La Saint-Pierre 2019 à Sète.



Sortant du port de SETE, les chalutiers, avec à bord les touristes et tout ceux désirant participer à la cérémonie en mer, escortés par toutes les embarcations pouvant tenir sur l’eau, se rendent , derrière la jetée afin d’honorer les pêcheurs partis en mer et jamais revenus.


Les embarcations grandes et petites se lancent vers la sortie du port dans un grand remous d’écume.

Sortant du port une petite embarcation, avec à son bord, un couple protégé du soleil par un parasol bleu se lance vaillamment dans le remous des thoniers, des chalutiers et des plaisanciers vers le lieu de la cérémonie en hommage aux marins disparus en mer.

Remous néfaste au petit hors bord: les vagues s’invitèrent a l’arrière de la coque. Ecoper devint inutile. Heureusement, le bateau de la SNSM n’était pas loin. Intervenant rapidement, nos deux téméraires furent hissés a bord. Le petit bateau le nez en l’air, regagna le port tracté par I’Ange Gardien des Mers.

Et puis, le moment du recueillement, la gerbe jetée dans les vagues, l’Ave Maria, la Marseillaise, et pour clore la cérémonie, le concert de cornes de brune de tous les bateaux venus rendre hommage aux marins disparus en mer.

La maquette de l’église de RIO SALADO réalisée par François LAROZA.

                 

Préambule :

Histoire de la maquette de l’église de Rio, réalisée par F. LAROZA.

                  Ou comment cette maquette est sortie de l’ombre.

Le bureau de l’Amicale du Rio Salado était en réunion. Nous devions préparer notre rassemblement de Pentecôte. Auparavant, nous devions rendre compte de notre entrevue avec le Président du Centre de Documentation Historique sur l’Algérie (CDHA) au sujet d’une éventuelle maquette représentant un endroit de notre village cher aux Saladéens (la place du village, haut lieu de tous les faits marquants de notre communauté) qui serait placée dans la salle d’exposition du CDHA. La réalisation s’avérant hors de prix, nous pensions abandonner le projet lorsque Gérard LAMBERT nous parla de la maquette de l’église de Rio réalisée par François LAROZA. L’idée nous enchanta. Il nous suffisait d’aller exposer le projet à M. PEREZ, président du C.DHA. Comme le lundi, nous devions, Jacques et moi, nous rendre, sur son invitation, à la faculté de médecine de Montpellier, assister à l’inauguration d’une exposition sur les Médecins de la colonisation de 1830 à 1962 en Algérie , nous en avons profité pour lui parler de la maquette. L’affaire étant en bonne voie. Danielle LONG- RODRIGUEZ, présente au CDHA en tant que bénévole, prit la relève, fixant les rendez-vous entre  M. PEREZ et notre président E.REYNE.

Grâce à la bonne volonté de Gérard et Monique LAMBERT, qui allèrent  chercher la maquette dans le  Lot, nous avons pu l’admirer lors de notre rassemblement de Pentecôte.

L’interview de François LAROZA :

J’ai voulu en apprendre davantage, afin de vous faire connaître cette œuvre d’art. Le mot n’est par fort, loin de là. J’ai donc pris contact avec François.

Alors nous t’écoutons François. Raconte-nous comment l’idée t’est venue de faire une telle maquette:

«Je vais essayer de faire au mieux pour vous donner une idée du parcours de la maquette de l’église de Rio. Alors? Par où commencer? (un temps de réflexion et François reprend). Au printemps 1958, j’avais 16ans, j’ai construit, pour occuper mes après-midis, une petite pagode népalaise en utilisant uniquement des allumettes. Le résultat fut, on va dire, sympathique. C’est là que l’idée de réaliser une maquette -une grande cette fois- a commencé à germer dans mon esprit. Rapidement, j’ai pensé à l’église du village. Je l’ai toujours trouvée belle. Je l’ai toujours admirée. Comme j’en parlais à une de nos voisines qui observait ma petite pagode, elle me répondit d’un air moqueur: «J’aimerai bien voir ça!». Je n’hésitai pas à prendre ma décision. Aussitôt,  je me mis au travail. Très vite, j’ai compris que je me devais de respecter les règles élémentaires de solidité de la maquette: les proportions, l’échelle etc., etc. Du coup, je me suis rendu compte que le support prévu était beaucoup trop petit. En effet, chaque détail devait occuper l’espace qui devait être le sien dans l’ensemble réalisé pour que la structure reste cohérente. Avec quelques astuces et je pense, un peu de réflexion, j’ai toujours trouvé des solutions et c’est ainsi que mon affaire démarra.

