EN DESCENDANT le BOULEVARD : 3ème balade.

Salut! Vous tous! Prêts pour un bain de jouvence ? Prêts à reprendre notre promenade boulevard national? Nous descendrons cette fois-ci jusqu’à la villa JOUVE-CARREGA. La balade promet d’être longue et riche en événements. Suivez-moi pour cette troisième remontée dans le temps. Laissez-vous porter par mes souvenirs, mes trouvailles, les anecdotes récoltées un peu partout et n’hésitez pas à y ajouter votre grain de sel. Il ne fera qu’agrémenter notre promenade et notre village s’en portera mieux.

Nous nous étions arrêtés, lors de notre précédente balade, devant le Crédit Foncier. En face, de l’autre côté du boulevard, la rue ombragée, dont le nom m’échappe, nous mène tout droit chez Jean LLORENS. Saviez-vous que dans cette petite rue se trouvait un lavoir-abreuvoir ? Les mules au retour des labours et les troupeaux revenant des pâturages s’y abreuvaient. C’est notre mémoire saladéenne Yvon LOZANO qui m’a rapporté les faits. Mais revenons rue du cimetière, à l’angle de la banque. Tournons à gauche. Je vous propose de faire une petite virée jusqu’au jardin JACOBIN, un jardin à ne manquer sous aucun prétexte. Le trajet est un peu long, mais vous verrez, il est très agréable à faire. Allez! Nous y allons! Vous êtes ici, devant la maison de la famille MIRALLES arrivée à RIO en 1945, quand monsieur MIRALLES fut nommé au syndicat agricole. Dès lors, Jean-Claude, René et Marie Paule rejoignirent les rangs de l’école communale. Le hangar de la cour servait d’ entrepôt pour les sacs d’ engrais du syndicat, mais surtout de terrain de jeu pour les parties de cache-cache de Marie-Paule et de ses amis : André BLASCO et Bernard COSTAGLIOLA. En face de la maison MIRALLES, la grande cour de la maison de Charles et Malvina CARREGA, les parents de François et Michel. Le jardin qui longeait le trottoir avait un magnifique rosier qui croulait sous les roses blanches se déversant sur le trottoir, trop tentantes pour le quidam qui passait par là! Dans cette grande cour, il y avait des appartements: celui de Pascal AUSNER qui devint ensuite celui de monsieur BLASCO, un des comptables de la famille CARREGA, puis l’atelier et le domicile d’Antoine CUCUFA le plombier du village. Dans cette cour, François et Michel passeront leurs jeudis à jouer avec Louis, le fils de M. BLASCO, sous l’œil attentif de Paulette CUCUFA, la sœur d’Antoine. Et mes souvenirs affluent, et ma mémoire donne libre cours à ces scènes de rues qui ont fait le charme de notre village.

