Noël 56 à Rio Salado.

Noël arrive! Noël est là! Et, avec lui, les souvenirs affluent!… Aussi, le temps d’un rêve, je vous emmène à la messe de minuit dans le village de notre enfance.

L’église Saint Michel (arch. amicale du Rio Salado).

En cette année 1956, notre bon abbé LAMOUR s’en alla et l’abbé PLENIER vint prendre possession de la paroisse. Joël PLENIER, notre nouveau curé, très érudit et très actif, chamboula le village. Il réveilla la communauté catholique, « dépoussiéra » les habitudes trop « cool « des Saladéennes, « dopa » les jeunes et les moins jeunes les impliquant dans des activités caritatives et ludiques. De plus, il créa un bulletin paroissial mensuel, « Le SEL« , où les Saladéennes et Saladéens relataient les événements survenus dans le village.

L’abbé LAMOUR; paroisse de Rio Salado et de Turgot (arch. amicale du Rio Salado).
L’abbé PLENIER; paroisse de Rio Salado et de Turgot (arch. amicale du Rio Salado).

Donc, en cette année 56, la messe de Noël fut mémorable et resta gravée dans les mémoires des villageois . En effet, pour agrémenter cette messe de Minuit, L’abbé PLENIER, aidé du missionnaire- commandant BOULÊTREAU, mirent en place un tableau vivant: une PASTORALE, qui rassemblait la jeune génération de l’époque. Un événement que tout RIO attendait fébrilement.

Dès 23h, ce 24 décembre 1956, l’église connut une effervescence peu courante: plus une chaise, plus une place de libre!

Les enfants (arch. amicale du Rio Salado).

23H15: Alors que l’on chantait les cantiques de l’ AVENT, les portes de l’église s’ouvrirent largement. Sous le regard attendri des parents, on vit s’avancer en cortège, les acteurs de la PASTORALE. D’abord, l’appariteur: L’abbé PLENIER, suivi de l’âne: Tanou VIDAL, du bœuf: (?). Puis arrivaient les bergers: Richard SANCHEZ, Joseph RUIZ, Michel LAMBERT, René PADOVANI, Marcel BELTRAN, Jean COVACHO, Gilbert ROSELLO, Pierre ARNOUX, Marc GUTTIEREZ, Jean-Louis BLASCO, Pierre LAMBERT. Trois agneaux noirs, venant de la ferme de M. René CARDONA, avaient trouvé refuge dans les bras des bergers. Puis les anges firent leur entrée: Suzanne SALVA, Lilia LOPEZ, Jeanne ROSELLO, Luce ARACIL, Marie-Jeanne ARACIL, Michèle LAFORGUE. Puis, l’on vit arriver l’ange Gabriel: Rose-Marie CARDONA, La mère de Jésus: Renée PASTOR, Joseph: Georges VALERO.

Chacun prit place dans le chœur de l’église où un rideau tendu devant l’autel avait fait du sanctuaire, une scène. Tout ce petit monde joua le jeu avec émotion et recueillement. L’assistance elle-même fut très émue. Dans le silence enfin rétabli, la voix de ténor de Pépico ANTON résonna sous les voûtes de notre belle église dans un vibrant « Minuit Chrétien« . La messe de minuit put commencer. La chorale, dirigée d’ une main de maître par FOLLINI, un militaire en garnison à RIO, régala tout le monde en interprétant à deux voix, des chants populaires. (« Celui-là, je vous le dis, il finira dans la peau d’un Saladéen!» déclara l’abbé admiratif des prouesses du jeune militaire). Ce soir-là, on inaugura l’orgue électrostatique livré le matin même.

C’est au son des cloches annonçant la naissance de Jésus que l’assemblée de fidèles entonna : « Il est né le Divin Enfant » mêlant leurs voix à celles des enfants et des choristes. Au fond de l’église, on pouvait apercevoir les jeunes militaires, bien émus…

Et Joël PLENIER de conclure: « Une fois n’est pas coutume, je suis sûr que, lors de la représentation de cette pastorale qu’ont donnée les enfants de RIO dans notre église, le Seigneur ne s’est pas offusqué de la turbulence de la foule, du babillage des enfants, des bêlements retentissants des agneaux portés sur les bras des bergers d’occasion. »

Ce fut une belle messe de Minuit, comme RIO n’en avait jamais connue!

La crèche de Turgot ( (arch. amicale du Rio Salado).

Quelques temps après, la Pastorale vint agrémenter la messe, dans l’église de TURGOT. Les enfants purent ainsi admirer la très belle crèche .

Saviez-vous qu’ un concours de crèche avait été ouvert à RIO?

Voici ce que j’ai pu lire dans le SEL: »Maryse JURADO, Yves PEREZ, Marie-Jeanne ARACIL, Pierre ARNOUX, Michel LAMBERT, José CANDELA nous ont montré leurs chefs d’œuvre, disons …familiaux. Allez donner un prix, alors que tous y ont mis autant de cœur et de goût! Chacun a donc reçu un prix. »

Enfin! Bref! Foin de nostalgie!…Je vous souhaite

Un Joyeux Noël

ALBUM

Du nouveau sur le Monument aux Morts de RIO SALADO.

Bien souvent, le Site de l’ Amicale a été sollicité par des étudiants de FRANCE ou D’ALGÉRIE afin d’étoffer leurs devoirs ou leurs mémoires par des photos, des documents. Parfois même, par des enquêtes menées auprès des Saladéens. Rares hélas! ont été les retours de ces travaux une fois amenés à leurs termes. Cette fois-ci, un élève de 2ème année de second cycle à l’ ÉCOLE DU LOUVRE, Florent ALLEMAND, devait présenter un mémoire sur la vie et l’œuvre du sculpteur Camille ALAPHILIPPE, ayant vécu en ALGERIE. En visitant notre SITE, à la recherche du moindre indice, Florent a lu l’article concernant le « 11 Novembre, à l’ombre de nos monuments aux morts » (dans la catégorie: Cimetière et monuments). Il a pris contact avec notre « ouedmaster« , qui m’a transmis son message.

Après plusieurs échanges de messages, d’envois de photos et de documents sur RIO, vous pouvez lire en pièce jointe: « une courte notice sur le monument« . Elle reprend et synthétise, nous dit-il, plusieurs chapitres de son mémoire et développe ensuite les particularités du monument de RIO. »

Je remercie chaleureusement Florent ALLEMAND pour cet envoi qui dévoile une autre partie de notre monument.

On peut cliquer sur le lien ci-dessous pour prendre connaissance de ce document.

