La Messe des Rameaux.

Archives Jadette SALVA.

Les fêtes de Pâques approchant, j’ai voulu « revoir » comment ces fêtes se déroulaient. J’ai retrouvé un texte de notre chère Andrée Montero, texte tiré de son livre: «RIO SALADO» où elle nous contait cette messe des Rameaux..
«…..Le dimanche le plus intéressant de l’année était assurément celui des rameaux. Nous arrivions mes sœurs et moi, nos petites mains crispées sur des rameaux artificiels: branches taillées artistiquement et dont le feuillage en velours argenté s’harmonisait avec le papier d’étain recouvrant petit tronc et tige. Des friandises, des chocolats y pendouillaient, attachés par des faveurs. Les nôtres n’étaient pas, il s’en faut, les plus grands ni les plus importants; et je passais tout l’office religieux à lorgner les gros, les indécents, véritables petits arbres de Noël ambulants, portés péniblement par des mains orgueilleusement innocentes. Les enfants moins fortunés avaient de grandes branches d’oliviers enrubannées et garnies; cela revenait moins cher. « Ne tourne pas la tête» répétait ma mère pendant la messe. Je faisais comme beaucoup d’enfants d’ailleurs, l’inventaire des rameaux agitant derrière moi leurs pendeloques sucrées

Bien des années plus tard, l’abbé LAMOUR célébrait à son tour, la messe des Rameaux dans notre vieille église. Les enfants devaient obligatoirement occuper les premiers bancs. Au milieu de ses copains, le petit Camille, connu pour son espièglerie et ses drôles d’idées, tenait son rameau lourdement orné de bonbons et de chocolats. La célébration commence et le supplice de l’ami Camille aussi. La menotte du garçon s’agite, va vers le rameau, descend, revient, tâte une friandise et retourne dans la poche. C’est que nous avions des consignes : défense de goûter aux chocolats pendant la messe! Notre galopin ne résiste plus. Un petit chocolat, juste un seul, vite englouti d’ ailleurs. Et le manège reprend, lentement, il effeuille son rameau, 1, 2, 3 feuilles…un chocolat, 4, 5 ,6 supplémentaires …un bonbon. Et ainsi de suite,  de feuille en bonbon, Camille « dépouille » sa branche d’olivier, sous les yeux rigolards des plus grands, quelques peu admiratifs et envieux d’ailleurs. A la fin de la messe, au moment de la bénédiction, les enfants lèvent leur rameau, Camille nullement honteux, la bouche barbouillée de chocolat, agite haut et fier une branche d’olivier sans friandise et…sans une seule feuille.
Mais c’était au temps de notre bon abbé LAMOUR.
En 1956, quand l’abbé PLENIER, plus jeune et plus dynamique, le remplaça, voilà ce qu’on pouvait lire dans le bulletin paroissial :
« A 10h : bénédiction des Rameaux sous le porche de l’église (la nouvelle) . Grande Messe. Lecture de la Passion en français.
nota: les rameaux seront des branches d’olivier, de romarin ou de buis, mais DE GRÂCE! pas ces bouts de bois chargés de bonbons, de papiers colorés ou d’œufs en chocolat!
BONNES PÂQUES à TOUS!
Votre Curé J. PLENIER. (le SEL n°6 page 14 vol 1)

 

 

5 pensées sur “La Messe des Rameaux.”

  1. Bonjour chers amis,
    Pour ne pas manquer à la réplique de Jadette, il en fût de même pour nous Er-raheliens,
    chaque célébration du dimanche des Rameaux était un moment de dissipation autrement
    que de recueillement faisant également quelques petits envieux dans leur pure innocence.
    Notre curé Père Manuel-EMMANUEL, ancien Père Blanc ayant fait l’A.E.F.et A.O.F (je pense
    que vous vous souvenez de ces deux Etats Français),avait interdit la présence de rameaux
    décorés, seul un rameau d’olivier selon le rite si présent dans notre pays était béni, cela
    revient en 1956 tout comme chez vous, évolution des coutumes…..

  2. Merci Jadette pour ce rappel historique. Mais pour être complet, il faudrait ajouter les victimes collatérales de cette décision paroissiale. Je pense notamment à PILAR dont la pâtisserie faisait un chiffre d’affaires non négligeable avec ces rameaux.
    René Cardona
    Abidjan

  3. Tu as raison, la décision de notre bon Abbé PLENIER a dù porter un sérieux préjudice à PILAR.
    Le désir de notre Curé , louable, il faut en convenir, a été respecté, mais nous , nous avons continué à partager nos  » sous du dimanche » entre l’ Eglise et la pâtisserie « Chez Lucette », où nous dégustions les merveilleuses meringues à 20 centimes.

  4. Le Dimanche des Rameaux passé, on préparait la Fête de Pâques.
    Il y avait d’abord « Le Reposoir », bel autel garni des plus belles fleurs de la saison où
    chaque fidèle apportait sa participation par ses prières, son recueillement et enfin,
    le grand’jour!!..les cloches sonnaient à toute volée pour célébrer la Résurrection.
    On se rendait à la messe avec nos plus beaux habits généralement nos mamans renouvelaient nos modestes garde-robes à cette occasion puis le repas en famille on avait enfin droit à la mouna avec des oranges en dessert, oranges bien juteuses qui venaient de nos jardins.
    Le lundi, direction la plage, véritable déménagement!!!…, nous devions arrivés un peu tôt,
    les hommes prenaient encore le temps d’aller à la pêche, jeter une petite ligne pour compléter le divin « arroz ». Pour les enfants, c’étaient des cris de joie, des poursuites au bord de l’eau à celui qui découvrira le plus beau trésor laissé par la mer après les tempêtes
    de l’hiver.
    Souvenirs!!..souvenirs!!…

    Chers amis à vous tous « Heureuses Fêtes de Pâques »

  5. Aucun rapport avec l’article je m’excuse. J’ai toujours entendu dire que mon grand-père travaillait à la ferme MONTERO. Quelqu’un peut m’en dire plus ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *