8ème balade (bis): Nos maires. (1865-1940)

Je dois auparavant vous avouer que, pour cette partie de notre balade, j’ai eu besoin d’un sérieux coup de main. Sans l’aide de Jean-Claude CARREGA, je ne vous aurez pas  entraînés dans une visite aussi détaillée et complète  de notre mairie et de ses occupants successifs.  Alors, mes promeneurs occasionnels, nous vous emmenons revivre le temps passé. Jean-Claude, je te laisse la parole:

«Bonjour à tous! Un rappel essentiel: Le territoire d’AÏN  TEMOUCHENT dont dépendait RIO (jusqu’en 1859) était très vaste. Il s’étendait jusqu’à MISSERGHIN, et comprenait AÏN KIAL, et AÏN el ARBA.. Administré par les militaires, c’était un capitaine qui faisait fonction d’officier d’État Civil. En 1860, ce territoire passa sous la responsabilité d’un administrateur civil  désigné par l’État: Émile PAYEN,  qualifié de « commissaire civil« .

En 1864, le territoire d’AÏN TEMOUCHENT fut érigé en commune de plein exercice. Emile PAYEN en devint le premier maire. Ce fut à partir de cette date qu’apparaissent les  adjoints spéciaux de RIO  qui feront alors fonction d’officiers  d’État Civil distincts  de celui d’AÏN TÉMOUCHENT.

Pour anecdote, vous pourriez lire sur le registre de l’État Civil d’AÏN TÉMOUCHEN l’annonce    des deux premiers mariages de Rio-Saladéens :

      – celui, en 1860, de  Louis Henry DE GOURNAY marié à  Antoinette GARNIER,

      – et, en 1861, celui de son frère, Auguste DE GOURNAY et de  Marie ALBERGE.

 A partir de 1865, les actes de naissances, mariages et décès furent inscrits dans les propres registres  de l’État Civil de Rio Salado».

Bon! Vous voilà  informés. Vous nous suivez? Nous pouvons donc continuer notre incursion dans le passé de notre mairie. Lors de sa création, par décret impérial de 1858, le village dépendait, comme nous l’avons mentionné plus haut, de la commune d’AÏN-TÉMOUCHENT, dont il constituait une annexe. De ce fait, jusqu’en 1884, date à laquelle il devint commune de plein exercice, son administration était du ressort d’un adjoint municipal. Cette mise au point étant faite, continuons notre plongée dans le temps, et accueillons le premier d’ entre eux:

  • Le comte Louis Henri DE GOURNAY de SENICOURT, 1er adjoint spécial, délégué de l’administration. Charge correspondante à celle de maire bien sûr. Il exerça cette fonction de 1865 à juin 1869. Henri DE GOURNAY eut une concession au Camp du RIO SALADO en 1859. Il eut fort à faire en tant que premier responsable du village.

Robert TINTHOIN, Dr es-lettres-ex-directeur des Archives d’Oran, nous signalait que:

« Le choléra, les sauterelles, la sécheresse et le froid rigoureux des années 1867-1868 furent accompagnés d’une forte mortalité».

Son arrière-petite-fille, Brigitte DONVILLE ne vous est pas inconnue. Vous avez sûrement lu son livre: « La fleur de l’Aloes » de Maud ARNAUD. Roman ayant pour toile de fond, les premières années de notre village.

–      Lui succéda comme adjoint spécial: François ARNOUX. Il assura son mandat de juin 1869 à juin 1875.

  –   Son frère, Marcel ARNOUX, exerça la même fonction quelques années plus tard, d’avril 1880   à janvier 1881. Les deux frères, originaires de SARRIANS dans le VAUCLUSE, arrivèrent à RIO en 1868.

Je ne peux vous en dire plus. Je laisse aux Saladéens plus compétents le soin de nous éclairer.

  • Entre les deux frères ARNOUX, Louis JACOBIN, fut à son tour délégué spécial d’octobre 1879 à avril 1880.

En février 1864, il arrivait d’AUCH  et s’installait dans « la partie la plus malsaine de la région, au bord de l’oued Rio Salado, à la MITIDJA ( tiré du Livre d’ or de l’Oranie). J’ai relevé dans le livre de sa petite fille, Henriette JACOBIN-MONTIGNY ce que sa grand-mère, Marie Louise BILLON, raconte:

« Il n’y avait alors qu’un poste de cantonnier et trois ou quatre modestes maisons…..Notre               mariage fut le premier célébré à Rio Salado. La place publique était un maquis constitué d’épaisses broussailles, palmiers nains, lentisques, jujubiers entrelacés en fourrés impénétrables ». La briqueterie JACOBIN fut créée en 1875.

  • Le dernier adjoint spécial de RIO SALADO, désigné par le gouverneur fut Alexandre MILHE POUTINGON, le père de Joseph que nous avons déjà rencontré. Il occupa cette fonction de février 1881 à mai 1884.

Pendant son mandat,  en 1882 plus précisément,  Robert TINTHOIN, nous dit:

«…l’érection du Centre en Commune de plein exercice est demandée. Après 2ans  d’incessantes démarches, un décret du 20 Mars 1884 permet à RIO SALADO d’accéder au régime communal avec un territoire de 3000ha».

Alexandre ne s’en tint pas là. On peut lire dans « RIO SALADO 1925 » de Joseph MILHE POUTINGON

« …Un marché à longue échéance conclu avec Alexandre MILHE POUTINGON permit à     M. VIC, négociant à ORAN, de créer de toutes pièces, une installation appropriée pour l’élaboration des mistelles…..C’est donc à ce dernier que RIO SALADO doit en grande partie l’extension de son vignoble et partant de sa fortune.»

