La Poste de Rio Salado.

.

Comme je l’ avais promis à l’ Ami René, je vous conduis à la poste de notre village. Vous avez un timbre à acheter? Une lettre à poster? Un coup de fil à donner? Suivez-moi. Nous allons de ce pas, à la Poste. La promenade sera longue. L’édifice se trouve en fin de boulevard national, en allant vers ORAN, plus exactement face au jardin public. Tient! Une bande de copains s’est installée sur les marches. Le jardin va fermer et ils se réunissent là pour une dernière mise au point. Le square Marius RICO est le lieu de prédilection de Gérard, Paul, Louis, Jean-Jacques, Félix, Henri et les autres.

« S’il vous plaît les jeunes, laissez nous passer.» Je vous le dis en confidence: l’équipe se méfie des gendarmes qui logent tout à côté. Les garçons ont eu maille à partir avec la maréchaussée. Chut! Des enfantillages que Gérard m’ a racontés dans un grand éclat de rire. Mais ça, c’est une autre histoire!!!!

Voilà, Vous pouvez entrer. Le local est large, bien éclairé. Derrière le comptoir en bois qui s’étend d’un bout à l’autre de la pièce, voici nos postières : à gauche, madame Lucie STEPHEN, tout sourire, prête à vous raconter une dernière blague. A côté, madame Suzanne DION, plus réservée. Plus loin, la place libre, est celle de madame FOURNIER, le receveur des postes. Elle n’ intervient qu’en cas de force majeure. Plus à droite, un drôle de réduit aveugle : le standard téléphonique qui gère toutes les communications du village. Un sas, m’ a dit Marie-Thérèse LOPEZ, la préposée au téléphone le temps d’ un remplacement. Elle partage le standard avec Marie-Louise OLIVER, la titulaire .Toutes deux attendent patiemment les appels qu’elles transmettent au moyen d’une fiche, qui met en relation les abonnés. Pas de casque ni de micro!!! Marie-Thérèse m’a appris également que la poste recrutait le personnel remplaçant parmi les jeunes filles célibataires dont l’éducation était irréprochable . Elles perdaient leur emploi lorsqu’elles se mariaient !!! La poste a vu défiler pas mal d’employés. Dans les années 40, nous pouvions nous adresser à Suzanne DION, Juliette DEHARRO, Lucie STEPHEN, Lucienne BAU, Jeanine JUAN (ma tante), Ernestine PIGNERO, Sylviane LLORENS,. Et, au téléphone, Marie-Louise OLIVER. Une petite parenthèse pour vous conter un événement qui me tient à cœur. Au cours des années 45-50, Raymond CANDELA, natif d’ ORAN, fut nommé à la poste de RIO. Il y rencontra ma tante, Jeanine JUAN. Ils s’apprécièrent… D’un commun accord, ils abandonnèrent leurs fonctions respectives, et se marièrent. Ma tante devint une charmante mère de famille, Mon oncle préféra rentrer dans la fonction publique, où bon nombre de petits Saladéens bénéficièrent de son enseignement. Revenons à la présentation du personnels de notre bureau de poste. Le receveur des ces années-là: Mr. BERNARD le contrôleur: Mr. PAGES et plusieurs facteurs: Messieurs VINCENT, KACEM, Narcisse PEROT. Les dernières années 50-62: Mr. Cheikh FREHAT et Mr. SCOTTO. Je vous livre une anecdote que m’a racontée Albert RICO. Alors que je lui demandais s’il se souvenait des facteurs de notre village, il me dit: – – Je me souviens de COCHISE! – – – De Cochise? – Oui, c’était Mr. SCOTTO! On l’appelait Cochise au village, parce qu’il avait une façon bien à lui de chevaucher son vélo-Solex. Comme un indien!» Voilà encore un exemple de « l’esprit taquin » de nos villages. Continuons notre visite: Le porteur de télégramme: Le jeune SAHIB Les appels téléphoniques de nuit étaient gérés par: MM Léon BENICHOU et Léon TOUATI, Mr BUHET Lambert (de Turgot), Melle Fernande THIEBAULT . Particularité de cette époque: les télégrammes étaient reçus et expédiés en MORSE. Mmes STEPHEN, DION et DEHARRO en assuraient le service Pendant les années 50-62 il y eut deux receveurs de poste: M. SUIRO et Mme FOURNIER. Je ne connais pas la date exacte de la création de la poste de RIO. Je pense qu’ elle se situait autour des années 1900. J’ai retrouvé un plan qui doit dater de ces années là. ( voir l’album) La poste est mentionnée au lot numéro 649, en face, se trouve le lot65 où l’ on peut lire: «  lavoir-abreuvoir « . Il deviendra par la suite le square Marius RICO, notre jardin public. Voici un article paru dans l’ ECHO D’ ORAN, dans la rubrique: annonces judiciaires, administratives et communales de 1909

