La boxe à Rio: un champion amateur.

Je vous avais bien dit que RIO SALADO était passionné de boxe! Je vous présente aujourd’hui: Louis DE TORRES , 23 ans, né le 19 mai 1900, boxeur amateur dans les poids welters. Pour les non-initiés: « poids welters »: catégorie dans laquelle se classent les boxeurs dont le poids est compris entre 63,5kg et 67kg.

Louis DE TORRES, lors  de son dernier match, le 14 Avril 1923,  rencontra un boxeur Noir, costaud, dont le nom fut oublié. Le combat fut rude,  Louis DE TORRES venant à bout de son adversaire,  réussit à l’envoyer au tapis. Il   fut déclaré vainqueur. Il rentra chez lui couvert de bleus certes , mais content et heureux. D’autant plus que, pendant le match, son épouse mettait au monde leur premier fils: EMMANUEL. Louis DE TORRES fut également  le père de Louis, Yvettte, Marie-Claude, André et Lucie.

La boxe à Rio: Ambroise ASCENSIO, dit « Young », successeur de « Tony Dynamite ».

Avant de vous parler d’Ambroise, cousin germain d’ Antoine ASCENCIO,  dit Tony Dynamite, laissez-moi vous emmener, d’un simple coup de crayon, dans notre bonne ville de RIO SALADO. Nous sommes dans les années de jeunesse du cousin Antoine.

Yvon  LOZANO, notre mémoire saladéenne, me racontait que, durant les années 1915 à 1920, la boxe était un sport très apprécié par nos villageois. Les combats, véritables spectacles, se déroulaient sur la place du village. Le matin de  bonne heure, son père,  Jean LOZANO, conseiller municipal « chargé des loisirs », (dixit Yvon) venait installer le ring.  Au  centre de ce qui allait devenir le square MILHE POUTINGON, il disposait 4 tonneaux coiffés d’une estrade faite de planches Il clôturait le tout  avec des cordes fixées aux 4 piliers: le ring était fin prêt. Ces combats attiraient une foule de curieux, de tous bords qui s’agglutinait autour du ring envahissant la place. Tout ce petit monde suivait de très prêt le combat, encourageant de la voix les boxeurs. Lors d’un K.O, les spectateurs excités s’époumonaient à compter, dans un ensemble parfait, ces secondes fatidiques qui clouaient le vaincu au plancher. Le vainqueur, fatigué, quelque peu  amoché, mais heureux, était ovationné par des Saladéens admiratifs.

Plus tard, lorsque fut construit le cinéma le CASINO, pour l’occasion,  il se transformait  en salle de spectacles où se déroulaient aussi des combats de boxe. Le ring prenait place sur la scène. Encore jeune garçon, Yvon était venu, accompagné de ses frères, acclamer la vedette montante de la boxe: un enfant du village: Ambroise ASCENCIO, dit « le YOUNG« . Tout RIO était présent dans la salle, installé sur ces chaises en fer qui claquaient très bruyamment lorsqu’on se levait. Yvon, se souvenait encore de son admiration devant la musculature du boxeur: « des bras énormes qui faisaient peur à voir », me disait-il. Ambroise ASCENCIO, « le YOUNG«  comme on le surnommait, était le cousin germain d’Antoine ASCENCIO dit « TONY DYNAMITE« .

La  suite de mon article me vient de Raymond ASCENCIO, le fils d’Ambroise,

Le père d’Antoine et  d’Ambroise, ainsi qu’un troisième frère, furent élevés à l’orphelinat de MISERGHIN, dernier village avant d’arriver à ORAN.

Vous avez fait la  connaissance, dans l’article précédent, du premier des frères : le père de TONY, boucher,  déjà installé à RIO SALADO. Le deuxième frère, Ernest ASCENCIO,  épousa, le 6 septembre 1890,  Maria Ramona JAEN née à MERS EL KEBIR. Après la naissance du troisième enfant, ils quittèrent ORAN pour rejoindre La famille ASCENCIO à RIO, où ils s’installèrent eux aussi  comme artisans-bouchers. Ernest et Maria élevèrent 6 enfants, dont:

Armand, boucher à RIO.  Sa boucherie était située rue Maréchal FOCH, en face de la pâtisserie de PILAR.

– Auguste, appelé « TITO« , charcutier à RIO. La charcuterie  se trouvait rue Maréchal JOFFRE, pas très loin  du studio de photos de M. DUCHEMIN et de la boulangerie De Mme MACIA.

– et Ambroise, né à RIO SALADO, qui allait devenir durant les années 1930-1945 CHAMPION de BOXE  AMATEUR.

Ambroise est né le 19 septembre 1905. Le jeune Ambroise avait une force terrible, il était très grand: 1m85 pour 90kg. Un bel homme dirons-nous. Mais paradoxalement, toujours   d’après les dires de son fils, Ambroise avait un visage d’ « ange » . En fait, la boxe n’était pas son « truc ». En 1930, poussé par un manager, impressionné par sa force herculéenne, il se lança dans la boxe. Il deviendra entre 1930 et 1945, CHAMPION d’AFRIQUE du NORD, poids mi-lourd, et prendra le nom de AMBROISE ASCENCIO dit « YOUNG« .

Armand et Tito restèrent à RIO où ils régalèrent bons nombres de Saladéens.. Ambroise, lui, alla vivre à ORAN, continuant son parcours de champion, puis,  arbitrant les matches de boxe durant les années 1945…1962.

Pour aller plus loin dans le palmarès de ce champion:

https://boxrec.com/en/proboxer/744330

Tony ASCENCIO: p’tit gars de RIO SALADO, 1er rang mondial des POIDS COQ

21 Septembre 1948! Cette date vous rappelle-t-elle quelque chose? Pour certains, sûrement, mais pour d’autres: rien, j’en suis sûre!

 Alors rapprochez-vous et écoutez!

Le 21 septembre 1948, Marcel CERDAN obtint le titre de Champion du monde.  Je ne vais pas vous parlez du boxeur mais de son entraîneur: Antonio ASCENCIO, un garçon de chez nous, né le 12 décembre 1901 à RIO SALADO. GOOGLE m’a aidé dans mes recherches.

Rio Salado. la place publique vers 1900 (Archive de l’amicale du Rio Salado)

«Antonio est le fils de Marie  et de Ramon ASCENCIO. Il fréquente l’école communale où il apprend l’histoire de ses ancêtres les gaulois ….bien vite, il s’avère que les  études et lui, ne font pas bon ménage. L’automobile se développant dans les grandes villes et les premiers tracteurs apparaissant dans les champs de RIO SALADO, il y voit un métier d’avenir. En même temps, l’enfant canalise son trop plein d’énergie dans le sport et plus particulièrement dans la boxe. Le 2 août, la mobilisation est décrétée, les français d’ALGÉRIE se préparent à faire leur devoir. Antonio continue son apprentissage. Le 4 août, les Allemands bombardent BÔNE et la zone industrielle de PHILIPPEVILLE. Écoutant ces récits lors des discussions entre son père et ses voisins, Antonio enrage. Lors  d’un voyage à ORAN, il voit les légionnaires qui s’embarquent pour la FRANCE. Les faits d’armes de la LEGION sur le Front de FRANCE sont  largement commentés par la presse Algérienne. Le jeune  Antonio force la décision paternelle et ignore les larmes de sa mère. Le 18 octobre 1917, il se présente à SIDI BEL ABBES et contracte un engagement pour la durée de la guerre. Il n’a pas encore 16 ans. Pendant 4 mois, il apprend à devenir soldat… Le 10 février 1918, le jeune légionnaire arrive au dépôt de LYON. Bien impatient à  en découdre, il rejoint le RMLE sur la SOMME… Antonio est voltigeur de pointe à la 10ème compagnie du bataillon… Le 26 à 5h15 précises, les légionnaires se lancent à l’assaut des positions allemandes… Le succès est chèrement acquis. Le légionnaire ASCENCIO gravement atteint au pied gauche, est évacué sur un hôpital où il va  demeurer jusqu’au 7 Juillet… Pleinement rétabli, il rejoint son camarade juste à temps pour assister à l’ultime offensive de LUDENDORFF……Trois jours plus tard, la division marocaine, RMLE en tête, contre attaque…. Antonio  est touché par un éclat d’obus au bras gauche. Trois mois d’hospitalisation…. Il quitte l’hôpital le 25 octobre malgré l’avis défavorable des médecins. L’armistice du 11 novembre le trouve avec le RMLE  dans le secteur de CHATEAU-SALINS.

