Mme Odette BOUR : une vie au service des autres.

Puisque le  8 mars 2018,  nous avons fêté « La FEMME« , j’ai voulu « aller dans notre village » voir de plus près quel était le rôle des femmes chez nous.  Pas la peine de se creuser la cervelle, nos mères et nos grands-mères n’avaient qu’un seul objectif: la famille. Elles étaient dévouées et formidables, vivant dans l’ombre du mari, leur donnant un coup de main, parfois même un sérieux coup de main… Je dis des bêtises? Peut-être, mais je vous parle des femmes des années 50! Cependant j’avais un doute. Un village vit avec l’aide de tous et de toutes. Dans les années 59-60,  la femme a certainement évolué. Alors j’ai continué mes recherches dans les archives de l’AMICALE, essayant de voir qui sortait de « l’ombre » et j’ai trouvé le nom d’une DAME qui revenait souvent. Une DAME ayant laissé son empreinte dans le village: Odette BOUR.

Archive de l’amicale du Rio Salado.

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Jules Herménégilde SEROIN

Jules Herménégilde SEROIN. (archive famille SEROIN)

Lors d’une conversation avec Jean Pierre SEROIN au sujet du cimetière de RIO SALADO, je lui demandai qui était Jules Herménégilde SEROIN, né le 21 décembre 1879, dont j’avais vu le nom sur le caveau familial. Jean Pierre me raconta que Jules était le plus jeune d’une fratrie de 4 enfants : Anthelme (grand-père de Jean-Pierre), Francisque et Maria (voir album ci-dessous) et qu’il avait eu une vie peu ordinaire. Alors que Jules poursuivait ses études,  Anthelme fut désigné par le sort pour accomplir son service militaire en ALGÉRIE. Durant sa période militaire, Anthelme renoua avec une de ses tantes Henriette GARNIER installée à  RIO SALADO. Son service accompli, le jeune garçon renonça à retourner à AMBERIEU en BUGEY, préférant se « poser » à son tour dans ce village en formation. En France, son jeune frère Jules passait brillamment ses examens.

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Carnaval à Rio.

CARNAVAL est là, il sera célébré un peu partout dans le monde, alors je vous emmène au CARNAVAL de RIO. Ne vous affolez pas, c’est de notre carnaval dont il s’agit, un simple retour-arrière, histoire de vous faire connaître ou faire redécouvrir le carnaval à RIO SALADO.

Savez-vous que le premier bal de carnaval  fut donné le 22 février 1881? Le village était encore très « jeune ». Il fallut donc lancer une souscription pour organiser un VÉGLIONE, un bal costumé. Une parenthèse dans la vie si rude que menaient nos ancêtres. Un document trouvé dans les archives de l’Amicale, le confirme.

Souscription du 19 février 1881 Archive de l’amicale du Rio Salado.
Souscription du 19 février 1881 Archive de l’amicale du Rio Salado.

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Mais quel était donc cet oued, parfois si dévastateur ?

Je ne me souviens pas d’avoir appris quoique ce soit, à l’école, concernant notre oued, il est vrai que l’école et moi…bref! Passons! Je savais comme tout un chacun que notre rivière était salée. L‘oued El MALAH pour les pionniers espagnols devint el RIO SALADO.
Alors, j’ai recherché dans les archives de l’Amicale un quelconque renseignement. J’ai découvert, avec beaucoup de plaisir, une monographie scolaire: «CARTOGRAPHIE de L’AFRIQUE du NORD» appartenant à Mathilde DAVOS, datée de 1936, lorsqu’ elle était en classe du certificat d’études, chez mademoiselle LALA.
Ce cahier était édité par P. DAMVILLE, directeur d’école.
Quel instituteur ou institutrice d’Algérie a pu oublier cette méthode d’enseignement?? Mais revenons au cahier de Mathilde, on pouvait lire:
MONOGRAPHIE de RIO SALADO
COURS D’ EAU: L‘oued MELAH ou RIO SALADO (qui signifie en espagnol rivière salée) et son affluent l’oued CHABBAT. Ces cours d’eau roulent beaucoup d’eau en temps de pluies, mais sont presque à sec en été.

Cartographie de l’Afrique du Nord(Mathilde Davos) 1936 . Détail 01
Cartographie de l’Afrique du Nord(Mathilde Davos) 1936 . Détail 02

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Notre oued : le Rio Salado.