Monuments aux Morts de Rio Salado (archive de l’amicale du Rio Salado)
Monuments aux Morts de Rio Salado (archive de l’amicale du Rio Salado)
Monuments aux Morts de Rio Salado (archive de l’amicale du Rio Salado)
Monuments aux Morts de Rio Salado (archive de l’amicale du Rio Salado)
Monuments aux Morts de Rio Salado (archive de l’amicale du Rio Salado)

Monuments aux Morts de Rio Salado (J.PLAZA)

Maxime BLASCO.

Un héros national issu d’une famille saladéenne.

Notre République, à juste titre, a rendu un hommage national très émouvant à Maxime BLASCO, tombé au combat contre les djihadistes au Mali. La presse a largement relaté les actes de bravoure de ce héros « à bas bruit ». Nous partageons la douleur d’Alexandra, sa compagne, qui souhaite un mariage posthume pour porter fièrement le nom de son époux et de leur jeune fils, Ethan, mais aussi de ses parents, Jean-Marc et Véronique. .

Jean-Marc est né à Rio Salado. Il était le fils d’Antoine Blasco, homme droit, sévère parfois, mais juste et chaleureux, me dit-on, qui était employé de la Maison Carrega en qualité de comptable, en plein centre du village.

« Les liens qui unissaient les familles Blasco et Carrega allaient bien au-delà d’une relation de travail. Voisins, les pères Antoine (Blasco) et Charles (Carrega) étaient amis et leurs garçons François et Louis, jean-Marc et Michel, partageaient les courses à vélos et les jeux d’enfants dans la grande cour qui réunissait leurs maisons ».

Telles sont les rares informations que nous avons pu obtenir à ce jour sur cette honorable famille et merci à tous ceux, parmi les lecteurs de ce texte, qui pourront nous en dire un peu plus, à leur sujet.

Nous savons toutefois que Jean-Marc a quitté l’Algérie à 8 ans avec ses parents pour s’installer dans la région de Grenoble, « loin des régions du midi ou nombre d’entre nous ont refait leur vie », et nous les avons ainsi perdus de vue.

Antoine aurait eu un peu de mal à retrouver un emploi à la hauteur de ses qualifications.

Jean-Marc est devenu policier et, pendant toute sa carrière a servi son pays, à sa façon, sans jamais oublier celui de son enfance.

Maxime, son fils, s’est engagé dans l’armée et a accompli les actes héroïques qui nous sont relatés aujourd’hui par la presse et qui font honneur à sa famille et plus particulièrement à son fils.

Pour sa part et, très modestement, l’Amicale du Rio Salado est fière de penser que les honneurs rendus à cette famille saladéenne rejaillissent un peu sur elle.

Encore une fois, toutes nos condoléances et toute notre amitié à Ethan, Alexandra, Véronique et Jean-Marc BLASCO.

Le Président Ernest REYNE

Une journée à Punta Morena.

Comment ne pas évoquer ces souvenirs qui nous ont tellement marqués? Des moments de pur bonheur que l’on ne peut oublier! …
Chaque année, nous étions cinq familles à nous y rendre: les Lopez, les Rico, les Millan, les Muñoz et enfin les Espagnoles, Maria Rosa et Luicita, venues de Madrid !…
Nous voilà donc partis par ces sentiers tortueux regroupés dans trois camionnettes: une avec les matelas, pelochons et couvertures, l’autre avec les géricans d’eau et autres vivres, la troisième avec le restant des membres de nos familles.
Arrivés à bon port, les camionnettes étaient disposées en U de façon à pouvoir dresser les bâches pour nous protéger.

1-Albert RICO. 2- Justico MILLAN. 3- Annette MILLAN. 4- Bernadette MILLAN. 5- Clémence MUÑOZ . 6- Maria Rosa. 7- Luisita. 8- André LOPEZ. 9- Mohamed. 10- Robert MUÑOZ . -11 Lucien MILLAN. 12-Marie-Jeanne MILLAN. 13- Henriette MUÑOZ . 14 Raymond RICO. (Photo Henriette ARACI-MUÑOZ )
(Photo Henriette ARACI-MUÑOZ )

Chacun avait sa petite mission à accomplir. Nos mamans : tata Carmen, Luisa, Marinette et Ascension (ma maman) s’occupaient de l’organisation, rangeaient les provisions dans un garde manger. Mais après, manger quoi ?… Le matin de bonne heure, les femmes partaient chercher les escargots de terre, accompagnées d’un homme bien sûr. Tonton Justo, fusil à l’épaule, était désigné pour la chasse au gibier. Quant à Tonton Bernard, Ramon et Antoñico, « el socatico » (mon papa), cannes et moulinets en mains, pantalons retroussés, partaient à la pêche.

(Photo Henriette ARACI-MUÑOZ )

…Les plus jeunes -les moins de 20 ans- ramassaient oursins, moules, arapèdes et autres pour l’apéro (l’anisette maison et l’anis Gras). Au retour, tout le monde étalait son butin sur la table. Et à partir de là, nos mamans concoctaient de bons repas: grillades, paëllas, gaspachos, caracolades etc…

La salle à manger- réfectoire : anisette et gargoulette. (Photo Henriette ARACI-MUÑOZ )

Après le repas, petite sieste oblige et diverses occupations!…

Concours de plongeons. (Photo Henriette ARACI-MUÑOZ )
Sur la plage. (Photo Henriette ARACI-MUÑOZ )
1- Justo MILLAN. 2- Robert MUÑOZ . 3- Albert RICO. 4- Raymond RICO. 5- Annette MILLAN. 6- Bernadette MILLAN. 7-Maria Rosa. 8- Luisita. 9- Clémence MUÑOZ . (Photo Henriette ARACI-MUÑOZ )
1- Justico MILLAN. 2- Bernadette MILLAN. 3-Maria Rosa. 4- Albert RICO. 5- Mohamed. 6- Luisita. 7- Annette MILLAN. 8- Clémence MUÑOZ . (Photo Henriette ARACI-MUÑOZ )

Le soir, après « le souper », arrivait le moment festif: histoires, anecdotes et surtout des chants et danses avec nos Espagnoles, guitares et castagnettes en mains. « Viva la pepa »! Tout le monde s’en donnait à cœur joie. Personne n’avait envie de se coucher. Pourtant, la dernière étape de la journée devait être organisée: « la cama redonda »! Et là, c’était encore le folklore !… Bonne nuit. Faites de beaux rêves.

Henriette ARACI/MUÑOZ
N.B. : Saviez-vous qu’à Punta Morena, il y avait une source d’eau douce? Pour plus d’informations s’adresser à Albert Rico.

Promenade en mer. 3ème partie: de Turgot Plage aux plages de Sassel.

Bonjour! La journée s’annonce magnifique. Etes-vous prêts pour cette sortie en mer? Le Triton va poursuivre sa promenade. Nous allons longer la côte, de TURGOT PLAGE à la plage de SASSEL où, une brève escale est prévue. J’espère qu’un coup de « REBOZO » ne viendra pas retarde notre départ. Le « rébozo » est le nom que nos grands-parents donnaient à ce coup de vent qui, brusquement, soufflait sur la mer, soulevant des vagues qui faisaient tanguer les embarcations. Mais tout va bien! La mer est calme!

« Embarquement immédiat, quai JACOBIN. Tout le monde est à bord? Nous levons l’ancre. « 

Le Triton (archive de l’amicale du Rio Salado)

La plage de TURGOT s’éloigne. Après la »BOULE » et la « DALLE », nous laissons derrière nous la plage de la GRAVIÈRE et les cabanons qui surplombent la falaise. Cette dernière vision va disparaître, effacée par l’avancée rocheuse qui les sépare de la plage suivante.

Plage de la Gravière (archive de l’amicale du Rio Salado)
La dalle, le sentier qui mène à La plage des morts (archive de l’amicale du Rio Salado)

PLAYA MUERTOS (PLAGE des MORTS)

PLAYA MUERTOS (archive de l’amicale du Rio Salado)
Plage des Morts (archive de l’amicale du Rio Salado)

La PLAYA MUERTOS doit son nom, paraît-il, à un pauvre noyé anonyme venu s’échouer sur le sable de la plage, il y a longtemps, longtemps…PLAYA MUERTOS est, une belle crique sablonneuse, accessible à pied, en se frayant un passage entre menthe sauvage, lentisques et petits melons amers qui poussent sur le sable en travers du sentier. Que de belles promenades en perspectives, de bonnes parties de pêche à la ligne, et d’agréables journées à ramasser oursins et escargots……

Plage des MORTS pêche aux oursins R. WARNERY(archive de l’amicale du Rio Salado)

Notre bateau continue sa course, voici:

PLAYA GRANDÉ ( La GRANDE PLAGE)
PLAYA GRANDÉ Famille Yvon – André et Camille LOZANO (archive de l’amicale du Rio Salado)

PLAYA GRANDÉ: « Les cartographes « , qui ont établi cette carte pour mémoriser leur lieux de pêche, sont nos aïeuls-pionniers, qui, pour distinguer ce chapelet de criques, n’avaient rien d’autre que leur langue maternelle, et leur imagination.

Nous côtoyons la suivante. Ah! une exception! vous avez là:

L’HÔTEL des COURANTS d’ AIR

HÔTEL des COURANTS d’ AIR! Drôle de nom pour une crique! Mais depuis des lustres, tous marins-pêcheurs résidant à TURGOT PLAGE, connaissaient le coin. Laissez moi vous conter le baptême original de cette crique. Vers la fin d’un mois d’août, alors que la plage s’était en partie vidée, vendanges obligent, une bande d’amis décida d’aller pêcher quelques jours, dans cette crique sauvage. Ce fut deux jours de pêche… et de rigolades, bien entendu! Mais la nuit, passée à la belle étoile, fut si froide que RAMON et JULIO el carpintero décrétèrent d’un commun accord, approuvé par toute la bande, que cette plage serait nommée: l’HÔTEL des COURANTS d’AIR. Et, lors d’une sortie, ils scellèrent une plaque en ciment sur un rocher de la crique, où l’ on peut encore lire, « ICI HÔTEL des COURANTS d’ AIR .Je tiens l’ anecdote de l’ oncle YVON.

La plage suivante est:

COVA ROJA ( CAVERNE ROUGE)

COVA ROJA: ici, une petite explication s’impose : COVA est le nom en valencien de CAVERNE. En castillan, nous aurions CUEVA. Que voulez-vous nos ancêtres sont venus de toutes les provinces d’ESPAGNE! Alors COVA ou CUEVA peu importe. Ce qui intéressait nos marins, en ce lieu, c’étaient les CORBINES que l’on pêchées sur les fonds rocheux au large de cette crique. Je dois vous dire que le vrai nom de ce poisson est COURBINE, plus exactement, le MAIGRE à cause de la fermeté et la couleur blanche de sa chaire. C’est WIKIPEDIA qui m’a renseignée.

COVA ROJA Les corbines pêchées par Fiston WARNERY (archive de l’amicale du Rio Salado)

Et nous voici maintenant devant:

PUNTA LARGA ( LA POINTE LONGUE)

PUNTA LARGA a, en toile de fond, le « BARANCO de LAURELS, et RASCAOUI ». le BARANCO de LAOUREL est un ravin couvert de lauriers- sauce qui le transforment en une forêt où bon nombre de chasseurs viennent traîner leurs guêtres espérant avoir la plus belle pièce du siècle. Quand à RASCAOUI, c’est le nom du douar déterminant cette région qui surplombe la crique. Ce nom rappelle sûrement de belles balades à Jean-Louis, Camille, Yvon… En fait, à tous les enfants LOZANO. Ainsi qu’à François et Michel CARREGA. Mais ça, c’est une autre histoire!

Le TRITON se dirige maintenant vers la PLAGE de SASSEL, une escale de courte durée est prévue.

SASSEL
Plage de Sassel (archive de l’amicale du Rio Salado)
Plage de Sassel: les oursins. (archive de l’amicale du Rio Salado)

Notre ami, Francis QUILES, et quelques uns de ses amis, nous attendent avec un magnifique « plat »d’ oursins fraîchement pêchés, à déguster sur place.

SASSEL dépend de la commune d’ ER RAHEL. Elle est fréquentée par les gens du village, mais aussi par ceux des villages environnants: Trois MARABOUTS , HAMMAM BOU ADJAR… et par les BELABESIENS. Outre les joies qu’apporte la vie au bord de l’eau, la population estivale peut se retrouver, au bar de la famille VELANDO, à celui de la famille CERVERA et autour du troisième bar celui de M. ESPINOSAS. M. ESPINOSAS organise, pour le plus grand bonheur des vacanciers, soirées dansantes et séances de cinéma. Ce bar se trouve près des viviers, d’après les confidences que FRANCIS m’a faites.Vous avez quelques heures de liberté. Ne vous attardez pas!

Plage de sassel, vue d’ensemble. (archive de l’amicale du Rio Salado)
Plade de Sassel (archive de l’amicale du Rio Salado)
En famille à la polage de Sassel (archive de l’amicale du Rio Salado)

Pêche à sassel (archive de l’amicale du Rio Salado)

« Miguel, mets le moteur en route, nos  » touristes  » arrivent.! Tout le monde est à bord? Notre promenade au pays de notre enfance reprend. Comment étaient les oursins? Bien pleins? Et l’anisette bien fraîche? C’est bon, nous levons l’ancre. Merci FRANCIS, à la prochaine!

Voici la plage , plage est un grand mot, la crique:

 » LES CANARETES « 

( Les Petits Roseaux)

Camille et Yvon LOZANO aux Canarettes (archive de l’amicale du Rio Salado)

Cette crique des CANARETES doit son nom à une source d’eau douce qui jaillit en bord de mer au milieu des rochers. Ce qui permet aux roseaux de pousser librement tout près des flots. Et aux pêcheurs d’avoir de l’eau douce et fraîche. Une aubaine!

Bien entendu, le mot « CANARETES » est introuvable. Peut-être est-ce tout simplement le diminutif de « petits roseaux » que nos  » grands-pères explorateurs » avaient trouvé de mieux pour immortaliser le coin. Pourquoi pas? Possible, mais pas certain! Il est un peu tard pour le savoir.

Tout au fond de la crique , vous pouvez apercevoir une plage de sable: la PLAGE du CANON, où un canon du XVIIIè siècle avait été trouvé.

Tout va bien? La mer est calme! Pas de problème?

la CRIQUE du CHAMPIGNON »
Yvon LOZANO au Champignon (archive de l’amicale du Rio Salado)

Nous voici devant la CRIQUE du CHAMPIGNON en compagnie de notre ami YVON LOZANO. Elle doit son nom au rocher planté dans l’eau à quelques brasses de la plage. Ces endroits magnifiques, ces noms imagés qui ponctuent notre promenade ont été colportés de pères en fils, de frères en copains et c’est ainsi que nos ancêtres ont crée leur propre cartographie des lieux. Bien-mal venus celui qui changerait les noms!

Un peu plus loin voici:

CHAPA la SAL ( la PLAQUE de SEL)
Chapa la Sal (archive de l’amicale du Rio Salado)
Les rochers de chapa La Sal (archive de l’amicale du Rio Salado)

Nom mythique que ce CHAPA la SAL. Véritable expédition pour certains de nos bateaux pas assez grands pour affronter une mer houleuse soulevée par un soudain coup de REBOZO .

CHAPA la SAL est une dalle de rochers à fleur d’eau, balayée par les vagues. En se retirant, la mer laisse une écume qui en séchant devient une pellicule de sel qui peint en blanc toutes les anfractuosités de la dalle. Pas une algue, pas un escargot ne peut survivre sur cette plaque de sel? Seuls quelques crabes la traversent à toute allure. Voilà CHAPA la SAL.

Je me souviens d’ une sortie? en fin de mois d’août, où les irréductibles de la plage, les familles FABRE , FONT, VALERO et les derniers pensionnaires du CASINO, Roland CAMALLONGA et son épouse en autres, avaient organisé une journée à CHAPA la SAL. Nous avions deux bateaux, le GOLEAND de Charles FABRE capable de subir le REBOZO et le nôtre, le CASINO, bien plus petit mais piloté de mains de maître par mon père. Quelle journée, mes Amis!! Quel joyeux casse-croûte! Oursins, arapèdes, pain frais…omelette … le vin et l’eau rafraîchissant dans les vagues! Bref. Nous avions tous les « ingrédients » pour passer une journée mémorable qui mettrait fin à la saison de plage.

Les familles Valéro, Fabre et Camallonga à Chapa La Sal (archive de l’amicale du Rio Salado)

Je ne vous en dirai pas plus. MIGUEL et son mousse BOUMEDIENE s’agitent, Miguel vient de me chuchoter que le temps change: « Le LÉVANTÉ se lève »! Miguel et la mer ne font qu’un: je lui fais confiance. Nous allons rebrousser chemin et rentrer dare-dare à TURGOT PLAGE. En effet, la mer monte doucement, poussée par ce LÉVANTÉ, ce vent venant du NORD. Continuer, c’est embarquer de l’eau. Retourner: nous aurons le vent dans le dos. Il nous poussera vers notre plage. Ah! Ce LEVANTÉ! Ce vent qui se réveille à la mi-journée et qui empoisonne la vie des petits pêcheurs! En fait, ce n’était pas le LÉVANTÉ comme le disaient nos pères, mais le NORTÉ qui soufflait. Que veut dire « LEVANTÉ: dondé se lévanta el sol! » .Or, le soleil se lève le matin derrière les dunes, à l’EST, et se couche dans la mer à l’OUEST. Alors pourquoi cette erreur? Mettez-vous quelques secondes à leur place. Ils arrivent, pour la première fois à la plage, sur le coup de midi. Ils se rendent compte qu’un vent venant de la mer leur souffle au visage, comme en terre espagnole. C’est donc le lévanté qui souffle ici aussi, comme Là-Bas! Avaient-ils oublié que l’ ESPAGNE était de l’ autre côté? Je ne le pense pas. Toujours est-il que ce vent venant du NORD a gardé le nom de LEVANTÉ. C’est une habitude qu’ils nous ont transmise. Pour nous, ce vent restera le LÉVANTÉ! Que voulez-vous, une façon comme une autre de ne pas oublier nos racines !

retour à Turgot plage (archive de l’amicale du Rio Salado)

Alors Bon retour! Je ne sais si le temps permettra que l’on reprenne le bateau pour aller voir les BESULAS, Le MONSIEUR, la MADAME, les BLANQUISSARDS en compagnie d’Yvon LOZANO, et sa bande d’amis partie à la recherche de l’épave à PORTIJOL ou visiter la GROTTE des VEAUX MARINS, avec Claude CALLAMAND et pour finir en beauté, chasser de belles pièces avec nos pêcheurs, René GARAIT, Louis et René PEREZ, Guy et Georges DESSEAUX et tant d’ autres.

Promenade en mer. 2ème partie: escale à Turgot Plage.

Vue générale de la plage (archive de l’amicale du Rio Salado)
Entrée de la plage, les dunes, le pont.(archive de l’amicale du Rio Salado)

Nous voilà réunis à nouveau pour la deuxième partie de notre promenade en mer. Votre journée de détente à Turgot plage s’est bien passée, j’espère. Laissons Miguel et Boumédiene préparer le TRITON pour notre prochaine sortie. Je vous propose, en attendant d’aller nous asseoir sur la terrasse du CASINO, le bar-hôtel-restaurant de Grégoire et Amélie VALERO, mes parents. Nous voilà tous installés? « Perrier- menthe? café? c’est l’ AMICALE qui régale!

