Concours de boules

Pour cette anecdote (authentique) il y a aussi prescription et si les noms utilisés et les faits peuvent porter… l’ histoire est vraie les noms sont vrais tous les personnages acteurs sont très certainement décédés mais je ne voudrais offenser personne. Cette histoire appartient à Rio : c’ est notre identité .
Un dimanche, il y avait « Concours de Boules ». Pas international, pas même régional, tout simplement « amical ». Entre des équipes qui s’ étaient formées pour la circonstance ( Je dois dans ma mémoire situer ce dimanche en dehors de la période de chasse et avant Pâques où beaucoup d’ acteurs auraient été occupés )
Il s’ agissait d’ un concours par « triplettes » et certes en plus des participants il y avait des spectateurs vite devenus, par affinité, supporters d’ une équipe.
Je cite (encore pour ne pas offenser un concitoyen qui pourrait reconnaître un parent) des noms de joueurs et de spectateurs sans distinction
Etaient présents : messieurs Fernand Lambert, Louis De Torres, Manuel Martos, Aimé Gaillardo, Vincent Mico, Joseph Perez, Louis Rosello, Henri Gonzalves (le transporteur), René Cardona (mon père), Joseph Povéda, François Andreo et bien d’autres. L’ enjeu était une bouteille d’anisette (que de toutes façons, ils auraient partagée autour d’ une bonne Kémia) La partie sur le point de finir, l’ équipe qui perdait m’ a envoyé au Bar Davos chercher une mignonnette d’anisette. La partie terminée, les perdants ont offert cette mignonette aux vainqueurs. Vous imaginez la scène :
« Certes on a parié une bouteille d’ anisette mais on n’ a jamais dit que c’ était un litre. Et ça, c’ est une bouteille. Alors où est le problème? »

Je vous rassure les palabres n’ ont pas duré longtemps. Juste pour amuser la galerie. Tout ça s’est terminé non pas devant le juge mais devant… une anisette.
En pouvait-il être autrement à Rio?

Le corbillard de Rio.

corbillard-hippomobile
Photo internet
A Rio, dans les années 40, rien ne me faisait plus peur que le corbillard. Au son inquiétant du glas, tout le village s’arrêtait de travailler et saluait sur le passage de cet attelage tout de noir vêtu. Même le cheval était caparaçonné de pesantes tentures sombres avec des garnitures dorées. Ma peur s’accentuait à la vue du cocher lui aussi tout en noir avec un chapeau bicorne sur la tête. En outre, c’était un nain au port altier et digne, conscient de sa tâche. Ce qui ne faisait qu’augmenter ma panique. Bien souvent, je me suis surpris à m’enfuir devant un tel spectacle. Mes nuits suivantes étaient peuplées de cauchemars où ce nain avait une place importante.

Plus tard, le corbillard hippomobile devint automobile : plus de cheval, plus d’attelage, et donc plus de nain. Le progrès montrait ses effets. Pourtant qu’elle ne fut pas ma surprise de retrouver, quelques années plus tard, dans ma propre maison, Manuel, notre nain, recueilli par mes parents. Je n’avais plus l’âge d’avoir peur mais je ne pus empêcher mes souvenirs de refluer.

L’huile ?

A Turgot, un habitant, qui restera anonyme, quittait, tous les matins, le village dans un nuage de vapeur d’huile distribué généreusement par une 4CV poussive et au bord de l’effondrement mécanique. Questionné sur la consommation d’huile de son tacot, le conducteur répondait d’un sérieux à la fois professionnel et condescendant :

– L’huile ? Comme l’essence ! Pareil…