Avancez encore, vous voilà à l’angle de la rue DEGOURNAY, la rue de Jacques et d’Étienne. Suzanne se prépare à aller retrouver sa copine Colette. Plus loin, Jeanne s’accroche à la jupe de France qui bavarde avec Maryse. Le portail de monsieur DAVOS est fermé. Vous entendez cette musique? C’est l’un des frères BLASCO Jeannot, Julot ou Paulo qui joue de la trompette. Mais lequel? Je ne sais! Mais qui voilà arrivant à toutes jambes? Armand! Andrée, sa sœur, toute en pleurs le regarde partir. Vous comprenez: il est pressé d’aller retrouver les diables de son âge. Et Qui me bouscule maintenant? Encore un loustic du quartier qui déboule à toute allure dans nos jambes, c’est Camillico! Il habite un peu plus bas sur le boulevard. Lui aussi à rendez-vous avec la petite bande que nous apercevons en grand conciliabule au fond de la ruelle. Mais laissons-là ces turbulents garçons. Nous sommes maintenant en face de la maison des grands-parents SALVA, devant les villas-jumelles des frères LOZANO, André et Jean. Au balcon, Michelle et Véronique d’un côté, Anne Marie, Jeanne et Paul de l’autre. Ils nous regardent passer: «Bonjour! Pas le temps de faire un brin de causette, nous avons une longue promenade à faire, Au revoir!» Nos deux terreurs Armand et Camillico ont retrouvé Antoine, Hilaire, David et Daniel. Que complotent-ils? Je me le demande. Avec Antoine en plus, sûrement ça va faire du bruit! Il faut s’attendre à tout avec cette équipe! Attention! Tous sur le trottoir! J’entends le klaxon de la Citroën d’Adolphe ABELA. Rien ne doit freiner son élan, si Adolpho corne d’une façon aussi tonitruante c’est qu’il prévient sa famille qu’il arrive et que le portail doit être grand-ouvert. Hé! Hé! Regardez s’envoler la bande des diables du quartier! Pas question de bloquer le passage de la Citroën! Eh, oui! Nous sommes dans les années 50! Bien loin des ouvertures automatisées! Laissons la ruelle retrouver son calme et revenons vers la rue du cimetière, rue ALBERT 1er s’ il vous plaît! En face, la cave CARREGA. Approchez-vous! Vous pourrez observer le travail de monsieur MALLEBRERA, tonnelier de son état. Il prépare les fûts pour les vendanges prochaines. Prenons la ruelle à droite de la cave. Mes souvenirs arrivent pêle-mêle et sans ordre chronologique et nous conduisent à l’atelier de céramique. Savez-vous que, madame et monsieur BOUR furent les instigateurs de cet atelier? Ils firent venir d’ Espagne monsieur JORBA pour assurer les cours. Et une fois par semaine, monsieur REDER, talentueux céramiste oranais, venait compléter leurs connaissances. Ces céramiques de RIO eurent leurs heures de gloire à l’exposition artisanale de BLOIS, ville jumelée avec RIO. Bon! Ne dérangeons pas davantage les artistes, refermons doucement la porte et retournons rue du cimetière. Passons rapidement devant la cave de Jaïme SALVA, qui fut dans les années 20 la cave JOUVE. Des camions-citernes attendent d’être chargés, Petit Jacques et Smaïn assurent le remplissage des citernes. À Côté de la cave, l’épicerie de Brahim vous propose limonades et légumes secs. Tout à côté la maison d’ Yvon, Simone LOZANO, son épouse, surveille Yvono et Mireille qui vont rejoindre leurs cousins. Et en face, enfin! Le jardin JACOBIN commence à nous enchanter. Hum! Sentez-vous ce parfum de fleurs d’orangers! Quel plaisir! Yvon LOZANO, toujours lui, me présentait monsieur JACOBIN comme étant novateur dans tous les domaines et amoureux des fleurs, des fruits et des bêtes. Lorsqu’il vint habiter RIO, monsieur JACOBIN créa dans le jardin Constance, lieu où nous nous trouvons, un jardin d’acclimatation qui abritait, un singe, des gazelles, des perroquets et même un crocodile! Mais en y repensant, bien des années plus tard, Yvon pense que peut-être ce crocodile… devait être un lézard des sables. Il me raconta aussi, qu’ au fond du jardin, se trouvait une verrière qui abritait, en plus des plantes délicates, une collection d’objets préhistoriques ou simplement curieux. Dans cet éden en miniature, circulait un âne. Mais pas n’importe quel âne, un âne-étalon, m’sieur-dame! Très réputé dans la région pour ses qualités de super-géniteur. Aussi, le meilleur compliment que les facétieux saladéens avaient trouvé pour qualifier tel ou tel homme du village, c’était de le traiter de: « BURO de JACOBIN». Compliment teinté d’ admiration! Henriette JACOBIN, Riquette pour les villageois, écrit dans son livre: « L’Épopée de ma famille »: « Il me revient aussi des souvenirs merveilleux du luxuriant jardin de Papé Henri, plein de fleurs amoureusement cultivées par lui, précisément des variétés infinies de chrysanthèmes……..et des fruits incroyables, oranges sanguines, mandarines, grenades, jujubes et nèfles mielleuses et charnues…..». Allez! Redescendez sur terre! Ne rêvez plus! Je voulais vous montrer ce petit paradis.

Retournons au boulevard, et arrêtons-nous un instant devant la villa des grands-parents LOZANO, à l’angle de la rue du cimetière et du boulevard national.

Archive de l’amicale du rio salado

Belle villa n’est-ce -pas? Jean LOZANO père , entrepreneur en maçonnerie l’a bâtie, avec l’aide de monsieur MIALY, architecte à Oran, avec lequel Jean collabora souvent. Annette, son épouse, sœur de ma grand-mère paternelle, éleva 7 enfants: Jean, Louis, André, Camille, Juliette, Laurette et Yvon. Belle Famille! Et je ne vous parle pas encore de leur descendance! En face, de l’autre côté du boulevard, la villa d’ Edouard CARDONA. Les enfants sont là Robert, Nicole, Andrée et Hélène. Saviez-vous qu’à l’emplacement de cette villa se trouvait autrefois un entrepôt? L’anecdote suivante, je la tiens d’Yvon LOZANO et de Camille PERDIGUERO. Lorsque les premières chaleurs tombaient sur le village, des « crémiers » s’installaient dans cet entrepôt et préparaient leurs crèmes glacées à grand renfort de barres de glace. A l’heure de la sieste, quand Rio s’enfonçait dans une torpeur réparatrice, le « carico l’agua-limon » faisait son apparition, sillonnant les rues, annoncé par le bruit des roues et le cri de: « Agua-limon! Crèmes glacées! ». Les enfants, au nombre desquels on comptait Yvon et Camille, un sou serré dans leur main, entrebâillaient les persiennes réclamant: «une da 5 ou une da 10». Entendez par là: une crème glacée à 5 sous ou à 10 sous. Et le « carico l’agua limon » repartait finir sa tournée régalant les petits saladéens. C’était… Il y a bien longtemps!