Mon premier but fut de commencer à dessiner sur un carnet les détails du « bâtiment » point par point. Tout y passait: portes, fenêtres, rosaces, clocher, toitures ….Cela m’a pris beaucoup de temps, j’allais m’asseoir sur le seuil de chez M. DUCHEMIN, avec crayons et cahier. Je prenais les mesures, un œil fermé, bras tendu  me servant de mon pouce,  comme je l’avais appris en classe de dessin, notant tout dans les moindres détails. Ça en valait  la peine, car je ne savais pas à ce moment là que je ne terminerai pas ma maquette en Algérie, mais en France.

Cette construction me prit beaucoup de temps (de 1958 à 1963). Il  fallut faire appel à ma famille, mes voisins, mes amis pour amasser les allumettes indispensables à la réalisation de  la maquette. Et, en possession des « matériaux » et des « plans » que je m’étais fabriqués, je commençai les « travaux ». Sur le périmètre que j’avais tracé, les murs ont commencé à s’élever et les détails ont trouvé peu à peu leur place. Pour les parties les plus délicates  à installer, comme les toits, par exemple, j’ai dû  improviser et poser une charpente faite de planchettes. Elles servaient de support aux allumettes qui en l’occurrence firent office de tuiles. Dans ce cas particulier, les allumettes étaient collées sur l’arête et non à plat, contrairement aux autres parties de la construction.

Un autre point délicat fut la rosace à cause de ses formes rondes. En effet, si on essayait d’arrondir une allumette, elle cassait. La solution en fait, était simple: il suffisait de les mettre à tremper pendant quelques heures, et elles s’assouplissaient. On pouvait alors les « forcer » et leur donner la courbe nécessaire sans les casser.

Bien sûr, tout ne fut pas simple. La maquette inachevée quitta Rio Salado dans un conteneur. Elle arriva plus que dégradée : DÉMOLIE! Il ma fallu quasiment reconstituer mon église! Heureusement, j’avais mes croquis pour m’aider!

Au départ d’Algérie, je n’avais pas encore réalisé la partie supérieure du clocher, comme vous le montre la photo prise en France. Mes petits dessins, et une carte postale de l’église sont venus à mon secours. En 1963, dans mon village d’adoption, j’ai pu terminer -enfin!- la maquette de notre belle église (la vraie bien sûr), Mon pari était gagné : j’avais réalisé mon rêve.»

J’ai demandé à François de nous donner quelques renseignements supplémentaires concernant cette magnifique œuvre d’art. Puis, je  l’ai remercié au nom de tous les Saladéens  pour cette réalisation vraiment très réussie de notre belle église SAINT MICHEL.

Sur le plan technique voici  quelques détails:

*  Épaisseur des murs: 3 allumettes minimum.

*  Épaisseur au niveau du clocher: entre 4 et 7 allumettes.

*  Vitraux: papier hygiénique teinté à la peinture à l’eau

*  Découpe: des dizaines de lames de rasoir.

*  Colles utilisées:

  – gomme arabique en morceaux de chez M TISSINIER,

  – tubes de colle Scotch de chez M. SANCHEZ,

  – colle à bois blanche M. Bricolage,

* Nombres d’heures passées: 3000 heures environ.

* Nombre d’allumettes: 55000 environ.

Un grand merci à mes fournisseurs d’allumettes usagées.

*La maquette a été exposée 5 fois:

       – 4 fois à SAINT CÉRÉ dans le Lot  dont une fois à la MAISON des CONSULS, lieu officiel d’Expo.

       – 1 fois à MORANGIS dans l’Essonne (ville qui à offert la vitrine d’Expo)

Et François s’en est retourné dans son village où il exerce outre la fonction de maire adjoint, et celle, à la grande joie des habitants, de directeur dans  différentes activités. 

La maquette, elle, a changé d’horizon. Gérard LAMBERT et André BLASCO sont allés la chercher chez François, afin de la déposer au CENTRE de DOCUMENTATION HISTORIQUE sur L’ALGÉRIE (C.D.H.A) d’Aix en Provence. Ernest REYNE,  président de l’AMICALE du RIO SALADO  les y attendait. Danielle LONG prit les photos. Replacer la protection en verre fut un problème vite résolu. Et la magnifique maquette de François, un petit morceau de notre village, est maintenant au C.D.H.A où elle y séjournera pendant longtemps, exposée aux regards des visiteurs.