Le casino de G. VALERO. (archive de l’amicale du Rio Salado)

C’est une belle plage que nous avons là, n ‘est-ce pas? Et, vous savez, elle n’a pas beaucoup changé. Depuis la création du village, les cabanons en bois sont apparu au cours des ans, en bordure de mer. Alors, comme nous avons le temps, laissez-moi vous conduire dans le TURGOT-PLAGE de 1842, au temps ou RIO SALADO n’était encore qu’un poste de soldats. La plage s’étalait au soleil à l’embouchure de l’oued, entre les deux avancées rocheuses que vous avez devant vous, d’ ailleurs! Pour vous en parler, écoutez Maud ARNAUD, enfant du pays qui en préface de son livre: « La FLEUR de l’ ALOES » écrit:

« Les souvenirs de mon enfance se réveillent. Des écrits retrouvés, des traces dans la mémoire des autres vont donner vie peu à peu à tous ces disparus, gisant en terre d’ Afrique.»

Alors suivons son aïeule sur le chemin de la plage:

« …..après quatre heures de marche, le paysage changea brusquement. Leur faisant face, des dunes, vagues figées d’ une vingtaine de mètres, s’échelonnaient en bordure de plage. La baie s’ ouvrait largement. Vers la droite, une avancée de rochers noirs formait une presqu’île, un abri naturel utilisé depuis très longtemps pour la contrebande et le commerce des grains. Un vieux débarcadère l’attestait. Le bleu foncé de l’ eau, le scintillement des dunes au soleil, le foisonnement vert sombre des arbustes de lentisques et le ton mauve des tamaris en fleurs, ravissaient la jeune femme. Une brise légère se leva apportant l’odeur de la mer, atténuant la chaleur suffocante. .. »

Plage de Rio (!) en 1899. (archives de l’amicale du Rio Salado)

Voilà notre plage! Puis, peu à peu les nouveaux pionniers plantèrent le décor. La plage devint leur lieu de prédilection. Dans L’ECHO d’ ORAN de 1909 on peut lire:

: »15 Juillet 1909: L’exode de nos concitoyens vers TURGOT-TROUVILLE a commencé. Il est regrettable que le chemin conduisant du village à cette charmante plage, si fréquentée déjà, ne soit pas mieux entretenu.

Le 21 Juillet, le journaliste ajoute : Depuis quelques jours nous sommes accablés dans la journée par une température lourde et suffocante. Les nuits sont relativement tempérées. La belle plage de TURGOT PLAGE, si vaste et si commode est en ce moment, encombrée par la majeur partie des habitants de la région qui ont tout abandonné pour aller se reposer quelques semaines au bord de l’eau.

Le 25 juillet on apprend que la journée a été très chaude, un violent sirocco se faisait sentir. Le thermomètre marquait à 11h du matin 36° à l’ombre, et 42 au soleil. »

Ce cirocco quelle calamité! Imaginez le scénario0 :le souffle chaud de ce vent , la chaleur qui nous tombait comme une chape de plomb, ce soleil, qui, sur le coup de midi, prenait un malin plaisir à chauffer le sable à blanc, et pour clore le tableau, le torchon de cuisine accroché au bâton qui soulevait le panneau en bois, ouverture de tous nos cabanons, nous donnant l’ordre de rentrer dare-dare! Alors, il nous fallait traverser en courant l’étendue de sable nous séparant des lieux d’habitation, en évitant le plus possible tout contact prolongé avec la fournaise que nous avions sous les pieds. Un exploit renouvelé chaque jour! Même, nos espadrilles ne nous étaient d’aucun secours!

Plage 1920 Mme STARCK (archive de l’amicale du Rio Salado)
Plage 1920 Mme STARCK (archive de l’amicale du Rio Salado)
Cabanon en bois Anthelme SEROIN– (archive de l’amicale du Rio Salado)
Cabanons en bois en bordure de mer. (archive de l’amicale du Rio Salado)

Reprenons pied sur terre, ou sur le sable puisque nous sommes à la plage. Que de souvenirs! Les fêtes du 15 août! Cette jeunesse turbulente, tous âges confondus, de Rio et des environs se baignant dans les vagues. Les campeurs occasionnels installant leurs guitounes au bord de l’eau tout au fond de la plage, ou sous le cabanon en bois d’ un ami! Et la baie grouillant de bateaux et de barques à rames, pleines à chavirer, se dirigeant vers le lieu du concours de plongeons, vers la « boule » ce gros rocher rond perché sur la falaise, derrière le marabout, d’où nos meilleurs plongeurs vont s’affronter. Près de la rivière le concours de châteaux de sable pour les plus jeunes a commencé… Et les souvenirs d’affluer nous laissant du vague à l’âme.

La JOYEUSE ESCALE, le bar en bordure de l’oued, derrière le nôtre, prépare le bal. Vers midi, sur la plage, la plus belle fille de Turgot-Plage sera élue. La « crèmerie » de M. BERNABEU est ouverte. Dans la cuisine du CASINO, on s’ active autour des feux: on prépare la centaine de repas de midi,

« Peut-être faudra-t-il prévoir un second service? Alors ne vous attardez pas trop sur le sable les filles, il y a les tables à mettre  » nous prévient ma mère. Quelle journée! Et, là bas de l’autre côté de la rivière, la guinguette de TCHIOU bat son plein, au son de l’accordéon.

Remi BELTRAN, René REQUENA, Michel SANCHIS et leurs copains sillonnent la baie sur leur drôle d’engin: un radeau, pure invention de notre ami Rémi. Demain, le cinéma en plein air entouré de grandes bâches donnera une séance en soirée sous un ciel étoilé.

La joyeuse escale, le casino, la cremerie de M. BERNABEU (archive de l’amicale du Rio Salado)
Un 15 Août à la plage, les guitounes sont installées (archive de l’amicale du Rio Salado)
Concours de plongeons du haut de la boule. (archive de l’amicale du Rio Salado)
15 août à la plage. Concours de plongée les spectateurs (archive de l’amicale du Rio Salado)
15 août à la plage (archive de l’amicale du Rio Salado)
Le radeau de RemiRené REQUENA……(archive de l’amicale du Rio Salado)
Commentaire de Simone ROL BERNABEU

« Coucou! voilà les retardataires de cette fin d’été 1957, arrivant sur le  » 509  » supposé appartenir à Léon Gouault. Sur cette photo figurent : Alexis Rol, Simone et Lydie Bernabeu et Maguy Rol , soeur d’Alexis. Combien d’innombrables souvenirs de notre heureuse jeunesse, passée trop vite, remontent à ma mémoire« .