      –    A partir de Mai 1884, RIO devint une commune de plein exercice.

  –    François ARNOUX  fut à nouveau à la mairie. Mais élu  cette fois en tant que premier     maire. Il y resta de mai 1884 à septembre 1886.

  – Henri DEGOURNAY  (la particule est rattachée au nom) lui succéda d’octobre 1886 à       avril 1888.

Nous l’avons déjà rencontré aussi nous allons rendre visite au huitième de nos édiles, mais en fait notre troisième maire: Jean COMBES.

  • Jean COMBES occupa cette fonction pendant 2 mandatures: de mai 1888 à mai 1896.

Il naquit à ARAGON dans l’Aude, où il exerçait la profession de tailleur de pierre. Ce qui lui valut de partir pour l’ALGÉRIE afin de  participer à la construction du pont  du Rio Salado.  Le pont en bois fut emporté par une crue. Il acquit par la suite une concession de 15hectares de lentisques et palmiers nains. Robert SEROIN me raconta que, pendant son mandat, Jean COMBES, à l’occasion de l’Exposition Universelle de PARIS en 1889, présida au banquet des maires de France, sous la Tour EIFFEL. Il avait obtenu une médaille d’or décernée par le ministre du Commerce de l’Industrie et des Colonies, pour son vin. J’ajoute que, si vous allez vous promener dans l’allée centrale du cimetière, tout au bout, vous pouvez admirer le buste de ce maire. « L’ECHO D’ORAN » du 11 novembre 1909 nous apprend que :

« L’on vient de placer au cimetière, le buste en marbre de M. Jean COMBES ancien maire de RIO SALADO, œuvre du statuaire oranais FULCONIS. Ce buste est d’une ressemblance parfaite et d’une exécution irréprochable ». (https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Guillaume_Fulconis)

Pardon? Des questions? Vous voulez savoir s’il y avait des descendants de Jean COMBES dans notre village? Attendez! J’ai quelque chose à vous montrer, un écrit relevé dans ce fameux registre d’État Civil de « ce village tout jeune » :

      « Le 12-12-1900 a été enregistré le mariage de:

SEROIN Anthelme Marin Laurent né le 7-7-1871 à AMBÉRIEU  fils de SEROIN Antoine Marin décédé et de SANVILLE Jeanne

avec

COMBES Lucie née le 25-12-1881 à ARAGON (Aude) fille de COMBES Jean Désiré et de DAT Marguerite».

 Vous voilà informés. Jean COMBES était l’arrière grand-père maternel de Jean Pierre, Yves, Luce, Paul, Henri, Robert, Marie Pierre, Guy et  de tous leurs cousins que je n’ai pu nommer.

  • En mai 1896, Henri LAGNEAU lui succéda jusqu’en Mai 1900.

Bien entendu, vous vous rendez compte que sans l’aide de mes amis Jean Pierre, Luce et Jean Claude, je ne pourrais vous tenir pareil langage. En fait, le nom des édiles  me « parlait » comme dit mon petit fils, mais sans plus. Alors Jean Claude CARREGA est encore venu me prêter main forte. Henri LAGNEAU était son arrière-grand-père paternel, père de Rose l’épouse de son grand-père François CARREGA, lui-même étant le fils aîné d’Étienne. Vous  connaissez ce dernier? Je vous l’ai présenté lors d’une de nos promenades. Il tenait le magasin général du boulevard national situé à côté de la boulangerie.

Vous y êtes? Nous continuons donc notre remontée dans le temps. 

      « Henri LAGNEAU, d’après un article d’Emile GARAIT paru sur l’ECHO du DIMANCHE de 1959, arriva en ALGERIE en 1878 et ouvrit, à RIO SALADO, un petit atelier de maréchal-ferrant pour satisfaire la clientèle du village et des environs.»

Aux élections de Mai 1900, Henri LAGNEAU fut battu par Joseph MILHE POUTINGON. Inutile de vous dire que les relations entre les deux hommes furent quelques peu refroidies. Son fils Achille LAGNEAU se présenta par la suite. Il ne fut pas élu.

  • De mai 1900 à mai 1940, Joseph MILHE POUTINGON, fut le maire du village.

Vous avez vu une partie des réalisations faites dans Rio au cours de sa mandature. Écoutez M. Claude PETIT, ancien député, lors de  la remise de la Légion d’ Honneur à M. MILHE POUTINGON:

« Enfant de ce pays, puisque vous y êtes né, vous avez donné à cette terre algérienne, comme tant de vos aînés le meilleurs de vous même, c’est à dire votre cœur……vous avez pu heureusement faire aboutir un programme de travaux indispensables au développement et à la prospérité de cette belle ville….aujourd’hui nous avons devant nous une petite ville agréable, riante et coquette qui fait l’admiration de tous les visiteurs, Messieurs ! On le doit à la vaillante population de RIO SALADO et à son digne maire M. MILHE POUTINGON.»

      Faisant suite à M Petit voici une partie de l’allocution de M. Paul BOUR, président du      Syndicat agricole:

  « Vous avez merveilleusement géré les finances communales avec des ressources restreintes… A la place du misérable village que j’ai connu en 1900 lorsque je suis arrivé parmi vous, s’élève aujourd’hui une coquette ville pleine de prospérité pleine de beauté pleine de fleurs! Mon cher Maire vous avez géré en grand financier le budget de notre commune!…»

Cette cérémonie eut lieu sur la grande place publique devant la population européenne et indigène de la région qui avait tenu à lui manifester sa sympathie.  Que vous dire de plus au sujet de ce maire!  Biensûr! vous parler de la fête qui se déroula le 27 septembre 1929. C’ est pendant la mandature de Joseph MILHE POUTINGON que le style de nos fameuses fêtes , celles qui firent, elles aussi, la renommée de notre village, prit forme.Germaine ADAM m’avait raconté que son père Vincent CARDONA, conseiller municipal fut chargé d’organiser cette fête des Vendanges, la première du genre: décoration de la place publique et du monument aux morts. Pour la première fois la fête avait un thème: MOULIN ROUGE. Un orchestre animait les soirées, et les forains vinrent s’installer autour de la place, entre les palmiers que l’on venait de planter. La fête, cette année là, se termina comme les précedentes, par une FANTASIA.Et, depuis 1924, RIO SALADO fut fidèle à ce style de fêtes. M. le Maire fut aidé dans la gestion de la commune par des conseillers municipaux :

Manuel ANDREU, Constant PORTE, Albert MACIA, Jules JACOBIN, Antoine ROSELLO, Jean LOZANO, François ARACIL, Jean LOPEZ, Jacques SANCHEZ, Joachim POVEDA, Raymond FUENTES, Joseph PEREZ, Espi CANDELA, Manuel DIAZ, Louis ESTEVE, Eugene LAMBERT, François MONTERO…

Et sûrement quelques autres dont je n’ai pas retrouvé les noms.

Et Mon Dieu! J’allais oublier « l’inoubliable » :   René MARCIANO, tout jeune Secrétaire Général de notre mairie.

 Bon! Laissons M MARCIANO et retournons à nos édiles. Écoutons la fin du discours de M. le Maire:

«Certes cette œuvre est magnifique, elle est grande elle a fait l’admiration de tous ceux qui ont visité notre pays au cours du Centenaire . Mais en vérité, en sommes-nous, nous les hommes de ma génération, les principaux artisans? Non. Le travail fait, l’œuvre accomplie dans ces régions jadis couvertes de forêts impénétrables, de marais pestilentiels, peuplés de bandits redoutables, et de fauves dangereux, pourries de fièvres meurtrières, cette œuvre, nous la devons aux premiers colons(….) et il faut le dire à ces magnifiques travailleurs espagnols qui ont arraché le palmier et les broussailles.»……

Et le temps continua de s’écouler calme et serin.

Arrive septembre 1939. RIO SALADO se trouva alors plongé dans la guerre: la mobilisation,   l’angoisse, la résignation, la tristesse, les départs précipités, les pleurs. Les jeunes hommes du village  qui un époux, un père, un frère, un oncle, un cousin, un voisin embarquaient pour la Mère Patrie, où la guerre faisait rage. Les nouvelles étaient  rares. Un tel blessé, l’autre prisonnier, le troisième Morts sur le Champ d’ Honneur. RIO  SALADO est en deuil!

Et nous voilà en juin 1940: l’Armistice.

Le déroulement de cette période dépasse mes compétences, je dois vous dire que de nombreux amis sont venus me prêter main forte. Mais pour plus de précisions « historiques », j’ai consulté Internet. Je vous résume la situation de l’époque:

Le Maréchal PÉTAIN est appelé à gouverner la France Occupée:

«Au lendemain de l’Armistice, du 22 Juin 1940, la FRANCE d’OUTRE-MER restait sous la souveraineté du nouveau Gouvernement de VICHY. Les équipes municipales furent alors renouvelées, remplacées par des administrations nommées d’office par les représentants du Régime de VICHY.»

 C’est ainsi, qu’après déductions des uns et des autres, aucun témoin de cette période n’ayant pu être consulté, nous pensons que Joseph MILHE POUTINGON dut quitter sa fonction de maire.

Joseph MILHE POUTINGON resta durant40 ans(1900-1940) maire de RIO SALADO. Il naquit en 1868 et nous quitta en 1949!

EN DESCENDANT le BOULEVARD : 8ème balade. Notre mairie.

Tient! De nouvelles recrues sont venues se joindre à nous! Soyez les bienvenues. Nous n’allons pas tarder à partir. Nous sommes à l’angle de la rue Agnel BERNARD et de la rue maréchal JOFFRE, devant la maison de la grand-mère MARZULO. On m’a soufflé, non! Soyons honnête, François et Luce m’ont suggéré  qu’il serait judicieux, puisque nous sommes face à la mairie d’y aller  faire un tour. Très bonne idée! Alors, vous qui me suivez dans ces voyages dans le temps, accrochez-vous! Pour cette 8ème balade, nous allons, l’espace d’un instant, nous plonger dans la vie administrative  de   notre village, et « réveiller  » ceux qui ont fait l’histoire de RIO SALADO.