Le lien ci-dessous vous transportera au CDHA qui a réceptionné la maquette.

http://www.cdha.fr/leglise-saint-michel-de-rio-salado-au-cdha

EN DESCENDANT le BOULEVARD : 7ème balade.

          Et nous voilà, sirotant un café, grignotant un longuet au comptoir du BAR MACIA, prêts à nous lancer, pour la septième fois, à la découverte d’une rue de notre village. Nous allons essayer de remuer les cendres  de notre jeunesse passée la-bas. Alors? Vous me suivez?

Tout d’abord, je tiens à faire amende honorable: La famille JUAN compte quatre garçons: Emile, Christian, Jean-Paul et le dernier Yves que j’avais oublié. Heureusement, parmi nos « promeneurs », Marie Claire et Gérard m’ont rappelée à l’ordre. Que voulez-vous, ma mémoire a besoin d’un coup de main de temps en temps.

Donc, si vous le voulez bien,  continuons  notre promenade. Le Bar MACIA, disais-je, est tenu par Mme Juan et la grand-mère MACIA qui, infatigablement  va du bar à la boulangerie, de la boulangerie au bar, au service des clients. Une porte mitoyenne permet le passage de l’un à l’autre. M. JUAN est au fournil, qui n’est pas  dans l’arrière-boutique, comme vous le pensez, mais rue Marcelin ALBERT. Gérard me l’a dit, Émile me l’a confirmé. Bien sûr, rue Marcelin ALBERT ne vous « parle » absolument pas. A moi non plus d’ailleurs. Pourtant, si je vous annonce: le four est dans la rue qui est derrière l’école de garçons et qui conduit au stade de basket, là,  vous la localisez mieux, n’est-ce pas? C’est normal, nous ne connaissions pas le nom des rues de notre village. Sortons du bar. Attention! Il y a trois marches à descendre. Tient! Voilà M. JUAN qui revient du fournil avec la deuxième fournée de la journée, il va décharger sa charrette et  la remiser dans la cour de la boulangerie où se trouvent plusieurs appartements.. L’un, occupé par  la famille MACIA-JUAN, propriétaire des lieux, les autres par les MILLAN et leurs fils Cilo et René. Puis par Lucienne ESCUDERO la tante de Marie Claire, les CARICONDA, les  BOBOTE, et une dernière famille, dont le nom m’échappe (leur fille Aïcha et leur garçon employé  communal). Refermons le grand portail. C’est bientôt l’heure de la rentrée. Les garçons, dont l’école  toute proche n’a qu’un  étroit trottoir, préfèrent attendre l’ouverture des portes, ici, sur ce trottoir plus large où ils peuvent jouer tout à leur aise. Allez! Nous partons? Méfiez-vous! N’allez pas marcher sur les « pignols » qui jonchent le sol.  Les pignols? Des noyaux d’abricots! Pourquoi pignol? Bonne question! Peut-être  une « importation » lointaine de nos grands-parents espagnols. Je n’en sais pas plus!  D’ailleurs, impossible de trouver « pignol » dans les dictionnaires castillan ou valencien. Considérons donc, que ce mot fait parti de notre parler « Pied-Noir » comme pas mal d’autres. Bien sûr, j’accepte avec plaisir toutes autres explications. En attendant, faites attention où vous mettez les pieds : la partie est bien avancée à ce que je vois! Gérard, Tétou, Robert, Jean-Paul, et quelques autres camarades de classe, disputent très sérieusement ce jeu d’ adresse: renverser le « montonico » formé par trois « pignols ». Ce qui permettra au plus habile d’entre eux de récuperer tous les noyaux. Gérard excelle dans ce jeu,  c’est lui qui rafle rapidement tous les pignols. Il les enferme , dans le petit sac que grand-mère GALLARDO lui a donné. Un petit sac qui vante une marque de riz ou de pâtes, je ne sais plus. Il est organisé notre Gérard , qu’est ce que vous croyez! Les autres, tête-basse, serrent dans leur poche les quelques noyaux restants qu’ils agitent nerveusement. Jean Paul transformera son dernier pignol en sifflet en le frottant sur un muret cimenté afin de l’user des deux côtés. L’amande centrale éliminée, il pourra siffler  à tue-tête et casser les oreilles de sa famille. François est ravi: il a empoché la « madré » et une belle quantité de pignols. Ces coquins ont installé leur jeu devant la mercerie de Mme ORSERO.

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EN DESCENDANT le BOULEVARD : 6ème balade.

Bonjour Vous Tous! Prêts pour un nouveau « voyage à contre courant »? Alors, suivez-moi. Nous n’allons pas « faire le boulevard ». Je vous propose, aujourd’hui, pour notre plus grand plaisir je l’espère, un petit détour par la rue Manuel ANDREU.

