Les fêtes de village : Rio Salado.

QUE LA FÊTE COMMENCE….!  (Jadette Salva)

            Après le 15 Août, les viticulteurs désertaient la plage et regagnaient RIO afin de préparer les caves en vue des vendanges. Le village resplendissait de lumières et de couleurs,  les forains étaient déjà en place, l’orchestre s’installait.

                                                 LA FÊTE POUVAIT COMMENCER !!!

C’était l’évènement dominant de l’année. Elle se déroulait pendant la dernière semaine de septembre. Les employés municipaux, sous la direction d’élus dévoués et compétents, s’occupaient de la décoration du village et veillaient au bon déroulement des festivités. Mr. DESSAUX avait la responsabilités des ateliers communaux dans lesquels il  surveillait la réalisation des décors que vous avez pu admirer durant toutes ses fêtes .

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8ème balade: la MAIRIE 1949-1958.

1ère PARTIE: LE VILLAGE EN 1949: Gontran MILHE POUTIGON

Nos promenades, dans nos villes d’adoption, étant compromises, confinement oblige,  nous avons la possibilité d’aller une fois de plus à la rencontre de notre passé. Alors, je bats le rappel, comme le faisait Charlot  DAVOS, en frappant énergiquement sur un tambour, en criant bien fort pour me faire entendre:

« Avis à la population: À vous tous qui avaient suivi mes « flash-back » , je vous propose de repartir dans le RIO SALADO des années 49-50, histoire d’ oublier pendant quelques instants, le monde chaotique où nous vivons. Notre 12éme édile, M Gontran  MILHE POUTINGON  nous y attend ».

Fin de l’annonce, roulement de tambour…..

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Un autre champignon.

Un autre champignon ……

Le champignon de fenouil n’ayant pas dévoilé ses secrets, je voulais vous parler d’un autre champignon que j’ai connu chez nous, à Rio Salado. Un champignon que ma grand-mère maternelle cultivait, ou pour être plus exacte, élevait avec un soin tout particulier,   A l’abri des courants d’air, de la lumière, et de la chaleur, dans un récipient  en verre relativement grand. C’était une espèce de membrane gélatineuse, baveuse, visqueuse, pas jolie à voir, qui ressemblait à la mère que l’on trouve dans le fond des bouteilles de vinaigre. Ma grand-mère le nourrissait à grand renfort de cuillerées d’eau sucrée, et chaque matin, j’avais l’obligation d’ingurgiter de gré ou de force, le nez pincé, une gorgée de ce soi-disant remède miracle, produit par ce champignon qui devait me guérir du paludisme. Entre nous soit dit, après de bons mois de ce traitement, et un séjour sur les hauteurs de  Tlemcen, je n’eus plus de crise de paludisme. Bave du champignon ou quinine? Je ne saurais dire. Longtemps j’ai cru que ma grand-mère était la seule dépositaire de cette potion magique.  D’où tenait-elle ce champignon ?  Là aussi mystère. Jusqu’au jour où bavardant avec la maman d’une de mes élèves, pharmacienne de formation, j’appris que ce champignon miracle est en fait un KOMBUCHA. J’eus tout de même un  petit pincement au cœur , un peu déçue, je venais d’ apprendre que ma grand-mère n’avait pas l’exclusivité de ce champignon. 

Pour parfaire vos connaissances, consultez le sage de l’ Ami René,  le » Sidi Ould Google ». Il vous en dira  plus, sur le kombucha, champignon médicinal.

Vous pouvez aussi aller sur le site dont voici le lien :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kombucha

Qui pourrait me dire: les champignons de fenouil.

René, c’est moi qui vais te mettre mettre à l’épreuve, à vous aussi qui visiter notre Site. En Sardaigne, lorsque j’ai eu la joie de retrouver ces »abuelitas », j’ai fait une deuxième découverte dans la vitrine d’une épicerie, découverte qui m’a fait un réel plaisir: il y avait là, devant nous: des champignons de fenouil! Te souviens-tu, de ces champignons de fenouil que l’on achetait à BRÉDÉA, en revenant d’ORAN ? Des gamins nous attendaient au bord de la route, avec dans leur sac de jute, ces beaux champignons blancs, que nos aînés avaient baptisés : champignon de fenouil. Pourquoi? là est la question! Alors peux- tu me dire, pouvez-vous me dire, le nom exact de ce champignon. J’ai toujours eu la même réponse: « Je ne connais pas ce champignon je ne vois pas ce que c’est» Alors je vous mets tous à contribution, peut-être aurez-vous plus de succès que moi. Un conseil: n’oubliez pas de vérifier votre réponse sur internet, chose que, dans ma naïveté, j’avais oublié de le faire pour le « capuchon de moine ». Maintenant, je vous laisse je vais préparer une omelette aux champignons ………de Paris.

FLASH Special : notre guerre de 1914-18.

          Bonjour tout le monde! Me revoilà parmi vous, prête à vous emmener faire un nouveau plongeon dans le passé. Aujourd’hui, nous n’irons pas à la rencontre de nos deux derniers édiles. Figurez-vous que, par le plus grand des hasards, par pure coïncidence, appelez cela comme vous voulez, j’ai en ma possession une banale boîte en carton plein de… « petits trésors », comme  dit Jean-Claude. Ces petits « trésors » sont des cartes postales. Attendez ne vous emballez pas! Ce ne sont pas n’importe quelles cartes postales. Celles-ci datent des années 1914-18. Années de la Grande Guerre. Et écoutez-ça: écrites par des jeunes gens de 20ans et plus, domiciliés à….RIO SALADO. OUI! Domiciliés à RIO SALADO! Je ne vous raconte pas d’histoires. Voyez l’heureuse coïncidence, comme il me plaît à dire: alors que nous venions de « rencontrer » ces Délégués Spéciaux qui avaient contribué à la création et à la bonne marche de notre village, voilà que nous arrive cette banale boîte en carton pleine de cartes postales oubliées depuis un siècle, et qui rappellent que les administrés de Joseph MILHE POUTINGON étaient en route ou déjà au Front, prêts à se lancer dans la Grande Guerre. N’est-ce pas fantastique? Et attendez la suite! Les expéditeurs de ces courtes missives sont, pour certaines d’entre elles, envoyées par de futurs arrières-grands-pères, et arrières-grands-oncles. Je vous avoue  que c’est avec beaucoup d’émotion que j’ai parcouru les quelques mots écrits au dos des cartes. Elles étaient destinées, la plupart du temps, à la famille, aux amis et surtout  à M. François MACIA, forgeron,  boulevard national à Rio Salado.  Elles  étaient signées: Paul AVIZOU, Jules JACOBIN, Albert MACIA, Constant KRAUS, Vincent CARDONA, Raymond RIERA, Joseph ARACIL, Paul ARACIL, Antoine ARQUERO, François STARCK, Joseph CAHUZAC, François RODRIGUEZ, Albert TISSINIÉ, Gabriel DE SALAS, Marcel ANTON, Diego PASCAL, Manuel ANDREU, Michel MARTINEZ, Auguste DEGOURNAY, ROSELLO (sans prénom) et un certain  HENRI sans patronyme. Et d’autres  encore dont la signature était illisible, effacée par plus de 100 ans d’existence. Tous ces jeunes Saladéens étaient cantonnés  à MARSEILLE, SAINT DIZIER, STRASBOURG, BIZERTE, MILIANA, ALEXANDRIE, SALONIQUE….. Ils appartenaient au 33ème Régiment d’Artillerie Lourde, au Régiment de Territoriaux, à l’École des Mécaniciens 2ème compagnie basée à LORIENT, à la 1ère Escouade du 3ème Zouaves de SÉTIF, au 9éme tirailleurs, au 6ème Groupe d’Artillerie d’ AFRIQUE. L’un était infirmier, un autre mécanicien à bord du cuirassier VOLTAIRE, un autre sapeur-mineur dans la 19ème Batterie du Génie….Vous comprenez mon émotion! D’ailleurs, je dois vous confier que, pendant de la préparation de ce texte, ils étaient tous autour de moi. Par discrétion, je ne vous donnerai pas les textes de ces missives. Je me contenterai de vous dévoiler certains passages puisés dans toutes ces lettres étalées devant moi:

       « TOUL, 4 décembre1914: Je vous fais savoir que depuis que  je suis arrivé ici à TOUL, j’ai juste eu 2 jours de soleil, il pleut tous les jours, ça ne vaut pas le bon soleil que nous avions en ALGERIE. Je vous fais savoir aussi que tous les jours on nous fait piocher comme des marocains, et plus de 4 fois on nous traite de …, moi, je croyais qu’ici nous étions en FRANCE» 

       « JERRYVILLE, 22 mars 1915...C’est à une distance de 1600km que je t’envoie de mes nouvelles et pour te dire que j’ai eu un voyage long et pénible mais en récompense  nous sommes beaucoup mieux qu’à ORAN nous sommes avec un régiment de territoriaux tous de corses et très chics…..

       «LEMMOS, 22juillet 1915….me voilà à LEMMOS. Tu parles d’une traversée pour la première fois que je monte en bateau. Nous nous sommes embarqués le 13 juillet et nous sommes arrivés hier à midi, huit jours en pleine  mer, que de l’eau et le ciel. Juste en arrivant près de LEMMOS nous avons aperçu beaucoup d’îles italiennes et grecques …On est arrivé depuis hier. Nous sommes amarrés  au milieu du port. Mon ami, si tu voyais les bateaux qu’il y a, incroyable! On ne peut pas les compter et tous dans le port. Hier sont arrivés 3 bateaux anglais bourrés de troupes anglaises et ils sont comme nous sans débarqués…enfin c’est triste pour nous territoriaux…

     « ALEXANDRIE, 9 décembre 1915… Voilà, nous sommes ici à  ALEXANDRIE. Je commence à en avoir assez. Je reçois des nouvelles de mes frères ainsi que de tout le village. Nous  sommes que moi et MANOLO qui a été conduit ici après avoir été blessé aux DARDANELLES…..»  

      « MOSTAGANEM, 20 janvier 1916...j’ai reçu ta carte qui m’a fait un réel plaisir de savoir que la marche-crève-marche est toujours ……ici on ne se fait pas de mauvais sang. Si tu voyais sortir en ville avec le sabre et avec la culotte rouge et les épaulettes! Se mos los amos del pueblo…….»

      « Philippeville 1916….me voilà à Philippeville. On  nous a habillés et on ressemble à des guignols. On rigolait rien que de nous  voir les uns les autres. Il y a une bande de bleus de FRANCE qui sont plus bêtes que leurs pieds. Nous sommes une bande d’Algériens et nous rigolons plus que ceux de France….

       «MARSEILLE,  9 novembre 1917 …Je suis arrivé à MARSEILLE hier à 3h. Nous avons eu la mer un peu agitée en sortant d’ORAN. Mais ça n’a pas été bien long. Nous n’avons pas vu de sous-marins que c’est l’essentiel. Enfin ça a bien marché. Mais toujours ce maudit cafard qui passe à chaque instant dans mon esprit. Ah! Quand est-ce que cette maudite guerre finira . Ce soir je prends le train pour LYON puis de là sur le FRONT. Enfin, patience et courage…….»  

       «LORIENT, 2 avril 1918……la présente pour vous dire que j’ai reçu  ce matin 3 colis : la mona les gâteaux et la charcuterie. Les culottes, je les recevrai plus tard car par la poste ça met plus longtemps. Pensez la joie que j’ai eu en recevant ces trois colis  à la fois……»

       «SAINT DIZIER, 6 juin 1918 ….aujourd’hui, nous avons repos pour laver et pour prendre une douche. A l’instant, on va prendre une douche d’eau chaude……»

       « SAINT DIZIER, 8 juillet 1918….je viens de finir de souper. On avait du riz et j’ai mangé la boite de thon. Elle était excellente. Ne m’envoyer plus de conserves je peux en acheter ici. En terminant ma carte, je vais avoir un maillot de football. La revanche de l’autre fois : les algériens avec les francaouis. Mais sûrement c’est les algériens qui vont gagner…..»

      «PAMIERS, 18 juillet 1918:… je suis à l’hôpital, j’ai été blessé et enterré par un obus. La blessure n’est pas trop grave…..»        

      «GOUVIEUX, 3 novembre 1918 …Je suis à quelques km du FRONT. On attend du renfort pour monter en ligne. Depuis le 24 octobre, je n’ai plu de nouvelles d’Albert…»

      « ARZEW,…..depuis quelques jours je suis sans nouvelles d’ALBERT. J’ai reçu une lettre de Paul AVIZOU me disant que votre fils ainsi que JOUVE et ANDREU sont partis de L’ORIENT… Nous sommes également sans nouvelles de mon frère depuis 25 jours, et par conséquent très inquiets…»

      Et voilà, une autre étape de notre voyage à RIO qui  prend fin.  J’ai rangé, avec une pointe d’émotion, les cartes dans leur boite. Contente de vous avoir fait partager la visite de nos poilus venus à notre rencontre  nous « dire » leur angoisse, leur joie, leurs espérances, leur humour pendant cette Grande Guerre . Je dois vous dire que j’ai été heureuse de les sortir de l’oubli. Tous sont revenus  de leur « caserne du 9ème Cousous », du  » dépar. des éclopés »,  de leurs 4 années de guerre, dans notre village. Je l’ai vérifié en fouillant  les archives de l’ Amicale.

       Les cartes de nos POILUS SALADÉENS ne tomberont pas dans l’oubli. Elles iront rejoindre tous nos « souvenirs » au Centre de Documentation Historique sur l’ Algérie d’ AIX en PROVENCE, où d’autres se chargeront de les « réveiller » de temps en temps au grès d’un travail de recherche.

8ème balade (ter): Nos maires. (1940-1949)

Nous revoilà, amis saladéens, à nouveau réunis pour « fouiller », une fois encore, dans le passé de notre mairie.

Nous sommes en 1940.

Comme je vous l’avais conté précédemment, Joseph MILHE POUTINGON « fut invité « à se  retirer  des affaires communales.  Il n’y eut pas d’élection. L’administration du régime de VICHY nomma Paul BOUR, adjoint spécial ayant toutes les fonctions de maire. Je vous l’ai présenté  en tant que Président du Syndicat Agricole de RIO SALADO. Pour ce nouvel épisode de la vie administrative de la commune, j’ai demandé à son petit fils Henri BOUR de nous venir en aide. Et c’est ainsi que j’ai appris que leur ancêtre Christophe, originaire de Lening  en Moselle, s’était engagé très jeune dans l’armée française de « colonisation » en 1854. Il obtint une concession  de 25ha à TLEMCEN. Marié à Jeanne BARTHELEMY, ils eurent plusieurs enfants dont Emile, l’arrière grand-père d’Henri, qui résida à Béni Saf. Emile et son épouse, Jeanne BERVIER, eurent trois enfants: Paul, Jean  et Louis.  Durant l’année 1900, je suppose que, Paul tout jeune instituteur demanda un poste à RIO SALADO. Possible! Pourquoi pas? Toujours est-il qu’il obtint le poste, s’y installa et épousa Mathilde ROSELLO, fille de François ROSELLO et de Camille BERMUDES.

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8ème balade (bis): Nos maires. (1865-1940)

Je dois auparavant vous avouer que, pour cette partie de notre balade, j’ai eu besoin d’un sérieux coup de main. Sans l’aide de Jean-Claude CARREGA, je ne vous aurez pas  entraînés dans une visite aussi détaillée et complète  de notre mairie et de ses occupants successifs.  Alors, mes promeneurs occasionnels, nous vous emmenons revivre le temps passé. Jean-Claude, je te laisse la parole:

«Bonjour à tous! Un rappel essentiel: Le territoire d’AÏN  TEMOUCHENT dont dépendait RIO (jusqu’en 1859) était très vaste. Il s’étendait jusqu’à MISSERGHIN, et comprenait AÏN KIAL, et AÏN el ARBA.. Administré par les militaires, c’était un capitaine qui faisait fonction d’officier d’État Civil. En 1860, ce territoire passa sous la responsabilité d’un administrateur civil  désigné par l’État: Émile PAYEN,  qualifié de « commissaire civil« .

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EN DESCENDANT le BOULEVARD : 8ème balade. Notre mairie.

Tient! De nouvelles recrues sont venues se joindre à nous! Soyez les bienvenues. Nous n’allons pas tarder à partir. Nous sommes à l’angle de la rue Agnel BERNARD et de la rue maréchal JOFFRE, devant la maison de la grand-mère MARZULO. On m’a soufflé, non! Soyons honnête, François et Luce m’ont suggéré  qu’il serait judicieux, puisque nous sommes face à la mairie d’y aller  faire un tour. Très bonne idée! Alors, vous qui me suivez dans ces voyages dans le temps, accrochez-vous! Pour cette 8ème balade, nous allons, l’espace d’un instant, nous plonger dans la vie administrative  de   notre village, et « réveiller  » ceux qui ont fait l’histoire de RIO SALADO.

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