Qui s’en souvient?

Nous venons d’entamer le mois de Décembre et les médias nous reparlent,
comme tous les ans, du CALENDRIER de l’ AVENT.
Moi, j’étais bien jeune à Rio, (il y a bien longtemps) et, si je ne souviens pas de  »L’AVENT » par contre, je me souviens qu’au début décembre, on fêtait Saint Éloi, patron des forgerons, maréchaux-ferrants, mécaniciens et autres métiers mécaniques.

Ce matin-là il y avait chez tous les professionnels , offert aux clients , amis (en fait, à tous), un casse-croûte comme on savait les faire à Rio.
Quelle ambiance conviviale, amicale, joyeuse et moqueuse avec des plaisanteries dans un idiome bien de chez nous !!!
Pour ne  »vexer » personne, on passait allégrement de chez Firpo, chez Mourcet, chez Pep, chez Jurado et tous les autres qu’il me serait difficile d’énumérer aujourd’hui.
Au menu : c’était sardines, petits rougets, longanisse, grillés. et charcuterie . Tout ce que nous aimions.  Je ne parle pas du vin qu’on pouvait boire soit dans un verre (pas en plastique) soit (j’ai oublié le nom) à la régalade, à la bouteille avec un roseau taillé en biseau (écolos avant l’heure).

Je pense qu’à midi, au déjeuner, peu de participants devaient faire honneur au repas familial.

Aujourd’hui je ne retrouve pas sur le calendrier St Éloi en décembre . Il a peut être été…confiné ! Ou il est tout simplement resté à RIO qui savait tellement le fêter.

René CARDONA
Abidjan
05 Décembre 2020

Illustration de Jadette Salva, notre archiviste omniprésente.

1911-La forge de Grégoire VALERO. Les familles de forgerons. Au premier plan, l’enclume. (Archive de l’amicale du Rio Salado).
1931- la forge de M. FIRPO-Antoine et Tanou FIRPOBernabé SANCHEZGrégoire VALERO. (archive de l’amicale du Rio Salado)
Atelier CARREGA- M. CARREGA au centre- M. MAESO casque colonial- Tio Pépé tablier (archive de l’amicale du Rio Salado)
La forge d’ Albert MOURCETAlbert RIZOAbdellah GOURINETAlbert MOURCET (archive de l’amicale du Rio Salado)
Atelier M.MALLEBRERA (archive de l’amicale du Rio Salado)
1914- ouvriers ferblantiers du côté de la gare. (archive de l’amicale du Rio Salado)
(Archive de l’amicale du Rio Salado).
(Archive de l’amicale du Rio Salado).
Atelier Francis PEREZ (Archive de l’amicale du Rio Salado).



12 réflexions sur « Qui s’en souvient? »

  1. Avant d’aller à l’école, je m’arrêtais souvent chez mon amie Lydia Diaz. Je passais devant l’atelier de ferronnerie de son père, une gerbe d’étincelles jaillissait de la forge, éclairant par là même son frère aîné Albert d’une auréole irréelle et magique. Le front en sueur, il maîtrisait le fer en le martelant, il le tordait, le battait, le transformait dans la braise et dans la flamme, puis l’immergeait dans un vaste récipient rempli d’eau.
    Ce lieu n’était que cliquetis d’enclumes, ronflements de forge dont le rougeoiement m’évoquait la fournaise de l’enfer.
    Les deux frères cadets Alfred et Paul venaient, de temps en temps, prêter main-forte lorsque les commandes étaient nombreuses.
    Ces arrêts nous obligeaient à terminer notre trajet au pas de course, en lançant fièrement à pleine voix nos poèmes, nos chansons d’écolière vers le ciel. Nous avions malgré tout grand-peur d’arriver en retard en classe et de trouver porte close. Le chemin semblait interminable à nos petites jambes fatiguées, nous étions soulagées lorsque surgissait notre nouvelle école que nous trouvions très excentrée.