Allez! Pas de regrets et au diable la tristesse!!! Regardez les deux villas qui jouxtent la villa CARDONA: La villa de Louis et Raymonde LOZANO. Leurs enfants Jean Louis, Raymond et Danielle sont nos amis. La villa jumelle est celle de Camille LOZANO. C’est d’ ici qu’est parti en trombe, Camillico. Eugénie, sa sœur, est plus réservée……enfin! Si l’ on veut!

Et tout à côté : le deuxième café du village. Hé! oui René, je me souviens du café David. Venez, vous asseoir un moment. Monsieur David est derrière son comptoir. Avant lui, toujours derrière ce même comptoir, il y avait monsieur SANCHEZ, puis le GAULOIS. J’ignore son nom, mais d’admirables moustaches lui dégringolaient sur le menton, d’où son nom. D’où vous êtes, vous pouvez voir la ruelle en face à droite de la villa LOZANO. Elle abrite l’annexe de l’école de filles, et le Foyers des Jeunes. Endroit agréable, ouvert en novembre 1954, pour permettre à ses adhérents, les jeunes de RIO SALADO, de se réunir dans une ambiance de camaraderie. Regardez, ils arrivent! Je vous les présente: Louis MARCIANO, René RIQUENA, Cilo MILLAN, Gégé VICEDO, et le sympathique Pépico ANTON. Je ne peux vous les nommer tous. Ils arriveront plus tard.

Archive de l’amicale du Rio Salado.      VILLA- JOUVE- CARREGA

Pas la peine de s’incruster, il vaut mieux traverser le boulevard et aller de plus près admirer cette villa : la villa JOUVE, construite en 1930 à l »emplacement d’une cave ou peut-être d’un entrepôt, par Emile JOUVE. Un retournement de situation qui ébranla tout le village, contraignit Emile JOUVE à la vendre. Elle fut achetée par François CARREGA. Rose et François et leurs enfants: Charles, Henri, Francis et Mireille s’y installèrent, et devinrent ainsi les voisins des enfants LOZANO. Yvon, le plus jeune fut leur compagnon de jeu. Il me raconta ces jeunes années passées à jouer, pour le plus grand plaisir, dans le garage de la villa où dormaient-là deux magnifiques HISPANO-SUIZA. Ils passèrent des après-midis installés au volant, pour d’interminables voyages imaginaires. Mais pour nous, c’est avant tout l’odeur des galants de nuit du jardin qui restera dans nos mémoires. Les galants de nuit: jasmins de nuit pour être plus précis, dont les fleurs s’épanouissaient les soirs d’ été, retombant sur le trottoir embaumant tout le quartier. A la mort du Grand-père CARREGA, la villa échue en partage à Henri, père de Jean-Claude et de Françoise. Je laisse Jean-Claude vous raconter une anecdote liée à cette villa.:

« Cette villa est entourée d’un trottoir assez large qui fut le théâtre de nos jeux de garçons ,alors âgés d’une dizaine d’années. A la sortie de l’école ou le jeudi après-midi, nous nous retrouvions régulièrement une bonne douzaine à courir tout autour, les uns cow-boys, les autres indiens ou out-laws, mimant avec les mains des pistolets et claquant avec la langue des « ksszsz » qui se voulaient meurtriers. Qui partageaient ces jeux? Il y avait Tétou KRAUS, André PALOMO, Henri BOUR, Jean-Louis LOZANO, Christian GARAIT, Jean-Jacques et Gérard LAMBERT, P’tit Louis CHORRO, Jean CARDONA, Yves SANCHEZ, Fédo CANDELA et Antoine MONTERO et quelques autres, bref! Une bonne partie des jeunes de ma génération. Ma mère préférait supporter les cris stridents et les cavalcades endiablées que ces jeux provoquaient plutôt que d’ avoir à s’ inquiéter de l’absence de son fils traînant on ne sait où à faire une de ces bêtises dont elle le savait capable. Pourtant grâce à mon imagination débordante, ces jeux n’étaient pas sans danger. Regardez bien la photo. Une terrasse qui couvrait la maison en constituait le toit. Une avancée de 30cm au- delà de la rambarde, le ceinturait. J’enjambais le garde-fou et m’y tapissais souvent: une cachette idéale mais dangereuse que mes compères mirent du temps à découvrir. Nos jeux pouvaient se prolonger jusque tard dans l’après-midi. .

Jadette, tu me fais replonger dans une jeunesse heureuse et insouciante, inconscient de la montée des nuages qui allaient obscurcir notre horizon ».

Je crois qu’ il vaut mieux arrêter notre balade ici. Jean Claude a réveillé pas mal de souvenirs heureux. Quel plaisir de s’immerger quelques instants loin de notre mode chaotique! Nous n’irons pas plus loin, je vous laisse « émerger » tranquillement.

 

La grande aventure de la vigne….Robert WARNERY

Pour terminer notre périple dans l’histoire des raisins de Rio, et les repas cordiaux de fin de vendanges. J’ai trouvé dans les  archives de l’amicale, « la grande aventure de la vigne…. »de Robert WARNERY. Il nous entraîne sur les traces de FISTON, son père, pour nous faire remonter le temps en nous parlant de ces vendanges qui ont tant compté dans le village.

«La GRANDE AVENTURE de la VIGNE……..» Robert  WARNERY                 Ce métier de la vigne, ne se fait pas sans une immense passion de la terre et une résistance à l’échec à toute épreuve. Le temps, le soleil et les soucis du lendemain incertain, burinèrent le visage de nos pères et tannèrent leurs peaux, rude écorce peu sensible aux éléments. Ils avaient la vie chevillée à l’âme par ce combat de tous les jours pour une existence qui n’ avait pas toujours été tendre avec eux. Mon père était de cette trempe. Les techniques d’exploitation plus aisées que par le passé, n’enlevaient rien à l’ardeur et à la ténacité qu’il employait pour continuer l’œuvre d’Eugène WARNERY, mon grand père, cet ingénieur diplômé de l’ école d’ agriculture de Montpellier. Les pépinières RITCHER approvisionnaient mon père en jeunes plants plus résistants qui lui permettaient de renouveler certaines parcelles.                                                                                    «La culture de la vigne, me disait FISTON, est un travail de tous les jours. Les jeunes plants demandent une surveillance de presque tous les instants, afin de mener à bien sa maturité.»

Et là, arrivait le cortège de traitements des maladies habituelles qui s’égrenaient tout au long de l’ année : l’OÏDIUM, le MILDIOU, les ALTISES…. Plus d’une fois, je le vis consulter le sacro-saint et mythique calendrier      » le ZARAGOZANO » qui lui donnait la météo sur un an! (enfoncés les prévisionnistes les plus performants de Météo-France sur une semaine           !!)                                                                                                           Puis arrivaient les vendanges, et il disparaissait, perdu dans l’organisation de la composition de coupeurs et porteurs. Les camions récupérés sur les stocks laissés par l’armée américaine, faisait son affaire. Il  y avait là, des véhicules pouvant circuler sur tous les terrains et par tous les temps.

Et les vendanges commençaient fiévreusement dans des odeurs de grappes mûres qui embaumaient l’atmosphère des vendanges. Mon père se passionnait dans la recherche des techniques de fabrication d’un vin qu’il appelait « vin médecin ». Ce vin médecin apportait un complément à certains vins dépourvus de  » corps ». J’aimais par dessus tout déambuler dans la cave, assourdi par le bruit des pressoirs entraînés par l’enchevêtrement des courroies qui, toute la journée, sans interruption tournaient, tournaient….. Et au-dessus de ce charivari, je m’imprégnais de l’odeur des grappes pesées, et des marcs qui parfumaient la cave.

Et 1963 est arrivé…..

Le colon contemple pour la dernière fois le domaine viticole qui préserve au plus profond de ses ceps de vigne, ses meilleurs souvenirs d’hommes heureux, de luttes contre les fatalités de la maladie et autres formes de fléaux contre lesquels il n’avait jamais baissé les bras afin de préserver son patrimoine. Le soleil se lève doucement pour faire encore une fois de cet endroit où il est né : « un des endroits des plus beaux matins du monde».  Il va sur ses 50 ans d’une vie laborieuse vouée à sa terre, à sa famille, à ses parents, à ses amis, à la vie associative de son village…….il laisse derrière lui le cimetière où reposaient trois générations de ses pères. Il ne reste dans les rues de son village que quelques vieux pour se rappeler encore son nom. Le vent qui se lève ne mettra pas longtemps à effacer sa trace dans le sable des dunes proches.