Je ne sais toujours pas si les faiseurs de pluie y étaient pour quelque chose, mais les pluies s’annonçaient dans les mois qui suivaient ces festivités.  Elles  arrivaient quelques fois abondantes, parfois trop abondantes ce qui entraînait notre oued dans des « débordements » désordonnés.                                 Ces crues, Maud ARNAUD, arrière petite fille d’Henri DE GOURNAY, premier délégué de l’administration de RIO en parle dans son roman  «La fleur de l’aloès ». Roman qui raconte  « l’épopée pionnière d’une branche de sa famille en terre d’ALGERIE, dans les années 1850».                                      «...Après des mois de sécheresse et d’un ciel uniforme, brusquement, des nuages sombres avaient diffusé une lumière grise. Des pluies diluviennes avaient ployé la végétation, transformé le sol en sable mouvant.  L’Oued EL MALAH n’était plus reconnaissable. Devenu fleuve fantastique et rapide, ses eaux boueuses décapaient les berges avec un grondement sourd. Henriette angoissée, surveillait la montée des eaux. Rambert était venu lui annoncer qu’une partie du pont en bois avait été emportée par cette crue soudaine. Il paraissait soucieux, étonné par la puissance subite de l’oued.                                                                                               – La route est coupée. Si la pluie continue avec cette violence, le pont sera complètement bousillé. Quel foutu pays!…..»

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Les faiseurs de pluie.

J’ai reçu, il y a quelques temps,  un mail de notre ami René. Il s’inquiétait du manque d’eau chez nous  et  nous proposait de faire appel à…

                                                         MADAME BONO.

Vous souvenez-vous lorsque l’été, prenant ses aises, se  prolongeait jusque vers la mi-octobre? Quand la terre assoiffée réclamait de l’eau. Nous avions nos « faiseurs de pluie » qui arrivaient au village. Nous les appelions « MADAME BONO ». Entendez par là « MADAME BONNE EAU ». Pour appeler la pluie sur la commune, ces musiciens arabes, au nombre de trois, déambulaient en cortège, derrière un jeune taureau. Celui-ci d’un pelage noir était « caparaçonné » de tapis  colorés et couvert de colliers de perles ou de rubans. Ils avançaient dans les rues du village, jouant de leurs instruments si caractéristiques: la GAÏTA, le GALAL et le TAR. La GAÏTA, vous vous en souvenez peut-être, est un genre de flûte en bois, aux sonorités si particulières. Le deuxiéme, le  GALAL, est un  tambour en bois lui aussi. Le troisième, le TAR, est  un tambourin agrémenté de cymbales. Les « faiseurs de pluie » précédés du jeune animal, allaient de maison en maison, jouant cette musique criarde et aiguë à la fois  qui annonçait leur arrivée. Ils demandaient aux villageois de se joindre à eux dans la prière quémandant quelques pièces en offrande, et chantant cette mélopée:

« YA, MADAME BONO, ATENI   SUELDO                                                                                YA, MADAME  BONO ATENI SUELDI »

Archive de l’amicale du Rio Salado.

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LES FÊTES de FIN d’ ANNÉE à RIO.

Les fêtes de fin d’année approchent à grandes enjambées. Notre ville de SETE se pare de guirlandes. Les devantures des magasins brillent de mille feux. De toutes parts, on s’agite, on s’anime, on se prépare à cette fête familiale qui réunira grands et petits autour des mamies, papys, oncles et tante…Et, voilà! c’est à notre tour maintenant d’être….. « en bout de table ».

Où sont nos Noëls  d’antan!!! Nostalgie? Non, simple retour arrière. Un genre de pèlerinage dans ce monde qui fut le nôtre quand nous avions l’âge de nos petits enfants.

Alors, je retourne à nos archives, essayant de glaner ça et là, anecdotes, photos, articles qui remettront  en mémoire nos Noëls d’autrefois  donnant vie pendant ce laps de temps, à toutes ces fêtes qui firent vibrer notre village.