Il est démobilisé et retrouve sa famille à RIO SALADO où il est accueilli en héros. (La croix de guerre avec Étoile d’Argent, accompagnée d’ une Citation à l’ Ordre de la Division et plus tard  la médaille Militaire, la Médaille de la Jeunesse et des sports qui souligneront les qualités exceptionnelles  d’homme et de sportif de celui qui deviendra l’un des meilleurs boxeurs mondiaux de sa génération. Profitant de sa notoriété, Antonio  abandonne la mécanique pour se consacrer au  noble art. Il débute à ORAN, livre quelques combats , écume toutes les salles d’ AFRIQUE du NORD, où il se bâtit un palmarès de puncheurs dans la catégorie de « POIDS COQ », descendant parfois chez les « PLUMES». Il se construit très vite une superbe carte sportive. Intelligent, très mobile, doté d’ un crochet gauche ravageur malgré ses blessures, le jeune homme américanise son nom en Tony ASCENCIO

Photos tirées de GooGle.

Sa résistance et sa robustesse, forgées au feu impitoyable des tranchées, lui permettent de tenir sans problème les longs combats de l’époque. Une vingtaine de reprises ne l’effraie pas . Ses résultats dépassent bientôt les rives de la MÉDITERRANÉE.L’étape suivante se déroule naturellement à PARIS où il fait les beaux soirs du CIRQUE D’HIVER, ou de la salle WAGRAM. Dès le début, il foudroie d’un terrible crochet gauche CALOIR, le champion de France. KO au deuxième round pour la première fois de sa carrière,. Un peu plus tard, il bat le belge Henri HEBRANS, champion d’EUROPE, après l’avoir malmené pendant 20 rounds. Puis, il rencontre 2 fois Milou PLADNER champion du monde. Il est battu une fois aux points, mais fait jeu égal avec lui quelques années plus tard à CASABLANCA. Il boxe également à LONDRES où il bat le champion anglais ELKY CLARK par abandon à la quinzième reprise, à BARCELONE où  il met KO YOUNG CYCLONE au 8ème round devant une salle toute entière acquise à sa cause. Puis à BUENOS AIRES où il triomphe d’ Amador FABRA, toujours par KO.

Dès lors sa carrière a pris  une dimension internationale et Tony ASCENCIO part aux ETATS UNIS où il s’ installe au « BAY’S TRAINING CAMP of NEW JERSEY » où il travaille dur sous la direction d’entraîneurs réputés. Ses huit combats au MADISON SQUARE GARDEN de NEW YORK sont autant de victoires. Parmi ses victimes en 1927, des hommes aussi réputés que Willie JOYCE, Midget KILBURN ou Jimmy CONNOLY. Il a les honneurs de la presse et fait la couverture de plusieurs magazines américains, mais aussi des français qui parlent en 1928 de sa « tournée triomphale aux USA ». Son agressivité et sa puissance de frappe plaisent au public américain qui ne tarde pas à le surnommer « DYNAMITE TONY« . Sa cote monte et après ses victoires éclairs, il est pris en main par le manager Peri BERTYS du « TEAM DEMPSEY. ».

challengers au titre mondial, puis un match nul contre le champion du monde Johnny DUNDEE le propulsent au premier rang mondial des POIDS COQ. Ce que seul réussira plus tard parmi le français Alphonse HALIMI lui aussi d’ AFRIQUE du NORD.

C’est beau, n’est-ce pas? Allez sur le site officiel de la boxe:

https://boxrec.com/en/proboxer/066824

Vous pourrez ainsi contrôler l’incroyable palmarès de:

Antonio ASCENCIO,

dit TONY ASCENCIO 

dit DYNAMYTE TONY                                   

p’tit gars de RIO SALADO

Alors qu’il prépare le championnat du monde, un grave accident de cheval l’arrête en pleine gloire. Malgré son énergie farouche et ses efforts, il  ne sera plus jamais le rapide battant d’autrefois. Alors, sagement, il quitte le ring pour se consacrer aux jeunes sportifs casablancais. En 1935, parmi ces derniers se trouvent MARTINEZ et Marcel CERDAN. Dans son camp d’ entraînement qu’il a appelé CUBA, en souvenir des combats  qu’il a livrés à la HAVANE, Tony ASCENCIO,  le « p’tit gars » de RIO les fait travailler dur…..Les méthodes d’entraînement américaines basées sur une condition physique impeccable,  la notoriété de Tony et sa disponibilité enchantent la  presse locale. Avec Marcel CERDAN, originaire de SIDI BEL ABBES, et légionnaire d’honneur, Tony ASCENCIO goûte à nouveau aux joies de la victoire. Accompagnant le « BOMBARDIER MAROCAIN » à la conquête de la  gloire, il retrouve le parcours d’un gosse de RIO SALADO qui s’est fait une place au soleil avec ses poings. Les combats de son protégé le mènent dans toute l’ AFRIQUE du NORD et bien sûr à SIDI BEL ABBES où la vieille LÉGION l’accueille toujours comme l’ un des siens.

L’automne de sa vie est assombrie  par la « DÉCHIRURE ALGERIENNE ». L’exode de 1962 le mène en ROUSSILLON où il connaît la difficile adaptation des rapatriés. Il décède en 1976.  »

                          Mes sources dans GooGle :

   https://patrianostra.forum-actif.eu/t729-de-ascencio-tony-dit-dynamite-tony                                   

                  

Quand « Bao Dai », empereur d’Anam, est venu à Rio-Salado.

C’est une anecdote véridique, que j’ai entendue souvent racontée à la maison.
Bao Dai avait fait la connaissance de la cousine de mon père, Camillette Rosello, à Vichy – haut-lieu de cure, et de villégiature chic- dans les années 1930. ( Mon grand-père s’était lié d’amitié avec Pierre Loti!)
Elle était, paraît-il, d’une beauté ensorcelante.
Coup de foudre, échange de correspondance…C’est ainsi que Bao Dai vint à Rio, avec sa suite, la demander en mariage. On imagine l’émoi du village… Elle déclina la proposition. Mais elle fit relier toutes ses lettres dans un marocain de cuir rouge que ses enfants ont dû garder.

Le général LECLERC à Rio.

Printemps 1942.
Venant du Maroc, un convoi militaire s’arrête à la ferme Llorens, à Ain-Kial. L’officier demande à boire. L’oncle de mon père, François, leur propose à boire et à manger. Ils apprécient le bon vin, et continuent sur la route nationale. Dans l’après-midi, quand il rentre chez lui, à Rio, il voit un important attroupement sur la place du village. Il reconnaît les soldats. Au milieu, l’officier, qui s’était arrêté à sa ferme, en train de commencer la conscription. On l’informe qu’il s’agit du Général Leclerc de Hautecloque, venu recruter l’armée d’Afrique. La 2e DB était née.
C’est la génération de mon papa, qui est partie libérer la France. Ils avaient 21 ans.

NDRL: pour conforter ce qui vient d’être écrit plus haut, un site internet nous apporte la preuve:

http://2db.forumactif.com/t2533-algerie-rio-salado

8ème balade (ter): Nos maires. (1940-1949)

Nous revoilà, amis saladéens, à nouveau réunis pour « fouiller », une fois encore, dans le passé de notre mairie.

Nous sommes en 1940.

Comme je vous l’avais conté précédemment, Joseph MILHE POUTINGON « fut invité « à se  retirer  des affaires communales.  Il n’y eut pas d’élection. L’administration du régime de VICHY nomma Paul BOUR, adjoint spécial ayant toutes les fonctions de maire. Je vous l’ai présenté  en tant que Président du Syndicat Agricole de RIO SALADO. Pour ce nouvel épisode de la vie administrative de la commune, j’ai demandé à son petit fils Henri BOUR de nous venir en aide. Et c’est ainsi que j’ai appris que leur ancêtre Christophe, originaire de Lening  en Moselle, s’était engagé très jeune dans l’armée française de « colonisation » en 1854. Il obtint une concession  de 25ha à TLEMCEN. Marié à Jeanne BARTHELEMY, ils eurent plusieurs enfants dont Emile, l’arrière grand-père d’Henri, qui résida à Béni Saf. Emile et son épouse, Jeanne BERVIER, eurent trois enfants: Paul, Jean  et Louis.  Durant l’année 1900, je suppose que, Paul tout jeune instituteur demanda un poste à RIO SALADO. Possible! Pourquoi pas? Toujours est-il qu’il obtint le poste, s’y installa et épousa Mathilde ROSELLO, fille de François ROSELLO et de Camille BERMUDES.

Ecoutez M. Joseph MILHE POUTINGON, lors de sa promotion au grade d’officier de la Légion d’ Honneur,  vous parler de Paul et de son ami,Agnel BERNARD, lui aussi instituteur, que nous retrouverons plus tard:

«…Messieurs, deux autres distinctions m’ont fait le plus grand plaisir. Lorsque j’ai lu dans l’Écho d’ORAN que les Palmes Académiques étaient conférées à mes deux bons amis M.M. BOUR et BERNARD. Ils sont venus à RIO, il y a quelques 25ans. Jeunes instituteurs pleins d’ardeur et de bonne volonté, ils ont mis, dans l’exercice de leur délicate fonction, tout leur cœur et leur intelligence. Ils ont fait de leurs élèves, des hommes aujourd’hui, de courageux travailleurs, de bons patriotes (…) puis séduits par le charme des travaux des champs, ils ont voulu devenir colons. Ce métier n’était pas le leur. Ils n’y étaient pas préparés (…) Ils ont quitté la plume pour la charrue, et très promptement ils ont excellé dans ce métier de laboureurs, comme ils avaient été brillants éducateurs….».

Voici donc le portrait de celui qui fut notre onzième édile: Paul BOUR. Homme droit et sérieux qui géra la commune en cette période  difficile avec un grands sens des responsabilités. Inutile de vous dire, amis qui me suivaient dans ce voyage dans le temps, que j’ai sollicité nos aînés par l’intermédiaire d’amis fidèles prêts à me consacrer du temps pour me venir  en aide. Je les en remercie. Tous ensemble, nous avons essayé de ressusciter cette époque si mouvementée.   Ainsi,  Henri SEROIN me rappela que Jean SEROIN , son père, fit parti du conseil municipal. Roger CONTRERAS m’apprit que Raphaël POVEDA était  premier adjoint. Voilà les seuls renseignements que nous avons pu recueillir, par manque de témoins, vous le comprenez.

La mairie des années 40 se dessinant, nous pouvons continuer notre « progression à l’envers » dans notre village sous le régime de Vichy.

Je vous rappelle que le personnel occupant une fonction publique avait été remplacé par des fonctionnaires du gouvernement de l’époque. Ainsi, M. LANGEAIS prit la place de René MARCIANO, dans la fonction de secrétaire de mairie, m’apprit Albert RICO. Paul KRAUS évoqua M. BOITIAUX, directeur d’école. Il   avait pour charge, d’éduquer les garçons mais également de  lever les Couleurs dans la cour de l’école, dès 8 heures du matin. Les élèves de toutes les classes, bien alignés et  au « garde à vous », chantaient: « Maréchal, nous voilà ! ».Et là, je m’adresse au plus jeunes de mes visiteurs. M. BOITIAUX avait  la « bonne habitude  » de surveiller la  classe des grands, armé d’une grande règle plate, restée très présente dans les mémoires . Le directeur la maniait avec beaucoup de dextérité pendant la dictée pour sanctionner les fautes. Heureux temps! N’est-ce pas ? Pour « s’occuper » des ados du village, M. KLEBER fut installé dans un bureau situé au rez-de-chaussée de la maison de M. PORTE. Capitaine dans l’Armée Française, il avait pour mission d’organiser les défilés du dimanche matin. Yvette DETORRES m’a souvent raconté que les filles  descendaient le boulevard, en jupes blanches, marchant au pas (je dirai de gymnastique ?), en chantant: « Maréchal, nous voila! ». Quand à Henri CLAVERIE, avec qui j’ai eu une agréable conversation, il se souvient encore de ces filles qui passaient devant la boulangerie de son père: «On les appelait les « JUPETTES« , me dit-il en rigolant et il ajouta, dans un éclat de rire moqueur ou nostalgique : Sais-tu qu’à l’école, l’instituteur nous avait demandé de faire un dessin qui serait envoyé au Maréchal ? J’avais dessiné un marabout, je m’en souviens! Et bien, j’ai reçu en réponse une carte postale avec le portrait de PETAIN… Toute une époque!!!»

En 1943 Paul BOUR, alors âgé d’une soixantaine d’années environ, et ayant gardé des séquelles de la guerre 14-18, laissa la gestion de la commune.

Ce fut son ami Agnel BERNARD qui fut nommé adjoint spécial. Il devint notre douzième édile de 1943-1949. Je connaissais M. BERNARD pour avoir accompagné mon père lors  d’une visite. Pour quelle raison? Je n’en sais trop rien : j’étais bien jeune! Je me souviens de ce  monsieur à barbiche blanche. Il habitait  la maison de la famille RICO, en haut du boulevard national, vers Aïn Témouchent,  en face de celle de la famille POUYAU.

 Il m’a fallu remuer ciel et terre pour entrevoir un pan de vie de cette période. Côté  Ciel, aucun résultat. Côté Terre, plus de succès.  J’ai eu quelques informations amicalement fournies par  Jean-Claude CARREGA:

«Agnel BERNARD  est né le 14 Août 1882 à TENES dans l’Algérois. Il fut instituteur à RIO SALADO aux environs de 1905. Comme son ami Paul Bour, il épousa une demoiselle saladéenne, Juliette GARCIA. »

Rapprochez-vous! Écoutez la suite. C’est Andrée CARDONA, qui m’a fait ces confidences: «Juliette GARCIA, tata TULETTE comme les enfants l’appelaient, était la sœur de Gaby devenue madame Albert CARDONA, la mère de  Jean. Juliette habitait effectivement dans la maison RICO où vécurent ma sœur Nicole et son mari Georges GARAIT

Comme son ami Paul, Agnel BERNARD «quitta la plume pour la charrue» et Jean-Claude CARREGA m’apprit  qu’il  avait obtenu une concession de 25ha à TURGOT.