« IL EST LÀ POUR QUELQUES INSTANTS ENCORE, ET BIENTÔT POUR PLUS JAMAIS! »                                                                                                                           Robert WARNERY

 

Monument aux Morts de TURGOT

Poursuivons  notre « chemin du souvenir » et allons au monument de TURGOT saluer le 2ème classe Armand HUBERT, du 2ème régiment de ZOUAVES, mort au Champ d’ Honneur le 12 novembre 1917.

Photo de l’inauguration du monument                                                          d’                           d’     Hubert ARMAND

et dans l’album Les 11 autres photos que tu as  dans ta boite mail

 

Monument aux Morts d’ER RAHEL.

Une visite  s’impose  en ce mois de novembre  du côté du monument aux  morts  d’ ER RAHEL.

«En 1922 la commune érigea un premier monument aux morts près de l’ école de garçons.

Archive de l’amicale.

En 1934, la municipalité remplaça son vieux monument par  un momument plus digne de nos morts……….

Archive de l’amicale.

En 1870-1871,  quelques Er Raheliens devaient aller défendre la Métropole, mais ce fut surtout en  1914-1918 que la commune paya un lourd tribu à la guerre.  Qu’on en juge par la liste de ses enfants morts au champs

d’ honneur:

9 Musulmans et 19 Français de souche européenne.

Liste des ENFANTS d » ER RAHEL MORTS pour la FRANCE   1914-1918

Français – Musulmans  

BERKRATTOU El Habib

BERKRATTOU Mohamed

BEN THOUIR  Mohamed

BERRAHOUI Mohamed

BOUHADI  Kouider

LAKHDAR DIFFALAH Kouider

MOHAMED  MESSAOUD Saïd

MOHDAD Abdelkader

NEGADI  Mohamed

Français

ALESANDRI Barbarin

CHANU Cyprien

DAVID Auguste

DUSSERT Louis

EYSSERIC  AUGUSTE

FAIVRE  Louis

HERRADA Vicente

LOPEZ Joseph

LUYE  Albert

MANSÉNARÉS Raphaël

MAURICE  Auguste

MICO Raphaël

MONTOYA   José

MOSSER Gabriel

PITOT Louis

ROBERTO Victor

RUIZ  Jean

RUIZ  Joseph

VIGNOLO Jean Michel

(tiré du livre:

« Une petite ville d’ Algérie   parmi tant d’ autres……..  ER RAHEL, à l’ image de la France ».

de:             Max MARCHAND ( docteur Es LETTRES)                                            Documentation de M. J  BERNABEU, secrétaire Général

mairie d’ER RAHEL  .

EN DESCENDANT le BOULEVARD : 2ème balade.

Si nous reprenions notre promenade! Tiens? Des nouveaux venus dans notre groupe? Soyez les bienvenus parmi nous! Suivez-nous! Nous allons déambuler d’une maison à une autre, au gré de mes souvenirs. Nous sommes maintenant, en continuant notre parcours initial, devant la maison de M. GRAS.