 

La  « pêche » fut bonne! Me voilà dans les années 45 ou 46, lorsque le CASINO , le cinéma de Mr. ROCHER, se transformait en salle de fêtes. Les écoles, sous la houlette de nos enseignants, donnaient un spectacle en cette fin d’année. Madame CRESPO, institutrice du CE1 ou CE2 présentait les Contes de Perrault qui réunissaient des élèves de toutes les classes :  sur scène :

Nicole CARDONA, Danielle BENHAMOU, Clémence POUYAU, Renée QUILES, Josette SEMPERÉ, Jadette VALERO, Jean LOUIS LOZANO, Louis CHORRO.

Archive de l’amicale du Rio Salado.
Archive de l’amicale du Rio Salado.

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BENI BADEL-ORAN : la voie de l’eau douce.

Malgré les recherches de mes dévoués informateurs, nous n’avons rien de précis concernant le raccordement de RIO à l’eau de BENI-BADEL. Élargissant mes recherches sur INTERNET, d’après les infos que Michelle CHORRO m’avait données, j’ai pu trouver un témoignage d’Henri MONOD  (« Un cas concret: ORAN« ). Voici un extrait à travers lequel on peut se  faire une petite  idée de ce qui a pu se passer à RIO.

«…Pour nous tous, oranais, l’eau était une bénédiction du ciel, un moyen de vivre.. ».                                                            

« …la solution a été extrêmement  coûteuse. Il a fallu aller chercher l’eau dans les monts de TLEMCEN, aux sources de BENI BAHDEL à 180 km d’ORAN à travers un territoire extraordinairement mouvementé. Ce sont 180 km d’ouvrage d’art où les français ont mis tout leur génie pour pouvoir réaliser cette adduction d’eau.                                                                     Continuer la lecture de « BENI BADEL-ORAN : la voie de l’eau douce. »

11 Novembre : à l’ombre de nos Monuments aux Morts.

Le  11 novembre est une date anniversaire que nous avons  célébrée de nombreuses fois dans nos  trois villages, RIO, TURGOT, ER RAHEL .

Monument aux Morts de Rio Salado.                                                  

En 1925, le maire Joseph MILHE POUTINGON fit cette allocution:                   

« Sur  l’une de ses places, en face de la mairie, se dresse le MONUMENT aux MORTS, élevé à la mémoire des enfants de RIO SALADO morts pour la PATRIE. Ce monument glorifie magnifiquement en lettres d’or nos Grands Morts. Les noms sont inscrits au hasard, sans distinction de grade ni de race, ni de religion, tous unis dans la même gloire.                                            L’inauguration de ce monument, a eu lieu le 9 DECEMBRE 1923 , sous la présidence de M. le Préfet d’ ORAN et de M. le Général Commandant de Division. Elle s’est déroulée dans une manifestation à la fois simple et grandiose, dont les Saladéens conserveront longtemps le souvenir.                Rio Salado. 1925 ».

Archive de l’amicale du Rio Salado.

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Novembre, le Mois des MORTS ( Joël PLENIER)

En ce mois, où depuis quelques temps, le cimetière de RIO est de toutes les conversations dans notre milieu « Amicalien », j’ai recherché dans les archives de l’ Amicale qui pouvait nous parler de notre cimetière. Et j’ ai retrouvé le bulletin paroissial  de l’ Abbé PLENIER   » Le SEL » de novembre 1956.En voici un extrait:

«Dans nos cimetières chrétiens d’ ALGERIE, le soir de la TOUSSAINT on pourrait placarder l’invitation suivante:

«LES MORTS AUJOURD’HUI REÇOIVENT LES VIVANTS»

Réception qui n’ est pas sans apparat, sans grandeur. Dans notre petit cimetière de RIO SALADO, toujours soigné avec amour, fignolé, beau, c’est une profusion de chrysanthèmes. Les tombes les plus abandonnées d’ordinaire ont pris un air de fête, et les saladéens en foule viennent honorer leurs morts, aujourd’hui leurs hôtes.

Les honorer? Leur faire honneur? il faudrait s’entendre!

Pour la tombe de RACINE, on avait demandé à BOILEAU de composer l’épitaphe:

« Quelque grande idée que nous puissions avoir sur sa réputation, passant, souviens-toi qu’il  te demande non des éloges, mais des prières et des sacrifices. »

Votre curé   J. PLENIER

Document Henriette JACOBIN. Archive de l’amicale du Rio Salado.

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