Continuant mes recherches, André BERMUDES m’a raconté  que ce monsieur avait une très belle maison à l’entrée de TURGOT, dans le style des années 20, où vivait son fils Édouard, Dadou pour les amis, et Christine PLAZA d’ajouter: «Il y avait  un très beau parc».

Pourtant, M. BERNARD, je suis désolée, vous n’avez pas laissé un profond souvenir dans la génération d’amis que j’ai contactée!

Vous, qui me suivez dans ces remontées dans le temps, ne portez pas de  jugements trop sévères! Les contemporains de M. Bernard, avec qui j’ai bavardé, étaient trop jeunes pendant cette période,  les autres, les plus âgés  avaient eu d’autres soucis que  celui de s’inquiéter de  la bonne marche de la commune.

 La mandature de M. BERNARD était en fait le prolongement de celle de M. BOUR. Même climat politique, mêmes soucis, mêmes tracas, mêmes préoccupations. La FRANCE venait d’accepter la capitulation. Les rationnements  et les  restrictions étaient terribles. D’où une pénurie de denrées alimentaires, de médicaments, de textiles,… Ajoutez à cela, le retour du Front de nos soldats, de nos blessés, de nos prisonniers.  Deuils pour certains. Douleur pour les uns,  tristesse pour tous! Que leur importait  alors Agnel  BERNARD!

 Je vous laisse imaginer leur  vie en prenant connaissance de toutes ces anecdotes que j’ai pu recueillir.  Albert RICO se souvient de sa mère et de sa tante se levant à 2 h du matin pour se rendre à la boucherie ARMAND ou à la charcuterie TITO où  une longue file de Saladéens  attendait déjà l’ouverture des magasins afin d’obtenir un petit morceau de jarret ou de saucisse en échange du fameux ticket de rationnement. La viande n’était pas la seule chose qui manquait à nos Saladéens. Le café! Parlons-en du café! Plusieurs de mes informateurs ont soulevé ce problème.  Pas de café, quel malheur!! Mais nos mères et grands-mères pleines de ressources avaient trouvé une astuce: elles grillaient les grains d’orge dans un grilloir :  récipient cylindrique en tôle muni d’une manivelle avec juste une petite ouverture pour verser les grains,   le tout monté sur un foyer. Et on tournait, tournait, tournait lentement la manivelle et les grains grillaient en dégageant pas mal de fumée. Il suffisait  alors, la cuisson finie, de les moudre dans le moulin à café (de marque Peugeot, s’il vous plaît), de verser les grains moulus dans une chaussette. Oui une vraie chaussette ! (depuis longtemps abandonnée, bien sûr),  d’y verser très lentement de l’eau bouillante. Et vous aviez un ersatz de café … « délicieux ». Eh! il n’y avait rien d’autre!

Avec ce même appareil, je vous invite à une dégustation de TORAÏCOS. Non, réflexions faites, trop long à faire! Allez plutôt voir MINGO  et sa charrette, sur la place, en face du « Petit Louvre », le magasin de prêt à porter de madame NAVARRO. Il vous  les propose dans un cornet roulé dans des feuilles de « l’ECHO D’ORAN ». Un régal! Vous pouvez me croire! Surtout lorsque vous les croquiez à peine tièdes. Oh! Pardon! Où avais-je la tête? J’ai oublié de vous dire que les « TORAÏCOS » sont  des pois-chiches grillés! Je vous avoue que je n’ai trouvé ce mot dans aucun dictionnaire qu’il soit castillan ou  valencien. Je pense qu’il fait partie de notre « patois pied-noir »!

   Dans cette période troublée où tout faisait défaut, nos astucieuses ménagères taillaient les torchons de cuisine  dans les toiles usées des matelas que la tia JOSEFA , la matelassière de Rio, venait de renouveler. Bien souvent,  elles allongeaient un tablier d’écolière devenu trop court, en ajoutant un volant taillé dans une tombée de tissu. Et que vous dire  du costume du petit Jacques SALVA taillé dans la toile d’un sac à lie provenant de la cave du grand-père?   Vous n’avez pas idée de l’ingéniosité des dames de cette époque!

Ajouter à tout cela, la fabrication du  savon, dont la composition m’échappe, que l’on préparait sur le feu de bois dans un gros chaudron. Puis qu’on versait, avec mille précautions pour éviter les éclaboussures brûlantes, dans des  moules très longs. Là,  il  refroidissait, attendant qu’on le découpe en morceaux. La famille avait ainsi du  savon pour l’année. Pendant ce temps,  ma sœur, ma cousine et moi ramassions les fruits du SAPINDUS,  qui poussait dans la cour de la maison de mon oncle, et nous nous amusions à faire mousser les noix en les frottant entre nos doigts.

Pour corser cette période, Albert me parla de ce « bon » pour une paire de chaussures d’enfant que sa mère avait obtenu. Albert en fut le bénéficiaire. Il s’en alla chez M. SANCHEZ qui tenait boutique à coté de chez M.DUCHEMIN et M. ARMAND, prendre possession de ses chaussures neuves. C’était la dernière paire, heureusement à sa pointure! Merci Mon Dieu!  Défense de rire s’il vous plaît, les deux chaussures étaient du même pied! Qu’à cela ne tienne, elles étaient neuves! Albert se chaussa tant bien que mal, et s’en retourna chez lui,  traversant le terrain vague derrière la Fermette de la famille ANTON et l’école maternelle, évitant ainsi le détour par le boulevard. Tout heureux, il  marcha allègrement dans une belle flaque d’eau, et là, dans un grand éclat de rire, Albert me dit:

«Tu sais quoi? En sortant de la flaque, plus de chaussures! La semelle pendouillait toute molle. P…..! Sûrement fabriquées dans une espèce de carton bouilli ou peut-être  avec de l’alfa! Un désastre!» Il ne me conta pas l’entrevue avec sa mère.

 Paulette SANCHEZ, la sœur de Louis-Philippe GONZALES me parla,   de ses chaussures à  semelle de bois. Michelle KRAUS des siennes à semelles de liège, en ajoutant fièrement: « du liège,  venant de chez nous!».  Et, « la merguez sur le couscous » comme dit notre amie Gislène PARRES, des chaussures dont la semelle n’était  autre chose qu’un morceau de  caoutchouc découpé dans un  pneu. Vous imaginez cela! Quant à nous,  les gosses de ces années-là, nous ne sommes pas prêts d’oublier les talonnettes en fer que le cordonnier fixait à la pointe et au talon de la chaussure pour «qu’elles tiennent plus longtemps!» et qui faisaient un bruit d’enfer.  Nos aînés se débrouillaient comme ils le pouvaient.

Paulette SANCHEZ, avec qui j’ai bavardé un long moment, m’a permis, vu la richesse de ses souvenirs, de me faufiler dans l’école de filles de cette époque, que j’ai  connu aussi. N’attendez pas de photos de classes de ces années-là. L’Éducation Nationale n’acceptait plus les photographes dans les écoles.  Elles réapparaîtront après 1945. La directrice de l’école de filles, je vous parle de la vieille école, celle située en face de la place où sera construite la nouvelle église,  était madame VIARD. Je me souviens de cette dame,  et de son fils, Jean Michel, Jean-Mi. Un grand garçon blond  portant une casquette. Rendez-vous compte! Une casquette ! Quand tous nos copains arboraient fièrement le casque colonial! Enfin! Bref! En continuant notre conversation, Paulette me parla de son institutrice, Solange  NAVARRO, la plus jeune fille de madame NAVARRO.