André, Lucien BERMUDES et les cousins. (archive de l’amicale du Rio Salado)
Concours de châteaux de sable (archive de l’amicale du Rio Salado)
Aimé MOURCET et Sylviane POVEDA (en maillot de bain) (archive de l’amicale du Rio Salado)

Dimanche, l’abbé PLENIER viendra dire la messe dans le garage d’ Achille KRAUS, sur la petite plage , en bordure de route, derrière la maisonnette du garde M. Victor. Cette petite plage de l’autre côté de l’oued, située plus exactement sur la commune d’ ER RAHEL, est accessible par un pont qui connut pas mal de déboires, les crues de l’oued l’envoyant par le fond plus d’une fois. Le second passage se faisant sur la plage par une passerelle, simple madrier d’ un équilibre précaire. Alors, allons tester cette passerelle pour visiter cette plage , cette presqu’île originale. En suivant le chemin à droite, vous aboutissez au quai JACOBIN ,où deux palans devant le garage servent à mettre à l’abri le bateau lorsque la mer est démontée. Au-dessus de ce garage, il y avait une guinguette appartenant à la famille ARACIL, avec une véranda qui avançait sur l’eau. Le chic, de l’époque me racontait Yvon LOZANO, était de plonger au pied du quai depuis la véranda, sachant qu’il n’y avait qu’un mètre d’eau. Risqué , n’est pas? Ah! Folle jeunesse! En continuant, nous arrivons au quai de SASSA et à ce rocher plat qui finissait la presqu’île.

L’embouchure de l’ oued Mellah (archive de l’amicale du Rio Salado)
Vue aérienne de la presqu’île (archive de l’amicale du Rio Salado)
Vue de la presqu’île.(archive de l’amicale du Rio Salado)
Marcelle et Annne Marie LOZANO sur le 1er pont (archive de l’amicale du Rio Salado)
Sur la passerelle d’occasion R CARDONA E BLASCO (archive de l’amicale du Rio Salado)
Une passerelle parmi tant d’ autres. Madame Mourcet (archive de l’amicale du Rio Salado)
A droite, la GINGUETTE de TCHIOU (archive de l’amicale du Rio Salado)
Les quais de la presqu’île. (archive de l’amicale du Rio Salado)

Il nous reste peu de temps, mais nous ne pouvons quitter TURGOT PLAGE sans passer voir « la dalle« . Retournons sur nos pas: voici à droite, les cabanons LOZANO, QUILES, à gauche celui d’ Emile CLAVERIE. Laissons les escaliers qui mènent chez les POVEDA, STARCK, MOURCET , au pigeonnier des LOZANO et au marabout. Empruntons la route bordée à droite par le cabanon en bois d’ Anthelme SEROIN, et l’autre plus récent, de Lucien SEROIN. Montons encore. Voilà! Celui de Joseph GOUAULT est en fin de course. Admirons le point de vue!… La plage de la GRAVIÈRE en face, à droite, au pied de la falaise qui longe la côte, où l’on trouve les cabanons les plus récents, un escalier en bois permet d’ accéder à cette crique rocheuse. À gauche, au pied du cabanon de M GRAS, devenu celui de Jean SEROIN, des escaliers descendent vers ce rocher plat à fleur d’eau où les vagues viennent mourir : la dalle !!! Que de baignades en ce lieu!

Chemin de la dalle. Cabanons LOZANO-QUILES SEROIN A-SEROIN L-CERNA- LLORENS MACIA KRAUS. (archive de l’amicale du Rio Salado)
Cabanon SEROIN et Escaliers qui mènent à la dalle. (archive de l’amicale du Rio Salado)
La dalle. (archive de l’amicale du Rio Salado)
Plage de la gravière. (archive de l’amicale du Rio Salado)

Mais le temps passe! Juste le temps d’aller voir les familles SALVA, FONT , FABRE et leurs amis volontaires pour tirer « le boliché« . Dans les archives de Juillet 2017, vous trouverez de plus amples explications et photos concernant cette pratique de pêche que nous affectionnions.

Le boliché vient d’ être tiré par les amis de Jayme SALVA devant le CASINO. (archive de l’amicale du Rio Salado)

Quand à l’oued paisible qui coule vers la mer, ne vous y trompez pas , il est dévastateur!.Allez donc dans les archives de Janvier 2018, vous apprendrez ce que cet oued est capable de faire das ses moments de « folie!

Les ravages de l’oued et de la mer. Le pont a disparu et ce qui reste du Casino (archive de l’amicale du Rio Salado)

Puisque notre escale prend fin, et que vous fouillez dans les archives, je vous conseille de pousser plus loin vos investigations et de cliquer sur: archives Avril 2017 et Septembre 2018. Vous aurez un aperçu nostalgique de nos journées à la plage , un 15 août compris.

Et maintenant en route, avant que le « LÉVANTÉ » ne commence à souffler. Miguel et Boumédiene nous attendent sur le Triton pour continuer la découverte de notre côte méditerranéenne jusqu’ à SASSEL, notre prochaine escale. « En bateau!!! Bonne promenade! »

M. ARACIL grand père et Adélaïde ,la tante de Jeanine et Francine CANDELA(archive de l’amicale du Rio Salado)

Promenade en mer. 1ère partie : du Cap Gros à Bouzadjar.

1- De CAMERATA à TURGOT PLAGE.

L’été est là, avec ses journées de chaleur. Aussi, une promenade en mer serait la bienvenue. Alors, si le cœur vous en dit, je vous emmène découvrir notre côte méditerranéenne du CAP GROS près de BENI SAF à BOUZADJAR.

Archive de l’amicale du Rio Salado.

Cette côte m’est familière, l’ayant sillonnée avec mon père. Un seul regret: je me contentais de l’écouter distraitement me parler de « la grotte aux pigeons » de la « séca du Mérou » et des repères qu’ il me signalait : – Tu prends les deux palmiers, là, sur la côte, en alignement avec SIDI KACEM et la pointe de la falaise, tu m’écoutes , Jadette? Non, je ne prêtais pas attention et je le regrette! Je préférais scruter le fond marin à califourchon à l’ avant du bateau, espérant trouver, gisant sur le sable, une épave, un canon espagnol ou un coffre. Pourquoi pas? L’eau était si claire! Je n’ai rien trouvé et rien écouté! Heureusement, nous avions encore une mémoire vivante: Yvon LOZANO,et ce que je n’ai pas fait avec mon père lors de nos parties de pêche ou lorsque l’on « salpait » les filets, je l’ai fait, bien plus tard, avec Yvon: je l’ai questionné et je l’ai écouté . La promenade en mer que je vous propose, nous la devons en grande partie à Yvon. Alors, où que tu sois: merci Yvon!