                    Traversons la rue: nous commençons notre remontée dans  le temps. Là-bas la mairie. Elle fut construite en 1904, nous apprend Robert TINTHOIN (Dr. es-Lettres, ex-directeur des archives d’ORAN). Autrefois, deux salles du groupe scolaire, situées  entre la classe de filles et celle des garçons, tenaient lieu de mairie. En fait, comme  me le rappelle Jean Claude CARREGA, la mairie de RIO fut, jusqu’à la moitié de l’année 1884 une annexe de celle d’Aïn Témouchent. Tout comme la mairie de TURGOT fut une annexe de celle de RIO jusqu’en 1920, mes amis! Cette mise au point étant nécessaire, commençons notre  promenade. Admirez au passage, notre belle église. Une cigogne perchée sur la croix, tout en haut du clocher,  nous regarde tranquillement déambuler. Et nous voilà devant la mairie. Jetez un  œil aux grilles de défense des fenêtres! Au centre, deux lettres sont entrelacées: R et S (Rio Salado). Attendez! N’entrons pas tout de suite. Arrêtons-nous un instant. En face de vous: la place publique, le square Joseph MILHE POUTINGON, maire de Rio de 1900 à 1940, ainsi baptisé le 10 mai 1931, lors de sa promotion au grade d’officier de la légion d’honneur. Écoutons la fin de son discours:

«…C’est sur cette place, dans ce décor merveilleux, à côté du monument sur lequel sont inscrits en lettres d’or , le noms des Enfants de RIO SALADO, Morts pour la Patrie, que vous avez voulu me couvrir de louanges et de fleurs…». Ce maire  était admirable et notre place vraiment belle!

Mais elle ne  fut pas toujours un « décor merveilleux ». Avez-vous idée du nombre de réunions, de menaces, de procès verbaux qu’il fallut pour en arriver là! Le 28 mai 1909,  on pouvait lire sur L’ÉCHO d’ORAN :

«Malgré l’arrêté du Maire  pris il y a un mois, et de nombreux avertissements donnés à la population pour faire disparaître les cochons de notre centre, quelques personnes s’obstinent à en garder dans les immeubles. Deux procès verbaux ont été dressés hier».

Plus loin,  le 19 juin 1909 on pouvait encore lire:

«Notre grande place publique est toujours en grand état de malpropreté, parsemée de cailloux, et de détritus de toutes sortes, elles n’est jamais nettoyée. Nos plantations sont également abandonnées, personne ne s’en occupe malgré les sacrifices considérables consentis pour leur entretien».

Vous imaginez l’effort déployé par le maire de l’époque, M. Joseph MILHE POUTINGON, pour que vous puissiez admirer ce « merveilleux décor! ». Cette place fut créée  en 1907. Yvon LOZANO, alors que nous évoquions avec émotion pour la énième fois nos souvenirs, me racontait que son père Jean LOZANO  conseiller municipal,  fut chargé de superviser les  travaux de rénovation et d’ embellissement de ladite place.  Que d’acharnement et de persévérance!  Mais quelle réussite! N’est-ce pas? Laissons ce point vital de notre village et montons les 2 marches qui mènent à la porte d’entrée de la mairie. A gauche de celle-ci, une plaque en marbre blanc nous rappelle l’origine du nom.

 « RIO SALADO: OUED MELAH des ARABES,  FLUMEN SALSUM des ROMAINS (Rivière Salée) 

Et  encore, que RIO fut créé Centre de colonisation le 16 février 1859 et érigé en commune de plein exercice le 20 mars 1884.

Dans les dernière lignes, on pouvait lire qu’à l’origine du Centre, la population était  de 50 feux composés d’européens et d’indigènes et que  sa superficie était de 3000hectares». Au-dessus  de cette plaque en marbre, le blason de RIO SALADO. Il a été celé au mur en 1956. Non! Non! Pas d’erreur! C’est bien 1956! Rapprochez-vous et écoutez comment notre village,  petit  bled de l’ORANIE,  a eu ce beau blason. Vous pouvez vous torturer les méninges, nous étions pratiquement le seul village d’Algérie  à avoir des armoiries. Comme les  grandes villes de la métropole ! Nous devons ce beau blason au maire de l’époque: Gontrand MILHE-POUTINGON, fils de Joseph MILHE POUTINGON. M. René MARCIANO, alors secrétaire de mairie, nous relate les faits (bulletin paroissial de l’abbé PLENIER, d’octobre 1957): 

2- « Au cours de la séance du 21 décembre 1956, Mr. Le Maire a fait connaître à l’assemblée (…) qu’étant en vacances en Métropole, il a été invité par Monsieur FOUQUES-DUPARC maire de la ville d’Oran, à se rendre à Orly, afin d’y recevoir Messieurs les Gouverneurs Généraux d’ ALGERIE…..  les maires de France et d’Algérie se sont rendus à COLMAR en vue d’assister, à la préfecture de cette ville, au jumelage de diverses communes du département du HAUT-RHIN. A cette  occasion Mr. THROO, maire de GUEBWILLER lui a été présenté et a bien voulu accepter le jumelage de sa commune avec celle de RIO SALADO.

Sur l’invitation  de Mr. THROO, maire et Mr. Roger NININ, sous-préfet, se sont rendus à GUEBWILLER où une séance du Conseil Municipal a eu lieu en vue de dresser l’acte de parrainage (….) Après la signature de l’acte, le discours a été prononcé par Monsieur le Maire de GUEBWILLER .»

Le discours termine sur ces mots: « Mais il sied aussi à tout parrain d’offrir un cadeau à son filleul. Je vous prie d’accepter en souvenir de cette journée ce tableau représentant les armoiries de notre cité.»

 D’où l’idée de notre blason! et Mr. MARCIANO, continuant son compte rendu, ajoute:

«….Mr. le maire fait remarquer à l’assemblée qu’il a fait établir par M. le Directeur des Beaux-arts d’ORAN diverses maquettes pour le choix des armoiries de la ville de RIO SALADO.

Après examen, la maquette retenue est celle représentant l’origine de la cité avec ce libellé du décorateur:

«  d’argent à la barre de sinople maçonnée et bretessée, chargée d’une rivière d’or, accompagnée de deux fleurs de salicaire au naturel.»