RIO-SALADO- 1909 – ( l’ECHO D’ORAN)

-le 28 juillet: Nos concitoyens qui se servent continuellement du téléphone pour leurs transactions commerciales ou autres, se plaignent vivement des mesures prises par l’Administration qui a cru devoir supprimer les lignes reliant directement notre centre à Oran, forçant ainsi nos abonnés et autres à passer par Aïn Témouchent qui est déjà très chargé, surtout à cette époque de l’année. La moindre attente au guichet est intolérable et occasionne de graves préjudices. L’Administration voudra bien prendre en considération ces doléances justifiées de la population, en rétablissant la ligne directe.

La visite est terminée. Les portes du jardin public ne sont pas encore fermées. Allons nous y promener. Nous pourrions admirer les sculptures végétales: les topiaires créées par M. SANCHEZ Rojo et entretenues avec art par MM. Raymond SÉGURA et Sanson CASTELLON. Pendant notre promenade, vous pourriez nous raconter des anecdotes, nous livrer des informations. Je m’ engage à les faire connaître à nos amis saladéens. Ainsi, notre village continuera à survivre, malgré tout, parmi nous.

**************

4 réflexions sur « La Poste de Rio Salado. »

  1. Bonjour Jadette.
    Excellent!!….Laisse-moi ressortir de la Poste. J’y étais! Tu m’y as transporté! J’ai revu tous ces visages familiers chaque fois que tu cites un nom !
    Je me remets de ces émotions et je reviens, très vite, pour respecter nos traditions et ajouter mon grain de sel comme au bon temps du bulletin paroissial.
    Dis-moi, vu la précision de tes souvenirs sur le personnel de la Poste, je me demande si tu n’étais pas ce qu’on appelle aujourd’hui Directrice des Ressources Humaines (DRH). Je dois me tromper, car à Rio on ne connaissait pas ce terme.
    Merci. Continue!!
    René.

    1. René, Marie Claire, Michelle,
      Si,pendant quelques instant, vous vous êtes retrouvés à la Poste de notre village, si, pendant la « promenade dans les allées du jardin, » Marie-Claire s’est souvenue de Fifine CONTRERAS que j’avais oublié de mentionner? C’est que j’ai gagné le pari que je me suis fixé: « Réveiller » notre village de temps en temps, le sortir de l’ oubli. Merci à vous trois pour vos encouragements.

  2. Bonjour. Je me permets d’ajouter ce petit mot concernant le personnel de la Poste. Joséphine Contreras, fille du légumier y travaillait.
    MERCI à JADETTE pour tous ses récits et pour son travail de recherche. Pour moi, c’est toujours une curiosité d’aller sur le site et de me remémorer mon enfance.

  3. Bonjour Jadette.
    Grace à toi! J’ai appris beaucoup sur notre Poste .
    Je dois dire qu’en te lisant, j’en apprends toujours sur notre village.
    Merci pour tout ce que tu fais. Pour tes articles toujours fort intéressants.
    Pour tout ton travail de recherche .
    Et comme dit Marie Claire, pour moi aussi, c’est toujours une curiosité d’aller sur le site et de me souvenir de ce que fut RIO .
    Continue.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.