 « En  fin d’après-midi. nous avions des séances de « tricotage ». Melle NAVARRO nous distribuait de la laine kaki provenant sûrement du magasin de ses parents, la mercerie «Grand Magasin ». Nous devions tricoter au point mousse des carrés que l’on empilait, une fois finis, sur une étagère de la classe.  Je pense qu’ils étaient ensuite assemblés au magasin pour former des couvertures envoyées aux prisonniers restés en Allemagne. »

Un événement qui marqua le village, lui revint en mémoire: l’enterrement de Sassa, François NAVARRO, le frère de son institutrice,  mort pour la France en 1943 à SFAX en Tunisie. Renée

QUILES m’a raconté que son grand-père était allé en voiture, chercher le corps de son fils. Triste besogne pour un père!

Continuant notre conversation, Paulette  me parla des leçons de catéchisme données par mademoiselle BAUBIL, de l’abbé LAMOUR,  de sa gouvernant Mémé SALOU.   Et, d’anecdotes en souvenirs, elle évoqua Melle LASSERRE, Madame CRESPO,   Madame BOUR, directrice de l’école maternelle. Je me rappelle bien de  cette dame, habillée de sombre, un bandeau de velours noir assez large lui emprisonnait les cheveux, comme un béret.

Bon, tout cela ne nous rajeunit pas! Mais avouez tout de même que ces années furent éprouvantes pour les adultes, mais fantastiques pour nous… Nous étions jeunes!

Que devenait Monsieur BERNARD dans tout ça?  Il continuait son bonhomme de chemin,  gérant  et maintenant l’ordre dans sa commune,  accompagné du secrétaire de mairie, et de son premier adjoint: Raphaël POVEDA. Je peux ajouter qu’après la libération du pays, M. LANGEAIS n’ayant plus d’ affinité avec le gouvernement de la FRANCE libérée, avait dù partir, et M.MARCIANO avait dù reprendre sa place de premier secrétaire auprès de M.BERNARD. Tout cela au conditionnel n’ayant eu aucun témoin pour le confirmer. J’ai retrouvé dans nos archives, une lettre de Roger JIMENES, il avait un emploi à la mairie de notre village. Roger a laissé de très bons souvenirs chez les saladéens, mais ça c’est une autre histoire! J’ai appris par Sylvette et Guy, ses enfants, qu’il était né le 16 novembre 1922 à AÏN TÉMOUCHENT, qu’il avait fréquenté l’école de garçons de RIO SALADO, et avait fait des études secondaires au lycée LAPERINE de SIDI BEL ABBES. En 1946 il occupa un emploi de rédacteur à la mairie de RIO. Voici donc les indformations que Roger m’avait données, informations capitales concernant la gestion de la mairie: «les employés de mairie: Antoinette CONTRERAS, Sylviane LLORENS, Marinette CAREL, Dédé BRANDO, Gaby LALLANE, Victorine BERNABEU, Antoine ARACIL,Louisette CASTILLO…étaient sous les ordres d’un secrétaire général, ils assuraient de nombreux services tels que: *La comptabilité – Le service du Personnel – Etat Civil – * Le service électoral – Le recrutement des classes (18 ans en vue d’être présentés au Conseil de Révision.) – * La déclaration des récoltes de céréales- * La réglementation et circulation des vins.- * Le service des eaux et l’assainissement.- * L’entretien de la voirie- des bâtiments communaux- des parcs et jardins- * Le gardiennage et l’entretien du cimetière. -* La police municipale- * le centre de secours- la gestion des pompiers volontaires.

Merci M. JIMENES! Vous avez été d’ un grand secours., nous connaissons mieux le fonctionnement de la mairie. J’ajouterai dans la liste des employés de notre commune, le magicien des jardins: M. SEGURA, le père de nos amis, Jean Paul et Yvon. Je vous emmenerai lors d’une prochaine balade, admirer les topiaires, ces sculptures végétales qu’il réalisait sur les haies du jardin public: le square Marius RICO.

Galerie introuvable !

Jean-Pierre SEROIN, m’a raconté que le seul souvenir de cette époque était la célébration du 11 novembre. M. BERNARD déposait une gerbe  au monument aux morts pour honorer les soldats morts en  14-18  en présence des conseillers municipaux et des élèves des écoles de filles et de garçons, tous attentifs au discours de M. le Maire., la cérémonie se terminait par une « Marseillaise » entonnée à pleins poumons par les enfants.

Agnel BERNARD dirigea la commune jusqu’en 1949. Il eut la joie de voir le débarquement des américains et enfin la libération du pays qui desserra l’étau qui étouffait la FRANCE et ses COLONIES.

Aux élections de 1949, Gontrand MILHE POUTINGON, le fils de Joseph, le petit fils d’Alexandre MILHE POUTINGON fut élu maire de RIO SALADO.

Etant donné la difficulté à rassembler des témoignages, nous invitons nos  promeneurs saladéens à étoffer  cette période en y ajoutant des anecdotes, des faits, des événements en guise de commentaires. Pourquoi pas ? ?

 

8ème balade (bis): Nos maires. (1865-1940)

Je dois auparavant vous avouer que, pour cette partie de notre balade, j’ai eu besoin d’un sérieux coup de main. Sans l’aide de Jean-Claude CARREGA, je ne vous aurez pas  entraînés dans une visite aussi détaillée et complète  de notre mairie et de ses occupants successifs.  Alors, mes promeneurs occasionnels, nous vous emmenons revivre le temps passé. Jean-Claude, je te laisse la parole:

«Bonjour à tous! Un rappel essentiel: Le territoire d’AÏN  TEMOUCHENT dont dépendait RIO (jusqu’en 1859) était très vaste. Il s’étendait jusqu’à MISSERGHIN, et comprenait AÏN KIAL, et AÏN el ARBA.. Administré par les militaires, c’était un capitaine qui faisait fonction d’officier d’État Civil. En 1860, ce territoire passa sous la responsabilité d’un administrateur civil  désigné par l’État: Émile PAYEN,  qualifié de « commissaire civil« .

En 1864, le territoire d’AÏN TEMOUCHENT fut érigé en commune de plein exercice. Emile PAYEN en devint le premier maire. Ce fut à partir de cette date qu’apparaissent les  adjoints spéciaux de RIO  qui feront alors fonction d’officiers  d’État Civil distincts  de celui d’AÏN TÉMOUCHENT.

Pour anecdote, vous pourriez lire sur le registre de l’État Civil d’AÏN TÉMOUCHEN l’annonce    des deux premiers mariages de Rio-Saladéens :

      – celui, en 1860, de  Louis Henry DE GOURNAY marié à  Antoinette GARNIER,

      – et, en 1861, celui de son frère, Auguste DE GOURNAY et de  Marie ALBERGE.

 A partir de 1865, les actes de naissances, mariages et décès furent inscrits dans les propres registres  de l’État Civil de Rio Salado».

Bon! Vous voilà  informés. Vous nous suivez? Nous pouvons donc continuer notre incursion dans le passé de notre mairie. Lors de sa création, par décret impérial de 1858, le village dépendait, comme nous l’avons mentionné plus haut, de la commune d’AÏN-TÉMOUCHENT, dont il constituait une annexe. De ce fait, jusqu’en 1884, date à laquelle il devint commune de plein exercice, son administration était du ressort d’un adjoint municipal. Cette mise au point étant faite, continuons notre plongée dans le temps, et accueillons le premier d’ entre eux:

  • Le comte Louis Henri DE GOURNAY de SENICOURT, 1er adjoint spécial, délégué de l’administration. Charge correspondante à celle de maire bien sûr. Il exerça cette fonction de 1865 à juin 1869. Henri DE GOURNAY eut une concession au Camp du RIO SALADO en 1859. Il eut fort à faire en tant que premier responsable du village.

Robert TINTHOIN, Dr es-lettres-ex-directeur des Archives d’Oran, nous signalait que:

« Le choléra, les sauterelles, la sécheresse et le froid rigoureux des années 1867-1868 furent accompagnés d’une forte mortalité».

Son arrière-petite-fille, Brigitte DONVILLE ne vous est pas inconnue. Vous avez sûrement lu son livre: « La fleur de l’Aloes » de Maud ARNAUD. Roman ayant pour toile de fond, les premières années de notre village.

–      Lui succéda comme adjoint spécial: François ARNOUX. Il assura son mandat de juin 1869 à juin 1875.

  –   Son frère, Marcel ARNOUX, exerça la même fonction quelques années plus tard, d’avril 1880   à janvier 1881. Les deux frères, originaires de SARRIANS dans le VAUCLUSE, arrivèrent à RIO en 1868.

Je ne peux vous en dire plus. Je laisse aux Saladéens plus compétents le soin de nous éclairer.

  • Entre les deux frères ARNOUX, Louis JACOBIN, fut à son tour délégué spécial d’octobre 1879 à avril 1880.

En février 1864, il arrivait d’AUCH  et s’installait dans « la partie la plus malsaine de la région, au bord de l’oued Rio Salado, à la MITIDJA ( tiré du Livre d’ or de l’Oranie). J’ai relevé dans le livre de sa petite fille, Henriette JACOBIN-MONTIGNY ce que sa grand-mère, Marie Louise BILLON, raconte:

« Il n’y avait alors qu’un poste de cantonnier et trois ou quatre modestes maisons…..Notre               mariage fut le premier célébré à Rio Salado. La place publique était un maquis constitué d’épaisses broussailles, palmiers nains, lentisques, jujubiers entrelacés en fourrés impénétrables ». La briqueterie JACOBIN fut créée en 1875.

  • Le dernier adjoint spécial de RIO SALADO, désigné par le gouverneur fut Alexandre MILHE POUTINGON, le père de Joseph que nous avons déjà rencontré. Il occupa cette fonction de février 1881 à mai 1884.

Pendant son mandat,  en 1882 plus précisément,  Robert TINTHOIN, nous dit:

«…l’érection du Centre en Commune de plein exercice est demandée. Après 2ans  d’incessantes démarches, un décret du 20 Mars 1884 permet à RIO SALADO d’accéder au régime communal avec un territoire de 3000ha».

Alexandre ne s’en tint pas là. On peut lire dans « RIO SALADO 1925 » de Joseph MILHE POUTINGON

« …Un marché à longue échéance conclu avec Alexandre MILHE POUTINGON permit à     M. VIC, négociant à ORAN, de créer de toutes pièces, une installation appropriée pour l’élaboration des mistelles…..C’est donc à ce dernier que RIO SALADO doit en grande partie l’extension de son vignoble et partant de sa fortune.»

      –    A partir de Mai 1884, RIO devint une commune de plein exercice.

  –    François ARNOUX  fut à nouveau à la mairie. Mais élu  cette fois en tant que premier     maire. Il y resta de mai 1884 à septembre 1886.

  – Henri DEGOURNAY  (la particule est rattachée au nom) lui succéda d’octobre 1886 à       avril 1888.

Nous l’avons déjà rencontré aussi nous allons rendre visite au huitième de nos édiles, mais en fait notre troisième maire: Jean COMBES.

  • Jean COMBES occupa cette fonction pendant 2 mandatures: de mai 1888 à mai 1896.

Il naquit à ARAGON dans l’Aude, où il exerçait la profession de tailleur de pierre. Ce qui lui valut de partir pour l’ALGÉRIE afin de  participer à la construction du pont  du Rio Salado.  Le pont en bois fut emporté par une crue. Il acquit par la suite une concession de 15hectares de lentisques et palmiers nains. Robert SEROIN me raconta que, pendant son mandat, Jean COMBES, à l’occasion de l’Exposition Universelle de PARIS en 1889, présida au banquet des maires de France, sous la Tour EIFFEL. Il avait obtenu une médaille d’or décernée par le ministre du Commerce de l’Industrie et des Colonies, pour son vin. J’ajoute que, si vous allez vous promener dans l’allée centrale du cimetière, tout au bout, vous pouvez admirer le buste de ce maire. « L’ECHO D’ORAN » du 11 novembre 1909 nous apprend que :

« L’on vient de placer au cimetière, le buste en marbre de M. Jean COMBES ancien maire de RIO SALADO, œuvre du statuaire oranais FULCONIS. Ce buste est d’une ressemblance parfaite et d’une exécution irréprochable ». (https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Guillaume_Fulconis)

Pardon? Des questions? Vous voulez savoir s’il y avait des descendants de Jean COMBES dans notre village? Attendez! J’ai quelque chose à vous montrer, un écrit relevé dans ce fameux registre d’État Civil de « ce village tout jeune » :

      « Le 12-12-1900 a été enregistré le mariage de:

SEROIN Anthelme Marin Laurent né le 7-7-1871 à AMBÉRIEU  fils de SEROIN Antoine Marin décédé et de SANVILLE Jeanne

avec

COMBES Lucie née le 25-12-1881 à ARAGON (Aude) fille de COMBES Jean Désiré et de DAT Marguerite».

 Vous voilà informés. Jean COMBES était l’arrière grand-père maternel de Jean Pierre, Yves, Luce, Paul, Henri, Robert, Marie Pierre, Guy et  de tous leurs cousins que je n’ai pu nommer.

  • En mai 1896, Henri LAGNEAU lui succéda jusqu’en Mai 1900.

Bien entendu, vous vous rendez compte que sans l’aide de mes amis Jean Pierre, Luce et Jean Claude, je ne pourrais vous tenir pareil langage. En fait, le nom des édiles  me « parlait » comme dit mon petit fils, mais sans plus. Alors Jean Claude CARREGA est encore venu me prêter main forte. Henri LAGNEAU était son arrière-grand-père paternel, père de Rose l’épouse de son grand-père François CARREGA, lui-même étant le fils aîné d’Étienne. Vous  connaissez ce dernier? Je vous l’ai présenté lors d’une de nos promenades. Il tenait le magasin général du boulevard national situé à côté de la boulangerie.

Vous y êtes? Nous continuons donc notre remontée dans le temps. 

      « Henri LAGNEAU, d’après un article d’Emile GARAIT paru sur l’ECHO du DIMANCHE de 1959, arriva en ALGERIE en 1878 et ouvrit, à RIO SALADO, un petit atelier de maréchal-ferrant pour satisfaire la clientèle du village et des environs.»

Aux élections de Mai 1900, Henri LAGNEAU fut battu par Joseph MILHE POUTINGON. Inutile de vous dire que les relations entre les deux hommes furent quelques peu refroidies. Son fils Achille LAGNEAU se présenta par la suite. Il ne fut pas élu.

  • De mai 1900 à mai 1940, Joseph MILHE POUTINGON, fut le maire du village.

Vous avez vu une partie des réalisations faites dans Rio au cours de sa mandature. Écoutez M. Claude PETIT, ancien député, lors de  la remise de la Légion d’ Honneur à M. MILHE POUTINGON:

« Enfant de ce pays, puisque vous y êtes né, vous avez donné à cette terre algérienne, comme tant de vos aînés le meilleurs de vous même, c’est à dire votre cœur……vous avez pu heureusement faire aboutir un programme de travaux indispensables au développement et à la prospérité de cette belle ville….aujourd’hui nous avons devant nous une petite ville agréable, riante et coquette qui fait l’admiration de tous les visiteurs, Messieurs ! On le doit à la vaillante population de RIO SALADO et à son digne maire M. MILHE POUTINGON.»

      Faisant suite à M Petit voici une partie de l’allocution de M. Paul BOUR, président du      Syndicat agricole:

  « Vous avez merveilleusement géré les finances communales avec des ressources restreintes… A la place du misérable village que j’ai connu en 1900 lorsque je suis arrivé parmi vous, s’élève aujourd’hui une coquette ville pleine de prospérité pleine de beauté pleine de fleurs! Mon cher Maire vous avez géré en grand financier le budget de notre commune!…»

Cette cérémonie eut lieu sur la grande place publique devant la population européenne et indigène de la région qui avait tenu à lui manifester sa sympathie.  Que vous dire de plus au sujet de ce maire!  Biensûr! vous parler de la fête qui se déroula le 27 septembre 1929. C’ est pendant la mandature de Joseph MILHE POUTINGON que le style de nos fameuses fêtes , celles qui firent, elles aussi, la renommée de notre village, prit forme.Germaine ADAM m’avait raconté que son père Vincent CARDONA, conseiller municipal fut chargé d’organiser cette fête des Vendanges, la première du genre: décoration de la place publique et du monument aux morts. Pour la première fois la fête avait un thème: MOULIN ROUGE. Un orchestre animait les soirées, et les forains vinrent s’installer autour de la place, entre les palmiers que l’on venait de planter. La fête, cette année là, se termina comme les précedentes, par une FANTASIA.Et, depuis 1924, RIO SALADO fut fidèle à ce style de fêtes. M. le Maire fut aidé dans la gestion de la commune par des conseillers municipaux :

Manuel ANDREU, Constant PORTE, Albert MACIA, Jules JACOBIN, Antoine ROSELLO, Jean LOZANO, François ARACIL, Jean LOPEZ, Jacques SANCHEZ, Joachim POVEDA, Raymond FUENTES, Joseph PEREZ, Espi CANDELA, Manuel DIAZ, Louis ESTEVE, Eugene LAMBERT, François MONTERO…

Et sûrement quelques autres dont je n’ai pas retrouvé les noms.

Et Mon Dieu! J’allais oublier « l’inoubliable » :   René MARCIANO, tout jeune Secrétaire Général de notre mairie.

 Bon! Laissons M MARCIANO et retournons à nos édiles. Écoutons la fin du discours de M. le Maire:

«Certes cette œuvre est magnifique, elle est grande elle a fait l’admiration de tous ceux qui ont visité notre pays au cours du Centenaire . Mais en vérité, en sommes-nous, nous les hommes de ma génération, les principaux artisans? Non. Le travail fait, l’œuvre accomplie dans ces régions jadis couvertes de forêts impénétrables, de marais pestilentiels, peuplés de bandits redoutables, et de fauves dangereux, pourries de fièvres meurtrières, cette œuvre, nous la devons aux premiers colons(….) et il faut le dire à ces magnifiques travailleurs espagnols qui ont arraché le palmier et les broussailles.»……

Et le temps continua de s’écouler calme et serin.

Arrive septembre 1939. RIO SALADO se trouva alors plongé dans la guerre: la mobilisation,   l’angoisse, la résignation, la tristesse, les départs précipités, les pleurs. Les jeunes hommes du village  qui un époux, un père, un frère, un oncle, un cousin, un voisin embarquaient pour la Mère Patrie, où la guerre faisait rage. Les nouvelles étaient  rares. Un tel blessé, l’autre prisonnier, le troisième Morts sur le Champ d’ Honneur. RIO  SALADO est en deuil!

Et nous voilà en juin 1940: l’Armistice.

Le déroulement de cette période dépasse mes compétences, je dois vous dire que de nombreux amis sont venus me prêter main forte. Mais pour plus de précisions « historiques », j’ai consulté Internet. Je vous résume la situation de l’époque:

Le Maréchal PÉTAIN est appelé à gouverner la France Occupée:

«Au lendemain de l’Armistice, du 22 Juin 1940, la FRANCE d’OUTRE-MER restait sous la souveraineté du nouveau Gouvernement de VICHY. Les équipes municipales furent alors renouvelées, remplacées par des administrations nommées d’office par les représentants du Régime de VICHY.»

 C’est ainsi, qu’après déductions des uns et des autres, aucun témoin de cette période n’ayant pu être consulté, nous pensons que Joseph MILHE POUTINGON dut quitter sa fonction de maire.

Joseph MILHE POUTINGON resta durant40 ans(1900-1940) maire de RIO SALADO. Il naquit en 1868 et nous quitta en 1949!

EN DESCENDANT le BOULEVARD : 8ème balade. Notre mairie.

Tient! De nouvelles recrues sont venues se joindre à nous! Soyez les bienvenues. Nous n’allons pas tarder à partir. Nous sommes à l’angle de la rue Agnel BERNARD et de la rue maréchal JOFFRE, devant la maison de la grand-mère MARZULO. On m’a soufflé, non! Soyons honnête, François et Luce m’ont suggéré  qu’il serait judicieux, puisque nous sommes face à la mairie d’y aller  faire un tour. Très bonne idée! Alors, vous qui me suivez dans ces voyages dans le temps, accrochez-vous! Pour cette 8ème balade, nous allons, l’espace d’un instant, nous plonger dans la vie administrative  de   notre village, et « réveiller  » ceux qui ont fait l’histoire de RIO SALADO.

                    Traversons la rue: nous commençons notre remontée dans  le temps. Là-bas la mairie. Elle fut construite en 1904, nous apprend Robert TINTHOIN (Dr. es-Lettres, ex-directeur des archives d’ORAN). Autrefois, deux salles du groupe scolaire, situées  entre la classe de filles et celle des garçons, tenaient lieu de mairie. En fait, comme  me le rappelle Jean Claude CARREGA, la mairie de RIO fut, jusqu’à la moitié de l’année 1884 une annexe de celle d’Aïn Témouchent. Tout comme la mairie de TURGOT fut une annexe de celle de RIO jusqu’en 1920, mes amis! Cette mise au point étant nécessaire, commençons notre  promenade. Admirez au passage, notre belle église. Une cigogne perchée sur la croix, tout en haut du clocher,  nous regarde tranquillement déambuler. Et nous voilà devant la mairie. Jetez un  œil aux grilles de défense des fenêtres! Au centre, deux lettres sont entrelacées: R et S (Rio Salado). Attendez! N’entrons pas tout de suite. Arrêtons-nous un instant. En face de vous: la place publique, le square Joseph MILHE POUTINGON, maire de Rio de 1900 à 1940, ainsi baptisé le 10 mai 1931, lors de sa promotion au grade d’officier de la légion d’honneur. Écoutons la fin de son discours:

«…C’est sur cette place, dans ce décor merveilleux, à côté du monument sur lequel sont inscrits en lettres d’or , le noms des Enfants de RIO SALADO, Morts pour la Patrie, que vous avez voulu me couvrir de louanges et de fleurs…». Ce maire  était admirable et notre place vraiment belle!

Mais elle ne  fut pas toujours un « décor merveilleux ». Avez-vous idée du nombre de réunions, de menaces, de procès verbaux qu’il fallut pour en arriver là! Le 28 mai 1909,  on pouvait lire sur L’ÉCHO d’ORAN :

«Malgré l’arrêté du Maire  pris il y a un mois, et de nombreux avertissements donnés à la population pour faire disparaître les cochons de notre centre, quelques personnes s’obstinent à en garder dans les immeubles. Deux procès verbaux ont été dressés hier».

Plus loin,  le 19 juin 1909 on pouvait encore lire:

«Notre grande place publique est toujours en grand état de malpropreté, parsemée de cailloux, et de détritus de toutes sortes, elles n’est jamais nettoyée. Nos plantations sont également abandonnées, personne ne s’en occupe malgré les sacrifices considérables consentis pour leur entretien».

Vous imaginez l’effort déployé par le maire de l’époque, M. Joseph MILHE POUTINGON, pour que vous puissiez admirer ce « merveilleux décor! ». Cette place fut créée  en 1907. Yvon LOZANO, alors que nous évoquions avec émotion pour la énième fois nos souvenirs, me racontait que son père Jean LOZANO  conseiller municipal,  fut chargé de superviser les  travaux de rénovation et d’ embellissement de ladite place.  Que d’acharnement et de persévérance!  Mais quelle réussite! N’est-ce pas? Laissons ce point vital de notre village et montons les 2 marches qui mènent à la porte d’entrée de la mairie. A gauche de celle-ci, une plaque en marbre blanc nous rappelle l’origine du nom.

 « RIO SALADO: OUED MELAH des ARABES,  FLUMEN SALSUM des ROMAINS (Rivière Salée) 

Et  encore, que RIO fut créé Centre de colonisation le 16 février 1859 et érigé en commune de plein exercice le 20 mars 1884.

Dans les dernière lignes, on pouvait lire qu’à l’origine du Centre, la population était  de 50 feux composés d’européens et d’indigènes et que  sa superficie était de 3000hectares». Au-dessus  de cette plaque en marbre, le blason de RIO SALADO. Il a été celé au mur en 1956. Non! Non! Pas d’erreur! C’est bien 1956! Rapprochez-vous et écoutez comment notre village,  petit  bled de l’ORANIE,  a eu ce beau blason. Vous pouvez vous torturer les méninges, nous étions pratiquement le seul village d’Algérie  à avoir des armoiries. Comme les  grandes villes de la métropole ! Nous devons ce beau blason au maire de l’époque: Gontrand MILHE-POUTINGON, fils de Joseph MILHE POUTINGON. M. René MARCIANO, alors secrétaire de mairie, nous relate les faits (bulletin paroissial de l’abbé PLENIER, d’octobre 1957): 

2- « Au cours de la séance du 21 décembre 1956, Mr. Le Maire a fait connaître à l’assemblée (…) qu’étant en vacances en Métropole, il a été invité par Monsieur FOUQUES-DUPARC maire de la ville d’Oran, à se rendre à Orly, afin d’y recevoir Messieurs les Gouverneurs Généraux d’ ALGERIE…..  les maires de France et d’Algérie se sont rendus à COLMAR en vue d’assister, à la préfecture de cette ville, au jumelage de diverses communes du département du HAUT-RHIN. A cette  occasion Mr. THROO, maire de GUEBWILLER lui a été présenté et a bien voulu accepter le jumelage de sa commune avec celle de RIO SALADO.

Sur l’invitation  de Mr. THROO, maire et Mr. Roger NININ, sous-préfet, se sont rendus à GUEBWILLER où une séance du Conseil Municipal a eu lieu en vue de dresser l’acte de parrainage (….) Après la signature de l’acte, le discours a été prononcé par Monsieur le Maire de GUEBWILLER .»

Le discours termine sur ces mots: « Mais il sied aussi à tout parrain d’offrir un cadeau à son filleul. Je vous prie d’accepter en souvenir de cette journée ce tableau représentant les armoiries de notre cité.»

 D’où l’idée de notre blason! et Mr. MARCIANO, continuant son compte rendu, ajoute:

«….Mr. le maire fait remarquer à l’assemblée qu’il a fait établir par M. le Directeur des Beaux-arts d’ORAN diverses maquettes pour le choix des armoiries de la ville de RIO SALADO.

Après examen, la maquette retenue est celle représentant l’origine de la cité avec ce libellé du décorateur:

«  d’argent à la barre de sinople maçonnée et bretessée, chargée d’une rivière d’or, accompagnée de deux fleurs de salicaire au naturel.»

Ne me demandez pas d’explications. Voyez notre Président : il s’ y connaît mieux que personne! M. MARCIANO, continuez s’ il vous plaît! On vous écoute!

« Sur la demande de M. le Maire,  l’assemblée charge M. BOUR Henri, conseiller municipal, de consulter  M. le Directeur des Beaux-arts d’ORAN pour faire compléter la maquette choisie, qui est à l’image de la ville de Rio Salado…..»

C’est donc ce blason, que l’on peut admirer à gauche de l’entrée de la mairie, et où l’on peut  lire la devise de notre village:

« d’Obstacle n’ a cure, fleurira quand même.»

Après ce rappel, nous pouvons entrer et « réveiller » tous nos édiles. Montons jusqu’à la salle des mariages. Installez-vous! Ils sont là, dans leur cadre, accrochés au mur. Ils attendent de vous être présentés. 

S.O.S les années Sassa ROSELLO. 3ème partie.

Dans les années 50, Sassa ROSELLO, un viticulteur de Rio Salado, prit la présidence du S.O.S.  Plus qu’un président, il fut avant tout un mécène pour le club. Il fit venir dans l’équipe Jean GONZALES du S.C.BEL ABBES. Hubert ZAKINE dans son livre: « La mémoire du football » écrit: « titré au plus haut niveau, Jean GONZALES répond aux sollicitations de Rio Salado. Son Président, M. ROSELLO, fait de lui l’entraîneur  du S.O.Saladéen. Jean GONZALES réalise alors un coup d’éclat unique dans les annales du football oranais: terminer invaincu   en 22 rencontres, (3 nuls, 19 victoires) et accéder en PROMOTION d’ HONNEUR». Ce furent les heures de gloire du club. Je vous communique un entre-filet intéressant venant d’un journal sportif:  «Une hirondelle ne fait pas le printemps mais GONZALES fait les beaux jours du Rio Salado. Parions qu’avant peu, certains regretteront d’avoir laisser partir cet excellent joueur!». Ces joueurs venant de clubs « étrangers » percevaient une mensualité, avaient les frais payés, et, comme les joueurs de l’équipe, recevaient une prime si le Club gagnait le match. Ces primes venaient des mécènes qui suivaient le Club. Je vous donne à lire l’article concernant Jean GONZALES , écrit par Joseph VERDU. (voir l’album ci-dessous)

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Un enfant du village: Louis CARBONEL

Archive de l’amicale du Rio salado.

L’article que je vous présente vient des archives de l’AMICALE. Rien à voir avec le GIRO, je vous l’accorde, cet article concerne tout simplement le CHAMPIONNAT de COUREURS CYCLISTES AMATEURS de FRANCE-TOULOUSE de 1950. C’est un nommé CARBONEL qui est à l’ honneur. Ce nom ne vous dit probablement rien, vous n’êtes pas de sa génération. Pourtant Louis CARBONEL est un enfant de Rio. Il est né en 1929, a fréquenté l’école communale en compagnie de Louis DETORRES, Roger CONTRERAS, Robert SEROIN, Paul QUILES, Henri LAMBERT et bien d’ autres.

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