Ne me demandez pas d’explications. Voyez notre Président : il s’ y connaît mieux que personne! M. MARCIANO, continuez s’ il vous plaît! On vous écoute!

« Sur la demande de M. le Maire,  l’assemblée charge M. BOUR Henri, conseiller municipal, de consulter  M. le Directeur des Beaux-arts d’ORAN pour faire compléter la maquette choisie, qui est à l’image de la ville de Rio Salado…..»

C’est donc ce blason, que l’on peut admirer à gauche de l’entrée de la mairie, et où l’on peut  lire la devise de notre village:

« d’Obstacle n’ a cure, fleurira quand même.»

Après ce rappel, nous pouvons entrer et « réveiller » tous nos édiles. Montons jusqu’à la salle des mariages. Installez-vous! Ils sont là, dans leur cadre, accrochés au mur. Ils attendent de vous être présentés. 

La maquette de l’église de RIO SALADO réalisée par François LAROZA.

                 

Préambule :

Histoire de la maquette de l’église de Rio, réalisée par F. LAROZA.

                  Ou comment cette maquette est sortie de l’ombre.

Le bureau de l’Amicale du Rio Salado était en réunion. Nous devions préparer notre rassemblement de Pentecôte. Auparavant, nous devions rendre compte de notre entrevue avec le Président du Centre de Documentation Historique sur l’Algérie (CDHA) au sujet d’une éventuelle maquette représentant un endroit de notre village cher aux Saladéens (la place du village, haut lieu de tous les faits marquants de notre communauté) qui serait placée dans la salle d’exposition du CDHA. La réalisation s’avérant hors de prix, nous pensions abandonner le projet lorsque Gérard LAMBERT nous parla de la maquette de l’église de Rio réalisée par François LAROZA. L’idée nous enchanta. Il nous suffisait d’aller exposer le projet à M. PEREZ, président du C.DHA. Comme le lundi, nous devions, Jacques et moi, nous rendre, sur son invitation, à la faculté de médecine de Montpellier, assister à l’inauguration d’une exposition sur les Médecins de la colonisation de 1830 à 1962 en Algérie , nous en avons profité pour lui parler de la maquette. L’affaire étant en bonne voie. Danielle LONG- RODRIGUEZ, présente au CDHA en tant que bénévole, prit la relève, fixant les rendez-vous entre  M. PEREZ et notre président E.REYNE.

Grâce à la bonne volonté de Gérard et Monique LAMBERT, qui allèrent  chercher la maquette dans le  Lot, nous avons pu l’admirer lors de notre rassemblement de Pentecôte.

L’interview de François LAROZA :

J’ai voulu en apprendre davantage, afin de vous faire connaître cette œuvre d’art. Le mot n’est par fort, loin de là. J’ai donc pris contact avec François.

Alors nous t’écoutons François. Raconte-nous comment l’idée t’est venue de faire une telle maquette:

«Je vais essayer de faire au mieux pour vous donner une idée du parcours de la maquette de l’église de Rio. Alors? Par où commencer? (un temps de réflexion et François reprend). Au printemps 1958, j’avais 16ans, j’ai construit, pour occuper mes après-midis, une petite pagode népalaise en utilisant uniquement des allumettes. Le résultat fut, on va dire, sympathique. C’est là que l’idée de réaliser une maquette -une grande cette fois- a commencé à germer dans mon esprit. Rapidement, j’ai pensé à l’église du village. Je l’ai toujours trouvée belle. Je l’ai toujours admirée. Comme j’en parlais à une de nos voisines qui observait ma petite pagode, elle me répondit d’un air moqueur: «J’aimerai bien voir ça!». Je n’hésitai pas à prendre ma décision. Aussitôt,  je me mis au travail. Très vite, j’ai compris que je me devais de respecter les règles élémentaires de solidité de la maquette: les proportions, l’échelle etc., etc. Du coup, je me suis rendu compte que le support prévu était beaucoup trop petit. En effet, chaque détail devait occuper l’espace qui devait être le sien dans l’ensemble réalisé pour que la structure reste cohérente. Avec quelques astuces et je pense, un peu de réflexion, j’ai toujours trouvé des solutions et c’est ainsi que mon affaire démarra.

Mon premier but fut de commencer à dessiner sur un carnet les détails du « bâtiment » point par point. Tout y passait: portes, fenêtres, rosaces, clocher, toitures ….Cela m’a pris beaucoup de temps, j’allais m’asseoir sur le seuil de chez M. DUCHEMIN, avec crayons et cahier. Je prenais les mesures, un œil fermé, bras tendu  me servant de mon pouce,  comme je l’avais appris en classe de dessin, notant tout dans les moindres détails. Ça en valait  la peine, car je ne savais pas à ce moment là que je ne terminerai pas ma maquette en Algérie, mais en France.

Cette construction me prit beaucoup de temps (de 1958 à 1963). Il  fallut faire appel à ma famille, mes voisins, mes amis pour amasser les allumettes indispensables à la réalisation de  la maquette. Et, en possession des « matériaux » et des « plans » que je m’étais fabriqués, je commençai les « travaux ». Sur le périmètre que j’avais tracé, les murs ont commencé à s’élever et les détails ont trouvé peu à peu leur place. Pour les parties les plus délicates  à installer, comme les toits, par exemple, j’ai dû  improviser et poser une charpente faite de planchettes. Elles servaient de support aux allumettes qui en l’occurrence firent office de tuiles. Dans ce cas particulier, les allumettes étaient collées sur l’arête et non à plat, contrairement aux autres parties de la construction.

Un autre point délicat fut la rosace à cause de ses formes rondes. En effet, si on essayait d’arrondir une allumette, elle cassait. La solution en fait, était simple: il suffisait de les mettre à tremper pendant quelques heures, et elles s’assouplissaient. On pouvait alors les « forcer » et leur donner la courbe nécessaire sans les casser.

Bien sûr, tout ne fut pas simple. La maquette inachevée quitta Rio Salado dans un conteneur. Elle arriva plus que dégradée : DÉMOLIE! Il ma fallu quasiment reconstituer mon église! Heureusement, j’avais mes croquis pour m’aider!

Au départ d’Algérie, je n’avais pas encore réalisé la partie supérieure du clocher, comme vous le montre la photo prise en France. Mes petits dessins, et une carte postale de l’église sont venus à mon secours. En 1963, dans mon village d’adoption, j’ai pu terminer -enfin!- la maquette de notre belle église (la vraie bien sûr), Mon pari était gagné : j’avais réalisé mon rêve.»

J’ai demandé à François de nous donner quelques renseignements supplémentaires concernant cette magnifique œuvre d’art. Puis, je  l’ai remercié au nom de tous les Saladéens  pour cette réalisation vraiment très réussie de notre belle église SAINT MICHEL.

Sur le plan technique voici  quelques détails:

*  Épaisseur des murs: 3 allumettes minimum.

*  Épaisseur au niveau du clocher: entre 4 et 7 allumettes.

*  Vitraux: papier hygiénique teinté à la peinture à l’eau

*  Découpe: des dizaines de lames de rasoir.

*  Colles utilisées:

  – gomme arabique en morceaux de chez M TISSINIER,

  – tubes de colle Scotch de chez M. SANCHEZ,

  – colle à bois blanche M. Bricolage,

* Nombres d’heures passées: 3000 heures environ.

* Nombre d’allumettes: 55000 environ.

Un grand merci à mes fournisseurs d’allumettes usagées.

*La maquette a été exposée 5 fois:

       – 4 fois à SAINT CÉRÉ dans le Lot  dont une fois à la MAISON des CONSULS, lieu officiel d’Expo.

       – 1 fois à MORANGIS dans l’Essonne (ville qui à offert la vitrine d’Expo)

Et François s’en est retourné dans son village où il exerce outre la fonction de maire adjoint, et celle, à la grande joie des habitants, de directeur dans  différentes activités. 

La maquette, elle, a changé d’horizon. Gérard LAMBERT et André BLASCO sont allés la chercher chez François, afin de la déposer au CENTRE de DOCUMENTATION HISTORIQUE sur L’ALGÉRIE (C.D.H.A) d’Aix en Provence. Ernest REYNE,  président de l’AMICALE du RIO SALADO  les y attendait. Danielle LONG prit les photos. Replacer la protection en verre fut un problème vite résolu. Et la magnifique maquette de François, un petit morceau de notre village, est maintenant au C.D.H.A où elle y séjournera pendant longtemps, exposée aux regards des visiteurs.



Le lien ci-dessous vous transportera au CDHA qui a réceptionné la maquette.

http://www.cdha.fr/leglise-saint-michel-de-rio-salado-au-cdha

La grande aventure de la vigne….Robert WARNERY

Pour terminer notre périple dans l’histoire des raisins de Rio, et les repas cordiaux de fin de vendanges. J’ai trouvé dans les  archives de l’amicale, « la grande aventure de la vigne…. »de Robert WARNERY. Il nous entraîne sur les traces de FISTON, son père, pour nous faire remonter le temps en nous parlant de ces vendanges qui ont tant compté dans le village.

«La GRANDE AVENTURE de la VIGNE……..» Robert  WARNERY                 Ce métier de la vigne, ne se fait pas sans une immense passion de la terre et une résistance à l’échec à toute épreuve. Le temps, le soleil et les soucis du lendemain incertain, burinèrent le visage de nos pères et tannèrent leurs peaux, rude écorce peu sensible aux éléments. Ils avaient la vie chevillée à l’âme par ce combat de tous les jours pour une existence qui n’ avait pas toujours été tendre avec eux. Mon père était de cette trempe. Les techniques d’exploitation plus aisées que par le passé, n’enlevaient rien à l’ardeur et à la ténacité qu’il employait pour continuer l’œuvre d’Eugène WARNERY, mon grand père, cet ingénieur diplômé de l’ école d’ agriculture de Montpellier. Les pépinières RITCHER approvisionnaient mon père en jeunes plants plus résistants qui lui permettaient de renouveler certaines parcelles.                                                                                    «La culture de la vigne, me disait FISTON, est un travail de tous les jours. Les jeunes plants demandent une surveillance de presque tous les instants, afin de mener à bien sa maturité.»

Et là, arrivait le cortège de traitements des maladies habituelles qui s’égrenaient tout au long de l’ année : l’OÏDIUM, le MILDIOU, les ALTISES…. Plus d’une fois, je le vis consulter le sacro-saint et mythique calendrier      » le ZARAGOZANO » qui lui donnait la météo sur un an! (enfoncés les prévisionnistes les plus performants de Météo-France sur une semaine           !!)                                                                                                           Puis arrivaient les vendanges, et il disparaissait, perdu dans l’organisation de la composition de coupeurs et porteurs. Les camions récupérés sur les stocks laissés par l’armée américaine, faisait son affaire. Il  y avait là, des véhicules pouvant circuler sur tous les terrains et par tous les temps.

