SOS : 2ème partie.

2ème partie 1940- 1945 : «  Le match pala   »

Alors que mon petit fils regardait, sans trop d’émotion le match contre je ne sais quel pays (Ah! On me souffle: la FRANCE  contre le DANEMARK), je le trouvais déçu, ennuyé.                                                                                                              -Qu’est ce qu’il t’arrive?                                                                                                            -Bof! Aucun intérêt ce match!»                                                                                              -Ah! c’est peut-être un match pala?                                                                                  -Un match pala? Qu’est ce que ça veut dire?                                                                  -Ecoute! J’ai retrouvé une anecdote assez plaisante qui te l’expliquera. Elle me fut racontée par Eugène SALAS, un bélabésien ayant eu le bon goût d’épouser une saladéenne, Andrée POVEDA. Cette anecdote nous dévoile certaines »pratiques »de ce sport. Eugène faisait partie de l’ équipe de foot de SIDI BEL ABBES  (le S.C.B.A). Cette équipe comptait des joueurs bélabésiens, plus un corse et un instituteur breton! tous deux récemment arrivés de la Métropole. Le S.C.B.A était assuré d’être champion d’ORANIE. Ce jour là, il disputait un match contre une petite équipe qui attendait fébrilement la victoire pour ne pas avoir l’affront d’être rétrogradée. Pendant que les joueurs du S.C.B.A se préparaient, un mot d’ordre circula dans le vestiaire: «-Aujourd’hui, on fait PALA». Bien sûr les joueurs bélabésiens savaient d’emblée ce que « PALA » voulait dire. Les dirigeants des deux clubs s’étaient mis d’accord: on laisserait la jeune équipe gagner. Ce qui lui permettait de conserver sa place en 2ème Division.  Mais Voilà! Ils avaient oublié nos deux jeunes recrues fraîchement débarquées! La consignes circulait, on la chuchotait de bouche à oreille: «-On fait pala! on fait pala!». On se regardait d’un air entendu. Le match débuta très calmement. Seuls nos deux joueurs s’en donnaient à cœur joie. Fous de joie, ils marquèrent 2 buts. Mais enfin! C’est un match PALA!!!! A la mi-temps, on leur répéta un peu vertement : « Hé! C’est un match Pala! Qu’est ce que vous faites?».  «Attendez ! Ça veut dire quoi un MATCH PALA???».  Alors, plus posément, on leur expliqua: «-C’est un match combine!».  La seconde partie du jeu se passa dans les normes. La jeune équipe gagna le match par 3 buts à 2. Eugène m’avoua que ce fut un des rares matchs où il transpira si peu: Hé! oui! c’était un match PALA!!!  J’ai essayé de savoir auprès des experts en la matière ce que ce mot voulait dire, je n’ai obtenu que des réponses assez évasives: «On disait comme ça!», «C’est un match combine». Ou encore : «L’origine du mot doit encore venir de nos grands parents espagnols».  Bref! la définition ne me satisfaisant pas, j’allais rechercher dans notre vieux « diccionnario DELGADO de 1948 » ce que PALA signifie. PALA veut dire PELLE, mais au sens figuré, employé famillièrement , voilà ce que j’ai lu:   «Meter la pala: tromper astucieusement » ou « Meter  média pala: donner un coup de main». Donc, nos grands-parents employaient l’expression à bon escient. Et voilà, mon grand, ce que  match pala veut dire. Donner un coup de main …».            Ah! une petite mise au point le match France-Danemark n’était pas un match pala , c’était tout simplement …et bien je n’en sais rien. Faudrait demander aux experts pourquoi ce match fut si ennuyeux!

Maillots du SOS à travers les âges.

(archive de l’amicale du Rio Salado).
(archive de l’amicale du Rio Salado).
(archive de l’amicale du Rio Salado).
(archive de l’amicale du Rio Salado).
(archive de l’amicale du Rio Salado).

 

 

2 réflexions sur « SOS : 2ème partie. »

  1. Bonjour Jadette.
    Je n’étais pas au courant de ce math (ou j’avais oublié).
    Le mot « Pala », pour dire vrai, je crois que je ne l’ai pas employé depuis l’exode. Il m’était sorti de l’esprit. Mais quand je l’ai lu avec beaucoup de plaisir, il m’a apporté un tombereau de souvenirs.
    Nous l’employions souvent et pas seulement au foot. Il était mis à toutes les sauces.
    Nos ancêtres l’employaient déjà à bon escient. Ils en savaient le sens précis. C’étaient tous des lettrés de l’ « Université de Elche » et ils nous ont transmis ce qu’ils savaient. Notamment le travail bien fait avec courage et abnégation dans l’esprit des pionniers qu’ils étaient.
    Autres temps, autres lieux.
    Soyons fiers de nos racines et de notre Village.
    Amitiés à tous.
    René Cardona

    1. C’était une pratique courante. Le spectateur était sensé ne rien voir, ce match n’ était qu’un peu plus long que les autres. Pas évident ,comme me le racontait Jean Louis. Vers 1953 ou peut-être 54, Monsieur SEROIN emmena Jean Pierre et Jean Louis assister à la rencontre du S.OS / A.S.M.O au stade MONTREAL à ORAN. «Ce fut un drame pour nous, le match était minable, le S.O.S perdait 6 à 1. Les joueurs étaient amorphes, inexistants, à l’exception de BELKHEIR qui courait de tous côtés et bien entendu sans succès, le reste de l’équipe ne suivant pas. Je me souviens tout particulièrement d’un shoot adverse parti de 30m, et qui « glissa » de façon anormale des mains du gardien : le géant GARCIA. Quelle déception! Quelle tristesse! Nous avons quitter le stade, castrastrophés, et surtout interloqués ne comprenant rien à ce « sens unique ». Quelques jours plus tard, on apprenait que les joueurs n’ayant pas reçu leur prime depuis quelques temps, avaient fait une « grève perlée » et saboté le match à l’ exception de ce pauvre BELKHEIR.» Ce fut encore un « match pala », « un match combine »,…….. « un match arrangé » de nos jours.

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