Vous me suivez? Nous pouvons embarquer! La promenade promet d’être longue. Aussi, une escale est prévue à TURGOT PLAGE où une journée de détente vous sera accordée. Question cruciale: quel bateau prendre? Nous avons le choix. Voyons! Prendrons-nous l’ Escapade de Camille RICO? Le Notre Joffre de Jules JACOBIN? Le Barracuda d’ Adolphe QUILES? Peut-être le Squal d’ Henri PEREZ?

Il me semble que le Sept Frères des LOZANO, le Goéland de Charles FABRE, la Mouette de Jaïme SALVA, le Saint André d’Isidore BERMUDES, le Lavandou de Pierre et Lucien SEROIN, ne nous conviennent pas*. Tout compte fait, nous embarquons sur le Triton d’ Henri BOUR. Vous avez prévu lunettes de soleil et chapeaux j’espère! Vous allez découvrir, avec quelques regrets, les merveilles de notre côte.

Archive de l’amicale du Rio Salado.

Le Triton nous attend à BENISAF. MIGUEL est notre maître à bord, BOUMEDIENE , son mousse. «Embarquement immédiat! Vous allez vous régaler. Nous contournons actuellement l’ île de RACHGOUN. Nous nous dirigeons vers le CAP GROS et la première plage apparaît:

CAMERATA

Archive de l’amicale du Rio Salado.

La plage de CAMERATA appartenait à M.Joseph JOUBERT, grand-père d’Alain FARRET. Cette plage faisait partie de la propriété qu’il avait achetée en 1920 à la société MOKTA el HADID qui exploitait les mines de fer autour de BENISAF. En 1955, à la demande de M. NOUER, maire de TROIS MARABOUTS, les héritiers JOUBERT ont vendu la plage à la commune. M NOUER voulait l’aménager et la lotir. Les seuls travaux exécutés ont été les parkings et la route qui arrivait au seul cabanon de M Julien BERNARD de TROIS MARABOUTS. Ce cabanon fut entièrement démoli en mai 1962 par l’armée française. Continuons notre promenade:

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9ème BALADE: Rue Maréchal JOFFRE (2ème partie).

Nous voilà rassemblés sur la place, plus exactement sur la palmeraie en face de la station d’ essence de Manolico SANCHEZ. Nous nous sommes régalés avec les brochettes de KHADA. En fin de soirée, c’ est SULTANA qui prendra la relève. En rentrant de notre promenade, nous pourrons, si le cœur vous en dit, déguster la « melsa » , c’est sa spécialité. Vous verrez! Un vrai régal! Pour les non-initiés, la melsa c’est de la rate de bœuf farcie, cuite au four. Pour plus de renseignements, allez consulter le « Cahier de CUISINE des GRANDS-MÈRES du RIO SALADO » . Fifine CARDONA vous en donne la recette.

Melsa concoctée par Danielle ANDREO.

En attendant la fin de journée, je vous propose une petite virée dans le « MAGASIN de NOUVEAUTÉS » de Mme NAVARRO. Avancez-vous jusqu’au boulevard national. Sur le trottoir en face, à l’angle de la rue Joffre, en face de la quincaillerie de M. TISSINIÉ, vous avez la banque. La SOCIÉTÉ GÉNÉRALE et, à côté, le magasin qui nous intéresse: la BOUTIQUE de PRÊT à PORTER de M. et Mme NAVARRO et son annexe, le PETIT LOUVRE. C’est un grand magasin, avec une belle vitrine à droite de la porte d’entrée. A gauche, la devanture du PETIT LOUVRE. Trois marches à grimper et vous êtes dans la boutique. Il fait sombre. C’est vrai! Mais remarquez: les murs sont tapissés de vitrines, de tiroirs, de penderies, en bois foncé. L’éclairage se fait, en grande partie par la porte d’entrée. Comme la plupart des magasins du village. C’est un très beau magasin! Il m’est arrivé d’y aller avec ma mère, acheter, en autre chose, des sous-vêtements de la marque « PERLETTE » ou  » PETIT BATEAU« . Que j’aimais ce magasin! Au moment de régler la note, je m’amusais à faire l’inventaire de ce pupitre assez haut où Mme NAVARRO prenait place, pour encaisser nos achats. Un objet suscitait ma curiosité: une tige en fer plantée dans un socle en bois ou en métal -je ne m’en souviens plus- où elle enfilait des  » petits rectangles de papier ». Une « calbote » bien placée, mettait fin à ma curiosité. Pardon! Encore un mot de notre « langue régionale« : une calbote est tout simplement une petite claque. J’appris par la suite, que cet objet qui m’intriguait, était la façon dont Mme NAVARRO mettait en mémoire toutes ses ventes. Annie Robert me racontait que, lorsque avec Jeanne , elles accompagnaient leur mère au magasin, elles attendaient avec impatience le moment où, pour les occuper, ou les récompenser de leur docilité, Mme NAVARRO leur offrait des « images-devinettes » qui rappelaient des gravures anciennes.

Pour en savoir plus sur ce magasin, « écoutez » ce que Renée QUILES-CALLAMAND, sa petite fille, me disait:

« Mes grands-parents maternels ont exercé leurs talents de commerçants pendant près d’un demi siècle. Mon grand-père François NAVARRO fut d’ abord bourrelier. Il se ventait d’avoir été le premier « bachelier » de RIO SALADO. Ma grand-mère Pura ou Purica était mercière. Au fil des ans, leur situation changea…en mieux. La bourrellerie devint: La boutique de « PRÊT- à-PORTER » et la mercerie: »Le GRAND MAGASIN ». On y trouve de quoi s’habiller, se chausser, se parfumer, et même de quoi se déguiser…de la layette, du linge de maison, des tissus, des jouets, des colifichets, et même des couronnes mortuaires en perles et lettres argentées, des cartes postales, et des billets de loterie pour qui voulait tenter sa chance…

Dans le petit magasin, le « PETIT LOUVRE » vous pouviez avoir des vêtements de marques: Weil, Desarbre, Korrigan, Jantzen…

Ma grand-mère, intelligente et courageuse, dirigeait l’affaire. Elle n’avait nul besoin d’un Séguéla pour la publicité. Elle avait l’art d’attirer la clientèle et de la rendre fidèle. Mon grand-père, son « adjoint de direction », tenait la comptabilité. Il savait tout faire, tout réparer. C’était le Mac Gyver de l’époque. Tous deux travaillaient 7 jours sur 7 . C’est ainsi qu’ils ont élevé 5 enfants (Marie Louise, François, Hermine, Aimé, et Solange) et gâté leurs 11 petits-enfants: Renée, Cathy, Jean-Jacques, Jeanne, Pierre, Hélène, Jeanne, Paule, François, Michel et Paul.