Et les vendanges commençaient fiévreusement dans des odeurs de grappes mûres qui embaumaient l’atmosphère des vendanges. Mon père se passionnait dans la recherche des techniques de fabrication d’un vin qu’il appelait « vin médecin ». Ce vin médecin apportait un complément à certains vins dépourvus de  » corps ». J’aimais par dessus tout déambuler dans la cave, assourdi par le bruit des pressoirs entraînés par l’enchevêtrement des courroies qui, toute la journée, sans interruption tournaient, tournaient….. Et au-dessus de ce charivari, je m’imprégnais de l’odeur des grappes pesées, et des marcs qui parfumaient la cave.

Et 1963 est arrivé…..

Le colon contemple pour la dernière fois le domaine viticole qui préserve au plus profond de ses ceps de vigne, ses meilleurs souvenirs d’hommes heureux, de luttes contre les fatalités de la maladie et autres formes de fléaux contre lesquels il n’avait jamais baissé les bras afin de préserver son patrimoine. Le soleil se lève doucement pour faire encore une fois de cet endroit où il est né : « un des endroits des plus beaux matins du monde».  Il va sur ses 50 ans d’une vie laborieuse vouée à sa terre, à sa famille, à ses parents, à ses amis, à la vie associative de son village…….il laisse derrière lui le cimetière où reposaient trois générations de ses pères. Il ne reste dans les rues de son village que quelques vieux pour se rappeler encore son nom. Le vent qui se lève ne mettra pas longtemps à effacer sa trace dans le sable des dunes proches.

« IL EST LÀ POUR QUELQUES INSTANTS ENCORE, ET BIENTÔT POUR PLUS JAMAIS! »                                                                                                                           Robert WARNERY

 

EN DESCENDANT le BOULEVARD à RIO

Je voulais vous parler d’écoles. Des nôtres bien sûr. Mais la nostalgie et les souvenirs aidant, je vous emmène faire l’école buissonnière. Suivez-moi! Je vais vous balader le long du boulevard en faisant de temps en temps quelques incursions dans les rues toutes proches puisque aujourd’hui c’est :

                            ATELIERS PORTES-OUVERTES à RIO

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Suite et fin « FOOT à RIO » -Un Article de J-L. LOZANO.

«…..Durant l’été 1958, l’idée nous vint de faire revivre le S.O.S, mis en sommeil depuis quelques années après l’épopée de la grande équipe dirigée par le Président  Sassa ROSELLO. Une équipe d’amis de tous âges: Bébert ARACIL, SANCHIS, PÉPICO el Pintré, Ernest REYNE, beaucoup d’autres et moi-même, se mit au travail et engagea le S.O.S dans le championnat pour la saison 58-59. Le siège social  se situait au BAR des SPORTS, boulevard national, une nouvelle tenue fut achetée avec des fonds collectés par Monsieur REYNE, propriétaire des lieux.

Les recrues du SOS (archive de l’amicale du Rio Salado)

Archive de l’amicale du Rio salado

1er rang : Paul GALLARDO- Jean Louis LOZANO- Ernest REYNE- Louis CHORRO-2ème rang: Jean GALLARDO- Lucien VIRUEGA- Henri NAVARO- Roger MACIA- Henri MEGRET- Louis LAMBERT- 7 (?)-

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S.O.S les années Sassa ROSELLO. 3ème partie.

Dans les années 50, Sassa ROSELLO, un viticulteur de Rio Salado, prit la présidence du S.O.S.  Plus qu’un président, il fut avant tout un mécène pour le club. Il fit venir dans l’équipe Jean GONZALES du S.C.BEL ABBES. Hubert ZAKINE dans son livre: « La mémoire du football » écrit: « titré au plus haut niveau, Jean GONZALES répond aux sollicitations de Rio Salado. Son Président, M. ROSELLO, fait de lui l’entraîneur  du S.O.Saladéen. Jean GONZALES réalise alors un coup d’éclat unique dans les annales du football oranais: terminer invaincu   en 22 rencontres, (3 nuls, 19 victoires) et accéder en PROMOTION d’ HONNEUR». Ce furent les heures de gloire du club. Je vous communique un entre-filet intéressant venant d’un journal sportif:  «Une hirondelle ne fait pas le printemps mais GONZALES fait les beaux jours du Rio Salado. Parions qu’avant peu, certains regretteront d’avoir laisser partir cet excellent joueur!». Ces joueurs venant de clubs « étrangers » percevaient une mensualité, avaient les frais payés, et, comme les joueurs de l’équipe, recevaient une prime si le Club gagnait le match. Ces primes venaient des mécènes qui suivaient le Club. Je vous donne à lire l’article concernant Jean GONZALES , écrit par Joseph VERDU. (voir l’album ci-dessous)

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SOS : 2ème partie.