Devant la porte, sa fille Paulette accompagnée de ses amies Joujou SEMPÉRÉ, Olympe CALLAMAND, Paulette et Lucienne LAMBERT, Gisèle MACIA, paraissent bien animées. Elles projettent sûrement une sortie. Laissons-les à leurs papotages. Savez-vous que cette maison fut, dans les années 57-58, une crèche? C’est l’action Catholique, dirigée par madame BOUR et une trentaine de bénévoles, qui l’a créée et mise sur pied. En avançant un peu plus, nous voici devant la vieille maison de Joseph POVEDA, mon oncle. Nous l’avons habitée quelques temps. Elle est restée fermée jusqu’à …. ce 31 décembre 1959. Vous souvenez-vous du couvre-feu qui paralysait le village? Nous les jeunes, avions décidé avec l’aide de Sylviane et René mes cousins, de célébrer, malgré tout, la nouvelle année dans la salle à manger de la vieille maison. Il y a avait là : Eugénie, Norbert, Armande, Louis, Nadia, Blondine, Jocelyne, Michel, Josette, René, Sylviane, Jacques, Jadette, Odile, René, Chantal, Jean-Louis, Titou, Marie-Jo, Paul et d’autres dont les noms m’échappent. Que de souvenirs!!! Dès 8h du soir, jusque vers 6h du matin, plus personne dans les rues. Nous étions une vingtaine de copains enfermés, à enterrer l’année 59. C’était l’année du BIG BISOU, des PLATTERS, de GLORIA LASSO, de DALIDA, de Paul ANKA, de Harry BELAFONTE, de BILL HALEY…..et les cha-cha-cha, les mambos, les calypsos, les slows, les rock se succédaient. Les jupes, en tissus d’ameublement et fort juponnées, tournoyaient de plus belles! OUF!! Ça « crépite » dans ma tête! Un vrai feu d’artifice!!!!,!!! !!! Allez! Pas d’émotion! Coupons court! Refermons doucement la porte de notre « Nigth Club » d’un soir et passons à côté. Toujours la maison du Tonton Pépico. Le portail de la cour est entrouvert. Entrons! La curiosité est permise. Il y a bien du remue-ménage! Hum! l’agréable fumet! Voyez-vous ça ! Toute la famille semble être réunie. Je vois: on prépare des gaspachos! Chacun s’affaire. La poêle est sur le feu de bois. Le bouillon mijote. La table n’est pas encore dressée. Les plus jeunes, eux-aussi, donnent un coup de main. Ils débitent avec application des petits morceaux de galettes encore tièdes qu’ils amassent sur un torchon blanc, mangeant en cachette, de temps en temps, un petit carré de pâte. Le Gaspacho est en bonne voie et en bonne main. Nous reviendrons un peu plus tard prendre l’apéro avec eux. Sortons admirer la villa de l’autre côté de la rue : La villa ROSELLO. Que de fois je l’ai admirée! Les volets étaient toujours fermés! Cette famille, je l’appris plus tard, résidait à ALGER et venait à RIO quelques jours, puis repartait. Je n’ai jamais vu les enfants. Seulement madame LAGET, une respectable dame à cheveux blancs. Qui était-elle? Je ne l’ai jamais su. Continuons notre balade! Avançons jusqu’à l’angle de la maison et tournons à droite. Direction…. le cinéma d’ Alfred SALA et de Méméto VIRUEGA : « Le TRIUMPH »!! Quel beau cinéma ce TRIUMPH! Moderne! Rien à voir avec le VOX et le CASINO que nous visiterons plus tard. Le TRIUMPH est tout récent, grand écran fermé par des tentures de velours rouge, murs tapissés de toile de jute, fauteuils confortables en velours rouge aussi. Vous voyez l’ambiance!! Hé!… vous entendez cette musique? « La Danse du Feu « de Manuel de FALLA qui nous appelait l’entracte fini : « Mesdames et Messieurs veuillez regagner vos places, la séance va commencer». Oh! La! La! les souvenirs se bousculent! Et les soupirs aussi..!Arrêtons là! Regagnons le boulevard. Pas de mélancolie s’il vous plaît! En face la maison de la grand-mère ARACIL, grand-mère de Marie-Jeanne et de Marie-Paule. Mais où vécut aussi notre ami « Petit René » comme l’appelait sa mère, Fifine CARDONA. Tiens! Rose-Marie est assise sur les marches à l’entrée. Elle attend sûrement son frère Paul. Plus loin, sur ce trottoir, l’atelier de monsieur SEMPÉRÉ, bourrelier de son état, le père de Paule. Devant la porte, les colliers des mules attendent qu’on vienne les récupérer. Dans les années 30, monsieur NAVARRO, le grand-père d’ Eva, Gaby, Francine et Henri, cardait le crin, pendant que son épouse et ses ouvrières habillaient les belles saladéennes. Mais regardez donc qui s’avance vers nous? NINITCHE!!! Comment ? Vous ne vous souvenez pas de Ninitche! Le chien de monsieur et madame JEAN! Un caniche tout frisotté, comme moi, lorsque je sortais du salon de coiffure de monsieur JEAN! Le chien s’installait à l’entrée, sous le rideau de perles et il fallait lui demander pardon pour passer. Avec la mode de l’indéfrisable, monsieur JEAN eut besoin de renfort, Jeanine COLLMAN, Annette MILLAN et je pense Hermine JAÏME, vinrent coiffer la plupart des têtes saladéennes. Puis Claudine CHORRO prit la suite. C’est elle qui me fit un superbe chignon, pour mon mariage, à grand renfort de laque. Et oui! Vous m’entendez soupirer? Désolée! C’est que je n’ai plus jamais eu de chignon! Allez! Je galège comme disent les Sétois. Je plaisante quoi! Mes soupirs vont vers ce temps écoulé, bien sûr!!!Pas de regret! Laissons ces dames travailler et allons dire bonjour à madame MACIA, qui est au balcon juste au dessus de nos têtes. Elle attend François et Arlette. Gisèle a déjà convolé en justes noces avec Camille POVEDA. Et d’année en année, ma mémoire et mes souvenirs nous emmènent sur le trottoir en face où réside le docteur GUTIERREZ, son cabinet médical attenant à son logis. Savez-vous qu’en juillet 1953, le docteur Marcel RUIZ le remplaça le temps d’un été? Vous pouvez me croire : je vous l’assure. Je peux vous le confirmer. J’ai mes informateurs! C’est Michelle CHORRO qui, encore une fois, m’a rapporté l’info, et un gentil message du Docteur RUIZ lui même, qui garde un très bon souvenir de Rio et de la plage où il allait se baigner entre midi et deux heures. Après le départ du docteur GUTTIERREZ, c’est Maryse et ALFRED SALA qui s’y installèrent. Et…tout près de leur maison, enfin! Le premier d’une longue liste de cafés, le café de madame GATTI. Je dois vous dire ,vous les jeunes recrues de notre groupe, que chez nous il n’y avait pas de bars mais des cafés. Ça y est! René est content! Il ne les voyait pas arrivés ces cafés! «N’oublie pas de parler des cafés Jadette!». Comme si nous pouvions les oublier! Arrêtons un instant, le temps de déguster une boisson: «Nous prendrons bien un petit café, madame GATTI, nous avons encore une longue promenade à faire», Savez-vous qu’il y avait 13 débits de boisson dans le village. Nous irons les voir de plus près au cours de notre balade.! Allons! Continuons! Passons en face voir Madame Callamand. Elle nous donnera des nouvelles de Claude bientôt médecin. A côté, l’atelier de monsieur PEREZ le vulcanisateur, « ROJO« , comme l’appelle ses copains. Des colonnes de pneus s’entassent devant la porte. Une grande enseigne DUNLOP orne sa devanture. J’oublie sûrement quelque chose, mais je n’allais jamais voir monsieur PEREZ. Nous avions BOUDISSA pour nos vélos. Antoine et Christine, ses enfants, sont sûrement à la maison. Et nous voilà devant la banque C.F.A,T (Crédit Foncier d’ALGERIE et De TUNISIE). Belle bâtisse, n’est-ce pas! Monsieur ROSAS Marcelin assura la direction en 1928. Dans les années 45, monsieur DELPORTE prit la relève. Madame DELPORTE Madé et Hélène devinrent des saladéennes. Après leur départ, ce fut M. BONIOL qui prit les commandes. Il avait une fille dont j’ai oublié le nom qui fréquentait l’école primaire. Le dernier directeur fut monsieur Lucien GARAIT, le père de René, d’Yvette et de notre ami Christian. Bien sûr, vous n’avez pas oublié les employés Jean ESTÈVE,notre supporter sportif, Jeannot YVARS, et Lucien DION. Que tout cela est loin! Et cependant si présent dans ma mémoire!!!! Nous n’irons pas plus loin: la promenade a été longue et nos jeunes recrues s’y perdraient.