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RIO SALADO: PORTES OUVERTES: Balade 9.

La rue Maréchal Joffre.

Bonjour Vous Tous! Vous m’attendiez depuis longtemps? L’agua-limon de Mme BERNABEU était-elle bonne? Comme d’ habitude, bien sûr! Désolée pour mon retard : je me suis arrêtée au coin de la rue, à la boulangerie de Maurice EMBERNON, qui, pour je ne sais quelle raison, était Jerry Lewis pour ses clients. Savez- vous que cette Boulangerie a connu pas mal de boulangers ? M. RUIZ et, avant lui, M. DEMAYA. Dans les années 20, c’était le grand-père de Jacques, Jaïme SALVA, qui était le boulanger du quartier. En continuant mon chemin, j’ai fait une halte dans le couloir à côté qui donne accès à l’appartement de Pépico et Purica POVEDA. En avançant quelques pas de plus, je suis arrivée , dans le magasin suivant. Vous montiez trois marches, plutôt hautes, et vous étiez dans le paradis des bonbons où vous attendaient des rouleaux de réglisse noire avec une bille chocolatée au centre et des petites boites de cachous. Le pire, mes amis! C’est que, cette épicerie se trouvait sur le chemin de l’école!!!! Que de tentations!!!! Bon, soyons sérieux! Saviez-vous, qu’autrefois, dans les années 40, ce magasin était un studio-photos? Il appartenait à M RAUTURIER. Cet homme si aimable qui nous accueillait à la pharmacie ! Dans ces années-là, Mme RAUTURIER terminait ses études de pharmacie pendant que M. RAUTURIER développait des photos. Je tiens cette information de Marcel, leur fils. Quand sa mère a été reçue aux examens, ils se sont installés et ont ouvert la pharmacie, boulevard national. M. RAUTURIER a abandonné son métier pour lui donner un coup de main. Cela se passait dans les années 45. Les enfants de NANTES, repliés à l’abri de la guerre à RIO, sous la houlette de M et Mme DUCHEMIN sont retournés dans leurs familles. Vous les avez rencontrés lors de la 7e balade. M. et Mme DUCHEMIN, leur travail accompli, auraient dû repartir, eux aussi. Mais voilà, M. DUCHEMIN, violoniste sur un bateau de croisière, a préféré s’établir dans notre village. M. RAUTURIER, avec lequel il s’était lié d’amitié, lui a dévoilé les ficelles du métier. Il est alors devenu le photographe attitré des Saladéens. Qui n’ a pas son portrait en communion pris par:

«Jean DUCHEMIN le studio POLYPHOTO

Tous travaux, Portraits, identités, livraison rapide»

Ce retour-arrière, a été bien long, c’est vrai! mais me voilà arrivée parmi vous. Avez-vous remarqué la maison à votre gauche? Celle de Mme. et M, KRAUS , belle maison! N’est-ce pas? J’ai appris par Tétou KRAUS que l’ architecte s’appelait Georges BLANCARD de LERY, architecte du collège de jeunes filles d’Oran que nous connaissons bien pour y avoir passé quelques années. J’aurai voulu vous parler de son style architectural, peu commun dans notre village. Hélas! je ne suis pas calée en histoire de l’Art mais plus à l’aise dans « l’histoire des Trois Ours ». Désolée! je peux vous dire cependant, que durant toute une année, Renée KRAUS, leur fille aînée et moi-même , avons partagé la même table, dans la classe de Mme BERTHALON. Nous nous entendions bien, même très bien. Ce qui n’était pas du goût de notre institutrice. Aussi avait-elle une façon bien à elle de mettre fin à nos conciliabules. D’un geste précis, elle envoyait sur nos crânes la grosse gomme qui trônait en permanence sur son bureau. Elle faisait mouche chaque fois, mettant fin à nos bavardages. Je n’ irai pas jusqu’ à dire « heureux temps». Non, loin de là! Quand à son jeune frère, Tétou KRAUS, vous le trouverez chez Jean-Claude CARREGA, où toute une bande de copains caracolent à bride abattue, dans le jardin de la maison, à la poursuite d’un éventuel hors la loi.(3ème balade).

Boulangerie SALVA : le jeune garçon est Jaïme SALVA le père de Jayme.
(archive de l’amicale du Riosalado)
Alfred POVEDA et Pépico TORRES (archive de l’amicale du Rio Salado)
La pharmacie RAUTURIER (archive de l’amicale du RioSalado)
Mme et M. RAUTURIER (archive de l’amicale du Riosalado).
Publicité du magasin de M. DUCHEMIN (archive de l’amicale du Riosalado)
Maison René KRAUS (archive de l’amicale du Riosalado).
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Pâques: en parlant de cloche.

Est-ce l’humeur du temps et …sa semaine sainte qui me rappellent ce souvenir extirpé des « années métropolitaines débutantes »?

Dans les années 1960-70, nous sommes installés à Rillieux la Pape (contraction des deux noms de villes: Rillieux et Crépieux la Pape) dans le Rhône. Au cours d’une de nos promenades dans cette ZUP récente, nous passons devant une église moderne comme seules ces années ont pu en ériger dans ces « quartiers champignons ».

Ce n’est pas sa modernité qui nous a poussés à nous rapprocher mais une cloche devant l’entrée, a droite, plus exactement. Curieux, nous nous sommes approchés. Et voilà ce que nous avons vu!!!

(Archive du site de l’amicale du Rio Salado)

Nous n’avons pas suivi l’ « actualité » de cette cloche et sa bien curieuse vie. A en croire l’inscription sur la photo ci-dessus, elle a été transportée, transférée, reléguée (*) au cimetière de cette ville. On peut être sûr qu’elle n’a plus jamais été autant visitée par nos compatriotes depuis lors.

En échange, on peut suivre l’actualité bien perturbée de cette église.

https://www.leprogres.fr/faits-divers-justice/2020/10/03/voitures-brulees-et-pompiers-caillassees-a-rillieux-la-pape

Autre temps autres mœurs, dirons-nous.

(*) garder le verbe précis.