  2. J’ai encore en mémoire le bruit régulier du marteau sur l’enclume dans la forge de monsieur Palomo, le maréchal-ferrant, père de mon ami André. Que de moments passés dans cette cour, à voir ferrer chevaux, mulets et ânes, ajustement patient du fer rougi dans la braise qu’activait un énorme soufflet au ventre de cuir, martelé sur l’enclume, puis après avoir été refroidi en le plongeant dans une bassine présenté encore chaud sur le sabot de la bête en dégageant l’odeur très particulière de la corne brûlée jusqu’à ce que sa forme soit suffisamment pour procéder au cloutage au travers de la corne.
    Un chant lancinant que j’ai pu entendre tout au long de mon enfance quand j’habitais au-dessus du café Reyne et de l’épicerie de monsieur Valero.
    Jean Claude CARREGA

  3. Je viens de lire le dernier article de Jadette puis celui de René… Même si je ne suis pas de Rio, j ai pris plaisir à lire ces beau texte de souvenirs…
    Bravo à vous deux de garder la mémoire de votre village, de chez nous… et oui, on était tellement bien dans notre Algérie perdue…
    Bonne journée et bises à vous deux…
    Carmen de Bab el Oued….et un peu de Rio.

  4. Merci René! Merci de nous remettre en mémoire cette fête de la Saint Eloi. Je dois te confesser que je n’ai aucun souvenir de cette fête, pas même entendu un traite mot de ces réjouissances, lorsque nous étions à RIO. Par contre, j’ai retrouvé dans les archives de l’AMICALE, quelques photos qui confortent tes dires: de vieux, même de très vieux clichés où tu peux voir, avec un brin de nostalgie,tous les ouvriers d’un atelier, photographiés comme pour célébrer un évènement, en l’occurrence, la Saint Eloi. Pourquoi pas?
    Je peux ajouter un complément d’informations à ton article, informations qui me viennent toujours des archives. Savais-tu, ami René, pour avoir partager leur casse-croûte, que Pep et Jean TORRES avaient été ouvriers dans l’atelier d’ Albert et Pépico LOPEZ, au faubourg JACOBIN? Après la guerre, ils s’ installèrent à leur compte rue de la gare. Ah! autre chose: Jean et Pep étaient les oncles de Nadia CERNA. Et puisque j’ y suis, sache que l’ouvrier du garage de Charles ALBERT, n’était autre que Rémi CLAVERIE son petit fils. Voilà! ton article nous a permis de réveiller tout ce monde qui animait notre village. Pendant quelques instants, nous avons déconfiné Saint Eloi. Alors un grand merci René !!!!

    1. Merci Jadette. Je suis impatient de voir ces « vieux » clichés dont tu parles. Peut-être reconnaîtrons-nous quelques anciens qui ont fait notre village
      Pep en plus d’être mécanicien était un « mordu » de chasse. Je me souviens de sorties avec mon père… Je ne sais pas si Nadia en a entendu parler.
      Bon courage pour affronter (subir) le confinement.

      1. Et comment que je m’en souviens !!!!
        J’étais petite mais je revois encore les retours de chasse de mon oncle Pep. Devant sa porte, dans la cour, il étalait des guirlandes de perdreaux ses deux chiens sautillant tout autour. Les soirées qui précédaient le départ pour la chasse, il fabriquait les cartouches et je l’aidais en tournant la manivelle d’un petit appareil qui remplissait les cartouches de petits plombs.
        Pep était aussi mordu de pêche…et souvent préposé à la préparation de gaspachos et autres paellas!
        C’est loin mais il a suffit de l’évoquer pour que tous ces souvenirs remontent à la surface.
        Je vous embrasse tous.
        Nadia.

        1. Bonsoir, Nadia.
          Oui, tu as bonne mémoire! J’ai eu l’avantage (je devrais dire, avec le recul, le bonheur) d’accompagner quelques fois mon père, Pep et leurs compères aussi bien à la chasse à Sebdou qu’à la pêche tant à la plage qu’au chacal). Je peux te dire que c’était des moments privilégiés. J’ai quelques anecdotes que la « bien-pensence » d’aujourd’hui m’interdit de publier sur le site pour éviter la censure de notre Oued-Master.
          Si par chance, la COVID nous oublie et l’amicale est autorisée à reprendre ses rassemblements de Pentecôte nous en reparlerons.
          Bien amicalement.
          René.