2ème partie 1940- 1945 : «  Le match pala   »

Alors que mon petit fils regardait, sans trop d’émotion le match contre je ne sais quel pays (Ah! On me souffle: la FRANCE  contre le DANEMARK), je le trouvais déçu, ennuyé.                                                                                                              -Qu’est ce qu’il t’arrive?                                                                                                            -Bof! Aucun intérêt ce match!»                                                                                              -Ah! c’est peut-être un match pala?                                                                                  -Un match pala? Qu’est ce que ça veut dire?                                                                  -Ecoute! J’ai retrouvé une anecdote assez plaisante qui te l’expliquera. Elle me fut racontée par Eugène SALAS, un bélabésien ayant eu le bon goût d’épouser une saladéenne, Andrée POVEDA. Cette anecdote nous dévoile certaines »pratiques »de ce sport. Eugène faisait partie de l’ équipe de foot de SIDI BEL ABBES  (le S.C.B.A). Cette équipe comptait des joueurs bélabésiens, plus un corse et un instituteur breton! tous deux récemment arrivés de la Métropole. Le S.C.B.A était assuré d’être champion d’ORANIE. Ce jour là, il disputait un match contre une petite équipe qui attendait fébrilement la victoire pour ne pas avoir l’affront d’être rétrogradée. Pendant que les joueurs du S.C.B.A se préparaient, un mot d’ordre circula dans le vestiaire: «-Aujourd’hui, on fait PALA». Bien sûr les joueurs bélabésiens savaient d’emblée ce que « PALA » voulait dire. Les dirigeants des deux clubs s’étaient mis d’accord: on laisserait la jeune équipe gagner. Ce qui lui permettait de conserver sa place en 2ème Division.  Mais Voilà! Ils avaient oublié nos deux jeunes recrues fraîchement débarquées! La consignes circulait, on la chuchotait de bouche à oreille: «-On fait pala! on fait pala!». On se regardait d’un air entendu. Le match débuta très calmement. Seuls nos deux joueurs s’en donnaient à cœur joie. Fous de joie, ils marquèrent 2 buts. Mais enfin! C’est un match PALA!!!! A la mi-temps, on leur répéta un peu vertement : « Hé! C’est un match Pala! Qu’est ce que vous faites?».  «Attendez ! Ça veut dire quoi un MATCH PALA???».  Alors, plus posément, on leur expliqua: «-C’est un match combine!».  La seconde partie du jeu se passa dans les normes. La jeune équipe gagna le match par 3 buts à 2. Eugène m’avoua que ce fut un des rares matchs où il transpira si peu: Hé! oui! c’était un match PALA!!!  J’ai essayé de savoir auprès des experts en la matière ce que ce mot voulait dire, je n’ai obtenu que des réponses assez évasives: «On disait comme ça!», «C’est un match combine». Ou encore : «L’origine du mot doit encore venir de nos grands parents espagnols».  Bref! la définition ne me satisfaisant pas, j’allais rechercher dans notre vieux « diccionnario DELGADO de 1948 » ce que PALA signifie. PALA veut dire PELLE, mais au sens figuré, employé famillièrement , voilà ce que j’ai lu:   «Meter la pala: tromper astucieusement » ou « Meter  média pala: donner un coup de main». Donc, nos grands-parents employaient l’expression à bon escient. Et voilà, mon grand, ce que  match pala veut dire. Donner un coup de main …».            Ah! une petite mise au point le match France-Danemark n’était pas un match pala , c’était tout simplement …et bien je n’en sais rien. Faudrait demander aux experts pourquoi ce match fut si ennuyeux!

Maillots du SOS à travers les âges.

(archive de l’amicale du Rio Salado).

(archive de l’amicale du Rio Salado).

(archive de l’amicale du Rio Salado).

(archive de l’amicale du Rio Salado).

(archive de l’amicale du Rio Salado).

 

 

Vie quotidienne dans nos villages : l’électricité.

Parcourant les pages de L’Écho d’Oran grâce à :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32759772v/date  (*)

je tombe sur un article concernant notre village dans l’édition du 31 janvier 1950.

Article de l’Echo d’Oran (archive Gallica BNF)

Qu’il me soit permit ici de réécrire cet article difficilement lisible en l’état.Bien sûr, notre « boîte à souvenirs » se met soudainement en marche. Pour deux raisons, entre autres :

-La date du 31 janvier 1950 :                                                                                             « J’avais quel âge? Qu’est-ce que je faisais? » Dure remontée dans le temps!!!

-La panne  d’électricité :                                                                                                   « Me rappelle plus??? Était-ce courant (sans jeu de mots)? »

Après ce « scoop » journalistique, j’attends vos remarques, vos souvenirs, vos déboires, que sais-je? il ne vous reste plus qu’à laisser un commentaire, en haut à gauche du présent article.                                                                                 Et ne me dites pas que dans nos trois villages, les coupures d’électricité étaient rares. M. LAROZA pourrait en parler.

A vos pupitres!!!

(*) Gallica est une excellente boîte à souvenirs. Vous y trouverez tout le bonheur du monde en vous replongeant dans les éditions de l’Echo d’Oran. Une véritable mine!!!

Mme Odette BOUR : une vie au service des autres.

Puisque le  8 mars 2018,  nous avons fêté « La FEMME« , j’ai voulu « aller dans notre village » voir de plus près quel était le rôle des femmes chez nous.  Pas la peine de se creuser la cervelle, nos mères et nos grands-mères n’avaient qu’un seul objectif: la famille. Elles étaient dévouées et formidables, vivant dans l’ombre du mari, leur donnant un coup de main, parfois même un sérieux coup de main… Je dis des bêtises? Peut-être, mais je vous parle des femmes des années 50! Cependant j’avais un doute. Un village vit avec l’aide de tous et de toutes. Dans les années 59-60,  la femme a certainement évolué. Alors j’ai continué mes recherches dans les archives de l’AMICALE, essayant de voir qui sortait de « l’ombre » et j’ai trouvé le nom d’une DAME qui revenait souvent. Une DAME ayant laissé son empreinte dans le village: Odette BOUR.

Archive de l’amicale du Rio Salado.

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