EN DESCENDANT le BOULEVARD à RIO

Je voulais vous parler d’écoles. Des nôtres bien sûr. Mais la nostalgie et les souvenirs aidant, je vous emmène faire l’école buissonnière. Suivez-moi! Je vais vous balader le long du boulevard en faisant de temps en temps quelques incursions dans les rues toutes proches puisque aujourd’hui c’est :

                            ATELIERS PORTES-OUVERTES à RIO

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VACANCES à la PLAGE.

ET oui! la rentrée des classes est déjà là! Nous…, nous étions des privilègiés, notre rentrée se faisait le 1er OCTOBRE! 3 MOIS de VACANCES!!! Et quelles vacances!!! Pleinement vécues entre plage et village, elles nous ont laissé d’impérissables souvenirs. Alors, pour revivre ces journées de bonheur, j’ai feuilleté les albums de l’AMICALE, d’où j’ai relevé quelques photos que je vous livre en « vrac ».  Photos de vacances à TURGOT PLAGE et à SASSEL. Bon flash back!!!!!

 

Création de la Société « JEUNESSE SPORTIVE »d’ ER RAHEL.

Création de la SOCIETE « JEUNESSE SPORTIVE »  tiré du livre  de                        Max MARCHAND , « Une petite ville d’ ALGERIE parmi tant d’ autres… »

« Le « SOU des ECOLES » est une importante société scolaire et sportive d’ ER RAHEL. Fondée le 1er Février 1930, elle a connu trois présidents:                 Emile DIDERON, Jules ALBALADEJO, et Emile COUILLARD.                                Un point d’histoire du « SOU des ECOLES » se situe dans la séance du  8 Novembre 1940. .En effet, lors de cette séance,  toutes les sociétés sportives d’adultes groupées sous le nom de « JEUNESSES  SPORTIVES ER RAHELIENNES » décidèrent de fusionner avec le « SOU des ECOLES ».                                                                   « Réunion du 8 Novembre 1940.                                          Sont absents les membres du comité encore sous les drapeaux en SYRIE. Monsieur Lucien DESCAT a été convoqué comme Président de la « JEUNESSE SPORTIVE » car l’ordre du jour est le suivant:                                                   FUSION de la « SOCIETÉ SPORTIVE » et du « SOU des ÉCOLES ».                      Aussitôt le Président du  « Sou des ÉCOLES » donne la parole à M. Lucien DESCAT. Ce dernier développe les raisons pour lesquelles il demande la fusion. Le FOOTBALL est un sport goûté du public mais il entraîne des frais que les recettes arrivent difficilement à payer… A son avis les ressources du « SOU des ÉCOLES » seraient suffisantes pour permettre de venir en aide à ceux qui pratiquent l’EDUCATION PHYSIQUE et les sports. Sans oublier les enfants des écoles. Ce sont surtout ces derniers qui ont besoin du « SOU des ECOLES ». M. DESCAT le sait très bien… Il rappelle ensuite que la loi n’autorisera à l’avenir probablement qu’une société dans notre centre.          … On a parlé, dit-il, d’une dette de la « JEUNESSE SPORTIVE ». Il y a en effet un passif de 6500frs environ qui se comprend, quand on pense à la construction du mur de clôture du stade de foot. C’est à lui  que cette somme est destinée. Jamais il ne la réclamera au « SOU des ECOLES »; la Société arrive donc avec son stade et une caisse vide, mais sans aucune dette.                 … Après quelques questions posées par: Ms PONCELET, FABRE, CANDELA, NAVARRO, et FROMENT, le principe de la fusion des Sociétés est votée à l’ unanimité.  Sur la proposition de M. ALBALADEJO, il est décidé que le Comité sera augmenté de 4 membres désignés parmi les membres du Comité de la JEUNESSE SPORTIVE. M. DESCAT en fera connaître les noms après réunion de ce dernier. M. DESCAT remercie le Comité du « SOU des ECOLES » de l’accueil vraiment amical qui lui a été réservé. Il parle en son nom personnel et au nom du Comité de la JEUNESSE SPORTIVE. Ensuite la séance est lévée…..                                                                                              Le Président:                                               le secrétaire:                                                   J. ALBALADEJO                                                P. BOURREC

                                         Réunion du  11 Septembre 1941                                                    La Société, même aux temps troubles de VICHY, devient de plus en plus florissante…                                                                                                                     Section FOOTBALL. Directeur: M. COUILLARD, assisté de M. NAVARRO, CANDELA et LOPEZ Gérard.

Section ATHLÉTISME: Directeurs : jeux, M. AVARGUES; Athlétisme, M. CERVANTÈS, assisté de Mme BALME, de MM. FABRE Émile, FROMENT Roger, ALBERT Gérard.

… A la libération, la « Société repart de plus belle. Voici la liste de ceux qui s’y dévouaient encore le 31 janvier 1946:                                                                       Nouveau tableau des services et fonctions:                                                                 Président : M. COUILLARD                                                                                                Vice-Présidents : M. PLUMET, M. TISSOT                                                                        Secrétaire : M. LLOBREGAT                                                                                              Trésorier : M. BRAVAIX

SPORTS : Secretaire sportif : M. MUNOS Jean                                                                    FOOTBALL : MM BANONS et CANO Paul                                                                 BASKETT-BALL : M. MUNOS Jean                                                                                ATHLÉTISME : M. ANTON René

Voilà, chers amis ER RAHELIENS, tout ce que j’ai pu trouver concernant le sport et plus particulièrement le foot. Notre amicale n’est pas « riche », mais je compte sur vous pour compléter les infos en ajoutant des commentaires des anecdotes, éventuellement des photos .  Nous vous en remercions.

Archive de l’amicale du Rio Salado.

M. BERNABEU et l’équipe de 1938

Suite et fin « FOOT à RIO » -Un Article de J-L. LOZANO.

«…..Durant l’été 1958, l’idée nous vint de faire revivre le S.O.S, mis en sommeil depuis quelques années après l’épopée de la grande équipe dirigée par le Président  Sassa ROSELLO. Une équipe d’amis de tous âges: Bébert ARACIL, SANCHIS, PÉPICO el Pintré, Ernest REYNE, beaucoup d’autres et moi-même, se mit au travail et engagea le S.O.S dans le championnat pour la saison 58-59. Le siège social  se situait au BAR des SPORTS, boulevard national, une nouvelle tenue fut achetée avec des fonds collectés par Monsieur REYNE, propriétaire des lieux.

Les recrues du SOS (archive de l’amicale du Rio Salado)
Archive de l’amicale du Rio salado

1er rang : Paul GALLARDO- Jean Louis LOZANO- Ernest REYNE- Louis CHORRO-2ème rang: Jean GALLARDO- Lucien VIRUEGA- Henri NAVARO- Roger MACIA- Henri MEGRET- Louis LAMBERT- 7 (?)-

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