    2. A la demande de notre amie Jadette, j’apporte un petit additif à son article sur la Ste Éloi: elle est désolée d’avoir oublié de mentionner le Garage du Centre repris par mon père au milieu des années 50. Ce n’est pas grave, Papa n’était pas mécano, plutôt garagiste et vulcanisateur (à l’époque, on changeait les pneus et chambres à air!…). Il avait énormément investi pour remonter cette affaire, mais hélas! on connaît la suite….
      Je revois encore Messieurs Aracil, Lambert, Cardona(ton père, René) discuter devant le garage (ou devant le café Mico !!!).
      Amitiés.
      Nadia.

      1. Souvenir… pour souvenir…
        Je ne risquais pas de m’aventurer au garage de ton papa, Nadia, tant il m’inspirait un sentiment mélangé de respect et de peur. Car ne l’oublions pas, Monsieur CERNA (je n’oserai même pas prononcer son prénom), était prof de gym à Rio. Il œuvrait dans cette immense salle insonore et froide du fond de cette rue sombre la nuit par la faute de son modeste éclairage. On dirait de nos jours, une salle omnisports. Le mot n’existait pas à l’époque mais il précisait bien ce qui s’y passait. Si le basket se jouait à l’extérieur, dans la cour, tous les autres sports touchant à la gymnastique étaient pratiqués à l’intérieur de cette salle. Pour nous, gamins, aller à la gymnastique c’était tout simplement se rendre dans cette salle pour suivre les cours de Monsieur CERNA. J’ai souvenance de séances très sérieuses, ponctuées de réprimandes quand l’exercice n’était pas fait exactement comme nous l’indiquait notre prof . Le mot « moniteur » ne nous serait pas venu à l’esprit. Tout au long de l’année, cette préparation, plus ou moins laborieuse, avait pour ultime but la présentation finale. Soit lors de la fête du village soit dans d’autres villes. Je suis sûr que nous avons pris un car pour nous rendre à Tlemcen, en 195… .¨Petit souvenir »: les places du fond du car étaient réservées d’emblée et autoritairement aux grands : Antoine MUNOS, (j’en passe et des meilleurs (es)) …
        Qu’est-ce que j’étais fier: tout en blanc, avec l’écusson vert du SOS!!!
        Voilà ce que Monsieur CERNA signifie pour moi. Pas question d’aller faire gonfler son ballon au garage. Fort heureusement, nous avions Boudissa.
        Monsieur CERNA: c’était la gym. Point-barre, comme disent les « jeunes ».
        Respect, Monsieur.

  5. je n’ai , pour ma part , alors que je suis aujourd’hui âgé de 75 ans passés, n’avoir jamais entendu parler ni vu cette commémoration de la st Éloi. Néanmoins, comme je suis curieux de nature et aussi passablement nostalgique de mon RIO, je vous avoue que j’ai toujours plaisir de voir ces documents d’archive qui me chantent pour certains et également les commentaires qui donnent dans la poésie. J’ai, à l’occasion , une pensée émue pour mon ami-frère PETIT LOUIS PERRAUD, fils de NARCISSE , le facteur du faubourg JACOBIN et qui était employé mécanicien chez PEP. Le regretté PEP qui nous quittait de façon inattendue et tragique.

  6. Jadette,
    Une fois encore, tu fais des prodiges. Quelles photos!! Elles ont traversé les années. Je les découvre avec beaucoup d’émotion. C’est vraiment l’histoire du village et des anciens qui ont contribué le faire.
    Bien sûr, leurs noms me sont familiers même si je ne les ai est pas connus.
    Continue à nous faire revivre notre Rio.
    Encore merci.
    Bon courage pour la suite.
    René.

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