C’est une anecdote véridique, que j’ai entendue souvent racontée à la maison. Bao Dai avait fait la connaissance de la cousine de mon père, Camillette Rosello, à Vichy – haut-lieu de cure, et de villégiature chic- dans les années 1930. ( Mon grand-père s’était lié d’amitié avec Pierre Loti!) Elle était, paraît-il, d’une beauté ensorcelante. Coup de foudre, échange de correspondance…C’est ainsi que Bao Dai vint à Rio, avec sa suite, la demander en mariage. On imagine l’émoi du village… Elle déclina la proposition. Mais elle fit relier toutes ses lettres dans un marocain de cuir rouge que ses enfants ont dû garder.
Bonjour Marie Jeanne! Ton article est très intéressant, il soulève un pan de l’HISTOIRE de RIO SALADO que beaucoup d’entre-nous ne connaissaient pas. En suivant l’exemple de notre « ouedmaster » et avec l’aide de mon fils nous avons « surfé » sur le site de:
« chars-français.net » : histoire du 12è régiment de chasseurs d’ Afrique «
et nous avons recueilli de nombreuses informations concernant la venue du Général LECLERC , dans notre village que tu évoques, pour notre plus grand plaisir, dans ton article .
«….
– le 14 février 1943, par voie ferrée, l’ État-major, les 1er Escadrons et l’PHR rejoignirent RIO SALADO, petite commune de l’ Oranie en ALGÉRIE, pour y cantonner.…..
-Le 15 février, le groupe autonome fut rebaptisé: 12e Régiment de Chasseurs d’AFRIQUE, et transformé en régiment de chars.
-Le 1er mars, le lieutenant Colonel de LALANDE, chef de corps, décida de remanier complètement l’organisation du Régiment:
– Chef de Corps : Lieutenant Colonel de LANGLADE à Rio Salado
– Commandant en second : Chef d’EscadronsDIDELOT à Rio Salado
– Commandant adjoint : Chef d’ Escadrons MINJONNET à Rio Salado
– Capitaine Commandant l’EHR : Capitaine STARCK à Rio Salado
– Escadrons d’ Échelon : Capitaine ROUVILLOIS à Rio Salado
– 2éme groupe cantonné à HAMMAM BOU HADJAR
– 7éme Escadron Capitaine GRIBIU, détaché pour la campagne de TUNIS à Turgot
– 1er Escadron : Capitaine PROUHET à Turgot
– 456 hommes pour le régiment.
– Le 3 mars, l’arrivée des jeunes des CHANTIERS de JEUNESSE permit de renforcer les escadrons.»
« A RIO SALADO, le RCA continua son instruction et son entraînement sur 4 vieux chars FT17 dénichés à ORAN .
-En juin 43, le régiment avait également récupéré des camions FIAT italiens, en parfait état de marche, provenant de la reddition de leur troupes à TUNIS , le mois précédent.
On peut lire dans le compte rendu du Général SAINT DIDIER, commandant la Brigade Légère Mécanique en juin 1943 :
« …pour conclure, disons simplement que 19 chars sur 23 sont aujourd’hui à RIO SALADO.»
Et plus loin :
«RIO SALADO, avec sa petite église, sa mairie, le square,d’une propreté méticuleuse et à l’ensoleillement quasi perpétuel, faisait penser à une petite ville de province de la MÉTROPOLE. Les officiers et les sous-officiers étaient logés chez l’ habitant .
En ces temps difficiles, il y avait à RIO SALADO, pour chaque chasseur une « marraine de guerre » qui lui tricotait chaussettes et pulls et lui envoyait, en même temps qu’une photo, quelques gâteries: soutien moral efficace…
– Un jour du mois de juillet 43, tous les officiers et sous-officiers du régiment, environ 120 personnes, furent convoqués au cinéma du village par le général LECLERC. Ce dernier arriva en saharienne, short, sa canne au bras, accompagné sur scène par le colonel de LANGLADE. Quelques mots, quelques détails sur la 2e DB en formation, et sa profonde conviction en la victoire finale.
– A compter du 3 août 1943, le 12è Régiment de Chasseurs d’ AFRIQUE fut formé en Régiment de Chars Légers.
– Le 9 août, le général GIRAUD vint visiter le régiment à RIO SALADO.
– Le 24 août 1943, le Général LECLERC reçut officiellement le commandement de la 2èDB.»
Bravo Marie Jeanne! Et encore un Grand Merci pour cette page d’Histoire de notre village que ton article nous a permis de découvrir.
Printemps 1942. Venant du Maroc, un convoi militaire s’arrête à la ferme Llorens, à Ain-Kial. L’officier demande à boire. L’oncle de mon père, François, leur propose à boire et à manger. Ils apprécient le bon vin, et continuent sur la route nationale. Dans l’après-midi, quand il rentre chez lui, à Rio, il voit un important attroupement sur la place du village. Il reconnaît les soldats. Au milieu, l’officier, qui s’était arrêté à sa ferme, en train de commencer la conscription. On l’informe qu’il s’agit du Général Leclerc de Hautecloque, venu recruter l’armée d’Afrique. La 2e DB était née. C’est la génération de mon papa, qui est partie libérer la France. Ils avaient 21 ans.
NDRL: pour conforter ce qui vient d’être écrit plus haut, un site internet nous apporte la preuve:
Après le 15 Août, les viticulteurs désertaient la plage et regagnaient RIO afin de préparer les caves en vue des vendanges. Le village resplendissait de lumières et de couleurs, les forains étaient déjà en place, l’orchestre s’installait.