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EN DESCENDANT le BOULEVARD : 5ème balade.

La pause a été plus longue que prévue. Ne nous attardons pas davantage. Passons à côté, au salon de coiffure pour hommes d’ Antonio PEREZ. Antonio PEREZ est arrivé d’ ALMERIA, hidalgo « célibataire », qui trouva une place d’ouvrier-coiffeur chez M. FAUR. Quelques années plus tard , notre hidalgo-célibataire venu en « éclaireur », alla chercher son épouse et ses quatre enfants laissés en ESPAGNE: Antonio, Lola, Luis et Manuel. Il ouvrit son propre salon de coiffure. On pouvait lire, écrit en blanc sur la devanture:

SALON de COIFFURE PARISIEN

d’Antonio PEREZ

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EN DESCENDANT le BOULEVARD : 4ème balade.

1-Balade Boulevard national 4

Et si oubliant tous nos soucis, nous repartions faire l’école buissonnière? Ce serait une bonne idée, n’est-pas? Nous en avons besoin! Allez! Au diable nos ennuis. Retrouvons notre âme d’ enfant! Préparez-vous, je vous emmène vous replonger, pour quelques instants, dans les années insouciantes de notre jeunesse. Suivez-moi, nous allons explorer une autre partie de notre boulevard.

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Mes vœux 2019 : Jadette SALVA, archiviste de notre amicale.

A nos contacts de 2018:

Il peut y avoir des moments où je vous ai:

dérangé….? troublé…? Importuné..? Agacé peut-être?

Mais surtout….

Tapé sur les nerfs avec mes articles et mes commentaires!!!!

Aujourd’hui…..je voulais juste vous dire….

…Que je vais….. continuer en 2019!!!!

Alors,

Heureuse année et bonne santé à Tous

Amis et Amies  de l’ Amicale du RIO SALADO !

Amitiés saladéennes

Jadette.

EN DESCENDANT le BOULEVARD : 3ème balade.

Salut! Vous tous! Prêts pour un bain de jouvence ? Prêts à reprendre notre promenade boulevard national? Nous descendrons cette fois-ci jusqu’à la villa JOUVE-CARREGA. La balade promet d’être longue et riche en événements. Suivez-moi pour cette troisième remontée dans le temps. Laissez-vous porter par mes souvenirs, mes trouvailles, les anecdotes récoltées un peu partout et n’hésitez pas à y ajouter votre grain de sel. Il ne fera qu’agrémenter notre promenade et notre village s’en portera mieux.

Nous nous étions arrêtés, lors de notre précédente balade, devant le Crédit Foncier. En face, de l’autre côté du boulevard, la rue ombragée, dont le nom m’échappe, nous mène tout droit chez Jean LLORENS. Saviez-vous que dans cette petite rue se trouvait un lavoir-abreuvoir ? Les mules au retour des labours et les troupeaux revenant des pâturages s’y abreuvaient. C’est notre mémoire saladéenne Yvon LOZANO qui m’a rapporté les faits. Mais revenons rue du cimetière, à l’angle de la banque. Tournons à gauche. Je vous propose de faire une petite virée jusqu’au jardin JACOBIN, un jardin à ne manquer sous aucun prétexte. Le trajet est un peu long, mais vous verrez, il est très agréable à faire. Allez! Nous y allons! Vous êtes ici, devant la maison de la famille MIRALLES arrivée à RIO en 1945, quand monsieur MIRALLES fut nommé au syndicat agricole. Dès lors, Jean-Claude, René et Marie Paule rejoignirent les rangs de l’école communale. Le hangar de la cour servait d’ entrepôt pour les sacs d’ engrais du syndicat, mais surtout de terrain de jeu pour les parties de cache-cache de Marie-Paule et de ses amis : André BLASCO et Bernard COSTAGLIOLA. En face de la maison MIRALLES, la grande cour de la maison de Charles et Malvina CARREGA, les parents de François et Michel. Le jardin qui longeait le trottoir avait un magnifique rosier qui croulait sous les roses blanches se déversant sur le trottoir, trop tentantes pour le quidam qui passait par là! Dans cette grande cour, il y avait des appartements: celui de Pascal AUSNER qui devint ensuite celui de monsieur BLASCO, un des comptables de la famille CARREGA, puis l’atelier et le domicile d’Antoine CUCUFA le plombier du village. Dans cette cour, François et Michel passeront leurs jeudis à jouer avec Louis, le fils de M. BLASCO, sous l’œil attentif de Paulette CUCUFA, la sœur d’Antoine. Et mes souvenirs affluent, et ma

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La grande aventure de la vigne….Robert WARNERY

Pour terminer notre périple dans l’histoire des raisins de Rio, et les repas cordiaux de fin de vendanges. J’ai trouvé dans les  archives de l’amicale, « la grande aventure de la vigne…. »de Robert WARNERY. Il nous entraîne sur les traces de FISTON, son père, pour nous faire remonter le temps en nous parlant de ces vendanges qui ont tant compté dans le village.

«La GRANDE AVENTURE de la VIGNE……..» Robert  WARNERY                 Ce métier de la vigne, ne se fait pas sans une immense passion de la terre et une résistance à l’échec à toute épreuve. Le temps, le soleil et les soucis du lendemain incertain, burinèrent le visage de nos pères et tannèrent leurs peaux, rude écorce peu sensible aux éléments. Ils avaient la vie chevillée à l’âme par ce combat de tous les jours pour une existence qui n’ avait pas toujours été tendre avec eux. Mon père était de cette trempe. Les techniques d’exploitation plus aisées que par le passé, n’enlevaient rien à l’ardeur et à la ténacité qu’il employait pour continuer l’œuvre d’Eugène WARNERY, mon grand père, cet ingénieur diplômé de l’ école d’ agriculture de Montpellier. Les pépinières RITCHER approvisionnaient mon père en jeunes plants plus résistants qui lui permettaient de renouveler certaines parcelles.                                                                                    «La culture de la vigne, me disait FISTON, est un travail de tous les jours. Les jeunes plants demandent une surveillance de presque tous les instants, afin de mener à bien sa maturité.»

Et là, arrivait le cortège de traitements des maladies habituelles qui s’égrenaient tout au long de l’ année : l’OÏDIUM, le MILDIOU, les ALTISES…. Plus d’une fois, je le vis consulter le sacro-saint et mythique calendrier      » le ZARAGOZANO » qui lui donnait la météo sur un an! (enfoncés les prévisionnistes les plus performants de Météo-France sur une semaine           !!)                                                                                                           Puis arrivaient les vendanges, et il disparaissait, perdu dans l’organisation de la composition de coupeurs et porteurs. Les camions récupérés sur les stocks laissés par l’armée américaine, faisait son affaire. Il  y avait là, des véhicules pouvant circuler sur tous les terrains et par tous les temps.

Et les vendanges commençaient fiévreusement dans des odeurs de grappes mûres qui embaumaient l’atmosphère des vendanges. Mon père se passionnait dans la recherche des techniques de fabrication d’un vin qu’il appelait « vin médecin ». Ce vin médecin apportait un complément à certains vins dépourvus de  » corps ». J’aimais par dessus tout déambuler dans la cave, assourdi par le bruit des pressoirs entraînés par l’enchevêtrement des courroies qui, toute la journée, sans interruption tournaient, tournaient….. Et au-dessus de ce charivari, je m’imprégnais de l’odeur des grappes pesées, et des marcs qui parfumaient la cave.

Et 1963 est arrivé…..

Le colon contemple pour la dernière fois le domaine viticole qui préserve au plus profond de ses ceps de vigne, ses meilleurs souvenirs d’hommes heureux, de luttes contre les fatalités de la maladie et autres formes de fléaux contre lesquels il n’avait jamais baissé les bras afin de préserver son patrimoine. Le soleil se lève doucement pour faire encore une fois de cet endroit où il est né : « un des endroits des plus beaux matins du monde».  Il va sur ses 50 ans d’une vie laborieuse vouée à sa terre, à sa famille, à ses parents, à ses amis, à la vie associative de son village…….il laisse derrière lui le cimetière où reposaient trois générations de ses pères. Il ne reste dans les rues de son village que quelques vieux pour se rappeler encore son nom. Le vent qui se lève ne mettra pas longtemps à effacer sa trace dans le sable des dunes proches.

« IL EST LÀ POUR QUELQUES INSTANTS ENCORE, ET BIENTÔT POUR PLUS JAMAIS! »                                                                                                                           Robert WARNERY

 

Monument aux Morts de TURGOT

Poursuivons  notre « chemin du souvenir » et allons au monument de TURGOT saluer le 2ème classe Armand HUBERT, du 2ème régiment de ZOUAVES, mort au Champ d’ Honneur le 12 novembre 1917.

Photo de l’inauguration du monument                                                          d’                           d’     Hubert ARMAND

et dans l’album Les 11 autres photos que tu as  dans ta boite mail