-père, vint s’ installer dans le village et créa , sur le boulevard national,  » l’HÔTEL CARDONA ». Il était tenu par ses deux filles Joséphine et Henriette. Marie, l’épouse, préparait les repas. Il accueillait en majorité des représentants de commerce. La calèche de l’hôtel allait chercher les voyageurs à la gare. Dans la cour, se trouvait un ébéniste. L’Hôtel devint par la suite l’HÔTEL FIRPO. Il fut le théâtre de pas mal de festivités: des soirées données par le CERCLE des AMIS, des VÉGLIONES, des bals masqués, tout à fait réussis….puis M. MANRIQUÉ prit la suite.

Nous avons droit, je crois à une petite halte, justement allons nous attabler dans le bar situé au rez de chaussée de l’hôtel. Voilà notre troisième bar, Ami René! celui de Paul et Germaine RUIZ. Un verre de bière BAO, ou un petit café, et laissons notre imagination vagabonder au grès de nos souvenirs.

L’exploration de cette partie du boulevard n’est pas terminée, nous la terminerons demain, et nous remonterons le trottoir d’en face jusqu’au café de M REYNE. A bientôt!

Quelle surprise!!!

Chers Amis
Quelle surprise ce matin!! Sur le mur de clôture du jardin, je vois un animal
qui se promène tranquillement. En m’approchant, je reconnais un petit pangolin. Si en brousse j’en ai vu souvent, ici en ville, c’est la première fois . Il n’a pas l’air farouche. Au lieu de fuir, il descend le long d’un
bougainvillier et, sans tenir compte de ma présence, il traverse la pelouse
pour se diriger dans une haie sous des bananiers.
Je vous le fais découvrir. Certains de mes amis Ivoiriens le mangent bien que
ce soit une espèce protégée.
Je me demande si dans nos gaspachos, il pourrait relever le goût avec nos
viandes traditionnelles. Je peux le rapporter pour les prochains.
Bien amicalement
René
Abidjan


Le pangolin, fourmilier d’Afrique et d’Asie du Sud-Est est proche du tatou. Ses écailles font l’objet d’un intense trafic.

C’est un animal insectivore qui se nourrit de termites et de fourmis qui restent collées à sa langue. Sa vue est minable, mais son odorat est très développé.

Le pangolin est un solitaire qui ne rencontre la femelle que pour la reproduction. Après l’accouplement, la femelle ne donne naissance qu’à un seul petit qui s’accroche sur le dos de sa mère. Les écailles des petits n’apparaîtront que quelques jours après la naissance.