LA FÊTE POUVAIT COMMENCER !!!
C’était l’évènement dominant de l’année. Elle se déroulait pendant la dernière semaine de septembre. Les employés municipaux, sous la direction d’élus dévoués et compétents, s’occupaient de la décoration du village et veillaient au bon déroulement des festivités. Mr. DESSAUX avait la responsabilités des ateliers communaux dans lesquels il surveillait la réalisation des décors que vous avez pu admirer durant toutes ses fêtes .
1ère PARTIE: LE VILLAGE EN 1949: Gontran MILHE POUTIGON
Nos promenades, dans nos
villes d’adoption, étant compromises, confinement oblige, nous avons la possibilité d’aller une fois de
plus à la rencontre de notre passé. Alors, je bats le rappel, comme le faisait Charlot DAVOS, en frappant énergiquement sur un
tambour, en criant bien fort pour me faire entendre:
« Avis à la population:
À vous tous qui avaient suivi mes « flash-back » , je vous propose de
repartir dans le RIO SALADO des années 49-50, histoire d’ oublier pendant
quelques instants, le monde chaotique où nous vivons. Notre 12éme édile, M Gontran MILHE POUTINGON nous y attend ».
Nous revoilà, amis saladéens, à nouveau réunis pour
« fouiller », une fois encore, dans le passé de notre mairie.
Nous sommes en 1940.
Comme je vous l’avais conté précédemment, Joseph MILHE POUTINGON « fut invité « à se retirer des affaires communales. Il n’y eut pas d’élection. L’administration du régime de VICHY nomma Paul BOUR, adjoint spécial ayant toutes les fonctions de maire. Je vous l’ai présenté en tant que Président du Syndicat Agricole de RIO SALADO. Pour ce nouvel épisode de la vie administrative de la commune, j’ai demandé à son petit fils Henri BOUR de nous venir en aide. Et c’est ainsi que j’ai appris que leur ancêtre Christophe, originaire de Lening en Moselle, s’était engagé très jeune dans l’armée française de « colonisation » en 1854. Il obtint une concession de 25ha à TLEMCEN. Marié à Jeanne BARTHELEMY, ils eurent plusieurs enfants dont Emile, l’arrière grand-père d’Henri, qui résida à Béni Saf. Emile et son épouse, Jeanne BERVIER, eurent trois enfants: Paul, Jean et Louis. Durant l’année 1900, je suppose que, Paul tout jeune instituteur demanda un poste à RIO SALADO. Possible! Pourquoi pas? Toujours est-il qu’il obtint le poste, s’y installa et épousa Mathilde ROSELLO, fille de François ROSELLO et de Camille BERMUDES.
Je dois auparavant vous avouer que,
pour cette partie de notre balade, j’ai eu besoin d’un sérieux coup de main.
Sans l’aide de Jean-Claude CARREGA, je ne vous aurez pas entraînés dans une visite aussi détaillée et
complète de notre mairie et de ses
occupants successifs. Alors, mes
promeneurs occasionnels, nous vous emmenons revivre le temps passé. Jean-Claude,
je te laisse la parole:
«Bonjour à tous! Un rappel essentiel: Le territoire d’AÏN TEMOUCHENT dont dépendait RIO (jusqu’en 1859) était très vaste. Il s’étendait jusqu’à MISSERGHIN, et comprenait AÏN KIAL, et AÏN el ARBA.. Administré par les militaires, c’était un capitaine qui faisait fonction d’officier d’État Civil. En 1860, ce territoire passa sous la responsabilité d’unadministrateur civil désigné par l’État: Émile PAYEN, qualifié de « commissaire civil« .
Tient! De nouvelles recrues sont venues se joindre à nous! Soyez les bienvenues. Nous n’allons pas tarder à partir. Nous sommes à l’angle de la rue Agnel BERNARD et de la rue maréchal JOFFRE, devant la maison de la grand-mère MARZULO. On m’a soufflé, non! Soyons honnête, François et Luce m’ont suggéré qu’il serait judicieux, puisque nous sommes face à la mairie d’y aller faire un tour. Très bonne idée! Alors, vous qui me suivez dans ces voyages dans le temps, accrochez-vous! Pour cette 8ème balade, nous allons, l’espace d’un instant, nous plonger dans la vie administrative de notre village, et « réveiller » ceux qui ont fait l’histoire de RIO SALADO.
Bonjour Vous Tous! Prêts pour un nouveau « voyage à contre courant »? Alors, suivez-moi. Nous n’allons pas « faire le boulevard ». Je vous propose, aujourd’hui, pour notre plus grand plaisir je l’espère, un petit détour par la rueManuel ANDREU.
La pause a été plus longue que prévue. Ne nous attardons pas davantage. Passons à côté, au salon de coiffure pour hommes d’ Antonio PEREZ. Antonio PEREZ est arrivé d’ ALMERIA, hidalgo « célibataire », qui trouva une place d’ouvrier-coiffeur chez M. FAUR. Quelques années plus tard , notre hidalgo-célibataire venu en « éclaireur », alla chercher son épouse et ses quatre enfants laissés en ESPAGNE: Antonio, Lola, Luis et Manuel. Il ouvrit son propre salon de coiffure. On pouvait lire, écrit en blanc sur la devanture: